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RESTES D'INDUSTRIE HUMAINE

graduel, mais inégal, sur les divers points delà côte, et nul da^^ le midi de la Scanie. L'élévation de 1 mètre par siècle *a é^^ constatée à Lœfgrundet, à Marstrand, etc.

En 1857, M. Kiisson(i) fit connaître que la Scanie, pani^ méridionale de la Suède, paraissait avoir éprouvé, comme Je Groenland, un mouvement d'abaissement pendant plusieurs siècles. Il n'y a point d'ailleurs, dans cette province, de défhôtn coquilliers récents analogues à ceux du Danemark. Linné, vers 4749, avait mesuré, près de Talleborg, la distance d'une grande pierre à la mer; aujourd'hui cette pierre se trouve de 30"*,50 plus rapprochée de Teau qu'elle ne Tétait alow. Une tourbière, formée de plantes terrestres et d'eau douce, est actuellement sous la mer, dans'un endroit où l'on ne peut pas supposer que ces végétaux aient été transportés par les rivières. Enfin, dans les villes maritimes de la Scanie, il y a des rues au-dessous du niveau de la mer, et, dans quelques cas, au-dessous des plus basses marées.

M. Eugène Robert (2) ne croit pas qu'il y ait un véritible abaissement du sol dans cette province, au moins suivant le sens qu'on attribue à ce mot, et les faits observés résulteraient, suivant lui, du tassement ou du déplacement du dépôt de transport. Mais, d'un autre côté , M. Doraeyko (3) a signalé des documents historiques qui établissent d'une manière positive qu'une province, appelée Witlandu, est aujourd'hui recouverte par les eaux du golfe de Kœnigsberg. A l'époque de Tordre Teutonique, elle se trouvait placée entre Pillau, Brandebourg et Bolga. M. Zeune (4) a réuni aussi quelques observatiens relatives à des points du pays et à des monuments élevés

(i) Lyell, Address delivered, etc. (Proceed. geoL Soc. of London, vol. II, p. 506.) — Voyez aussi Nilsson, Sur des soulèvements etd&af" faissements aUematifs de la surface du sol dans le midi de la Su^ (Forhandling vid, del af Skmidinav. naturforsk. Travaux de la rémon des naturalistes et médecins Scandinaves à Gotbenbourg en 1839. Gotheobourg, 1840, p. 129).

(2) Voyage en Laponie et en Scandinavie^ etc.

(3) Compt. rend., vol. IV, p. 965; 1858.

(4) Ann. d. Erd, volk. de Berghaus, vol. XV, p. 221 ; 1856.

que l'on n'aperçoit plus de certaines positions, et vice versâj et il en a conclu des soulèvements et des affaissements du sol dans les provinces littorales du sud de la Baltique. Cependant ces résultats sont encore douteux à cause du manque de précision dans les moyens* employés pour les constater.

M. Éliede Beaumont, dans son Instruction pour T expédition du Piord (l), travail qui peut être regardé comme un résumé de tout ce que l'on sait sur les parties boréales de l'Europe, a fait remarquer que le changement de niveau actuel et le changement ancien étaient sans doute très-différents Tun de l'autre. L. de Buch, qui a toujours regardé les deux phénomènes comme distincts, a démontré que l'élévation de la Suède était étrangère aux parties de la Norwége que recouvrent les couches coquillières dont nous venons de parler. Ainsi, il y a près de Luuroê des pierres runiques placées sur ces couches, si peu audessus de la mer, qu*il n'y aurait pas encore eu de fond pour poser ces pierres, qui sont d'une très-haute antiquité, si la règle de 1"',30 d'élévation par siècle, reconnue pour la Suède, était appUquée à la Norwége.

M. Keilhau (2) a décrit les dépôts d'argile et de sable coquilliors que l'on observe dans les fjords de ce dernier pays, et qui, s'étendant jusqu à une certaine distance dans les terres, atteignent aujourd'hui une altitude de 182 et même de 243 mètres. Mais l'indépendance des phénomènes sur les côtes orientales et occidentales de la Scandinavie, et l'absence de preuves que, sur ce dernier côté, le soulèvement appartienne réellement à l'époque moderne ou historique, nous ont engagé à renvoyer l'étude de ces dépôts au temps où nous traiterons spécialement des plages soulevées (raisedbeachs)y si nombreuses sur les côtes de l'ancien comme du nouveau monde et qui appartient à Té-

(i) C&mpt.rend,, vol. YI, p. 560; 1838.

(2) Bull. Soc. géoL de France, i** série, toI. VII, p. 21; 1856.-Yoyez aussi : Preuves des soulèvements delà Scmdiimvie dans les temps modernes (Magaz, for Naturvidenskabeme, Christiania, 2' sér., 1835, p. 82 ; 1836 et Om Lonjardens, sligning i Norge, Mémoire sur les exhaussements de la côte de Norwége, t6td.; 1837).

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poque quaternaire. Nous ne nous occuperons donc ici que des soulèvements contemporains, prouvés par des obsei*vations directes ou par documents incontestables de Tindustrie humaine.

A Tappui des mouvements inverses qui se manifestent dans le nord et le sud de la Suède, M. Forchhammer (i) a fait connaître que l'île de Saltholm n'a pas sensiblement changé depuis 600 ans, tandis que celle de Bornholm parait s être élevée de 1 pied par siècle, et que son soulèvement doit remonter à 1600 ans. L^auteur signale ensuite, dans le Danemark, le Schleswig et le Holstein, des bancs de coquilles, sur lesquels nous reviendrons, leur contemporanéité ne paraissant pas bien établie ; mais des restes de Tindustrie des habitants, recueillis dans les détritus charriés par les eaux sur les îles de la côte occidentale du Schles.wig, et à 20 mètres au-dessus de la mer, ne permettent pas de douter qu'elles n'aient été soulevées depuis que ces îles ont commencé h être habitées.

La différence de la proportion du soulèvement, suivant les temps etics lieux, a été constatée aussi par M. Almloef(i), qui a recherché les anciennes marques du niveau delà mer sur la côte, entre Haparanda et Sœderkoeping. Quoique la Baltique

(1) Lettre à M. Ch. Lyell, Sur quelques changements de niveau quionl eu lieu en Danemark dans la période actuelle (Transact. geol. Soc- o( London, vol. VI, p. 157; 1841).

Voyex aussi : Forhandling. vid det afSkandinav. naturf., etc. Trawax de la réunion des naturalistes et médecins Scandinaves à Gothenbourg en 1839. Gothenbourg, 1840, p. 46 et 57.— /«is, 1843, p. 207, 212. -Sur tes changements de niveau et les traces d'inondation sur la côte occidentale du Schleswig (Tidssk, f. naturvid. de Kroeyer, vol. Il, p. 201). - Neu. Jahrb., 1838, p. 94. — - Gh. Kapp, Sur les bancs de sable de Goodtt/m, dans la mer du Nord, formés par te soulèvement, comme cerlainfi côtes de la Scandinavie (Almanach de Kaupp, 1836, p. 134. — fit»- Jahrb., 1836, p. 222). — Berzelius, Sur le soulèvement des côtes Scandinaves et les roches polies et sillonnées des montagnes du !iord (For II and. viddet afSkandinav. nalurf,, etc. Travaux de la Soc. desw». Scandinaves en 1842. Stockholm, 1843, p. 45-67). — Forchhamnaer, Sw les inégalités des oscillations de laScandinaxne (BuXLSoc, géol. de Fro^^^ 1"sér., vol. IX,p. 100;1838).

(2) KongL Vatensk. Acad. Handl,, etc. — VInsUtui, 19 mai 1842.

n'ait pas de marées, elle parait être soumise à «des variations périodiques dans la hauteur de ses eaux. Dans Tété de 1843, suivant M. Beamish (i), un abaissement se serait manifesté d'une manière plus prononcée, et depuis lors elle n'aurait pas repris son ancien niveau. Ce phénomène pourrait être en rapport avec le soulèvement de la côte de la Suède, qui est peu régulier, comme nous l'avons dit^ mais.qui, d'après le même observateur, serait plus considérable qu'on ne l'avait admis d'abord, malgré l'immobilité de la Norwége depuis les temps historiques. M. Haagen (2) pense que l'abaissement continu des eaux s'étend à tout le périmètre de la Baltique.

Dans son discours à la Société géographique de Londres (5), sir It.Murchison a signalé l'existence certaine d'une ligne E. 0., traversant la Suède sous le parallèle de Solvitsborg et le long tle laquelle le soi immobile n'a éprouvé aucune oscillation depuis plusieurs siècles. Au nord de cette ligne, le sol s'est élevé sensiblement dans ces derniers temps et s'élève encore, tandis qu'au sud, dans la ^canie, il s'abaisse, comme l'ont prouvé MM. Nilsson et Lund. Ainsi l'on ne peut se refuser à admettre .cpie le mouvement de la Scandinavie ne ressemble à celui d une planche ayant au milieu un point d'appui immobile et élevé, et dont l'une des exi rémités monte tandis que l'autre descend.

D'après des traditions locales et l'examen attentif des lieux,

{{) Report IS»^ Meet. bnt. Ame, 1S45. — Amer. Joum,, vol. XLVII, p. 184.

(2) Acad. de Berlin, 1844. — L'Institut, \A août 1844.

(3) Address to theroy. geogr. Soc. ofLotidon, 1845. — Cet abaissement a été confirmé depuis par M. Nilsson. Il est indiqué par des nuirais tourbeux âi 14 et 20 pieds au-dessous de. la Baltique, et où se trouvent des squeleUes bumains, des armes, des os d'Aurochs et d'autres animaux vivants. (Rep. 17»^ Meet. brit. Assoc. at Oxford, 1847. — UInslitut, 23 février 1848). — Voyez aussi : Neu. Jahrb., 1850, p. 471. Bibl. univ. île Cenéve, Se. Phys., 1851, p. 149. Qtiart. Joum, geol. Soc. of London, vol. Yîl, p. 11^. Dans un ouvrage sur Tapparition de l'bomme en Scandinavie avant Tère bistorique, par Nilsson, Fauteur cite une rocbe qui, en 1532, ^it à 2 pieds au-dessous du niveau de la mer, et qui, en 1844, était à 4 pieds su-dessus. Total : 6 pieds en 300 ans ou 1 pied en 50 ans. Le mouvement a été successif.

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