‹ Introduction à l'etude de la paleontologie stratigraphique (volume 3)Chapitre 46 sur 78 · BmUs d'îndiulnc knmaîne dta les anoient dépôU · texte numérisé non relu

BmUs d'îndiulnc knmaîne dta les anoient dépôU

Nous avons déjà signalé des plages soulevées dans la période ^ actuelle, le long du littoral des îles Britanniques, de la Suède, de la Méditerranée, de la mer Rouge, sur le pourtour de plusieurs iles de la Nouvelle-Guinée, aux iles Sandwich, sur la plupart des côtes d'Amérique, etc., (antè, p. 306-312). Nous avons même cité des poteries et d'autres objets d'industrie humaine dans des roches de formation moderne, associés avec les coquilles qui vivent encore dans le voisinage, particulièrement sur les côtes de l'Afrique septentrionale et de la Grèce. Mais ces preuves de l'eiistence de l'homme, antérieures à ces dépôts, pouvaient être rapportées à une date historique plus ou moins ancienne, tandis qu'il n'en est pas de même des faits dont nous allons nous occuper et auxquels ne se rattache aucune tradition locale.

En 1848, M.. Robert Chambers publia un ouvrage intitulé Ecosse. Ancieits bords delamer^ ou preuves des changements de niveau relatif de la mer et des terres^ ouvrage dans lequel il rassembla de nombreuses preuves à l'appui de son opinion. Il avait constaté, particulièrement le long des côtes d'Ecosse, l'existence d'un ancien niveau delà mer à 13"*,50 au-dessus de son niveau actuel, et de plus un certain nombre de niveaux intermédiaires entre ce maximum et celui de nos jours. Peut-être l'auteur s*est-il un peu hâté de généraliser ses vues, mais tout semble concourir à les (aire adopter au moins en principe. Les dépôts de

4U RESTES DMNDUSTRIE HUMAINE

sable, de gravier et de coquilles modernes qu'on remarque s^^ beaucoup de points du littoral des Iles Britanniques ne perm^^ tcnt pas de douter du peu d'ancienneté des changements de ^^ veau dansdiverses localités. Cependant, jusqu'en 1861 onn'aw^^ guère de preuves que ces changements fussent contempon^//;^ de rétablissement des hommes dans-le pays; ou plutôt on n av^// pas appliqué à cette idée celles que le hasard avait fournie»;

Le long des bords de la Clyde, à Glasgow, on remarque me sorte de terrasse, parfaitement nivelée, de largeur variable ei à 7", 82 au-dessus de la haute mer. Elle est composée d'argile alluviale, de vase, de sable avec des lits de coquilles. C'est évidemment un dépôt d'estuaire, de sorte qu'on est en droit deo conchu'c que le lit de la rivière et ses bords ont été ékvés depuis sa formation, et, dit M. Geikis (i), si Ton trouve enfoui dans ce dépôt, sans aucune apparence de dérangement, des traces de l'industrie humaine, on sera autorisé à croire que Télévation est contemporaine de l'homme.

Eh bien, depuis 80 ou 90 ans, 18 canots ont été retirés de ce dépôt, et quelques-uns mêmes sous les rues de la ville eu faisant des fondations. Les découvertes les plus iraporlanles eurent lieu lors de l'agrandissement et du creusement du port. On en tira 12 qui, à deux exceptions près, étaient faits chacun avec un tronc de chêne ; 2 avaient été creusés au moyen du feu, d'autres à l'aide d'instruments grossiers, tels que des haches en pierre. Quelques-uns, qui avaient été travaillés, évidemment avec des outils en fer, permcltaieht de suivre te progrès de la construction de ces canots depuis les temps 1®^ plus barbares jusqu'à un certain degré de civilisation.

La profondeur moyenne à laquelle ces barques se troutaieul au-dessous de la surface du sol était de 5™,76, et elles étaient à 2^,12 au-ilessus des plus hautes marées de nos jours. La dernière que Ton ait retirée de ce dépôt était sous l'emplacement d'un ancien hôtel de la ville, à G'",70 au-dessus delà plus haute marée de la rivière. Elles étaient toutes à plus de

(i) QuàrL Joum. geoL Soc. ofLondon, vol. XVin, p. 218; 186Î.

DANS LES Ar^GlENS DÉPOTS MARINS. 415

100 mètres en arrière de Tancien bord de celle-ci et entourées d'une masse de sable épaisse et divisée en lits minces.

Deux de ces canots étaient construits avec des planches ; celui qui était le plus perfectionné dans toutes ses parties avait 5'",46 de long sur {""^b^l de large; lorsqu'on le découvrit, il était renversé la quiUe en dessus et la proue tournée vers la rivière. Les planches étaient fixées à la membrure par des chevilles, et sans doute par des clous de métal dont les trous étaient carrés et dont on voyait encore Tempreinte de la tète à la surface du bois, mais tous avaient disparu. Celles des chevilles qui restaient étaient d'ailleurs fort ingénieu$ement travaillées et fixées. Quelques objets d'industrie ont été recueillis au fond de ces bateaux.

De la place qu'ils occupaient on ne pouvait pas conclure ab* solument ni leur eontemporanéité ni leur ancienneté relative, à cause des circonstances très^variables de leur enfouissement dans un golfe où, comme l'embouchure de la Clyde, le mouvement des grandes marées déplace souvent les vases et les sables du fond avec les objets qu'ils renferment. Mais d*après leurs caractères, on peut juger que la plupart de ces barques appartiennent à l'époque primilive où le^ hommes de ces contrées n'avaient pas encore appris à travailler les métaux et ne connaissaient que les instruments de pierre les plus grossiers, tandis que quelques-unes datent d'une époque sans doute plus récente où déjà le bronze et le fer éts^ent employés.

Un bateau trouvé àBoukton, en 1853, dans les mêmes circonstances, avait la forme des galères de l'antiquité, et des restes de morceaux de liège qui étaient au fond ont fait penser à Tauteur que ce pouvait être un bâtiment venu des bords du Tibre ou des côtes d'Italie. Néanmoins le soulèvement de tout l'estuaire de la Clyde, à 7 mètres au-dessus des plus hautes marées, est un fait évidemment postérieur à rétablissement de l'homme dans le pays.

Sur la c6te orientale de l'ile, dans le firth de Forth, on ob* serve une zone d'alluvion soulevée, semblable à celle de la Clyde; c'est particulièrement la plaine appelée Carse de Falkirk

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