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TOURBE

Oisement. -r- La tourbe est un combustible assez médiocre provenant de Taltération spontanée des plantes herbacées et aquatiques accumulées dans des endroits marécageux. Son épais* seur augmente d'année en année, la végétation reprenant chaque printemps sur l'accumulation des plantes mortes des années précédentes. On distingue la tourbe des plateaux, comme celle des Vosges, et la tourbe des vallées comme celle de la Somme. L'épaisseur de ces dépôts peut varier de i à 10 m.

La tourbe sert principalement au chauflage domestique des familles pauvres, chacun exploitant son combustible à proximité de sa demeure. On l'exploite lorsque son épaisseur a atteint de 05om.àim. Il faut environ une dizaine d'années pour qu'une tourbière se reforme dans ces conditions. Pour exploiter les tourbières, des canaux y sont creusés afin de faire subir à la couche un égouttage préliminaire, puis un certain temps après cette première opération la couche est découpée en bandes, qui sont par la suite subdivisées en briquettes au moyen de la bêche. Les tissus ligneux qui constituent la tourbe, s'étant transformés sous l'action de l'air et de Teau en une matière spongieuse, retiennent d'énormes quantités d'eau.

L'exposition prolongée à Tair suffit pour lui faire perdre 50 0/0 de son poids d'eau et dans la tourbe ainsi desséchée il reste encore de 20 à 40 0/0 d'eau hygrométrique. La dessiccation ne doit pas

COMBUSTIBLES NATURELS. l8l-

être trop rapide, la tourbe desséchée rapidement se crevasse et s'émieite.

Les tourbes de fond, toutàfait transformées, dites tourbes brunes ou noires, pèsent après dessiccation à Tair libre, 3So à 400 kg. le mètre cube. Les tourbes en formation, dites tourbes mousseuses ou légères, pèsent 250 à 300 kg.

Propriétés. — La proportion d'eau retenue par la tourbe et perdue par dessiccation à l'air libre est en moyenne de 50 0/0 comme on Ta indiqué plus haut. La tourbe complètement séchée à Tair perd'encore dans le vide sec, 10 0/0 de son poids d'eau et de 10 à 20 0/0 dans une étuve a ioo<*. Vers 120** la décomposition commence avec dégagement de produits qui renferment de Thydrogène et du carbone. A 200** la tourbe sèche commence à s'oxyder à Tair.

On peut prendre comme moyenne de composition des tourbes •desséchées à i lo** et abstraction faite des cendres :

Carbone , . 58 a 63

Hydrogène 6 $,5

Oxygène avec i ou 2 0/0 d'azote . . . . 36 31,5

La proportion des cendres descend rarement au-dessous de •6 0/0, elle atteint souvent 20 à 30 0/0. Les cendres contiennent surtout de Targile et du calcaire avec des proportions variables de sulfate de calcium et de petites quantités de sels alcalins. Elles sont constituées par un mélange des cendres proprement dites des végétaux et des matières terreuses provenant directement du sol sur lequel s'est développée la tourbe.

La distillation de la tourbe donne des produits analogues à ceux de. la distillation du bois. Ils sont cependant moins acides.

Le pouvoir calorifique rapporté au kilogramme peut s'élever à ^.000 Cal. pour la tourbe sèche, abstraction faite des cendres. La tourbe desséchée à Tair ï 8 c/o de cendres et 25 0/0 d'eau a un pouvoir calorifique qui ne dépasse guère 4.000 Cal. Il peut même tomber à 3.000 Cal. si la proportion d'eau et de cendres augmente.

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La tourbe sert surtout au chauflage domestique. Cependant elle a été parfois employée dans les gazogènes pour remplacer la houille pendant les grèves ou dans les pays éloignés des bassins houillers, comme la Bohème ou la Russie. Depuis quelques années on se préoccupe tout particulièrement de ses emplois industriels au Ginada, en raison de son abondance dans ce pays et de Téloignement des gisements de houille.

Agglomération. — On ne peut pas se contenter pour les emplois industriels, qui exigent des productions considérables, delà dessiccation à Tair beaucoup trop lente et exigeant des surfaces d'étendage énormes. La dessiccation par la chaleur est plus impossible encore, car pour évaporer toute Teau d'une tourbe, il faudrait brûler une quantité de combustible supérieure à celui qu'elle renferme. On avait depuis longtemps essayé d'expulser Teau par la compression, mais ce procédé avait jusqu'ici échoué, en raison de la présence dans la tourbe de petites quantités de matières de consistance gélatineuse « de propriétés semblables à celles de l'hydrocellullose, qui retiennent Teau et rempèchent de s*écouler sans entraîner avec elles toute la matière solide qu'elle imbibe. La proportion de cette matière hydrocellulosique est cependant très faible, elle ne dépasse guère i o/o.

Le D' Ekenberg a imaginé un procédé ingénieux pour débarras* ser la tourbe de cette matière et rendre possible son égouttage par compression. Le chauffage dans l'eau sous pression à 150^ détruit la matière hydrocellulosique et la transforme en produit soluble. Après cette opération, la tourbe comprimée sur des toiles labse écouler son eau. Les expériences ont été faites sur une tourbe noire renfermant 87,3 0/0 d'eau, soit 7 kg. d'eau par kilogramme de tourbe sèche. La matière réduite en pulpe par broyage et passée dans un tamis à mailles de i mm. fut enfermée dans un sac en drap et comprimée à 20 kg. par centimètre carré. Il n y eut pas d'écoulement d*eau et le sac se déchira. La même expérience répétée après des chauffages dans l'eau sous pression à différentes températures a donné les résultats suivants :

Pulpe brûle de tourbe chauffée à différentes températures.

Kg, d*MU restant par kg. Kg, d'aau écoolé* par

kf . de tourbe sèche

Chauffée à 160 2,0 5 o

Les essais industriels d'application de cette méthode de traitement de la tourbe ont été faits en employant un chauâage pendant 30 minutes à iSo''. On récupérait les deux tiers de la chaleur nécessaire pour le chauffage en employant des tubes coaziaux, laissant entre eux un espace annulaire de 12 mm. La pulpe est envoyée par le tube central à Taide d'une pompe donnant une pression un peu supérieure à la tension de la vapeur d*eau. La compression de la matière ainsi obtenue donne des briquettes assez dures, de densité 1,3.

Des tentatives diverses ont été faites sans grand succès jusqu'ici pour préparer par calcination du charbon de tourbe, utilisable par l'Industrie ; il est trop friable pour se prêter aux mêmes usages que le charbon de bois.

Temp^tnrefl

de toarbe homido

sac déchiré

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