‹ Introduction à l'etude de la paleontologie stratigraphique (volume 2)Chapitre 37 sur 57 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

DE LA FOSSILISATION Inlrodttotîon.

Défmiiions. Nous désignerons sous le tiom de fossilisatmi les diverses modifications que les restes de corps organisés ont éprouvées pendant leur séjour dans les couches de la terre. Ces modifications sont fréquentes, nombreuses, et de nature très-variée, quelquefois même si profondes que les caractères des corp:», complètement oblitérés, ont donné lieu aux plus singulières méprises de la part de zoologistes éminents. L'examen de ces changements est d'autant plus nécessaire ici qu'ils n'ont été rpbjet d'aucune étude suivie de notre temps, et qu'il (aut remonter jusqu'au grand ouvrage de Walch, publié il y a 88 ans, pour trouver un ensemble de recherches réellement important sur ces innombrables transformations. Mais nos connaissances chimiques» beaucoup plus avancées aujourd'hui qu'elles ne Tétaient alors, nous permettront de nous rendre compte de bon nombre de faits inexplicables pour le savant et consciencieux continuateur deKnorr (i).

Le mot fossile, dérivé de fossiliSj masc. fém., et de fosàlfy n., désignait, suivant Pline, les corps que Ton tire de la terre en fouillant ; les mots fossiUOy fossilium, désignaient aussi, chez les Latins, les sels ou substances minérales qui se trouvent dans la terre.

(I) Voy. anté, V partie, p. H2.

FOSSILISATION. 471

Les anciens oryctognostes, et même encore des minéralogisles jusqu'au commencement de ce siècle, donnaient indistinctement le nom de fossile aux substances minérales ou inorganiquas désignées plus particulièrement aujourd'hui sous le oom (le mhiérauXy et aux restes organiques ou représentations de formes organiques extraits aussi de Tintérieur de la terre. Cependant, dès les premières années du dix-^huitième siècle, plusieurs naturalistes avaient déjà restreint aux seuls débris de corps organisés cette dénomination, qui a fini par prévaloir, et aujourd'hui le moi fossile^ employé .seul et substantivement, ou comme adjectif joint à un substantif, exprime: soit les restes organiques eux-mêmes, soit leur représentation par des moules, des empreintes et des contre-empreintes, ou enfin par la substitution plus au moins complète d'uiie nouvelle substance minérale à celle qui les constituait, primitivement*.

Ce dernier remplacement est particulièrement désigné pa^ le mot pétrification^ longtemps employé aussi comme ayno* nyme de fossile^ mais qui n'est applicable en réalité qu'à un assez petit nombre de corps d'origine organique, tandis que le moi fossile l'est à tous, quels que soient leur état, leur ancien-* netéet les modifications qu'ils ont subies. Cette désignation générale, simple,. commode et sans aucune ambiguïté, demande seulement a être précisée, lorsqu'on descend à un examen dé* taiUé des corps, pour les bien décrire et les bien caractériser.

L'emploi de ce mot ne donne lieu qu- à une seule objection ; c'est celle-ci : Depuis combien de temps ou depuis quelle époque un corps organisé doit- il avoir été enfoui dans la terre pour qu'on puisse le désigner comme fossile? Ou, en d'autres termes, quelle devra être l'ancienneté d'un corps organisé pour ilre réputé tel ?

On comprend qu'il ne suffit pas que ce soit. une espèce reconnue comme perdue ou éteinte, d'abord parce que ce serait préjuger une question qui n'a point de rapport avec le sujet, son analogue à l'état vivant pouvant être retrouvé d'un moment à l'autre, et ensuite parce que nonseulement dans l'époque quaternaire, mais encore dans les

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