C,0H11O2(H)==COM-C9H
Le cinnamol normal ou essence de cannelle , Y acide cinnamique qui en dérive par une simple oxydation , Y acide hippurique , sont encore des corps susceptibles de se convertir en acide benzoïque.
Enfin le cuminol , contenu dans l’essence de cumin, et homologue de l’aldéhyde benzoïque ; les cuminates , homologues des benzoates; la cuminamide , homologue de la benzamide, sont des composés qui passent, par l’intermédiaire du cumène, à l’état d’acide benzoïque.
160. Groupe salicylique. — -Les composés de ce groupe peuvent se transformer en acide salicylique, ou proviennent de la métamorphose de cet acide. Ce groupe se rattache , d’ailleurs , au groupe précédent, en ce que certains benzoates peuvent être convertis en acide salicylique :
C6IPO(M) phénates , avec les espèces chlorées , bromées
et nitrées.
salicylures ou salicylites , avec les espèces chlorées, bromées et nitrées.
salicylates, avec les espèces chlorées , bromées et nitrées.
salicylamide , avec les espèces chlorées’ et bromées.
anthranilates.
C8H8NO indigotine (indigo bleu).
C8H3N02 isatine, avec les espèces chlorées et bromées.
C8H6N03(M) isatates , avec les espèces chlorées et bromées.
C8H4NS04(M) sulfindylates.
C16H12N202 indigogène.
C16H12N204 ïsathyde.
161. Lorsqu’on chauffe le benzoate cuivrique à 220°, il se décompose en un corps particulier C ,4H,0O% et en salicylale cuivreux .
On a , en effet:
4[C7H502(Cu)]— C14H10O2-j-2[G7H3O3(Cu2).
Cir équivaut à Cua comme dans tous les sels cui~ vreux (40).
L’acide salicylique et les salicylates s’obtiennent dans plusieurs autres circonstances , et notamment par l’oxydation directe des espèces du genre sali « cylure, dont l’essence d’ulmaire ou de reine des prés
représente l’espèce normale. Les salicylures elles salicylates solubles prennent une couleur d’encre par l’addition d’un sel ferrique.
Sous l’influence d’une chaleur élevée, et surtout en présence de la chaux caustique, les salicylates se dédoublent, comme les benzoates, les cuminates, etc., en donnant l’espèce normale du genre phénate :
C7Hs03(H)=C02-l-CeHs0 (H) .
Il existe aussi des salicylates chlorés , bromes , nitrés ; ceux-ci donnent , par la même métamorphose , des phénates chlorés, bromes ou nitrés. L’acide connu sous le nom de carbazotique ou nitropicrique, est un phénate trinitré.
Si l’on enferme du phénate ammonique dans un tube scellé à la lampe , il élimine tout son oxygène à l’état d’eau, et se convertit en aniline normale (157) :
C6H50(H,NHS) = C6H7N4-0H*.
Les salicylates et les phénates se produisent aussi par 1 ’indigoline , principe bleu de l’indigo. Si l’on oxyde l’indigotine par l’acide nitrique dilué , elle fixe O et se convertit en isatine normale, laquelle peut donner des espèces chlorées etbromées. Toutes
les espèces du genre isaline ont la propriété de Axer les éléments delà potasse ou d’un autre oxyde alcalin, pour donner des isatates ; on a donc les
Isatates.... C8H6N03(M) par l’isatine norm. C8H5N02,
— chlorés C8HSC1N03(M) — chlorée C8H4C1N02,
— bichlor. C8H4C12N03(M) — bichlorée C8H3C12N02,
— bromés C6H3BrN03{M) — bromée C8H4BrN02.
Qu’on soumette ensuite un isatate quelconque à Faction d’un excès de potasse , et l’on obtiendra :
L’aniline normale. . . C6H7N, par les isatates.
chlorée... C6HÔC1N, — ■ chlorés.
— bichlorée.. C6HSC12N, ■ — - bichlorés.
— bromée... C6H6BrN , — bromés.
11 se produit en même temps du carbonate et un dégagement de gaz hydrogène.
En modifiant les circonstances delà réaction , on peut arrêter l’oxydation à G7, et alors on obtient du salicylate ou de Y anlhranilale. Distillé avec de la chaux caustique , l’acide anthranilique se dédouble en CO2 et aniline normale:
Par Facide nitrique et l’indigotine , on peut directement obtenir des phénates nitrés ou des salicylates nitrés.
162. Une autre métamorphose remarquable de Findigotine et de Fisatine normale , c'est la manière dont elles se comportent avec les agents réducteurs (hydrogène sulfuré , mélange de chaux et de sulfate ferreux, etc.) .Elles se doublent alors et fixent H2; en même temps, Findigotine, d'un bleu foncé d’abord, perd tout-à-fait sa couleur, etl’isatine, de couleur aurore, se décolore aussi. C’est, d’ailleurs, sous cette forme décolorée que l’indigo existe dans les différentes variétés d’isatis , de nérium , etc. :
2C8H5NO-hSH2=C16H12N2Oâ^S.
2C8H3N02-f-SH'2=G16H12N204-j-S.
Au contact de l’oxygène ou d’autres agents oxygénants, ces produits repassent à l’état d’indigotine et d’isatine :
C16H12N204-H0=:0H2-h2C8HsN02.
Plusieurs matières colorantes , dont l’industrie tire parti , sont le résultat de semblables métamorphoses de certains corps azotés.
163. Groupe camphorique . — Nous réunirons sous ce nom les composés suivants:
C10Hie camphène, avec les dérivés chlorés et hr ornés.
C10HU cymène ou camphogène.
Cî0lï 13S03(]\1) sulfocyménates.
C10H17C1 téréhydrène chloré ou camphre de térébenthine.
C10II]8C12 citréhydrène bichloré ou camphre de citron. C10H18O bornéol.
C10H16O camphol, camphre des laurinées.
C10H20O2 térébol.
C10HI7O2(M) campholates.
C10H14O4(M2) camphorates.
C10H14O3 camphoride ou anhydride camphorique.
Voici par quelles métamorphoses ces composés se rattachent entre eux.
Le camphène C10H16 comprend une foule d’huiles essentielles qui se trouvent toutes formées dans les végétaux, telles que les essences de térébenthine, de sabine, de genièvre, de bouleau , de valériane, d’élémi, de citron , d’orange, de poivre, etc. Toutes ces essences représentent des modifications isomères d’un même système moléculaire. L’une de ces modifications, telle qu’elle est contenue dans l’essence de valériane, ou dans le camphre liquide de Bornéo , peut fixer directement les éléments de l’eau , et se convertir en bornéol normal (camphre solide de Bornéo) :
C10H16H~-OH2==CloH18O.
D’autres variétés du camphène normal fixent 2014' et produisent le térébol normal:
G10HI6-i-2OH2=C10H20O2.
Chauffé avec un peu d’acide nitrique , le bornéo! perd H2, et se convertit en camphoi normal , plus connu sous le nom de camphre des îaurinées ; c’est le camphre ordinaire des officines. Ce corps a aussi été obtenu par l'action de l’acide nitrique sur le succin ou ambre jaune , sur certains principes contenus dans les essences de tanaisie , de semen-contra , de sauge, etc.
Soumis à Faction des corps avides d’eau , tels que l’anhydride phosphorique ou le chlorure de zinc, le camphoi perd OH2, et se convertit en un hydrogène carboné C10H14, homologue du benzène, du toluène, du cymène, etc. Cet hydrocarbure, appelé cymène , se trouve tout formé dans l’essence de cumin :
C10H16O— OH24“C,aH14.
Oxydé par l’acide nitrique , le cymène se convertit en acide toluique, homologue des acides benzoïque et cuminique.
Les différentes variétés du camphène normal ont
la propriété d’absorberle gaz hydrochlorique, et de produire ainsi des composés, tantôt liquides , tantôt cristallisables, qu’on a confondus sous le nom de camphres artificiels ; c’est ainsi qu’on obtient, avec l’essence de térébenthine ,
C10Hi6-fClH=:C10H17Cl ; et avec l’essence de citron ,
Ces produits régénèrent le camphène normal, sous l’influence de la chaux caustique et d’une température élevée.
Quand on chauffe le camphol normal avec de la potasse solide, dans des tubes scellés à la lampe , il en fixe les éléments et se convertit en campholate de K :
C10H,6O-f-O(KH) = C10H17O2(K).
Enfin, sous l’influence de l’acide nitrique, le camphol fixe O5, pour donner un acide bibasique , qui forme l’espèce normale des camphorates . Cet acide produit, à son tour, Y anhydride camphorique f par l’élimination des éléments de l’eau.
164. Groupe protéique. — Les substances les plus complexes dans l’échelle des combinaisons organiques , sont représentées par les matières organisatrices de l’économie animale: fibrine, albumine , caséine ,
gélatine , etc. Ces corps ne sont pas cristallisables , et n’ont encore été que peu étudiés , au point de vue des métamorphoses. Ils renferment du carbone, de l’hydrogène , de l’azote, de l’oxygène, du soufre, et plusieurs d’entre eux, du phosphore. Abandonnés à l’état humide au contact de l’air, ils s’altèrent, se putréfient, et sont capables, dans cet état, d’agir comme ferments (146).
Lorsqu’on y fait agir des corps oxygénants , tels que l’acide chromique ou un mélange d’acide sulfurique et de peroxyde de manganèse, ils donnent une série de produits, parmi lesquels on remarque l’acide acétique et ses homologues, les acides formique , métacétique, butyrique, valérianique (145) ; ensuite, les aldéhydes acétique, métacétique, butyrique (145), l’essence d’amandes amères, l’acide benzoïque (158), l’acide prussique (148), etc. Sous ce rapport, la fibrine, l’albumine, la caséine et la gélatine donnent les mêmes produits.
Avec ces substances complexes , le chimiste peut donc parcourir une grande partie de l’échelle des combinaisons carbonées; il peut, à leur aide, reproduire un nombre considérable de composés d’une constitution plus simple (141).
La fibrine , l’albumine et la caséine sont aussi toutes renfermées dans les plantes , et en constituent les véritables parties nutritives. Le suc des graminées, par exemple, renferme une matière qui est identique à la fibrine des muscles ; la graine du blé , et en général de toutes les céréales , en est surtout chargée; la substance connue sous le nom de gluten, n’est autre chose que cette fibrine, mélangée d’une matière gluante particulière.
L’albumine est contenue dans le suc des légumes, comme les raves, les choux-fleurs, les asperges , etc. Quand on porte ce suc en ébullition , il s’en sépare un coagulum qui est identique au blanc d’œuf. Les amandes , les noix en renferment aussi.
Enfin , la caséine se rencontre dans le péricarpe des fèves , des lentilles, des pois , etc. ; elle se dissout dans l’eau, comme l’albumine, mais la solution ne se coagule pas par la chaleur. Elle ne se coagule que par l’addition des acides; si on l’évapore, elle se recouvre d’une pellicule, comme le lait des
animaux.
Série du Bore.