P(M)==PH-P(M
L’hydrogène phosphoré liquide (spontanément inflammable) appartient probablement à ce genre.
121. llypophosphites . — Quand on fait bouillir la solution d’un oxyde alcalin (chaux , baryte) avec du phosphore ,i! se dégage du perphosphure hydrique, et l’on obtient de Fhypophosphite. Le même sel se produit par Faction d'un sulfure alcalin sur le phosphore :
P2-f-9(HK)-f-0(H2)=P(H)-f-PH202(K) .
Les hypophosphites sont des sels unibasiques solubles dans Feau, et , pour la plupart, cristallisai)] es. Ceux à base de K et de Na sont remarquables par la propriété de tomber en déliquescence à l’air humide.
Quand on les porte à une température élevée , ils se convertissent en phosphates, en développant du gaz phosphore hydrique qui s’enflamme sous Finflence de l’air et de la chaleur.
A l’état sec, ils ne s’altèrent pas à Fair; mais, en présence de l’humidité, ils s’oxydent promptement, et se transforment en phosphites. Cette conversion s’opère plus promptement , si l’on fait bouillir un hypophosphite avec un excès de potasse caustique ; il se dégage alors du gaz hydrogène :
PH202(K)-f-0(HK)=PH03(K2)-|-H2.
La tendance des hypophosphiies à s’oxygéner davantage, se manifeste aussi en présence des solutions d’or, d’argent et de mercure ; celles-ci en sont réduites, de manière à mettre le métal en liberté.
122. Anhydrides phosphoreux ; phosphites.— Far la combustion dans l’air confiné , le phosphore produit de l’anhydride phosphoreux ; dans le chlore gazeux, de l’anhydride chlorophosphoreux:
POJ anhydride phosphoreux ,
PCI3 — chlorophosphoreux.
Ces deux anhydrides , mis au contact de l’eau , en fixent les éléments, et se convertissent en acides hydrochlorique et phosphoreux.
Les phosphites se produisent aussi par l’oxydation des hypophosphites.
Ces sels constituent un genre bibasique. Les sels ^ neutres à base de K, Na, Am sont fort solubles i dans l’eau et même déliquescents ; ceux à base de ' Ca, Ba, Pb sont insolubles dans l’eau, mais ils se ! dissolvent dans l’acide phosphoreux en donnant des sels acides. Les phosphites neutres solubles sont précipités par d’autres sels à base de Ca, Ba, Pb.
Les phosphites solubles ont une saveur âcre et alliacée.
Tous les phosphites se décomposent sous l’influence d’une chaleur élevée ; lorsqu’ils sont secs , ils se convertissent en phosphates , en dégageant du phosphore hydrique PII5. lisse comportent donc, sous ce rapport , comme les hypophosphites ; cependant, quand ils renferment de l’eau de cristallisation et qu’on les chauffe brusquement, ils peuvent donner, en place du phosphore hydrique , du gaz hydrogène pur , en même temps que du phosphate.
Ils n’éprouvent pas cette métamorphose , quand on les fait bouillir en dissolution aqueuse avec de la potasse caustique ; on se rappelle , d’ailleurs , que les phosphites se produisent par l’action de cet agent sur les hypophosphites.
Néanmoins , les phosphites sont sensibles à l’action d’autres agents oxygénants ; à la température ordinaire, ils résistent assez bien à l’oxygène atmosphérique, mais ils passent à l’état de phosphates sous l’influence de l’acide nitrique, du chlore aqueux, et de plusieurs autres agents oxygénants. De même les phosphites solubles réduisent , surtout à chaud, les solutions d’argent, d’or et de mercure.
123. Anhydrides phosphoriques ; phosphates, etc. — La combustion , en présence d’un excès d’oxygène ,
convertit le phosphore en anhydride phosphoriqoe ; en présence d’un excès de chlore, en anhydride chlorophosphorique :
POJ anhydride phosphorique ,
PCls — chlorophosphorique.
Par l’action incomplète de l’eau ou de l’hydrogène sulfuré sur le chloride , on obtient, en outre, les anhydrides suivants :
POfCl3 anhydride oxychlorophosphorique ,
PSfCl3 — sulfochlorophosphorique.
Tous ces anhydrides donnent, par l’action de l’eau, de l’acide phosphorique ou métaphosphorique; les anhydrides chlorés donnent , en même temps , de l’acide hydrochiorique.
POf-|-iO(H*2)z=P03(H) acide métaphosphorique , PO-!-J-jO(H2)=PO'f(H3) — - phosphorique.
J’ai déjà exposé ailleurs (57) la manière dont les phosphates se distinguent des pyrophosphates et des métaphosphales, Aussi ne donnerai-je ici que les caractères des phosphates ordinaires.
Ces sels sont tribasiques (53). Les phosphates neutres et acides à base alcaline sont solubles dans l’eau; parmi les autres phosphates, il n’y a que quel-
ques sels acides qui s’y dissolvent. Les phosphates insolubles se dissolvent dans l'acide nitrique. Un grand nombre de phosphates neutres ( M ■ résistent à Faction de la chaleur sans s’altérer.
La solution des phosphates présente une réaction caractéristique : additionnée de chlorure ammonique et d’ammoniaque, elle donne, par le sulfate magnésique, un précipité blanc et cristallin de phosphate ammonico-magnésique
P04(Mg2Am) ,
insoluble dans l’ammoniaque, soluble dans les acides.
Les sels magnésiens précipitent d’ailleurs les phosphates neutres , en donnant du phosphate magné sique neutre, sous la forme d’un précipité blanc.
Le nitrate de Ag précipite en jaune serin (phosphate de Ag neutre) les phosphates (HM2) et (M5) ; le précipité est soluble dans l’acide nitrique.
L’acétate de Fb produit, dans les phosphates (HM2) et (Mr>), un précipité blanc de phosphate de Pb neutre , soluble dans l’acide nitrique , presque insoluble dans l’acide acétique. Chauffé sur un charbon , dans la flamme extérieure du chalumeau , ce phosphate de plomb fond , et la perle cristallise , par le refroidissement, en prenant une forme dodécaédrique.
Quand on verse, dans la solution d'un phosphate de l’acide hydrochlorique, de manière à la rendre acide, puis quelques gouttes de chlorure ferrique , puis un excès d’acétate de K , on obtient des flocons blancs et gélatineux de phosphate ferrique neutre. Pour que la réaction soit bien évidente , il faut éviter d’ajouter trop de chlorure ferrique.
Le chlorure de Ba précipite en blanc la solution des phosphates à base alcaline (HM2) et (M5), en donnant du phosphate (HBa2) ou (Ba5) , soluble dans les acides hydrochlorique et nitrique.
Quant aux sulfophosphates ou phosphates sulfurés P03S(M3), ils ont été obtenus, parM. Wurtz, à l’aide de l’anhydride sulfophosphorique et d’une lessive de soude. Les sulfophosphates sont aux phosphates ce que les hyposulfites ou sulfosulfales 110) sont aux sulfates. Le sulfophosphate neutre de Na cristallise en tables hexagonales , dont la solution précipite en blanc l’acétate de Pb ; mais ce précipité noircit par le repos , en se transformant en un mélange de sulfure et de phosphate.
Nous avons déjà parlé (82) de la phosphamide. Les deux autres corps amidés se produisent aussi par l’anhydride chlorophosphorique et l’ammoniaque;
ils régénèrent l’acide et l'ammoniaque , par 1 action simultanée de Peau et de la chaleur.
Série de l’Arsenic.
124. Peu de séries présentent entre elles plus de ressemblance que la série du phosphore et la série de l’arsenic ; on y rencontre à peu près les memes termes:
As(M3) arséniures .
As(M) perarséniures.
AsS(M2) sulfarséniures Berz. As2S,M2S.
AsH03(M2) arsénites As203,2M0-|-H20.
AsO| anhydrides arsénieux. . . As203.
AsOf — arséniques. .. As2Os.
As04(M3) arséniates. ........... As203,3M0.
L’hydrogène arséniqué AsH5 est le correspondant de PH3 et de Nil5. Ce gaz, vénéneux au plus haut degré , se produit toutes les fois qu’on dégage du gaz hydrogène d'une solution aqueuse , contenant une combinaison arsenicale quelconque : ainsi, par exemple, quand on met de la limaille de fer ou de zinc dans la solution , et qu’on y ajoute de l’acide hydro-
clilorique ou sulfurique. Il se décompose par la chaleur en arsenic et eu hydrogène. C'est sur ce caractère qu’est fondé l’usage de l'appareil de Marsh .
h’ anhydride arsénieux AsOf se produit par la combustion de l’arsenic ; il sert à produire les autres combinaisons arséniées.
125. Nous nous bornerons à donner les caractères des arsénites et des arséniates.
Presque tous les arsénites se décomposent au rouge , en se transformant en arséniates et en arsenie qui devient libre. Il n’y a d’arsénites solubles que ceux à base d’alcali ; les autres sont insolubles dans l’eau, mais solubles dans l’acide hydrochlorique.
L’hydrogène sulfuré ne précipite presque pas les arsénites neutres; mais, quand on y ajoute un acide, ce gaz donne un précipité jaune de sulfide arsénieux AsSf fort soluble dans les oxydes et dans les sulfures alcalins.
Le nitrate de Ag donne , dans les arsénites neutres , un précipité jaune d’arsénite argentique ; si le sel est acide , il faut prendre du nitrate d’argent légèrement ammoniacal.
Le sulfate cuivrique et le sulfate cuprammonique
donnent , avec les arsénites , un précipité vertjaunâtre d’arsénite cuivrique neutre.
Les arsénites passent aisément à l’état d’arséniates . Cette oxydation s’effectue , par exemple , quand on verse de la potasse caustique dans un arsénite alcalin , et ensuite , peu à peu , une solution de sulfate cuivrique; par l’ébullition du mélange, il seprécipite alors de l’oxyde cuivreux rouge , et de Farséniate potassique reste en dissolution.
Quant aux arséniates , il n'y a que ceux à base alcaline qui soient solubles dans Feau ; ils sont isomorphes avec les phosphates correspondants. La plupart des arséniates neutres résistent , sans se décomposer, à Faction de la chaleur ; mais les arséniates acides perdent, à la chaleur rouge, une partie de
leur arsenic , sous forme d’anhydride arsénieux et de gaz oxygène.
Les arséniates neutres ne sont pas précipités par le sulfure hydrique ; mais , en présence d’un acide, ce gaz détermine peu à peu la précipitation de l’anhydride stilfarsénique AsSf, soluble dans les sulfures alcalins.
Le nitrate de Àg , produit dans les arséniates neutres , un précipité rouge brun d’arséniate argen-
tique neutre , soluble dans l’acide nitrique étendu et dans l’ammoniaque. Le sulfate cuivrique et le sulfate cuprammonique donnent un précipité bleuverdàtre d’arséniate cuivrique neutre.
Quand on chauffe un arsénite ou un arséniate dans un petit tube, avec du charbon, ou avec un mélange de carbonate de soude et de cyanure potassique , on obtient un sublimé d'arsenic.
On connaît aussi des arséniates , dans lesquels l’oxygène est remplacé en partie ou en totalité par du soufre:
Arséniates As04(M3)..
Sulfarséniates As03S(M3).
Persulfarséniates AsS4(M3).
Série de l’Antimoine.
126. L’antimoine donne une série semblable à celle de l’arsenic : il existe donc un gaz antimoniure d’hydrogène SbH5 qui se développe dans les mêmes circonstances que l’arséniure correspondant ; de même , on connaît des antimoniures métalliques , des sulfantimoniures , des antimoniates , des sulfan-
timoniates, dont la composition est analogue à celle des composés arséniés. Leur formule est la même. As y étant remplacé par Sb.
Série nu Chromé.
127. Les combinaisons chromées ne renferment pas toujours le chrome à l’état de métal(63 b). Voici des corps , où cet élément se comporte comme le soufre , le chlore, et d’autres corps non-métalliques:
CrsO(M2) chromâtes Berz. Cr03,M0.
Cra03 anhydrides chromiques. .. . CrO3.
Les chromâtes se produisent toutes les fois qu’un corps chromé quelconque est calciné avec un sel, capable de céder de l’oxygène sous l’influence de la chaleur, par exemple avec un nitrate ou un chlorate. A l’exception des sels de K, Na et Am, les chromâtes sont insolubles dans l’eau ; la plupart d’entre eux résistent à l’action de la chaleur. Ils sont toujours colorés ; ceux à hase alcaline sontt jaunes ou rouges.
Les solutions des chromâtes sont remarquables;
par la facilité avec laquelle elles se décomposent au contact des corps rédacteurs, tels que l’hydrogène sulfuré, l’acide sulfureux, et même un mélange d’alcool et d’acide hydrochlorique. Tous ces agents les font passer à l’état de sels chromiques (63 b). Cette transformation se reconnaît aisément, en ce que la couleur jaune ou rouge du chromate passe au vert.
Fondus avec du carbonate sodique et du salpêtre, tous les chromâtes insolubles se convertissent en chromâtes de Na ou K solubles.
Le chlorure de Ba précipite les chromâtes en blanc-jaunâtre, soluble dans les acides hydrochlorique et nitrique. Le nitrate de Ag produit un précipité pourpre foncé , soluble dans l’acide nitrique et dans l’ammoniaque. L’acétate de Pb produit un précipité jaune , soluble dans la potasse, peu so- ! lubie dans l’acide nitrique étendu.
Les chromâtes sont isomorphes avec les sulfates | correspondants.
Quand on ajoute de l’acide sulfurique concentré à la solution d’un chromate, l’acide chromique mis en liberté se transforme en anhydride chromique. En distillant avec l’acide sulfurique un mélange de
chlorure et de chromate, ou obtient l’anhydride
chlorochromique :
Cr203. anhydride chromique.
Cr202Cl2. — • chlorochromique,
(Y. les observations sur les anhydro-sels , 58.)
Série du Manganèse.
128. Outre les sels manganeux et manganiques , où le manganèse fonctionne comme métal , il existe des composés où cet élément joue un rôle semblable aux corps non-métalliques :
Mn204(M2) manganates ....... . Berz. Mn03,M0
M204(M) permanganates Mn207,M0.
Ces sels se produisent à peu près comme les chromâtes, quand on fait fondre un composé manganifère avec du nitre. Ils sont peu stables.
129. Le groupe des éléments halogènes (fluor, chlore, brome, iode) est remarquable par l’extrême analogie des combinaisons. Cette ressemblance est 1 1 si grande, qu’il suffit, dans beaucoup de cas, de1 |j connaître les caractères d’une combinaison formée? |j par l’un d’entre eux, pour pouvoir prédire la ma^- !
nière d’être des combinaisons correspondantes des trois autres.
Les éléments halogènes se distinguent surtout par une forte affinité pour l’hydrogène et pour les métaux, et, sous ce rapport, ils surpassent même quelquefois l’oxygène et le soufre. D’un autre côté, ils présentent quelques points de contact avec l’azote , par leur faible tendance à s’unir à l'oxygène , et par la décomposition facile de leurs combinaisons oxygénées : aussi, tandis que l’hydrogène et les métaux sont capables , à l’état libre, de s’unir au chlore, au brome, à l’iode, au fluor, jamais ces éléments ne se combinent directement avec le gaz oxygène.
Série du Fluor.
129 a. Le fluor se trouve engagé dans plusieurs combinaisons naturelles , notamment dans quelques fluorures. D’autres fois , il remplace l’oxygène dans certaines combinaisons du bore et du silicium , et constitue les fluoborales et les fluosilicales.ÇV . Séries du bore et du silicium. ) On ne connaît pas de combinaisons oxygénées du fluor.
Les fluorures renferment
Quand on chauffe dans un petit creuset de platine un fluorure réduit en poudre avec de l’acide sulfurique concentré, il dégage des vapeurs d’acide hydrofluorique (fluorure de H) qui attaquent et dépolissent le verre.
Les fluorures alcalins sont solubles dans l’eau. Ils attaquent les vases en verre dans lesquels on chauffe leur solution , et produisent des sur-fluorures. La plupart des fluorures secs résistent à l’action de la chaleur.
Série nu Chlore*