RÉSUMÉ DES DEUX OPINIOMS
rjccs, des variations qu'ont subies les plantes cultivées, de la formation des races végétales, et arrive enCn à traiter de riiomme, objet particulier du second volume de Touvrage. Cet important sujet est examiné sous toutes ses faces avec la même netteté de vue, et Tauteur est amené à reconnaître jiiisi Tunité de l'espèce humaine.
On peut donc voir par ce simple exposé, que le livre de M. Godron justifie parfaitement son titre; il instruit, il éclaire et laisse dans l'esprit des notions exactes sur un sujet qui sera toujours Tun des plus importants qui puissent fixer Tallention et la réflexion du naturaliste comme du philosophe.
BÉ8UMÉ UES OEDI OPINIONS SUR l'ëSPÈCE
11 résulte pour nous de tout ce qui précède, que les naturali>ies partisans delà fixité ou de l'immutabilité de Tespcce, de tK^aucoop les plus nombreux, «ont aussi ceux qui, dans Tapplication du principe, s'accordent le mieux. Les divergences []u'il peut y avoir entre eux portent sur des détails peu im* [virt^nts, et l'existence de variétés^ soit accidentelles, soit dans JKs lieux et des temps différents, est généralement admise par les personnes .q4ii ont fait d'assez longues études des- Tîptives d'une partie quelconque de la zoologie ou de la botalique. Le désaccord qui s'observe parfois quant aux carac- Â're^ de telle ou telle espèce, de telle ou telle variété, quant à a ronvenaifce d'adopter telle ou telle détermination spécifique, 'entre évidemment dans, les limites des appréciations ou des Treurs personnelles et ne peut être un motif pour infirmer 'ïi firincipe la réalité de l'espèce.
La conséquence de cette manière de voir pour les temps iitérieurs à l'époque moderne, et peut-être aussi pour notre rni(is, car rien ne prouve qu'il ne s'en forme plus, c'est Toligalîofi d'admettre la création successive des espèces et leur itinction également successive. La géologie et lapaléonto-
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logie confirment pleinement cette dernière hypothèse. La théorie de la fixité de l'espèce a donc pour elle l'observation du présent et les documents du passé. La simplicité de Tidée de création et d'extinction, qui d'ailleurs est depuis longtemps dans les esprits, n*a pas besoin de longues démonstrations ; aussi a-t-on écrit peu de volumes pour l'appuyer.
Les partisans de la variabilité de Tespèce ou de sa mutabilité peuvent être regardés eux-mêmes comme les premicis exemples h Tappui de l'idée qu'ils soutiennent, car beaucoup d'entre eux ont commencé par crdire à la fixité. Leurs études ultérieures les ont fait changer de camp, non pour se réunir en un groupe compacte, homogène, ralliés autour d'une pensée nettement formulée, mais au contraire pour nous offrir la plus complète diversité, la plus extrême anarchie dans la manière de comprendre la variabilité elle-même. Nous ne voyons pas deux naturalistes de ce parti qui soient d'accord sur les limites des variations, sur leurs causes ou leur origine naturelle, et par conséquent sur l'origine de l'espèce elle-même, ou du moins n'en conviennent-ils pas. En réalité, la divergence existe surtout dans la forme, dans Tnpparence, dans l'entière franchise ou dans la réserve prudente de l'opinion de chacun, car il faut reconnaître que Robinet, Bonnet, de Lamarck, Ks deux GcofTroy Saint-Hilaire, comme M.' Darwin et leurs imitateurs, arrivent, quoique par des voies différentes, absolument au même résultat.
Ces diverses interprétations delà variabilité de l'espèce conduisent toutes fatalement à un même point d'arrivée, à un même principe fondamental. Cette théorie, ou mieux celte hypothèse, pour être conséquente et logique, est comme une pente sur laquelle on ne peut s'arrêter dès qu'on a commence à la descendre; bon gré, mal gré, il faut arriver au bas et accepter pour ancêtre, pour premier père commun, Tami de Cyrano de Bergerac, qui a porté hardiment du premier coup, a sa plus extrême limite, l'idée de la transformation des êtres. En la présentant sous la forme d'une plaisanterie, dont il ne soupçonnait sans doute guère le succès futur, de Maillet
DE LA NON PERPÉTUITÉ. «iO-
a formalé un ihcme sur lequel brodent à TeuTi, depuis plus (l'un siècle, les partisans plus ou moins savants de la variabi- Glc. Plusieurs d'entre eux ont renié cette 4)arenté, mais éridominent par un amour-propre mal placé; Fauteur de Tellia med était un homme de beaucoup d'esprit, de bon sens et, Mir plusieurs points, fort instruit pour son temps (i). M. Darwin n'est que le dernier de ses descendants âus en ligne directe.
Ainsi, des deux hypothèses qui viennent de nous occuper, l'une a pour elle les faits passés et présents, à la condition que h forc« créatrice agisse sans cesse, ou à des intervalles trèsrapprochés; Vautre n'a en sa faveur que des faits plus ou moins contestables, mais elle a l'avantage de supposer un enchainoment de modifications qui n'exigent point de créations inôes- >antcs ou renouvelées; Tune réclame un pouvoir toujours présidant à l'ensemble des produits de la vie ; Fautre peut s'en I'3s<er, en supposant une impulsion une fois donnée ; les cir- < orislances font le reste. Or, dans Tétat actuel de nos connais- ^anceSy il n'y a aucun inconvénient à adopter la théorie de la laité de l'espèce, sans préjuger ce que l'avenir pourra nous révéler; il y en aurait au contraire à suivre un des parti- .Miis quelconque de la variabilité; ce serait, suivant nous, .^'engager dans un labyrinthe encore sans issue.
§ 3. De U non perpétuité de Tespéce.
L*idée de la perpétuité de Tespèce est fondée sur Tétude de Li nature actuelle, et, en restreignant la question au court esl^acc de l'existence de l'humanité, il devait en être ainsi. Mais, lorsqu'on étudie comparativement la série des êtres organisés en f emontant jusqu'aux premières manifestations de la vie et que
f l> M. Flourcns a Irèfi-bicn compris le caiactèrc de plaisanterie qwe de Hjt'let avait donné à son idée. (Ontologie nahtrelle, p. ^3, 1861 .) •
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l'on voit se dérouler, quoicjuc incomplètement sans doute, ces innombrables faunes et flores qui ont peuplé la surface delà terre depuis son origine, on arrive à distinguer la perpétuité de l'espèce de sa fixité^ à admettre celle-ci, tout en pejelanlcelle-là. Peut-ctrc quelques naturalistes ne se sont-ils pas encore bien rendu compte de la nécessité de cette distinction, \ mais elle est la conséquence rigoureuse de nos connaissances i paléontologiques. D'ailleurs on conçoit que des personnes qui depuis longtemps professent des opinions contraires, lesquelles paraissaient fondées lors de leurs premières études, ne soient pas encore bien pénétrées de cette vérité ; les livres sont souvent comme les lois ; ils n'ont pas d'efTet rétroactif.
Pour nous la création des espèces a été successive, continuo ou' à très-peu près,*indépendante en général des phénomènes physiques ou dynamiques locaux, toujours plus ou moins limités dans leurs eflets, et iten a été de même de leur extinction our de leur disparition. Peut-être demandera-t-on commenl elle sont fini et pourquoi elles ont fini ? Questions absolument les mêmes que celles-ci : comment ont-elles commencé et pourquoi ont-elles commencé ? Or, nous Tavons déjà dit, nous ne sommes point dans le secret de la création, et nous n'avons pas plus la prétention de répondre aux deux premières questions que les partisans de la perpétuité et ceux de la diversification des types n'auraient celle de répondre aux deux secondes. Nous nous bornons .à constater les faits, à les comparer, à montrer rharmonie de leur ensemble dans la suite des temps, et cela nous suffit pour en déduire que ce que nous voyons cs\ le résultat d'une loi à laquelle la nature organique a obéi de toul temps, sans qu'il soit nécessaire de nous préoccuper de la raison même de cette loi.
Nous nous appuierons ici d'un exemple qui semble répondn à la fois aux personnes qui nient la fixité de l'espèce, a celle qui nient les créations et les extinctions successives, enfin : celles quiicroient à sa perpétuité indéfinie.
Cette preuve, pour avoir toute sa valeur, devait satisfaire . beaucoup de conditions. 11 fallait, en effet, qu'elle Tût pris