‹ Introduction à l'etude de la paleontologie stratigraphique (volume 3)Chapitre 61 sur 78 · DENTS FOSSILES DE RHINOCÉROS (BRANDES · texte numérisé non relu

DENTS FOSSILES DE RHINOCÉROS (BRANDES

Phosphate de chaux 70,0 ' 50,0

Carbonate de chaux 6,0 19,0

Substance terreuse 20,0 »

Silice » 5,0

Âluroin^. . . * » 15,0

Matière animale. ( i n ) ^>^

Eau ) *'^- • • I 8.0

Nous ferons ici la même remarque que ci-dessus, en regrettant qu'il n*ait pas été fait d'analyses séparées de l'émail et du cément. C'est un desideratum que nous signalons également pour les dents d'éléphants fossiles.

Il résulte des analyses comparées des os de mammifères vi- Résumé. vants et fossiles que le phosphate de chaux forme à lui seul plus de la moitié de la masse, et son inaltérabilité explique parfaitement leur conservation et surtout celle de leurs parties qui en renferment le plus. Ainsi les os longs en ofirent plus que ceux du tronc, et ceux des membres postérieurs plus

que ceux des inférieurs; les extrémités destinées à fonctionner fréquemment dans les actes de la vie en renferment aussi une plus grande proportion que celles qui sont plus passibles.

Ainsi les diverses parties solides d'un squelette rangées dans Tordre de leur plus grande résistance à Taltération, ou de leur plus facile conservation, ordre qui doit être celui de leur plus grande fréquence à Pétat fossile, toutes choses égales d'ailleurs, sont les dents, les os longs, le crâne, la mâchoire, les extrémités postérieures et antérieures, le bassin, les vertèbres elles côtes. Or la proportion du phosphate de chauxdans ces diverses parties est précisément en rapport avec leur degré d'inaltérabilité, les dents étant celles qui en renferment le plus, et les côtes celles qui en présentent le moins. Les dents, indépendamment de leurs fonctions mécaniques si essentielles et d*un usage si constant, exigeant une grande résistance physique, devaient aussi pouvoir résister aux agents chimiques avec lesquels elles sont incessamment en contact ; les côtes, au contraire, parleur rôle passif, et n'étant en contact avec aucun corps extérieur, n'avaient besoin que d'une faible résistance relative. Aussi les résultats que nous présentent ces parties à Tétat fossile sont c^ que Ton devait attendrede leur composition ; les dents sont,(l^ toutes les parties d*un squelette, celles qu'on retrouve le plii^ souvent et le mieux conservées, les côtes celles qui sentie plii^ rares et dans le plus mauvais état.

Ainsi, par une admirable prévoyance, la nature prend soi^ d'accumuler la substance la plus solide et la plus résistante* précisément dans les parties de l'organisme qui sont chargées de plus de travail, les m^oins protégées et les plus exposées aux causes de destruction extérieures.

La proportion du phosphate de chaux s'élève dans la dent de l'homme jusqu'à 88,5 0/0 (i), suivant Berzelius, et la quantité

(1) D autres analyses ont donné, pour la composition de Tivoirc dia rhounnc adulte, 60 0/0 de phosphate de chaux et 10 0/0 de carbonate de chaux; l'cniail, 72 de phosphate de chaux, jSde carbonate de chaux etSOde matière animale.

relative dans réinail, l'ivoire et le cément, des dents de ruminants, est à 90,9, 70,5 et 60,7; ainsi Témail est la plus résistante de toutes les parties solides d'un squelette. Et nous avons vu que dans les dents fossiles le phosphate de chaux entrait aussi pour 70 à 76 0/0 de leur composition générale ; telle est la raison de leur constante conservation. Cette fixité cortimuniquée aux parties solides des vertébrés par une plus ou moins grande quantité de phosphate de chaux est la cause pour laquelle on ne les trouve point à l'état de moules et d'empreintes, et les dents moins encore que toutes les autres, non-seulement chez les mammirères, mais aussi chez les reptiles et les poissons. Il aurait fallu, pour faire disparaître les os et . les dents, des agents plus énergiques que ceux qu'emploie ordinairement la nature, elle qui agit presque toujours par les causes lentes. Pour son laboratoire, nos heures sont des années, et nos années des siècles.

Les défenses de pachydermes ont, comme on vient de le voir, une grande analogie de composition avec les dents, puisque celle d'un Éléphant fossile renfermait 75 0/0 de phosphate dc^ chaux, ce qui explique leur fréquence, malgré les conditions généralement peu favorables dans lesquelles elles se sont trouvées. L'analogie des bois de ruminants (Cerfs, Elans, Rennes, etc.) avec les os explique également leur fréquence, de même que la composition des cornes de Bœuf, dont le noyau seul est osseux, des sabots de Cheval, des crins, des ongles, des cheveux, des poils, des piquants cornés, etc., qui ne contiennent aucune base minérale en quantité un peu notable pour leur communiquer une certaine stabilité, rend compte de leur absence complète dans les circonstances semblables.

La composition chimique d'un corps organisé a donc la plus grande influence sur son degré de conservation ou d'altération, soit par elle-même, soit par suite des actions qu'exercent les substances avec lesquelles il se trouve en contact.

Nous avons déjà dit quelques mots de la composition générale oiseaux, des os dans les trois autres classes de vertébrés. Ceux des oi- ^^^[ seaux, à volume égal, paraissent contenir plus de substance ter-

510 COMPOSITION GUlNlijUE DES FOSSILKS.

rcusc que les autres vertébrés, quoique sous ce volume leur densité soit moindre. Dans les poissons, la proportion des sels teiTeux est plus faible que chez les mammirères et les oiseaux. Aussi sont-ils rares à Tétat fossile comparativement à l'abondance des animaux de cette classe qui ont dû peupler les mm anciennes. Les poissons que l'on rencontre, sauf dans certains gisements particuliers où ils ont été heureusement conservés plus ou moins entiers, sont presque toujours déformés, aplatis, écrasés et représentés par leurs écailles, remplacées ellesmêmes, comme on Ta dit, par des matières bitumineuses ou métalliques.

Dans les poissons cartilagineux, les cartilages qui difTèrenl peu de ceux des autres vertébrés, étant composés de 0,16 de phosphate de chaux, de magnésie et de fer, de 0^12 de sulfate de chaux avec des traces d'alumine, de soude, de potasse, tout le reste étant de la matière animale, ne sont, par conséquent, point conservés à Tétat fossile.

Écailles Les écailles de reptile à l'état frais sont composées d'une repiucs. substance cornée qui, dans les jeunes Crocodiles, renferme peut-être 11/2 0/0 de matières terreuses, et il n'y en a pas plus de 5 0/0 dans les écailles de la créle dorsale, qui sont celles qui en renferment le plus. Elles sont, par conséquent, rares à Tétat fossile, ou ont été prises pour des écailles de poissons.

Suivant MM. Pelouze et Fremy, la composition de Técailledes reptiles se rapproche de celle de la matière cornée, tandis que celle des écailles de poissons offre une certaine analogie avec la composition des os. L'écaillé de tortue a donné au second de ces savants (p. 249) :

Carbone ô8,()

Hydrogène 7,2

Azote, i 16,5

Oxygène et soufre 22,9

Les écailles de serpents et de Lézards paraissent offrir une composition identique avec celle des tortues. Le résidu de cendres alcalines ne dépasse pas 0,05, suivant Berzelius.

AiNIMAUX VERTÉBRÉS. 511

A2fALTSB8 OB DIVERS OS OE POISSONS (P. 273). . ^0 poissons .

CRAIIB OS ÉPinS DOSULE CnANE

DB HOKUB. BB BttOGHBT. DB BCQIIIN. AB R.%IB.

Matiàre animale 43,U4 37,36 57,07 7S,4G

Plwsphate de chaux 47,96 55,26 32,46 14,20 -

Sulfate de chaux » » 1,87 0,85

Carbonate de chaux 5,50 6,16 2,57 2,01

Phosphate de' magnésie 2,00 » 1,05 »

Sulfate de soude » » 0,80 0,70

Soude et chlorure de sodium.. . 0,60 1,22 3,00 2,46

Fer et perte » » 1,20 »

Fluorure de calcium, phosphate

de magnésie et perte. ...» » » 0.74

GBBVBBVI.. DVM^RIL. MikMGBAllD. 11».

Les écailles de poissons renFerment une matière animale Écailles analogue à celle qui constitue les cartilages de ces animaux. *^ P®"*®"- Elles perdent à 100' de H à 16 0/0 d'eau. On doit à M. Chcvreulïes résultats suivants :

Lsvisorrei. 9ttck ljîdbas.

Substance animale aBOtce. . . 41,10 55,00 51,42

Phosphate de chaux 46,20 57,80 42,00

Carbonate de chaux 10,00 5,06 3,68

Phosphate de magnésie. . . . 2,20 0,90 0,90

Graisse 0,40 0,40 ' 1,00.

Carbonate do soude 0,10 0,90 1,00

Perte » 1>94 »

Page 250.

PHORPRATB PHOSVHATB CàUSOlUTB

CBMBBBB B*iC*ltLES M QVARTlTiS. JDB CRAVX. DE MAfiRtSIB. MCKADS.

Lepisostea (éc. osseuse). . 59,3 51,8 4,6 4,0

Coffre 51,0 44,6 » 5,2

Maigre 41,9 36,4 0,7 2,0

Brochet ' ^3,4 42,5 traces 1,3

Carpe 34,2 33,7 traces 1,1

Ces analyses expliquent très-bien pourquoi on rencontre fréquemment les écailles de poissons à Tétai fossile, tandis que celles des reptiles ont presque toujours disparu.

Mais des diverses parties solides des animaux vertébrés, celles ©unis qui ont le plus énergiquemenl résisté aui causes de destruction *^* p«'^«"«

chimiques et physiques de tous les temps et quelles que soient les roches qui les renferment, celles que par conséquent on ne trouve jamais à Tétat de moules ou d'empreintes, et qui ont presque toujours conservé une fraîcheur telle qu'elles semblent s'être détachées à Tinstant de Tanimal , ce sont les dents de poissons, les plaques palatales ou en pavés, etc., qui garnissent la bouche de ces animaux. On les rencontre souvent à profusion dans des couches où Ton ne trouve point de traces de leurs autres parties, sauf quelquefois des vertèbres en petit nombre. Nous ne possédions cependant jusqu'à présent aucune analyse qui vînt nous expliquer cette inaltérabilité presque absolue, laquelle pouvait seulement nous faire soupçonner dans ces organes une proportion énorme de phosphate de chaux au moins égale à celle de Témail des mammifères.

Notre savant collègue au Muséum, M. Fremy, a bien voulu, à notre prière, combler cette lacune, et nous sommes heureux de compléter les renseignements que nous avions déjà puisés dans son ouvrage en insérant ici les résultats de ses dernières recherches.

Les dents de poissons vivants {Oxyi*hina^ etc.) que nous devons à Tobligeance de M. A. Duméril étaient en général trop petites pour que l'on pût en analyser séparément et d'une manière quantitative les deux parties constituantes, l'émail etTivoire; mais il résulte des essais qualitatifs que leur émail ne contient qu'une quantité insigniOante de substance organique, et qu'il est presque entièrement formé de phosphate de chaux uni à quelques centièmes de carbonate de chaux.

Cette composition, presque uniquement minérale, constituant ainsi à la surface de l'ivoire une couverte indécomposable et préservatrice, explique très-bien la solidité et la conservation des dents enfouies dans les roches sédimentaires des divers âges.

Quant à l'ivoire de ces mêmes dents, il a paru être identique avec l'ivoire ordinaire des dents des autres vertébrés, et sous tous les rapports il peut être comparé à la substance d'un

©s. On peut dire qu'en général les dents de poissons, quant à la composition de Fémail et de Tivoire, ne diffèrent pas sensil)leinent de celles des autres vertébrés ; mais, toutes proportions gardées, l'émail y est plus abondant relativement à Tivoire, et c'est sans doute à cette circonstance que leur conservation est encore plus complète et plus constante à Tétat fossile que celle des autres animaux.

L'analyse des dents de poissons fossiles tertiaires a présenté les résultats suivants à M. Fremy :

CARCnADODOX MEGALODOll. CARCn*RODOX 80LCIDEITS. (faluns de Dax) (crag de Pelixtow)

iHAIL. IVOIIB. ÉMAIU ITOIRB.

Phosphate de chaux 81,41 ^18,19 24,28 3,39

— de fer 4,31 27,85 62,05 72,72

— de magnésie. . . 1,72 1,35 1,62 1.60

Carbonate do chaux 10.18 17,57 8,55 19,37

Silice traces 0,40 traces 0,50

llalières minérales diverses. 2,38 4,64 3,50 2,42

Il résulte de ces analyses que, par suite de la fossilisation, la quantité de matière organique azotée qui, dans les dents entières de poissons vivants, pouvait être de 50 à 35 0/0, comme on l'a vu pour les os, a complètement disparu. Les * dents fossiles examinées ne contiennent plus de traces d'os- ' seine. Par la cfàlcination, elles deviennent légèrement brunes et dégagent une odeur bitumineuse due à la présence d'une très-faible quantité de matière organique étrangère à la constitution originaire des dents.

Pendant la fossilisation, l'osséine est remplacée par du carbonate de chaux et du peroxyde de fer, qui se trouvent d'abord en dissolution dans l'acide carbonique, et qui se fixent ensuite dans le tissu dentaire. L'oxyde de fer vient même y remplacer une partie de la chaux; en s'unissant à l'acide phosphorique, il forme un phosphate de fer insoluble. '

Les phénomènes chimiques de la fossilisation, ajoute M. Fremy, doivent varier avec la composition de la roche où la transformation s'accomplit. Je les ai étudiés dans une roche caN

Caire et ferrugineuse; ils seraient probablement différents dans une roche siliceuse ou argileuse. Ils peuvent également varier avec le degré de porosité de Tos qui se fossilise. 11 en résulte que Tétude chimique des os fossiles n'est pas de nature à fournir des données certaines et utiles pour la détermination de leur âge, car le temps n'exerce pas seul son influence sur les modifications chimiques qu'ils éprouvent a r intérieur du sol.

coproiiihcs. Los fèccs d'animaux vertébrés que Ton rencontre dans les couches sédimentaires/et que l'on désigne sous le nom général de coprolithes, différent, comme on le conçoit, suivant les animaux dont ils proviennent, et peuvent, dans certaines circonstances, sinon suppléer à la présence de ceux-ci, au moins faire soupçonner leur existence. Des coprolithes de mammifères ont donné, sur 1000 parties :

Mammifères. Phosphate de chaux 625

Carbonate de chaux 150

Eau 120

Limon siliceux cl oxyde de fer 55

, Fluorure de calcium, matière organique traces

Perle 50

* lôôô

oiseaax. Dos coproHthes d oiseaux ont donné sur 100 parties :

Eau, matière organi()ue» urate et sels d'ammoniaque. 10,50

Chlorure de sodium 0,51

Sulfate de chaux et de magnésie 1,75

Phosphate de chaux et de magnésie 39,60

Carbonate de chaux 54,77

Silicate 15,07

Reptiiei. Nous ue counaissous qu'imparfaitement la composition des coprolithes de reptiles dans lesquels la proportion du phosphate et celle du carbonate de chaux parait être moindre que dans les précédents.

Poissons. Quant à ceux de poissons, ils contiennent jusqu'à 90 0/0 de

phosphate et de carbonate de chaux, de phosphate de magnésie, des oxydes de fer et de manganèse, de la silice, des traces de matières animales, etc.

Si, d'une part, Pacide urique caractérise les coprolithes' d'oiseaux, et si les coproUthes différent par leur composition de toutes les autres substances organiques, on doit supposer que cette composition n'est représentée que d'une n\anière très-imparfaite à l'état fossile, vu la grande quantité de substances altérables ou déliquescentes qui ont dû disparaître, tandis que d'autres ont pu y être introduites par des opérations inverses.

Nous désignerons sous le nom à* empreintes physiologiques^ EmpreiniM pour les distinguer des empreintes ordinaires laissées par un i^i^^^. corps dans la roche où il a été enfoui, les traces que des animaux vertébrés ou autres ont laites en marchant sur le sable humide des bords de la mer ou d'un lac. Ces empreintes de pas, qui nous donnent la forme du pied des animaux qui les ont tracées, sont particulièrement attribuées à des reptiles, à des oiseaux, quelquefois à des annélides et à certains crustacés. Les plus remarquables jusqu'à présent sont celles que Ton trouve dans des couches arénacées ou des grès de la formation du trias en Allemagne et en Angleterre, et qui ont été rapportées à des reptiles, et celles beaucoup plus nombreuses et plus variées signalées dans le grès rouge de la vallée du Connecticut. On a donné à ces dernières le nom à^Omithichnites^ parce qu'on présume qu'elles sont dues à des oiseaux dont on doit dire que jusqu'à présent aucun fragment n'est venu confirmer l'existence. Ces empreintes, comme on le conçoit d'après leur origine, se trouvent en relief sur la plaque de grès supérieure et en creux sur celle de dessous.

§ 4. Antmauz invertèbrèt.

Si nous passons h la grande division des animaux sans ver- crustacés tèbres, nous trouverons dans la classe des crustacés des con-

ditions qui ont été souvent très-favorables pour leur conservation à Tétat fossile. Leur enveloppe solide, composée d'une grande quantité de carbonate de chaux, de matière animale et d'une moindre proportion de phosphate calcaire, offre d'ail- ^ leurs, suivant les familles et les genres, des quantités très- ^ différentes de ces divers éléments. Certains crustacés ont une^ enveloppe extérieure à peine cornée ; chez d'autres elle esl^^ tellement chargée de calcaire qu'elle possède une extrême ^ solidité.

Lorsque l'enveloppe tégumentaire est demi-cornée, elle ^^ compose presque exclusivement d'albumine et de chitin^^ substance organique ainsi nommée par Braconnot, et qui :^9^ trouve aussi chez les insectes. Insoluble dans l'eau, Téther ^/ l'alcool, elle est solide, transparente, d'aspect corné, des pL^/s inaltérables, et joue chez les articulés le rôle du phosphate ^e chaux chez les vertébrés. Elle n'est point azotée, et sa conoposition correspond à celle de la cellulose. M. Fremy indiq^iie la suivante (p. 93) :

Carbooe. . • 6,7

Hydrogèoe 43,4

Oxygène 49,9

iOO.O

Elle se trouve également dans les carapaces les plus résistantes et les plus chargées de matières calcaires. Dans celle du Carcinus mxnaSjU. Milne Edwards indique 10 0/0 de chitine, 18 d'eau, 63 de sels calcaires et d'un peu de matière animale, et 8 d'alumine. Dans les segments dorsaux et les anneaux de j Tabdomen il y avait 20 0/0 de chitine et 54 de subsianCesJ terreuses.

M. Fremy a donné les résultats suivants des analyses du tei de la Langouste et de l'Écrevisse : •

TEST DB LA5CO0STE. TCRT k'iCKTIlU' J

Phosphate de chaux 6,7 6,7

Carbonate de chaux 49,0 56,8

Matière organique 44.3 56,5

Ou doit à M. Chcvreul les analyses suivantes .

TEST DB IIOHAKD. TEST DK OIABK.

Phosphate de chaux 3,32 6,0

— de magnésie 1,26 i,0

Carbonate de chaux. 47,26 62,8

Matière organique. ...... 44,76 28,6

Sels de soude 1,50 1,6

La matière verte colorante du test, qui se trouve aussi dans lc2$ œufs de Homard, devient d'un beau rouge par la dessiccation, le frottement, dans le vide, Talcool, Téther, les acides, etc. ; Tesu est le seul dissolvant qui ne l'altère pas.

On sait que les crustacés de la grande famille des trilobites régnent à peu près exclusivement dans les dépôts de transition ; les crustacés macroures sont les plus fréquents dans les dépôts secondaires, les brachyures, dans le terrain tertiaire, les cirrhipèdes, sauf quelques petits genres (Po//ictp^«, Scalpellumy etc.), sont plus particulièrement tertiaires, les entomostracés sont de tous les âges.

les conditions de la fossilisation ou de la conservation des crustacés sont assez différentes, suivant les genres et les diverses parties d'un même individu, et ces différences sont encore, comme dans les divers os du squelette des vertébrés, en rapport avec la proportion de phosphate de chaux, ^e carbonate de chaux et de chitine que ces parties renferment. A^ussi y a-t-il des genres dont on ne retrouve que la carapace «orsale, d'autres les pinces, etc.

Les restes de crustacés macroures sont moins fréquents que ^^ux des brachyures ou des Crabes, dont on retrouve souvent *oute la carapace dorsale parfaitement conservée. Cependant '^ Calianassaj très-répandues dans la formation crétacée ^^périeure et le terrain tertiaire inférieur, n'offrent presque J^niaîsqiie les pinces à l'état fossile (C. Faujasii^Archiaciy Heri- ^^^ti^ etc.); d'où nous devons conclure que la carapace de ces animaux, de même que les anneaux de l'abdomen, ne renfer- '^^ient que peu ou point de phosphate et de carbonate de chaux ^^ de chitine. Ce caractère s'observe aujourd'hui dans le crus- ^^ vulgairement connu sous le nom de Bernard V^rmite. •

^ Quant au test des trilobites, il a subi de telles modifications

par suite des circonstances auxquelles il a été soumis pendant un laps de temps énorme, que, réduit aujourd'hui à l'état de calcaire spathique, il ne nous indique rien sur sa composition originaire ni sur sa structure première. Ce test, d'ailleurs fort mince, a le plus ordinairement disparu, et ces singuliers animaux ne nous sont connus que par leurs moules et leurs empreintes représentant seulement la surface supérieure du corps, rinférieure n'étant presque jamais apercevable.

Dans les divers terrains, on rencontre aussi las autres crustacés à Tétat de moules et d'empreintes.

Quant a l'ordre des cirrhipèdes, comprenant les Balanes,lcs Ânatifs, etc. , Ja solidité de leur test cclluleux et leur manière de ' vivre fixés aux roches et sur tout autre corps devaient contribuer à leur conservation dans la plupart des cas. La composition de ce test est d'ailleurs assez analogue à celui des mollusques, dont nous parlerons tout à Theure. Cependant on doit remarquer que dans les Balanes, les PollicipeSj les Scalpelltm^ etc., le test étant composé de parties assez compliquées et distinctes, dont la composition chimique n'est pas absolument identique, elles ne résistent pas toutes également à l'altération, ctceriaines d'entre elles se trouvent alors isolées, comme on le voit dans la craie blanche et la craie supérieure.

Nous ne possédons point de données bien certaines sur la composition du test des cntomostracés (ostracodes). L'aspect corné des valves de Cypridinées et leur conservation parfaite dans un grand nombre de cas, ainsi que Ic'ur abondance dans la plupart des terrains, doivent faire présumer qu'elles renferment beaucoup de sels calcaires et probablement de chitine. Mais, dans certaines circonstances aussi, on ne les retrouve qu'à l'état de moules et d'empreintes, insecics. ^cs tégumouts cxtemes solides des insectes, souvent cornés comme dans les crustacés, se composent aussi de chitine ou éhjthrinej désignée plus particulièrement sous le nom îTenUh moline^ d'une autre substance organique, la cocdney et d'huiles diversement colorées, suivant les espèces. On y trouve également

(le petites quantités d'alumine, de sous-carbonate de potasse, de phosphate de chaux, etc., composition qui se rapproche de la corne des vertébrés. Aussi ne rencontre-t-on les insectes fossiles que dans des conditions particulières, soit à cause de leur délicatesse et de leur extrême fragilité, soit à cause de , leur altérabilité, toujours en rapport avec le plus ou moins de chitine qu'ils renferment.

Ces conditions sont cependant encore assez fréquentes pour que, dans certaines localités, les dépôts tertiaires et secondaires nous permettent déjuger des caractères de la faune entomolo- «^ique de ces époques (Ârmissan,Âix, en France ; Œningen, en Suisse; Radoboï, en Croatie; Solenhofen, en Bavière; ambre des bords de la Baltique, groupe wealdien, schistes de Stonesfield et lias d'Angleterre). Les élytres des coléoptères, les ailes des névroptcres, les pattes, les antennes, ont été conservés de manière à permettre souvent des déterminations assez précises et à suivre le développement des divers ordres dans le temps, parallèlement à celui des végétaux dont dépend leur existence.

Les insectes se montrent en plus grande quantité là où abondent surtout les plantes terrestres, et, dans la plupart des cas, on doit supposer que la terre était proche et qu'ils ne furent pas transportés bien loin des lieux où ils vivaient. Les dépôts qui les renferment sont d'eau douce ou formés dans des estuaires non loin des côtes; aussi la plupart des espèces sontelles terrestres, et beaucoup d'entre elles habitaient les bois, les marais bas ou des lieux humides.

Parmi les annélides lubicoles, les Serpules ont laissé leurs Aanéiidec. tubes calcaires solides, qui se sont conservés dans le plus grand nombre des cas, n^ayant perdu que la matière animale qui s'y trouvait comprise, toujours en fort petite quantité, comme dans le test calcaire des mollusques. Souvent, d'ailleurs, on a pris pour des tubes provenant d'animaux de cette classe des tuyaux de Vennet,de Taret, de Septaria^ etc. Quelquefois les tubes ont été silicifiés et même à l'état d'orbicules (Serpula spimUsa^ Lam., de Biarritz.) Les annélides arénicoles ont aussi laissé, à la surface du sable humide ou de la vase de la plage, des

520 COMPOSITfON CHfBIÏQUE DES FOSSILES.

empreintes que les couches suivantes ont conservées et nous ont transmises dans certaines circonstances favorables, comme celles de la marche des reptiles et des oiseaux. Telles sont les Néréites^ les Némertites et les Myrianites du terrain de transition, le Scoletia prisca de la craie, etc. iioiiQsqiies. Les coquilles ou parties solides des animaux mollusques sont de tous les débris fossiles les plus variés, les plus constants et les plus utiles pour Tapplication de la paléozoologie à la géologie. Elles ont ainsi un double intérêt scientifique et pratique qui doit appeler particulièrement notre attention.

Quoique la composition de leur test ne soit pas identique dans les genres et les familles, le carbonate de chaux y est toujours la substance dominante, et cette composition peut êlre représentée d'une manière générale par 95 h 96 0/0 de chaux carbonatée, 1 à 2 de chaux phosphatée, 1 à H/2 d'eau et 1 0/0 do matière animale. Les coquilles de céphalopodes renferment plus de cette dernière substance que celles des autres ordres ; aussi leur test est-il plus rare à TéUit fossile et ne se retrouve-t-il que dans des conditions particulières, cépha- Les coquilles de céphalopodes peuvent donner lieu à des ïopodes. remarques spéciales, suivant les ordres, les familles et les genres dont leurs restes proviennent.

Ainsi, parmi les décapodes, les parties solides intérieures désignées sous le nom de plumes ou i*os dans les TeudopsiSj les Geoteuthis^ les LeptoteuthiSj et analogues à Tos de la Sèche ou à celui du Calmar, se rencontrent à Tétat fossile, parce que ces corps sont composés de carbonate de chaux et de chitine, et non d'une véritable corne dont ils n'ont que l'apparence.

Ainsi l'os de la Sèche renferme, suivant John (i) :

Matière animale 1^

Carbonate de chaux et traces de phosphate de chaux . 85 Eau et un peu de magnésie 4

La plume de Calmar contient de la chitine. (1) Pelouze etFremy, loc. cit., p. 291.

•ANIMAUX hNVERTÉBRÉS. 521

Des Sèches proprement dilcs on trouve à Tclat fossile l*cx- Ircmité de l'os, qui est beaucoup plus compacte, plus dur et plus solide que le reste, et désigné d'abord sous le nom de Belosepia. Le Beloytera^ qui est aussi Textrémilé de l'os d'un céphalopode voisin du précédent, et appartenant de même au terrain tertiaire inférieur , doit sans doute sa conservation à une composition analogue.

Dans les Bélemnites, formées de deux parties distinctes, le cône cloisonnairc intérieur et la gaine extérieure , celle-ci est sans exception cristalline, à fibres rayonnantes. La densité du corps égale celle des Pinna vivantes, et il peut élre comparé, ainsi que nous l'avons dit (antè, p. 484), à l'extrémité ou rostre de Tos de la Sèche. Quant au cône alvéolaire, les loges se remplissent de la matière de la roche ou de carbonate de chaux par le siphon, comme dans les Orthocératites, avec lesquels il a été souvent confondu ; mais son test particulier ne présente jamais la structure fibreuse.

Comme tous les tests naturellement spathiques, celui de la gaine des Bélemnites est presque toujours conservé, et ce corps ne donne pas lieu à des moulages ou contre-empreintes. Il est très-rarement recouvert de fer suHuré (Bélemnites des marnes du lias de Yassy). Plus rarement encore, cette substance revêt le cône alvéolaire. Dans un individu complet, provenant du lias de Mariensagen, le fer sulfuré s'était introduit entre le test du cône et le remplissage des loges par la marne de la roche environnante. La pellicule irisée était d*une minceur extrême et revêtait également les cloisons. La dissolution s^ était évidemment introduite parle siphon, et la gaine extérieure ne présentait aucune trace de revêtement métallique.

Dans les céphalopodes à coquilles cloisonnées, à cloisons simples ou ramifiées, droites, plus ou moins courbées, ou tout à fait enroulées, les phénomènes de la fossilisation sont extrêmement variés. Depuis les Orthocératites jusqu'aux Nautiles, depuis les Baculites jusqu'aux Ammonites, en passant dans les deux séries par toutes les formes intermédiaires dont on a fait autant de genres, nous trouvons des moulages com-

plets des cavités intérieures avec le test, les cloisons et le siphon en partie conservé. Nous disons en partie, parce que s il était resté intact dans toute son étendue, le moulage des loges n^était pas possible dans les espèces où le siphon est continu. Le moulage peut avoir été également complet et la malicrc du test avoir ensuite été remplacée par du fer sulfuré, comme dans les Ammonites du gault, des argiles d*Apt, dWonI, du lias, etc. Dans ce cas, l'épigénie est nécessairement postérieure à l'opération du moulage.

Mais, le plus ordinairement, le fer sulfuré s'est déposé sur les parois des loges et a doublé en quelque sorte les cloisons d'une mince peUiculede substance minérale ; il en est de même du test extérieur, ce qui fait souvent croire qu'il y a eu substitution; mais, en réalité, on peut observer ce dernier toujours trcs-mince, compris entre les deux lames de fer sulfuré. Nous avons dit (antè, p. 494) que, toutes les fois que Ton apercevait sur le pourtour extérieur du corps les sutures des cloisons, c^esi qu'on n'avait sous les yeux qu'un moule, et non la représentation du test. Enfin, dans un grand nombre de cas, le fer sulfuré, plus ou moins altéré à la surface, est passé à l'état de fer oxydé hydraté . Dans d'autres cas, le fer hydroxydé et le fer oligiste ont joué le rôle du fer sulfuré (antèy p. 494).

Le test calcaire nacré d'une coquille de céphalopode cloisonnée peut encore être passé complètement à l'état spathiqueei cristallin (Nautiles de l'oolithe inférieure. Ammonites du lias, etci), ou bien avoir été remplacé complètement aussi par. de la silice ordinairement calcédonieuse, sans que les cavités des loges aient été tout à fait remplies (Ammonites du grès vert des Blackdowns et du Havre) . Les loges peuvent être occupées partiellement par du carbonate de chaux qui a cristallisé sur leurs parois, ou par de la silice qui les a tapissées en tout ou en partie de cristaux de quartz, parfois enchevêtrés avec ceux de carbonate de chaux. Le remplissage de toutes les loges d'une Ammonite ne s'est pas toujours effectué d'un seul coup ni avec la même substance ; cette opération a été quelquefois très-longue, interrompue à diverses reprises, et chaque phase

AWIBIAUX INVERTÉBRÉS. 523

est caractérisée ou marquée par une substance différente, ce qu'il est facile de constater par une coupe faite dans le plan d'enroulement de la coquille, et qui met toute la spire à découvert suivant le siphon. On pourra y voir, à partir du centre, que le remplissage a été effectué tantôt par la matière de la roche environnante, tantôt par du carbonate de chaux pur ou par de la silice; puis quelques loges sont restées vides en partie, et les suivantes sont occupées par un sédiment argileux ou d*une tout autre nature ; enfin les dernières sont remplies encore par la matière de la couche qui renferme le fossile.

Dans certains cas, comme dans une Ammotntes bifrom du lias supérieur, chaque loge prise isolément constitue une géode de carbonate de chaux mamelonné, composée de zones de diverses teintes de brun, et dont le centre est quelquefois occupé par des cristaux de quartz hyalin. Le siphon est dans toute son étendue rempli de calcaire spathique brun. Dans une A. obtusus du lias de Lyme-Regis, le moule complet est en carbonate de chaux pur dans les trois quarts de la spire, et, en se rapprochant de Pouverture, il se mélange de plus en plus de la pâte de la roche qui constitue seule le remplissage des dernières loges. Souvent, après que les loges des premiers tours ont été remplies par le sédiment de la roche environnante, celles des suivants restent vides, ou simplement tapissées de chaux carbonatée, et les dernières sont de nouveau remplies par la matière de la couche. Enfin toute la spire peut être remplie par cette dernière. Mais que l'opération ait été continue ou intermittente , on conçoit qu'elle a toujours exigé un laps de temps trcs*consîdérable.

L'opération du moulage est d'autant plus parfaite, que la matière qui Teffectue est à pâte plus fine. Ainsi les moules d*Âromotiites du calcaire compacte ou marbre d^Halstadt^ sont, malgré Textréme complication des sutures, d'une finesse et d'une délicatesse de détail que le burin le plus exercé ne dépasserait pas.

Si quelquefois les Ânmionttes, les Hamites et les Nautiles ont conservé leur test nacré, mince, irisé comme dans le gault, il

hU COMPOSITION GUIMIQUE DES FOSSILES.

ne reste, dans le* plus nombre de cas, qu'un moule ou une contre-empreinte reproduisant les caractères intérieurs de la coquille ou toutes les sutures des cloisons, et, en même temps, a cause de la minceur constante du test, la plupart des accidents ou ornements extérieurs.

Sur quelques moules ou empreintes d'Ammonites, de Scaphites, de Turrilites ou de Hamites, de la craie de Rouen particulièrement, on remarque une teinte légèrement irisée, comme la nacre, et que Ton pourrait attribuer à une portion du test restée adhérente ; mais ce n'est, en réalité, qu un phénomène analogue à celui d*une empreinte prise avec une cire très-homogène sur un test nacré et irisé, et qui serait du à une disposition particulière des aspérités très-délicates de la surface nacrée.

Les mandibules calcaires des Nautiles (N. Hneatm deroolilhc inférieure du Calvados et de Saint -Mai&cnt) et celles désignées par les noms de Conchorhynchus du trias, de Rhtjnclwteulfi^ des formations jurassique et crétacée, de Paleoteuthis, ib., sont parfaitement conservées, tandis que les mandibules cornées des autres céphalopodes acétabulifèrcs ont disparu. Gasui. Les coquilles de gastéropodes n'éprouvent point d'altérations

ropodes. particulières ; le moulage en est ordinairement très-simple et le résultat souvent peu caractéristique ; mais dans certains cas cette opération peut donner lieu à des méprises contre lesquelles il faut être prémuni. Ainsi, chez les Nérites, les Néritopsis, les Cônes, etc., qui, de leur vivant, détruisent ou résorbent tout ou partie de Tintérieur des tours de la spire, le moule ne présente le plus souvent qu'une masse pleine, continue, sans divisions apparentes. Ceux de N. Schmideliana en sont un exemple bien connu.

L'analyse des écailles d'Huîtres a donné à MM. Bucholzct Brandes(i) :

Phosphate de chaux 1 ,2

Carbonate de chaux 98,5

Matière organique. . • 0,5

iOO,0 (\)Loc. cit., p. 290.

Acéphalcti.

Celle de la nacre de perle :

Hatière organique • S,5

Carbonate de cbaiix • . • 66,0

Eauetperte 31»5

La plupart des coquilles qui ont été analysées dans ces derniers temps, ajoutent ces deux chimistes, à l'exception de 1 ou 2 centièmes de phosphate de chaux, sont presque exclusivement composées de carbonate de chaux. Dans certaines d'entre elles, ils signalent une substance particulière qu'ils désignent sous le nom de conchiliolme ou conchioline.

De même que les os le test des mollusques se modi6e dans les couches de la terre, par la disparition du peu nie matière organique qu'il contenait et son remplacement par diverses substances étrangères qui en augmentent le poids et la solidité. Nous reproduirons encore le tableau suivant , donné par MM. Marcel de Serres et Figuier, qui montre la composition comparée de quelques coquilles vivantes et fossiles.

If

if

Matière animale . • .

Carbonate de chaux. .

id. de magnésie.

Oxyde de fer

SulCite de chaux. . .

Phosphate de chaux. .

Page 1