‹ Introduction à l'etude de la paleontologie stratigraphique (volume 3)Chapitre 38 sur 78 · GUANO · texte numérisé non relu

GUANO

leur produit et par conséquent diminuer d'autant la masse de Fazote qui constitue uii élément si essentiel de notre atmosphère, et finir à la longue par modifier la constitution de . celle-ci. Il en donc est ici pour ce gaz absolument comme pour le carbone fixé dans les dépôts de combustibles végétaux, et de même aussi Taction de l'homme, quoique indirecte, vient contribuer, par suite de son industrie, à restituer à l'atmosphère cet azote accumulé depuis des siècles et celui qui journellement encore est enlevé à la masse générale de Tair. Il est évident aussi que sans les progrès de la navigation, cette action eût été insuffisante, puisque les peuples indigènes, quoique utilisant le guano, en avaient laissé des masses si considérables que toutes les nations civilisées s'empressent aujourd'hui de le faire entrer dans leur culture.

Sur la côte de lil Patagonie, par 48'' latitude S., entre la paiagome. pointe Sea-bear-bay et Port-Désiré, est un groupe de petites lies d'où Ton extrait du guano. M. Malaguti (l) y distingue le (juano de ftieShag^ formé d'excréments et de débris de Cormorans, très-riche en azote, le guano de Lioii, formé par les Phoques (Lions de mer) et d'autres amphibies, et renfermant des cristaux de struvite et de chaux phosphatée, le gtiaiio de Pinj/otN«, également composé de détritus et d'excréments de ces oiseaux et d'amphibies, avec struvilc et une argile phospliatée, enfin le guano de carrière^ qui est fort ancien et modifié dans ses caractères par la suite des temps.

Dans le guano de la baie de Saldanha, sur la côte occiden- Substance» taie d'Afrique, la struvite, qui est un phosphate d'ammoniaque """ ™ ^' et de magnésie, a aussi été rencontrée. On sait que l'origine de cette substance, trouvée pour la première fois dans Un sol au-dessus duquel il y avait eu pendant longtemps un abattoir, a été un sujet ^e discussion parmi les minéralogistes, qui semblent la regarder actuellement comme un résultat delà réaction de matières organiques sur les éléments du sol environnant.

(1) Comptes rendus de l'Acad. des science^, vol. LUI, p. 456; 186J.

M. Âd. Slrecker (i) a extrait du guano une substance particulière à laquelle il a donné le nom de Guanine. OrKanUmes Nous avons déjà VU (autè, p. 360) que M. Ehredberg amt scopTqL. représenté sur la planche 35 a de TAtlas de sa Microgéolagie des organismes microscopiques du guano du Pérou et de la côte d'Afrique, de son côté M. Bailey (2) à constaté que les tnfusoires récents abondent dans les vases bleues de la baie de New-IIaven, dans celles de Charleston, etc., et sont tous des espèces marines qu'on retrouve dans le guano. Cuica, Séb. Wissc (2) a décrit, sous le nom local de Cuica^ un dépôt composé de boules de terre, qui parait être le résultat du travail et Thabitation d'un ver d'une grande dimension et très- répandu dans toute la hante vallée des Andes de TÉquateur, sur 7U lieues de long et 7 de large. La limite nord du dépôt coïncide avec jcelle des républiques de l'Equateur et de * la Nouvelle-Grenade. On Tobserve parliculièrement sur les roches tuffacécs de remblai d'origine trachytique, dans le voisinage des volcans. Il existe depuis 2000 jusqu'à 3200 metrès d'altitude; au pied du,Pichinca même il se forme encore. L'épaisseur de la couche qu'il constitue varie de 1 à 20 mètres, mais il y en a qui parait avoir commencé à se déposer avant l'époque actuelle, si Ton en juge par les sédiments de transport argileux, sableux, caillouteux dont on les voit recouverts sur plusieurs points.

D'après l'auteur, le ver qui construit ces boules aurait 60 à 70 centimètres de long; il vit dans les endroits argileux et humides, se forme une demeure creuse en dedans, sphérique, de 6 à 8 centimètres de diamètre et dans laquelle il se retire pendant la saison sèche. Après la mort de l'animal l'intérieur se remplit de sable ou de terre, mais l'orifice reste toujours reçonnaissablc. Ce dépôt singulier, propre à la haute région comprise entre les deux Cordillères, ne s'observe plus

(1 ) Comptes rendus, vol. LU, p. 1 21é ; 1861 . *

(2) The Amer. Journ, de Silliman. vol. XLVIK, p. 336; 1845.

(3) BuU, Soc, géol, de France, 2* scr., vol. XI, p. 460; 1854.

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lorsqu'on descend vers l'océan Pacifique, ni à Test, ni au nord dans la Nouvelle-Grenade.

Si S. Wissë n'était pas aussi connu pour un observateur instruit et sérieux, peut-être pourrait-on soupçonner dans son récit quelque exagération de voyageur revenant de loin, mais outre une description très-circonstanciée du fait en lui-même, bien que le ver constructeur n*ait pas, à ce quUI semble, été observé directement par lui, le mémoire de cet observateur est encore accompagné d^une carte géologique de toute la haute vallée comprise entre les Cordillères. A cette carte, à Téchelle do tWôôô» ^* jointe une coupe générale proportionnelle et des coupes de détail où les relations stratigraphiques et la distribution géographique du Cuica sont parfaitement indiquées, ainsi que celles des autres roches du pays. 11 n'est donc pas permis de douter de l'exactitude du fait, mais on doit désirer une description plu^complète de Tanimal lui mémo qui y donne lieu. .

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