‹ Introduction à l'etude de la paleontologie stratigraphique (volume 2)Chapitre 38 sur 57 · SS INTRODUCTION · texte numérisé non relu

SS INTRODUCTION

sédiments tertiaires, on admet généralement qu'il y a des espèces qui ne peuvent être séparées spécifiquement de celles qui vivent aujourd'hui. Restreindre le mot fossile à tous les corps organisés ou traces reconnaissables de corps organises antérieurs à l'époque actuelle, et ne commencer à admettre l'état fossile qu'à partir de l'époque quaternaire qui l'a précédée immédiatement, ce serait une sorte de pétition de principe, car la désignation de l'état du corps dépendrait de la détermination préalable de la couche où il aurait été trouvé, et il pourrait arriver que des restes organiques, regardés comme fossiles parce que les dépôts qui les renfermaient avaient été désignés comme quaternaires, cesseraient de Tétre si l'on venait à constater que ceux-ci sont modernes, eivieeversd.

Par ces considérations, nous pensons que tout en restreignant, dans la pratique et le langage ordinaire, l'expression de fossUe aux restes organiques antérieurs à Pépoque actuelle, comme nous l'avons fait jusqu'ici et comme nous continuerons à le faire par la suite, on ne peut pas refuser d'une manière absolue d'y comprendre ceux du terrain moderne qui se trouvent actuellement dans des conditions plus ou moins comparables aux corps organisés des terrains plus anciens. Nous laissons donc la question dans cet état, nous bornant à cette explication pour préciser la manière dont nous l'envisageons.

C*est pour nous conformer à Tusage, qu'en traitant de6 corps organisé» des dépôts modernes , nous nous sommes abstenu de leur appliquer le mot fossile^ et que nous les avons toujours désignés comme nous l'eussions fait pour les animaux et les végétaux vivants. En effet, tous existent encore aujourd'hui, et rentrent par conséquent dans le domaine du zoologiste et du botaniste.

Enfin, c'est aussi par ce motif que nous n'avons pas encore parlé des modifications que les corps organisés ont éprouvées, par suite de leur séjour plus ou moins long dans les couches de la terre, sujet important dont il nous reste à traiter pour terminer notre Introduction à l'étude de la paléontologie stratigraphique.

FOSSILISATION.

§ !• NoUont prèli

organisés.

Les corps organisés, quelles que soient leur composition et Aitéraiîon» leur origine, à quelque classe qu'ils appartiennent, s^altèrènt corps plus ou moins rapidement dès que la vie les a quittés et qu^ils restent exposés à l'action des agents atmosphériques, de l'air, delà lumière, de la chaleur et de l'humidité. Leurs éléments, l'hydrogène, l'oxygène, le carbone, l'azote et les substances terreuses qu'ils contiennent se séparent pour entrer dans de nouvelles combinaisons, ou bien retournent à Tatmosphère, à l'eau et à la terre. Telle est, comme nous avons déjà eu occasioa de le dire, la loi. générale de la nature.

Si donc des circonstances particulières n'étaient pas venues soustraire à une destruction complète les produits ou une partie au moins des produits des divers âges, nous ne saurions rien ou du moins bien peu de chose de l'histoire de notre planète; nous ne serions probablement jamais arrivés à reconstruire, comme nous pouvons essayer de le faire aujourd'hui, le tableau des phénomènes physiques et biologiques dont sa mrbee a été le théâtre. Mais, par des moyens très-variés, la natureia pris soin en quelque sorte de nous conserver dans ses archives d*innombrables inscriptions qui portent leurs dates avec elles et qui parfois, comme les manuscrits palimpsestes, ont reçu l'empreinte d'une époque plus récente que celle à laquelle ils appartiennent réellement. Elles nous aident et nous guident dans la classification des faits; elles nous permettent de déterminer leur âge par les corps organisés ou par leurs traces seulement qui ont échappé à la destruction, ayant été ensevelis dans les sédiments marins ou lacustres de tous les temps. Ce sont précisément ces procédés, employés par la nature pour nous transmettre ainsi la représentation plus ou moins exacte des faunes et des flores successives, dont nous avons à nous occuper actuellement!

474 FOSSILISATION.

On vient de dire que le premier effet qui se manifeste après la cessation de la vie, c'est Taltération, la décomposition et la disparition des chairs, des organes, des téguments, et en général de toutes les parties molles des animaux, auxquelles il faut joindre, après un temps un peu plus long, les parties cornées, de sorte qu'il ne reste, dans le plus grand nombre des cas, que les parties solides, ordinairement calcaires, soumises à la fôê' silisation.

Fossilisation. Maintenant ces parties, soit les os des vertébrés, aoit letest ou les enveloppes des invertébrés qui en sont pourvus, par leur séjour dans la terre, perdent encore, au boni d'un temps plus ou moins long, la matière organique altérable comprise dans les mailles de leur tissu, dont les vides sont alors remplis \yskT des infiltrations de la roche environnante, ou apportées par des dissolutions calcaires, siliceuses, ferrugineuses, etc. De eette manière, les corps organisés, rendus d^abord plus légers et plus poreux par la disparition de la matière organique, deviennent ensuite plus pesants, au contraire, par les sucs lapidifiques ou métalliques qui Pont remplacée. Il y a donc eu, dans ce cas, substitution d'une matière à une autre dans les mailles d*un réseau osseux ou d'un test calcaire. Tel est on des premiers résultats généraux de la fossilisation. Moule. Lorsqu^on introduit avec soin une matière plastique ou susceptible de se mouler (argile, plâtre, cire, soufrCf etc.) dans une cavité quelconque, elle en prend la forme exacte, et si Toa vient à briser ou à enlever avec précaution les parois de cette cavité, on obtient ce que Ton appelle un moule de cette même cavité, et qui en reproduit tous les accidents. De même, nous appellerons moule le résultat du remplissage du vide intérieur d'un corps organisé par une matière inorganique (ai^ile, marne, calcaire, sable, silice, fer, etc.) qui s'y est solidîGée. Ce moule nous traduit alors non-seulement la forme ou les contours intérieurs du vide, mais souvent aussi ceux da corps de l'animal qui Toccupait et plusieurs de ses caractères essentiels. Les moules sont, on le conçoit, formés le plus ordinairement paria substance même de la roche environnante, mais ib

NOTIONS PRËLiMlNMRES. 475

peuTent 1 être aussi par rinfiliraiion de substances minérales étrangères.

Lorsqu'on appose un eacàet sur de la cire fondue, on obtient Empreinte. une empreinte qui représente exactement en relief les linéaments du cachet, qui sont en creux; si, au contraire, on remplaçait le cachet ordinaire par un camée en relief, on aurait une empreinte en creux de ce même camée. Nous donnerons donc le nom A^ empreinte aux traces qu'un corps organisé solide ou quelquefois mou aura laissées par le contact de sa surface citérieure sur la matière plus ou nioins plastique qui Tentoundt, laquelle nous offre ainsi les caractères et les accidents de cette surface, d^autant plus exactement qu'elle était plus propre à cette opération.

Ainsi le moole, d'une part, et Vempreinte, de Vautre, nous permettent de juger de la plupart des caractères intérieurs et extérieurs d'un corps solide d'origine organique, et par conséqnent peuvent suppléer à l'absence ou à la disparition complète de ce corps lui-même.

Si Ion conçoit maintenant que le test calcaire d'une coquille, contrepar exemple, dont Tintérieur aura été rempli et moulé par la ^^aJuW^*** matière de la roche environnante et la surface extérieure reproduite par son empreinte sur cette même roche, vienne à être dissous par quelque acide ou tout autre agent naturel, il retrouvera entre le moule. et l'empreinte extérieure un vide à la place du test. Si Ton suppose alors que ce vide soit rempli par rinfiltration d^une substance différente de la première, siliceuse, par exemple, celle-ci, lorsqu'elle sera consolidée, représentera cxacteftient la surface intérieure et extérieure du test qu'elle remplace. C'est ce que nous appellerons alors une contre- empreinte.

Par cette substitution, la contre-empreinte diffère du corps dont elle occupe la place non-seulement par sa nature minéralogique, mais encore par l'absence de tout caractère organi<iue dans sa structure intérieure. Aucune trace de tissus, de fibres, de pores, etc., n'a été reproduite. Ce résultat de fossilisation, que nous désignons plus particulièrement sous le nom de

476 lOSSlLISATION.

contre-empreinte double^ parce qu'elle reproduit à la fois les caractères intérieurs et extérieurs du test, est assez rare à cause de la complexité des opérations successives qu^elle exige. Le suivant, que nous désignerons par Vexpression de contres-empreinte simple, est plus fréquent.

Contre- gj |g moulo intérieur de la coquille que nous avons prise pour

empreinte . ^ ^ n • *

simple, exemple n'existait pas préalablement, que celle-ci fût restée vide, et que la roche environnante eût seulement reçu Teoi- • preinte de sa surface extérieure, la coquille venant à être dissoute, la matière qui la remplacera occupera le vide même intérieur de celle-ci, et donnera par le moulage la représentation de la surface extérieure ou la contre-empreinte de cettesurface. De cette manière, le moule intérieur et la contre-empreinte extérieure ne feront qu^un, et les caractères de rintérienr ne sont point reproduits. Les contre-empreintes simples ou doubles, résultant de plusieurs opérations successives, on conçoit qu'elles sont moins fréquentes dans la nature que lei> moules et les empreinfi^s qui n'en exigent .qu'une.

L'empreinte et la coiitre-einpreinte peuvent, dans un grand nombre de cas, senir à caractériser une espèce; mais il n'en est pas toujours de même des moules, qui ne traduisent souvent que le genre, et même d'une manière très-insuflisante, comme dans beaucoup de mollusques gastéropodes, tandis que dans les acéphales, les céphalopodes, les ra4iaires échinides, etc., les moules complets sont assez caractérisés. Moules £e moulage des coquilles perforantes et' de leurs cavités a

empreiutet Ueu daus dcs circoustauces particulières, dont les résultats ooqunics méritent de nous arrêter un instant, et que nous exposerons

perforantos. j'gppèg les obsorvations que M. P. Fischer a bien voulu faire a notre intention.

Beaucoup de coquilles bivalves (Gastrochènes, Pholades, Lithodomes, etc.) creusent, dans diverses roches, dans les masses madréporiques, des trous de formes caractéristiques. Qpels que soient la disposition, les accidents et l'ornementation du test des coquilles, les parois du trou ne les reproduisent pas et sont généralement lisses, de sorte quis son moulage

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