CHAPITRE V
Dans le chapitre précédent nous aurons considéré les animaux ci les végétaux dans leur répartition actuelle à la surface du {(lobe ei nous avons cherché à nous rendre compte des causes de cette distribution ; dans celui-ci nous étudierons Timportance relative du rôle que jouent les diverses classes d'être organisés pour former, par l'accumulation successive de leurs détritus^ des couches d'une épaisseur plus ou moins considérables. Ces deux sujets sont donc parfaitement distincts, mais ils sont • tous deux également importants pou r I es nombreuses questions J c paléontologie générale et particulière qui viennent s'y rattacher. Il n^est pas nécessaire de suivre, dans Texamen des sujets que nous avons à traiter actuellement et qui se rapportent au téirain moderne ^ Tordre du Tableau de la classification de ce terrain, que nous avons donné (antèy p. 156). Ces sujei:^ s'y trouvent très-naturellement liés par les faits géologiques aiixquek ils se rattachent, tandis qu'ici, en faisant abstraction de ces faits, ils se trouveraient rapprochés sans mo« lir^ , sans liaison apparente , et par conséquent d'une nia^ nîère qui ne s'expliquerait pas. Nous avons donc préféré une disposition plus simple, eb qui s'explique d'ellc-môme \ c'est de considérer les êtres organisés de chaque classe suivant leur importance dans la composition des couches sédimentsîrcs. Noua traiterons ainsi successivement dans ce chapitre i i"* des mollusques; 2*^ des polypiers; 5^ des radiaire;$, des anné** lides et des crustacés; dans le chapitre Vides rhizopodes et des
infusoires ou des organismes inrérieurs; et dans le chapitre VU des végétaux.
§ 1. DèpMs eoquaiîen
Les restes d'aDÎmaux morts provenant de mammifères, d'oiseaux, de reptiles et de poissons, les coquilles de mollusques céphalopodes ou pél^isgiens, les acalèphes, les Aplisies, les radiaires stellérides, etc., tous les corps flottants, en un mot, ne peuvent, dans aucun cas, se déposer naturellement dans les mers profondes ; car si, au moment même de la mort, quelques-uns d^entre eux se trouvaient plus pesants que le liquide ambiant, les gaz, qui ne tardent pas à se développer par suite de la putréfaction, les soulèveraient bientôt et les feraient flotter, de manière que ces corps puissent être apportés par les marées sur le littoral où le mouvement des vagues les dépose et les accumule. Suivant les caractère:» de la côte sur laquelle ils écliouent et suivant leur nature propre, ils seront conservés ou brisés, et enveloppés dans les sédiments que ces mêmes vagues y stratiGent.
Les plages sableuses, vaseuses, basses ou très-peu inclinées des golfes tranquilles, sont les conditions les plus favorables à la conservation des débris organiques accumulés ainsi, tandis que les côtes plus ou moins abruptes, rocheuses, composées de galets, de cailloux, exposées au choc des vagues soulevées par les tempêtes, ne conservent que peu de traces des débris organiques que la mer y apporte.
Quant aux crustacés, aux annélides tubicoles et arénicoles, aux mollusques fixés ou sédentaires, aux échiuides et aux po* lypiers, qui vivent sur le fond même de la mer, et le plus grand nombre d* entre eux à une faible distance du rivage, il n*y a point de raisons pour qu*ils soient emportés dans la haute mer. D'un autre côté, la plupart des causes physiques ou mécaniques qui contribuent à la formation des sédiments, telles que la destruction des roches du littoral et les matières
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tenues en suspension dans les eaux des fleuves et des rivières qui se rendent à la mer, se produisent aussi à peu de distance des terres émergées. On voit que tout concourt à ce que les restes organiques les plus abondants soient rapidement enfouis. De la sorte les causes tant organiques qu^inorganiques les plus efficaces pour la formation des dépôts de nos jours se trouvent généralemfïnt réunies non loin des côtes des continents et des îlesl
Les coquilles qui vivent dans la vase même ou dans le sable, telles que les Soleil^ les Lavignons, les Myes, et mieux encore les coquilles perforantes ou lithophages, telles que les Pholadés, les Gastrochènes, leâ Saxicaves, etc., ne courent aucune chance d^étre déplacées après la mort de TanimaU Les mollusques sédentaires, fixés ou non, peuvent périr soit par l'âge, soit par suite de sédiments meubles que des coups de vents ou de fortes marées étendraient momentanément sur remplacement qu'ils occupent. Des bancs d'Huîtres, par exemple, ont été détruits par cette cause. D'autres coquilles, après la mort de leurs habitants, sont enlevées par les vagues, poussées sur la côte avec le sable lors des grandes marées, et s'y accumulent péle-méle avec les débris de roches et les cailloux arrangés dans Tordre de leur pesanteur spécifique. Les coquilles peuirent alors se conserver d'autant mieux que, soit au-dessus, soit au-dessous du niveau moyen des eaux, elles sont plus exactement soustraites à l'action de l'air. Ces résultats varient d^iilleurs à chaque pas suivant la nature de la plage, son relief, la forme et la composition de la côte, sa direction par rapport à celle delà lame, celle des vents dominants, des courants, etc. En général les dépôts coquilliers stratifiés par le balancernent des vagues et des marées, et qui demeurent submergés, présentent les restes de corps organisés, surtout ceux d'une assez grande dimension placés à plat suivant les lois de la pe- * santeur. H n'en est pas de même des accumulations dont nous venons de parler le long du littoral, au-dessus du niveau qu'atteignent les marées ordinaires ; les coquilles y sont entassées péle-méle dans toutes les positions.
Dans les eaux tranquilles ou peu exposées au mouvement des tempêtes ou aux grandes marées, il pourra y avoir une accumulation considérable, pendant un laps de temps fort long, de tous les restes de crustacés, d'oursins, de coquilles, de bryozoaires, d'annélides, de polypiers et de rhizopodes, qui auront vécu sur le fond, remplis ou entourés par le sable m la vase après la mort des animaux, et ils passeront de la sorte à Tétat fossile, sans changement notable dans leur ])osUion respective.
Les dépôts coquiliiers qui se forment ainsi de nos jours se lient intimement, ou mieux ne sont qu'un cas particulier des alluvions sableuses, des deltas, des dunes, des bancs et de$ plages de galets qui bordent partout les terres émergées. D'uu autre côté, il est souvent assez difficile de séparer uettemenl le^ dépôts modernes ou de la période actuelle de ceux que nous rangeons dans la période précédente ou quaternaire, d'abord parce que le plus grand nombre des espèces sont commune?, et ensuite parce que des phénomènes de soulèvement àcs côtes ayant certainement eu lieu de nos jours, l'élévation d'un dépôt UUoral au-dessus du niveau actuel des mers n'est f^< non pluâ un critérium certain. Les dépôts de transports diluviens proprement dits épars à la surface des continents et W? dépôts lacustres qui les accompagnent parfois nous présente' ront moins d'incertitude à cet égard que les atterrisseroents à\i côtes. Aussi ne citeixms-nous qu <m petit nombre de ceu\-c: qui, par divers motifs, semblent devoir être rapportes à iV|H que moderne.
Sur les côtes d'Islande, des dépôts coquiliiers modemc^ on été signalés, et sur la côte nord du Cornouailles, de b htch cite une roche composée de sable et de débris de coquiil cimentés par de l'oxyde de fer. Elle résulte, comme les dune de sables transportés par les vents, et a même, comme cellei^c englouti des villages entiers que des fouilles ont fait retron\ avec les ossements des cimetières et d'anciennes moonair Cette roche est tellement solide qu*à New-Kay la Calaise tpi ci constitue a été creusée, sur divers points, pour y abriter d
DÉPOTS COQUILLIERS MODERNES. 507
bateaux. Elle a été exploitée pour la construction de l'église de Crantock, et elle s'étend sur une longueur de plusieurs millee dans le bois de Fistrel (Quintrel ?)
En France, sur les côtes du Calvados, entre Dives et l'embouchure de rOrae, on remarque, de distance en distance, des blocs d'un poudingue composé de cailloux et de coquilles revêtues encore de leurs couleurs, et réunies par du carbonate de chaux provenant en partie sans doute des débris tri^ turés de quelques-unes de ces coquilles.
Les buttes coquillières de Saint-Michel en l'Herm, sur la côte de la Vendée, composées principalement à'Ostrea edulis^ avec quelques Mytilus edulis^ Pecteti^ Bucdnum undatum, etc., mélangées de sable, et dont l'élévation maximum au-dessus du niveau de la mer est de 15 mètres, et le développement en longueur de 900 mètres, ont été rapportées à la période actuelle. Il est vrai que les ossements humains qu'on y a découverts paraissent avoir été ensevelis postérieurement à leur formation, et que, d'un autre côté, des recherches plus ré- * centes encore les ont fait attribuer à d'anciens travaux de défense qui remonteraient au neuvième siècle (i).
Sur la côte orientale de l'île de Corse, dans la partie nordest de l'étang de Diane, situé au nord de l'embouchure du Tavignano, et qui communique avec la mer, M. Aucapitaine (2) signale une ile de 350 mètres de circonférence, et atteignant 25 mètres au-dessus des eaux environnantes, entièrement composée d'Uuitres (0. edulis et lamellosa)^ sans aucune apparence d'autre roche, et qui se prolongent sous les. eaux autant que la vue peut s'étendre. L'examen attentif de toutes les conditions de ce dépôt ne permet pas à l'auteur de supposer. qu'il puisse être dû à une cause artificielle.
Aux environs de Naples, M. A. Philippi(5) a décrit les co<
(!) De Quatrefages, BulL Soc. géd, de France, 2* sér., vol. XIX, p. 933; 1862.
(2) Comptes rendus de i'Àcad, des sciences, vol. LÏV, p. 816, i 037 et i065; 1862. — Bull, Soc. géoL de France, 2* sér., vol. XX, p. 57; 1862. ^
(3) NeueS'Jahrb. 1837, p. 285.
quiltes sUb-fossiles de Pouzzoles et dlschia, dont toutes les espèces vivent dans la Méditerranée, à l'exception du Dip/0* douta dilatatay qui est de la mer Rouge. Des dépôts modernes solidifiés sont cités depuis longtemps par Spallanzani, sur I(^ côtes de Sicile, près du gouffre de Charybde; c'est le grès de Messine, équivalent de celui de Livourne, qui a aussi élé .rapporté avec plus de raison peut-èlre à Tépoque quaternaire, ifon loin de Venise, au fond de TAdriatique, est un grès coquillier, à gros grains, consolidé par du carbonate de chaux. En Morée, le long des ties dlpsili et d'iiydra, suivant 60blaye, des fragments de poterie sont reliés aux cailloux par un calcaire spathique. On observe de semblables dépôts sur les côtes de TAchaïe, surtout près de Maratonisi, et en gcnéral sur les points où la mer est le plus agitée. Dans Tile de Rhodes, un dépôt analogue a montré aussi des fragments de poterie. M; de Vemeuil (i) indique en Crimée un dépôt coquillier trèsmoderne, qui se continue peut*étre encore, et ne renfeme * que des coquilles vivant toutes dans la mer Noire. Sur les côtes de la Caspienne M. Felkner (s) décrit des accumulation semblables, composées de conglomérats, de grès et de sable, des calcaires et des dépôts de sel et de coquilles brisées {Cor-\ dhm rtuticwn, C. triqiietrtmy Mya edentula, Mytilus })ohjmor* phus). Sur la côte de Jaiïa, près Saint-Jean-d*Acre, un grèscoquillier à gros grains, solidiGé par du carbonate de chaosv forme des récifs dangereux, et toutes les coquilles sont celb qui vivent sur le littoral.
. La disposition et le mode de formation des bancs de sabhj et de coquilles, sur les plages du Farsistan et du Khousistaim ceux des côtes, à Test d*Ayac, et les sédiments modernes àt^ delta de la Susiane, qui recouvrent le terrain tertiaire d4 Apennins de la Perse, ont été décrits par M. Ainsvirortbp Les roches qui entourent le golfe de Suez ont aussi élé ra
(1) Mém, Soe. géoL de France, 1" série, vol. ID, p. 10; 4839.
(2) Ann.duJoum, des mines de Russie, vol. V» p. 343; 1S58.
(3) Researchesin Assyria,eic,, iii-8*;1858.
DÉPOTS COQUILLIERS MODERNES. 309
gardées par Ncwbold(i) comme de l'époque actuelle. Elles atteignent jusqu'à 20 mètres au-dessus de la mer, et sont composées de débris de coquilles, de radiaires et de polypiers vivant sur la côte voisine. Cosséir et plusieurs autres yiHcs sont bâties sur ces couches, soulevées lentement par un mou« vcment qui se continuerait de nos jours. Sur la côle occidentale, à 1 ou 2 mètres au-dessus de Teau, ces accumula* tions recouvrent un banc de polypiers, et ont offert dos os de chameaux.
En Algérie, dit M. Renou (2), les dépôts marins se continuent aussi sur les côtes et donnent en quelques points des signes certains de mouvements du sol à des époques géologiques récentes, et même depuis la domination romaine. II est d'ailleurs fort pro* bable que ces mouvements se produisent aujourd'hui comme par le passé. Les plus anciens de ces dépôts sont ceux des environs de la Calle; de la plaine de Bône,- de la Mitidja, des plaines qui environnent Mos|aganem et Oran. Aux portes de Bône, sous la terre végétale et des débris de matériaux romains, est une couche d'argile grise, avec des coquilles marines aussi fraîches que sur la plage. Le sable, agglutiné par un ciment calcaire, donne un grès i^mpàtant des fragments de poterie. A Test de la Calle, ce dépôt est à 7 ou 8 mètres audessus de la mer et s'étend jusqu'à une lieue dans la terre. Un sable fin, avec Cardium edulCy se voit sur le bord des salines d'Anéou, et dans la province d^Oran, le relèvement ne serait pas moins de 75 à 80 mètres.
La plaine de la Mitidja, bien que dépourvue de ces coquilles modernes, serait cependant de notre époque, suivant le même observateur. Les grès de PhilippevHle se forment encore et ont enveloppé des briques et des pierres de taille romaines. Ils sont placés à 2 mètres au-dessus du niveau de la mer^ Plusieurs des changements de niveau indiqués par M. Renou,
(i) On the gêology of Egypte, etc. {Proceed, GeoL Sac, of London^ Tol. Ul. p. 782.)
(2) Am. des Mines, 4* sér., vol. lY, p. 534.
5i0 FORMATION DES COUCHES FOSSILIFÈRES.
comme ayant eu lieu à l'époque actuelle, dépassent cependant beaucoup eu amplitude ceux qui ont été constatés avec une certaine précision.
Suivant MM. Wëbb et Bertheiot (l), des oolithes aussi parfaitement caractérisées que celles des couches jurassiques de France et d'Angleterre se forment journellement sur les plages de la grande Canarie,.de Ténériffe, de Fortavcntura, de Lanceroie, de Madère, etc., dans la partie exposée à Faction des vents alises. Les débris de coquilles sont agglutinés par du carbonate de chaux. La roche, blanc-jaunâtre et compacte lorsqu'elle est uniquement formée de coquilles, devient très-poreuse lorsque, par Taction des vents, elle est mélangée do sable et de débris volcaniques. Elle est alors employée connue pierre à filtrer dans toutes les Canaries. Dans Tintérieur de:* terres, Tagglutination du sable enveloppe aussi des coquilles terrestres, et surtout YHelix sareostôma^ mais la roche n'a plus alors aucun caractère ooiitlyquc.
Sur divers points des côtes de l'ilc de l'Ascension, M. Darwin (s) a remarqué d'immenses accumulations de débris de coquilles et de coraux blanc-jaunâtre mélangés de particules volcaniques. A. quelques pieds de profondeur, ce sédiment moderne a déjà acquis assez de solidité pour être employé dans la bâtisse; quelquefois même il se divise en feuillets de texture compacte et sonorç sous le choc du mar* leau. Cette cimentation rapide, par du carbonate de chaui, s^opère d'une année à l'autre, et la pierre acquiert la densité du marbre. Les fragments de roche volcanique épars sur la plage s'encroûtent également de carbonate de chaux.
A Touest de Simons'town, au cap de Bonne-Espérance Clarke-Abel (3) décrit un ban considérable élevé de 30 mètres au-dessus de la mer, et composé de coquilles et de sables accumulés par les vents de S«*E.
(i) HisL natur. des Canaries, toI. H, p. 565; i839. (%) Geological observations, etc., in-8*; Londres, 1844. (3) Voyage en Chine, p. 307.
Le pbéoMDÔie f «BcmûlieiDfslU qui c^ (i1h(t\< psrtimiièrvn:enl sar cerUines pla*?», «n nqifinrt |*<iit *'V^ bvw le ^oninj;:e des ^olcan>, ne imnrrait refteiidanl jt» t*Lrf esciusHenieiil aKn'bué à <tr< «iBnatj(fib^ dscick- ariitiniriue. car uoih- \e^rall^ !t^ dépTAs de caii»onale àe cfaam «c iiimie? k h ^ui^Jt àm c^qi$ orsrsiîs^ da» de^ eondilîuiH^ tonl L lail liifkrenlt^. I OuelqoA*!* d€^ ama^ coiisid*'ral»îi^ A* cnquilk* d'HuîtreF, iîo CirrJÎBB cm de qneluuef autre*' f^<i»^«t> éduit*. ont êU jris po«r de Tê^jlai>^e^ d'^iùb lBarin^ llalu•vi^- *?! l'étaient '•no les dél»n« r«^*4*^ ]»ai d ancienf fasitûtaiii^ d^ lllollu*»que^ *' fjl îk » Doiirri**sai*'iit. T ei^ -mit mn nr i ^i:^iill**^ M. Vam^- X'ftî i=iir plusieurs |•^mll^ ù♦-'^ roi*?»^ ovr i.lal— T nif ^ ceui •!":jI non* aurons («cca^iuii dt ]>arie: iiiu> iuii î^uî j**- lâl*^ du I» K*: *arl.
Rafi5 rAmêriqu*' du Sud. k- imii' dt*- ct»i*> «k- T't«vl:-. M. E. Qjfn-aÎMT •»tiniaW- uu *'*nim*nià*fTiaA « uquilL*^ >oli{j4 CiCMT en voit dt fomiatimi. ♦•: ctmim»** û* Irtinijeiil- ù^ !»''>''- L-**«. de uraiiK- et quart? el lit zrraiiut*- Duitr*^^.
f amiî k?f ri»-lie- nii»d»mie-- 1 uii* (ie^ piu- curi*-ti*»e- esî ie ' . l^am- dii Houle ou Moi* t b Giiad^i^mi»* , ddii< l*-qu^' d»^ ^;•>♦•î-U*-- de '-araîii^eiicir**'**^*'î •:!iiKnu*^uiil eUvil**^ txmmK' •i— f<»*silt^ fauIllam^ d uu* *finHj{kt ajivK'Hîi» . Li- r«»;l**^ «-«l i'îîiLbf-, tomjWK'l'-. i«»nu*^ ti- Ir.-rni**»!- u* *'**rd\\y ^ oe <.•<>îllef njarine^ ^\ m^iii* iffîTe^tre^. ifl***- uu* i< bultmw ç/mo- .iéf^msn^ îL-jlutm»^' îw: ui ♦•mi*fn! «aJtjT* <ji Ai**:.. linrtH . liart allriliuatt i uik m»ut«^ niii»**rai*- Miiis-i .ariii* tî ,
S Saïiil-I»oiuiiu:u*-, L- pLuii». li-.*- Un**- heiniu* a^oi? H*
r^ r^ucoiitreoil ju>qi.^ un* rf-ri. iîm di-taiiL*. ùau'-l*^ t*Tr<*«'. :• • t df S«iiut'Au:ruslii«. qu ; piu>tt* Z iieu<r- O» i^iaet èî^*et
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seulement de 4 mètres au-dessus de la mer, est composée d'un agrégat de coquilles marines réunies par un ciment spathiquc. La roche est divisée en couches minces, séparées par des lits de coquilles non consolidées. Il s'en trouve parmi celles-ci beaucoup d'entières, qui ont conservé leurs couleurs et dont les analogues vivent dans les eaux voisines. Les parties dures de la roche sont fort recherchées pour les constructions, à cause de leur solidité, de leur légèreté et de leur résistance au choc des projectiles de guerre. Plusieurs édiGces publics de Saint- Augustin en sont construits (l).
Dans Tile de Sainte-Croix, M. J. novey(s) a signalé (b couches composées de coraux et de coquilles brisées rejetée> par les vagues et agglutinées par un ciment calcaire. Toutes les coquilles vivent encore sur la côte et ont conservé leurs couleurs. Ces couches, qui renferment d'ailleurs des débris d'industrie humaine, reposent sur les strates redressés du te^ rain ancien de l'ile. On en observe de semblables à la Barbaile et à la Guadeloupe.
11 est à remarquer que ces formations récentes et surtout les dépôts calcaires ou ceux qui, composés de matières arcnaccr^ ou caillouteuses, sont cimentés par du carbonate de chaux assez abondant, s'observent sur les côtes des régions chaudes du globe entre les tropiques ou dans leur voisinage; sur le pourtour de la Méditerranée, ce sont des grès consolidés ; mais p)u.< au nord, ces phénomènes paraissent être fort rares.
A la Nouvelle-Hollande, dans la baie des Chiens-Marins, on signale un calcaire rempli de coquilles qui vivent sur la plage et qui ont présenté quelque analogie avec celles du palcaire grossier de Paris, sans doute à cause de la présence du genrr Crassatelle et de la C pti/c/ira, qui a quelque ressemblante aviBC la C. tumida.
(i) Huot, Nouveau Cours élémentaire de géologie, vol. I; p. 319.- L. Dietz, Joum.ofiheAcad. of Philadelphia, 1824. (^)Amer.Journ., vol. XXXV» p. 64, 1838.
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s : fer-—» cai-^ir*- •■»r^«î Vi**» 1 •••u: â'^Ti 1 w- i*'m.tjjr' iffï • r' Mes- avnm^ u*. în4*L**-u-*f uol'i»*^- mi' ' uu ^#»-' i^htHÈ^^
nous-méme avec d'autant plus d'intérêt que l'examen des couches anciennes pourra nous présenter des résultats plus ou moins analogues à ceux dont nous allons parler.
On a vu que la zone torride indo-pacifique, comprenant vers son centre la région super-torridc de M. Dana, était la plus grande étendue continue des mers où la température de la surface ne s'abaisse pas au-dessous de 25"" 33 cent. C'est aus^i la région où se développent avec le plus d'activité et de force les polypes coralligènes, dont les générations successives édifient les massifs rocheux les plus considérables. Aussi sera-ce dans cette vaste étendue que nous les étudierons particulièrement, puisque là seulement nous pourrons, k Taidc d'ingénieuses explications, nous rendre compte d'un des résultats les plus extraordinaires des fonctions vitales chez les animaux inférieurs (l).
Mais nous ferons précéder ce tableau général de l'examen particulier d'un point situé dans TAtlantiquc, sur la limilc extrême, vers le nord, de la grande zone thermométrique des polypiers, et qui a été l'objet du premier travail suivi, exécute dans une bonne direction ; nous voulons parler du petit archipel des ilesBermudes, décrit avec soin par M. R. Nelson (2). Iles a Les Bermudes, dit le savantnavigateur, forment un groupe
0 d'îles comprises dans un espace de 15 milles sur 5, et cnc( tourées d'un anneau sub-elliptique de récifs de coraux, qui c( a 25 milles de long sur 13 de large. La direction du grand fi axe de cette ellipse est N. E., S. 0. Le point le plus élevé « est situé à l'ouest d'ilarrington et atteint 80 mètres d'alli- « tude. L'aspect des hauteurs est celui de collines de sable, et a leur teinte est celle de la craie. Toutes les iles sont formées « de roches calcaires, résultant de l'agglutination de coquilles |
( I ) On ne doit pas oublier que tous les polypes construisant des R)assc$, des tiges ou des lames calcaires, soit simples, soit agglomérées, sontc&clusi- Ycment roar|ps et ne vivent même pas dans les eaux saumâtres.
(2) Transact. Geol. Soc. of London, 2" sér., vol. V, p. iOS; 1840. Des extraits de ce mémoire avaient été donnés en 1854. — Hist. des progrès de la géologie, aoI. I, p. 361; 1847.
« el de polypiers brisés. La roche est laolM meiiUe, Uotôt « dure, compacte, susceptible de poli, et ses diiref^es varic- « tés sont associées sans ancan ordre de supeqposition.
« Le fond da bassin, an miliea duquel se trouvent les Ses, a consiste en bancs de coraux qui n'^affleorent au-dessus de la « basse mer que. dans les marées du printemps, et en sable a calcairp associé i du calcaire crayeux semblable à celui qui « forme la roche des îles. Celles-ci sont concertes d'une terre c rouge, sèche, contenant de la matière Tégétale., et dont Té- « paisseur est de (r,50. L'ensablonent ou Tobstruction des « passages entre les îles ou dans les ports continue toujours, « et, jusque dans ces derniers temps, on a eu des preuves de « cette action incessante.
u La Venus permsffivamea parait être Tune des coquilles les
V plus répandues dans ces rodbes modernes. Un banc qui en
« o^t entièrement formé se voit dans la carrière où Ton a ex-
tf ploité les matériaux de la jetée. A Saint-Georges, ce banc se
a continue Fespace de 4 milles avec une épaisseur de i",00,
a et il est placé à 2 mètres au-dessus de la mer. La Scu-
8 tella quitiqueforU et le Twrbo piea y abondent, auFsi bien
« que dans les couches les plus dures; et dans ces dernières,
ff on a trouvé un gros bloc composé de Meatidrina areolalm
V a\ec des MtftiluSj des Serpuies et des Millépores. On a recueilli,
« dans les cavernes, des ossements d'oiseaux et même des oeuls
R enveloppés de carbonate de chaux, ainsi que des Htlix. Une
I boude de jarretière et une boite ont été retirées d'un cal-
' caire dur, situé au fond d*une caverne, et renfermant aussi
c la Scuiella quinqueforiê^ remplie de carbonate de chaux
( comme les précédentes, et VAgaricia uudata. En un mot,
' cette roche, dans laquelle des os de tortue ont été également
découTerts avec toutes les coquilles qui vivent enoorc sur
les côtes voiles, est une sorte de corai rag de 1 mètre à
i **^25 d^épaisseur et en voie de coosolidalioii progressive.
« Après avoir observé la décompoâtion d^ coquilles et des
r>oU piers, depub les moins calcarifères jusqu'aux masses de
Mcâodrines et d*AstréeS| non^seulement en phee, mais en^
« corc dans tout ce qu*ont produit les travaux exécutés sous la a cloche à plongeur pour rétablissement des parapets de 1 ar- « scnal, M. Nelson n'hésite pas à attribuer à ce qu'il nomme « la craie des Bei^mudes la même origine que les divers bancs « de pierre, plus ou moins solides, qui constituent les lies Il elles-mêmes. Seulement, ceux-ci résultent de laccuraulalion « de fragments brisés mécaniquement, tandis que lai^ocheou <i pâte crayeuse est due à la destruction, par une longue sub- « mersion, du tissu membraneux qui pénétrait toute la masse if et qui abandonne alors la matière calcaire retenue dans ses « mailles. Celle-ci, en se précipitant, forme cette substance « blanche et tendre, analogue à la craie, qui se trouve au fond c( des anses et des golfes, mélangée de sable coquillier, de « beaucoup de polypiers, de coquilles bien conservées et de a masses considérables deMéandrines et d'Âstrées. Ces masses, <f soit encore intactes, soit dans un état de décomposition plus « ou moins avancé, ont certainement vécu, puis sont mortes «( sur les lieux mêmes.
« Les récifs formés par des Serpules sont distincts de ceux « qui sont dus à des polypiers, et les uns comme les autres « constituent une sorte de ceinture autour d*un centre qui est, « ou le sommet d'une roche, ou la base d'une colline.
(( La surface ondulée des îles parait être le résultat du pas* « sage de grandes masses d^eau ; mais les petites chaînes d'ilots, a dont les couches sont presque toujours horizontales, ne se- « raient pas dues au même phénomène, et leurs couches ne «( s^étendaient pas au delà de l'espace qu*elles occupent actuel* « lemeiit. Au sud du groupe, les récifs de Serpules sont parai- « lèles à la côte, dont ils s*éloignent à une distance de 50 à a 500 mètres. D^ailleurs, M. Nelson pense que ces lies ont dû fc être soumises à plusieurs submersions locales, résultant de « rinfluence de volcans éloignés; mais il n'admet pas qu'elles « aient été soulevées du fond de la mer. Elles ont dû se fonmr « par rétablissement des coraux, au sommet d*un rocher sou^ « marin plus ou moins étendu. Les parties mortes depuis loni;' « temps sont brisées et entassées par les vagues et les vents
ILES ET RÉCIFS DE POLYMEfeS. 517
a et ce mode de' formation se continue jusqu'à ce que des îles « enlières résultent de la réunion de ces couches dues au « concours des forces organiques, chimiques et mécaniques. « Les polypiers, dont les germes sont transportés aTec d'autres matières, se fixent indifféremment sur le premier corps « qu'ils trouvent, et, par leur ci^issance, leur multiplication « et leuF mort, contribuent à la stabilité et à la permanence « de ta tolonie qu'ils ont fondée, n
Passons actudlement à l'ouvrage le plus complet que nous Redierdics possédions encore sur les travaux des polypes, considérés au n '^* * point de vue de l'observation directe et des idées théoriques rioiquelles ils ont donné lieu. Nous y rattacherons les recherches dues à d'autres savants et qui ont été faites à peu près daas le même temps. Cet ouvrage est celui qu'a publié M. Ch. Darwin, en 1842, sous le titre de Stmelure et distribution des récifs de coraux (i). L'auteur, qui faisait partie de Tcxpédi* lion scientifique du vaisseau le Beagkj a parcouru et observé, de 1852 à 1834, un grand nombre de groupes d'îles épars dans rOcéan, entre la côte occidentale de l'Amérique du Sud et la côte orientale d'Afrique, et Pexamen qu'il a fait en même temps de beaucoup d*iles volcaniques comprises dans le même espace donne un grand poids aux opinions qu'il a émises sur les unes et les autres et à la théorie générale qu'il en a déduite.
On nomme Ues lagouns , ou, suivant l'expression des habitants de TOcéanie, atolls j des iles circulaires ou des groupes Tiles formés exclusivement par le^ polypiers ou coraux. Les barrières dé récifs^ en anglais barrier reefsj sont Ses récifs ou tichers qui ont la même origine, mais qui entourent des iles •rdinaires, ou longent la côte des continents, à une certaine listance ea mer, se maintenant au-dessous de son niveau et lissant ainsi un canal plus ou moins profond entre eux et la ^rre Terme. Lescôtes derédfs ou récifs frangés (fringingreefs), >ujours peu étendus, bordent immédiatement les côtes au lieu
^ I ) The structure and distribution of coral Reefs, in-8*^ avec cartef wdres, 4S42.
SI
Atollf cm ics bgoiin^
d*en être séparée par iin canal parallèle. Examinons successiTement ces trois dispositions particulières qu* affectent les masses de polypiers et voyons quel p^ut être le principe commun d'où elles dérivent.
Les caractères particuliers des atolls ont de tout temps frappe les nav^teurs. Ainsi, dès 1605, François Pyrard, de Laval, disait : a C'est une merveille de voir chacun de ces atoUons, « environné d*un grand banc de pierre tout autour, n'y ayant a point d'artifice humain. » .
lafig. 2 ci-dessous peut donner une idée de la forme générale des atolls, quoiqu'ils soient rarement aussi réguliers. Elle représente Tile de la Pentecôte dans le Grand Océan du Sud .
Fig. 3.
Dans ce (frofil de l'atoll des Cocos (fig. 3), situé au sud de Sumatra, la ligne A indique le niveau de la basse mer. En A la profondeur est, de 45 mètres et la distance horizontale de ce point au bord du récif B est de 200 mètres. Ce bord, découvert à la basse mer, est une sorte de bourrelet saillant offrant à<^ aspérités semblables à celles que Ton voit plus avant en mrr, aurdegsous de son niveau. C'est une surface plane formée par la roche de polypiers, et que recouvre la haute mer qui vienl battre contré la banquette D composée de fragments de coraux.
ÎL
A partir de la crête E, dont les Traginents meubles ne sont at- . teints que par les vagues des grandes marées et dont les parties les plus élevées, de 2 à 4 mètres, sont recouvertes de végétalion, la surface s'abaisse en pente douce vers la lagune intérieure F, dont l'eau se maintient au niveau de la mer exté. ricure.
Les polypes ou zooph^ies coralligènes doivent être toujours submergés ou recouverts par la lame. Leur exposition directe à la lumière du soleil, même pendant un temps très-court, suffit pour lesr faire périr ; aussi n!est-ce que lors des très-basses marées que Ton peut atteindre les limites de la zone où ils vivent et par conséquent les observer en place.
M. Darwin a trouvé cette partie accessible du récif presque composiUon entièrement composée de Porites, constituant de grandes masses ^ ^
irrégulièrement arrondies comme celles des Astrées, de 1*,20 <>«» à 2'",40 de large, sur une épaisseur un peu moindre et séparées les unes des autres par de petits canaux. Le Millepora complanata (Palmipora^ id., Blainv.), moins important, forme des plaques verticales épaisses, se pénétrant réciproquement et • produisant une masse alvéolaire dont les feuillets extérieurs sont seuls vivants. D*autres polypiers hranchus se montrent en grand nombre dans les cavités des Porites et des Millépores qui seuls peuvent résister au choc violent des vagues.
Dans le profil précédent de Taloll des Cocos on remarquera ^ Ptoûi que le fond, à partir du bord extérieur, s'abaisse*douccment jusqu*à une profondeur de 45 mètres ; m'ais au delà la pente augmente rapidement et atteint bientôt 45^.
De 18 à 22 mètres de profondeur au delà du point que Ton a pu observer directement lors des .basses eaux de Péquinoxc, le fond très-inégal parait être occupé par de grandes masses de polypiers vivants semblables à ceux du bord. Les Millepora aldcorms et coryimhosa^ avec une Aslrée, forment pUis loin le bord extérieur de la bande de récifs. Au-dessous de 36'",50 le fond ^st alternativement composé de sable et de polypiers. A 565, 548, et 658mètres de distance horizontale de la ligne des brisants on a rencontré des fragments de polypiers non lamcK
lifères ; ceux de coquilles étaient rares, et, à la distasce it 2200 mètres une sonde de 2154 mètres n'a pas rencontre le fond ; de sorte que la pente du massif couronné de polypiers est plus rapide que celle d'aucun cône volcanique. Hcs La largeur totale du récif circulaire ou de Tanneau qui coii-
^"" ** stîlue l'atoll varie de 230 à 500 mètres. Sa surface est uniforme ou très-faiblement inclinée vers !a lagune intérieure qu'il circonscrit. De petites îles parasites se foiment sur les réci(s, à 200 ou 300 mètres de leur bord extérieur, par Taccumulation des fragments rejetés pendant les grandes tempêtes. Leur largeur ordinaire est de 400 mètres, et leur longueur, trèsvariable, atteint quelquefois plusieurs kilomètres. Elles s'élèvent de 2 à 3%25 au-dessus de la haute mer et sont coniposces de fragments de coquilles, de polypiers, d'oursins, plus ou rooinâ foulés, pénétrés de calcaire spathique et fortement cimentes par la même substance en une roche solide, généralement blanche, çà et là colorée par de Toxyde de fer, ircsHiure el sonore sous le choc du marteau.
i^agunc. Le fond de la lagune intérieure qu*entoure le récif est occu{>è par de la vase ; c'est un véritable champ de coraux vivants et morts, dont les nombreuses espèces, branchues poiir la plupart, diffèrent complètement de celles de Textérleur. Les Méindrines y forment aussi de grandes masses arrondies reposant .sur le fond. Parmi les autres polypiers dominent trois espèces voisines de^ vrais Madrépores, le Seriaiopora subulutay deiii Porites et un polypier voisin des Ëxplanaires, mais ayant Jei étoiles sur les deux faces de ses lames ou expansions foUacée
Les récifs intérieurs sur lesquels les polypiers se développent sont irréguliers et caverneux ; ils ne présentent pas, comme Iti * autres, une surface solide, plane, de roche composée d<; \^ lypiers BKXts, et leur dureté est moindre. Dans un laps de do années, un canal qu'on y avait creusé pour le passage d'un pclil bâtiment a été presque comblé par Taccroissement des polj piers. Les sédiments de la partie profonde de la lagune, iju offrent d'abord un aspect crayeux, ressemblent à du sable lio lorsqu'ils sont bien séchés.
ProlMdear
de
h mer
desalolls.
ILES ET RÉCIFS DE POLYPIERS. - . 5il
Les Ilololuries se axent en grand nombre sur les masses de polypiers vivants. Elles sont en telle quantité que beaucoup de mxires sont frétés pour la Chine avec des chai^ements de Trefang^ qui est une des e^)èces les plus abondantes. Elles en consomment un grand nombre, et leur action, jointe à celle d'autres animaux, tend à détruire et à désagréger une patfie des masses pierreuses qui se réduisent en vase 6ne, ce qui apporte une limite naturelle à l^accroissement de ces mêmes masses. Cet accroissement pour le remplissage de la lagune est excessivement lent, et les sédiments qui pourraient s*y accumuler sont très-faibles, au milieu d'une eau limpide et loin de toute terre élevée^ Cet atoll des Cocos est d'ailleurs de dimen* sions moyennes et de forme régulière.
Cette esquisse de ses caractères peut être appliquée, dit M. Darwin, à presque toutes les îles circulaires de même origine dans Tocéan Pacifique et autour desquelles la mer est sans fond, à quelques centaines de mètres des bords des rédfs. Néanmoins il cite beaucoup d'exceptions; ainsi, autour des Iles Basses tous les sondages ont rencontré des bancs de cors(ux. Autour de l'atoll de Noël {ChrUtmas)^ décrit par Cook, la pente eut également très-faible ;. aussi la bande qui entoure la lagune a-t-elle une largeur exceptionnelle de 5 kilomètres. Cette bande est composée de terrasses ou de digues successives de coraux et de coquilles brisées comme sur les rivages. Dans les atolls des Maldives et des iles Chagos les sondages ont atteint des sables qui auraient une pente de 55*, mais qui reposaient sans doute sur une roche solide. Dans les iles Basses la pente est beaucoup moindre aux extrémités des atolls les plus allongés que nir leurs parties latérales, ce qui est conforme aux reliefs des rhaÎQCs de montagnes ordinaires.
Dans ce dernier archipd la profondeur des lagunes varié de (0 à 76 mètres, et dans le groupe des Marshall de 60 à 70. )ans les atolls des Maldives elle est de 90 et même de 98 mètres ; p fond est occupé par un sédiment uniforme, presque horiontal ; c'est généralement une sorte de boue crayeuse. a pM^^
Rarement il y a plus de 2 ou 5 canaux, s'ouvranl dans la *2"rfcif.
Siâ FORMATION DES COUCHES FOSSILIFÈRES.
lagune et assez profonds pour donner passage à un vaisseau. Les grands atolls de» Maldives sont remarquables par le nombre de ces canaux» Dans celui de Sudavia, par exemple, on en compte jusqu'à 42. Dans les atolls de la partie nord de Tarchipel les portions de récifs qui séparent les canaux , au lieu d*^tre droites, forment elles-mêmes des anneaux ou atolls secondaires en miniature. Sur la côte de TatoU Tilla dou Matte, qui a 88 milles de long sur 20 de large, les anneaux du bord sont généralement allongés; plusieurs ont de 3 à 5 milles de diamètre. Ceux de Tintérieur de la lagune sont moindres et b profondeur de la lagune particulière de ces petits récifs annu* laires est de 10 à 14 mètres.
Ces anneaux s'élèvent brusquement de la plate-forme ou banc sur lequel ils sont placés. Leur bord extérieur est toujours occupé par des coraux vivants et Tintérieur est une surface plane sur laquelle s^accumulent les fragments avec du sable. En résumé ces petits atolls ressemblent en tout aux grands, si ce n'est qu'ils reposent sur une base peu profonde, et qu'au lieu d*être irrégulièrement disséminés ils sont réunis sur une plate-forme dont les bords sont grossièrement circulaires, n n'y a point de réciis annulaires lorsque les canaux sont étroits ou peu nombreux. Les polypes, lorsqu'ils agissent librement, auraient donc toujours une tendance à élever leur con* struction en forme d'anneaux, soit grands soit petits.
Ainsi ces grands atoOs des Maldives représentent un vaste disque concave, sableux, s'élcvant rapidement d'une mer sans fond, avec un espace central occupé par des bassins ovalaircs de rochere madréporiques, et son bord est symétriquement Irangé par des masses présentant en petit la même disposition, atteignant la surface de la mer, quelquefois couvertes de végé* tations et renfermant chacune un petit lac d'eau limpide. On pourrait donc donner à ces grands atoDs, qui en comprennent d'autres plus petits, le nom d'aidlM composés^ par opposition aux aUÀU amples, formés d'un seul anneau. à»^ Dans, certains atolb, tels que ceux des Chagos, au sud des Maldives, aucun rédf n'atteint h surlace de Tean. Ces lia
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S34 FORMATIOf) DES COUCHES FOSSILIFÈRES.
Ctrricws Les bmrières de rédfs qui entourent plus on moins comrécifs^ plétement des iles ou longent des portions de continent ont la forme générale et la structure des atolls. Les iles Gainbier, d'Oualan (Ualan de la carie) et plusiem^s autres montrent qu'au delà du réoif qui les enviro'nne la mer est sans fond. Sur la côte occidentale de la Nouvelle-Calédonie, le capitaine Kent, à une distance de deux longueurs de vaisseau du récif, n*a pas trouve le fond avec une sonde de 500 mètres. Les barrières de réciCs occuperaient alors les bords d*un plateau à pentes ab* ruptes, comme Tanneau des atolls borde vers le haut les pentes abruptes d'une mqptagne isolée. A Taïti la largeur du rédf est fort irrégulière, mais autour des iles Yanikoro et Gambier clic est très-constante. Ordinairement le récif s'abaisse vers la lagune longitudinale qui le sépare de Tile comme vers la lagune centrale des atolls. Yanikoro présente à cet égard une disposition particulière, le récif se terminant à Tintérieur comme une muraille de iS à i4 mètres de hauteur. Suivant Chamisso, il en serait de même des atolls des iles Marshall. Bisunce Dans l'archipel de la Société la plupart des récifs se trouvent riSia. placé? à 1 mille ou 1 mille 1/2 de la côte. Lés montagnes centrales sont entourées d'un sol plat, souvent marécageux, formé d*une sorte d'alluvion, de 1 à 4 milles de largeur, composée de détritus de polypiers delà lagune, mêlés à des fragments de roches de rintérieur de Tile. A Hogoleu, dans l'archipel des Carolines, le récif est éloigné des hautes îles qu'il entoure, de 20 milles sur le côté sud, de 5 à Test et de 14 au nord. La profondeur des lagunes, allongées ou latérales, placées ainsi entre le littoral et le récif, est à peu près la même que celle des lagunes centrales des atolls.
Bintear L'élévation des iles, ainsi entourées de récifs, est très-vactracières riable. Taîti atteint. 21 35 mètres au-dessus de la mer, Maurua ^aîliï." 243, Aituâki 109, Manouail5 seulement. La nature minéralogique ou géologique du sol ne l'est pas moins, quoique dans beaucoup de cas il soit^olcaniquc. Quelques iles n'oIErent que des roches madréporiques calcaires ; d'autres, comme la Nouvelle-Calédonie, .sont de roches primaires. Tantôt il n'y a
inngéi.
qu'une seule ile entourée de récifs, comme celle d'Eiméo, dans Tarcbipel de la Société, tantôt il y en a deux comprises dans la même enceinte de polypiers, comme Taha et Raiatea.Le récif de Gambier entoure 4 iles principales et plusieurs pefHes . Enfin , celui d'Hogoleu circonscrit une douzaine de petites iles éparses dans une grande lagune intérieure.
Quant à l'étendue en longueur des barrières de récifs, M. Darwin cite celle de la côte occidentale de la Nouvelle*Ca- ^f lédonie, qui a 400 milles de long, celle de la côte orientale de l'Australie, qui se prolonge, presque sans interruption, sur 1000 milles, ou 400 lieue^, se maintenant à 20, 30, 50 et 60 milles de distance de la côte. Le bras de mer qui la sépare de celle-ci est de 20 à 50 mètres de profondeur et son fond est de sable. En dehors du récif les eaux sont, au contraire, très-profondes.
Les r^ifs frangés ou côtes de récifs^ qui bordent immédia- Récifs lement une île ou une portion d'île, pourraient être confondus avec les barrières de récifs, s'ils n*en différaieAt que par leur moindre largeur ; mais cette circonstance, qu'ils bordent immédiatement la côte, au lieu d*en être réparés par un canal ou lagune plus ou moins profonde et continue, prouve qu'ils sont en rapport direct avec la pente du sol sous-marin, et leur donne un caractère tout à fait distinctif des barrières.
«( En avant et autour des récifs, dit M. Couthouy (l) , on observe parfois une succession de terrasses ou plateaux dont le plus extérieur est à 22 ou 27 mètres de profondeur et même davantage; sa largeur varie de 30 *à 50 mètres. Il incline vers la haute mer et bientôt on ne trouve plus le fond. C'est sur ces terrasses et sur le bord le plus élevé que les coraux sont le plus nombreux, le plus variés et présentent les couleurs les plus vives. Ce sont des amas de groupes orangés, violets, rouges, cramoisis, verts, pourpres, blancs, jaunes, mélangés confusément, de 5 à 7 mètres de hauteur, formés de polypiers branchus, comme d'élégants arbrisseaux, ou étendus «comme des
(t) Boston Joum. ofNalur.Hisiory, vol. IV, p. 66,1844.
mousses, comme des lichens, et qui sont parcourus par des milliers de poissons revêtus aussi des couleurs les plus éclatantes, o
Les récift qui entourent Vile Maurice offrent un bon .exemple de récifs frangés. lis la circonscrivent complètement, excepté sur quelques points où la peute est trop rapide. Les polypiers se trouvent à une certaine distance de la côte, parce que celles) est très-plate, et au delà de leyr ligne la pente est toujours très-faible. En avant de Tembouchure des rivières et des ruisseaux il y a un étroit passage dépourvu de polypiers. Ces récifs côtiers ont une largeur de 50 à 400 mètres; leur surface est presque unie, dure, rarement découvre à la basse mer.
Autour de Tile Bourbon^ les polypiers construisent, sur le fond volcanique et inattaquable *par les lames, dés mamelons détachés qui,d*après M. Siau (i), s^élèvent à 2 ou 3 mètres et sont le travail de plusieurs générations. Ces mamelons, appelés pâtés de coraux^ \antôt se joignent, tantôt laissent entre eux des vides qui se remplissent de sable et de gravier. Ces pàlés d'inégales hauteurs, ne constituent qu'un ensemble de monticules entassés, d'une roche grise, compacte, très-dure, que le choc des vagues ne peut entamer.
Les récifs ràtiers existent le long du littoral oriental de TAfrique et du Brésil, et leur dimension, comme leur structure, dépend du plus ou moins d'inclinaison du sol sous-marin et àe l'impossibilité où sont les polypes de vivre au delà d'une profondeur déterminée ; d'où il rfeultc que lorsque les eaux sont très-profondes, comme dans le golfe Persique et l'archipel des Indes orientales, les récifs ne sont plus continus, mais épars çà et là à des distances plus ou moins considérables.
Les polypiers croissent plus vigoureusement en deliors qu'çn dedans deç rédfs; ceux-ci sont plus élevés au bord externe qu'au bord interne, ce qui leur donne line ceMaine rés^m-
(1) Comptes rendus de li' Académie des sciences, vol. XII, p. 770, 1841 .
blance avec les atolls, dont ils diffèrent d'ailleurs sous tous les autres rapports.
Les îles Bermudes, par 35"* lat. N., sont le point le plus Disiribntion éloigné de l'équateur. où les récifs paraissent exister, et leur ^^^^^^^ -présence à cette latitude a même été attribuée à l'influence du cooduions Gulf-stream. Dans l'océan Pacifique, les iles de Loo-choo, si- développetuées par 2T lat., au nord-est de Tlle Formose, ont des ré- '"'^"^' ciCs sur leurs côtes, et il y a un atoll au nord- ouest de Tarchipel des Sandwich par 28"* 30 lat. N. Dans la mer Rouge, les récifs se développent par 30"* lat. N.
Dans r hémisphère sud, les polypiers ne s'écartent pas autant des mers équa tonales, car on n'en connaît pas au delà des tropiques. Cependant les iles Houtmans Abrolhos, sur la côte occidentale de l'Australie, par 29^ lat., sont formées de zoophytes.
Suivant M. Dana, les récifs sont compris entre 28"* lat. N. et S. Cependant il y en a, près de Madère, à Porto-Santo, où la température descend en hiver 14^,44. Sur la côte occidentale de l'Amérique, la zone des corau^ est réduite à 16° de lat. en largeur, et sur celle d'Afrique à 12 degrés, tandis que dans le milieu de l'océan Pacifique la zone a 56 degrés de large, et elle en a 64 de la côte d'Asie^ à celle de la Nouvelle-Hollande.
Les courants extra-tropicaux, comme ceux des iles Gallapagos» se trouvent sur les côtes occidentales des deux continents, au nord et au sud de l'équateur, et les courants inter-tropicaux peuvent être tracés de même sur les côtes orientales ; aussi la zone des coraux est-elle resserrée sur la côte ouest et plus élargie sur la côte opposée. La distribution si irrégulière en apparence des coraux et des iles qu'ils forment résulterait seulement de la disposition des courants chauds et des courants froids.
Le voisinage des roches volcaniques, regardé comme favorable au développement des polypiers, ne paraît pas être une circonstance aussi importante qu'on le pensait, car nulle part les bancs de coraux ne sont aussi développés que le long des côtes de la Nouvelle-Calédonie et du nord-est de l'Australie, où les roches appartiennent au terrain primaire. En outre, les plus grands atolls, tels que les iles Maldives, Chagos, Marshall, Gil-
bcrt et les iles Basses, ne laissent voird^autres roches que celles que constituent les polypiers eux-mêmes.
' M. Darwin fait remarquer que toute la côte occidentale de rAmérique, au nord et au sud de Téquateur, de même que les îles Gallapagos, n'otfre point de bancs de polypiers, malgré Télévation de la température. Dans le voisinage de ces dernières iles,du 16 septembre au 20 octobre, la température a varié de li** 44 à 20**; cet abaissement seraitdù au courant Troid méridional qui longe la côte d'Amérique et qui maintient Teau à 15^ 56 au lieu de 18^ 89. La température moyenne de Teau de la mer, autour des iles Basses et des atolls de Taiti, quoique plus éloignée de Téquateur, s'est trouvée de 25"*, la plus faible ayant été 24^ 44; de sorte qu'une différence de 5^ dans la température moyenne et une de 10" dans les températures extrêmes suffisent pour empêcher le développement des polypiers qui construisent les récifs.
Partout où la température ne s'abaisse pas au-dessous de 24" 44, suivant M. Couthouy, les polypiers peuvent se développer dans la Polynésie, mais on ^oii qu'ils ^s'étendent en réalilé bien au delà ; ainsi les Astréesde la baie de Port-Jackson y sont dans des eaux plus profondes^ dont la température, entre 15" et 20", est inférieure à celle de l'Océan où abondent les récifs. Ce^te dernière n'est évaluée qu'à 18" 89 par M. Dana, comme on l'a vu, au lieti de 24" 44. Mais il est probable qu'il y a ici quelque erreur, d'interprétation.
La proximité des volcans en activité ne nuit point à Texistence des récifs, puisqu'on en observe sur les côtes de Tile d'Hawaï, Tune des iles Sandwich. Toute la côte occidentale de rAfrique est au contraire sans récits, et il en est de même des lies Sainte-Hélène, de l'Ascension, du Cap Vert, de Saint-Paul, de Fernando-Norona, quoique formées de roches volcaniques semblables à celles de l'océan Pacifique. On vient de voir en outre qu'il y en avait à Madère.
Les Bermudes sont les seules iles madréporiques de tout le centre de l'océan Atlantique, circonstance que l'on ne peut attribuer à l'absence du carbonate de chaux, puisque sur les
côtes de l'ile de l'Asccnsioa des couches de cette nature se forment journellement.
M. Uovcy (i) a décrit les récifs de coraux qui forment une ceinture autour de Tîle Sainte-Croix. Il en est de même autour de Cuba où les bancs sont interrompus çà et là par des canaux qui permettent aux navires d'entrer dans les ports. Le calcaire est également abondant à Santiago et aux iles du Cap-Vert, ou il constitue des couches tertiaires sDulevées.
La disposition des lignes isocrymes de M. Dana pourrait trèsbien rendre compte de l'absence des récife de polypiers sur les côtes occidentales de l'Afrique, par le peu de largeur de la zone torride, et il en serait de même de la côte occidentafe de TAmérique ; mais on s'explique moins aisément leur absence dans la partie centrale et sud de la province zoologique caraîbéenne, qui a une si grande largeur et que parcourt de TO.-N.-O. à I E.-S.-E. Téquateur de chaleur. On doit y supposer des conditions orographiques peu iavorables du sol soua-raarin et l'absence des phénomènes dynamiques qui semblent concourir aux résultats observ^ ailleurs.
Nous avons dit que les Holoturies et c^iains grands poissons se nourrissaient des parties leç plus tendres des polypiers ; les polypes se nourrissent, à leur tour, d'autres organismes plus petits, dont la diminution ou la disparition, par une cause quelconque, peut amener celle des coraux eux-mêmes. Les conditions qui déterminent par conséquent la formation des récifs sur certaines côtes peuvent être très-complexes et tout a fait inexplicable.^ dans l'état de nos connaissances, et des change*raents dans les conditions des mers, inappréciables pour nous, pourraient détruire tous les récifs de coraux d'un certain espace et les faire apparaître dans un autre, sans que nous puis« bions assigner la cause de ces changements.
On a déjà dit que la partie du récif la plus favbrable à l'accrois- Aonoiueserneiit des polypiers était son bord extérieur, que les vagues j^ie». battent constamment. Les coraux vivants ne forment point aii-
(1) Amer, Joum, de SiUiman, vol. XXXY, p. 64, 1858.
leurs de masses solides un peu considérables. C'est là que se trouvent les Asfrées, les Porites, les Millèporcs, e!c. MM. Quoy et Gaymard avaient émis des doutes h cet égard, mais il est certain que les plus grandes masses fleurissent là où elles sont le plus exposées aux flots.
Les fonds de sable mouvant sont défavorables aux polypiers, et les sables mélangés de vase apportée de Tintérieur des terres par les cours d'eau sont plus nuisibles encore que Tcau douce à leur développement. Aussi les voit-on former deux murs abruptes de chaque cAté du canal dont le fond est vaseux.
On a vu comment les principales espèces de polypiers étaient disposées dans Tatoll des Cocos; à Ttle Maurice, le genre Madrépore est dominant, et au-dessous de la zone des coraux massifs est un lit de Sériatopores.
On n'avait sur l'accroissement des polypiers que des données assez vagues et incomplètes lorsque le savant, aux recherches duquel nous empruntons ces détails, reconnut que la proportion de ce même accroissement dépendaiUà la fois des espèces qui construisent les récifs et de diverses circonstances accessoires. Il cite particulièrement les expériences directes de M. Allan, qui a planté des polypiers sur la côte orientale de Madagascar et qui a pu observerjeur développement pendant une partie de Tannée. Il déduit des faits nombreux qu*U a constatés lui-même et de ceux qu'il a recueillis : 1^ que des masses de rochers, d'une épaisseur considérable, ont été certainement formées dans la période actuelle par Taccroissement successif des polypiers et l'accumulation de leurs détritus ; S^ que Taugmentation individuelle ou particulière de chaque polypier, comme celui des récifs, à la fois en dehors ou horizontalement et en hauteur, dans des conditions favorables, est assez rapide lorsqu'on le compare aux oscillations du niveau de la croate terrestre ou à une mesure de temps plus précise, mais moins considérable, comme le nombre des années.
La proportion ordinaire de raccroisselnent des madMpores
ILES ET RÉCIFS DE POLYPIERS. S5t
branchus ne dépasse pas, dit M . Dana (i), un pouce et demi par an , et, comme leurs rameaux sont écartée, cela ne ferait pas plus de 1/2 pouce d'épaisseur de masse solide sur toute la surface couverte parle madrépore. Par suite de leur porosité même, celte quantité se réduit à 5/8 d'un ponce de matière compacte. 11 faut remarquer, en outre, que de grands espaces en sont dépourvus; les sables provenant de la partie détruite des polypiers sont entraînés ou disséminés parles courants dans les grau* des profondeurs où il n'y a pas de polypiers vivants, et la earface occupée par ceux-ci n'est pas de plus de i/6 de toute la région coralligène, ce qui réduit les 3/8 précédents i 1/16. Les coquilles et les autres débris oi^aniques peuvent entrer pour 1/4 dans la production totale par rapport aux polyiuers: de sorte que, tout considéré, Vaccroissement moyen d'un récif ne doit pas dépasser annuellement 1/8 de pouce. Quelques rédb ayant jusqu'à 608 mètres d'épaisseur (2000 pieds), cdie-ci, à raison de 1/8 de pouce ou 3 millimètres par an, aurait exigé, pour se former, un laps de 192000 ans.
A West-Key, au sud-ouest du cap méridional de la Floride, M. E. B. Ilunt {i) a observé sur un fond de 3*,50 d'eau, qui avait été nettoyé en 1846, une Méandrine qui, dans Tenace de 11 années, avait attânt un rayon de 6 pouces ou 0",15, et ' une forme sphérique, ce qui donnerait ^ de pouce par an. Si Ton évalue à 1/3 la porosité du polypier, on arrive à un accroissement de la masse solide de ~ de pouce, quantité presque égale à celle de 3/8 déduite ci-dessus. Une Oculine a crâ à la même place, en 1 2 ans, de 9 pouces de haut sur 1 2 de large, on 3 4 de pouce par an.
Sur les côtes de File Maurice, le bord du récif est formé de Profondemu Madrepora corymbosa et pocilifera , qui descendent josqu^â ^"^^
16 et 30 mètres avec deux espèces d'Astrées; à la partie infé* ^ HJi»«f>ricure est le banc de Sériatopores (S. subuUUa affiniê). De 50 à 40 mètres, le fond est de sable et couvert de Sériatopores ; à
(1 ) Manualof Geoloçy^ p. 591 ; 1863.
(2) Dana, loc. cit., ç* 752.
40 mètres, dn a rencontré des fragments de Madrépores et peut-être le M. pocUifera^ qui vivrait ainsi depuis la surface jusqu'à ce point. Entre 40 et 66 mètres, le fond était de sable, et la sonde rapportait de grandes caryophyllées. A 1 72 mètres de profondeur et à. une distance horizontale d*une demi-lieue du técff, le fond était de sable calcaire avec des cailloux de roches volcaniques. Dans ces mers, les bancs de coraux ne se fonnent pas au delà de 40 mètres. <
Suivant MM. Quoy et Gaymard, les Astrées,quHts considèrent comme constituant le plus de récifs, ne vivent pas au delà de 8 à 10 mètres. Le Millepora alcicornis s'étend de la surface à 24 mètres ; les Madrépores et les Sérialopores 'jusqu'à 40. Le Sideropora scabra (Poriles, td., Lam.) vit à 34 mètres. Des masses considérables de Méandrines ont été ramenées de 32 mètres sur les bapcs de Bahama, et M. Couthouy en cite jusqu^à 40 mètres. Une Caryophyllie a été retirée de 160 mètres par 33° lat. S. Mais c'est le seul genre de polypier lamellifcre qui, suivant Tauteur, s'étendrait au delà des tropiques» Ain^ on en a rencontré par OO"" lat. N., et dans Thémisphère sud, dans les eaiix profondes qui entourent la Terre-de-Feu. On a vu que dans la Méditerranée trois Turbinoliens avaient été trouvés vivants à plus de 2000 mètres.
Parmi les polypiers qui ne -forment pas de récifs solides, M. Darwin cite les Cellaires trouvées à 380 mètres, les Gorgones à 320, le corail à 200, les Rétépores de 80 à 200 ; les Escares, qui, comme les précédents, sont des bryozoaires, vivent à 60 mètres ; les Millépores de 60 à 188, les Celléporesà 80, les Sertulaires à 80, lesTubulipores à 188; de sorte que tous ces genres Vivetit à de plus grandes profondeurs que ceux qui forment des rir cifs, et les conditions de température et de lumière nécessaire à leur existence sont comprises dans des limites beaucoup plus variées et plus étendues.
Suivant M. Dana (i), toutes les espèces qui forment des ré* cils : les Madrépores, les Millépores, les Pontes, les Astrées, le;
Méandrines, ne croissent pas au delà de 35 mètres de profondeur ; les Dendrophyllies et quelques antres genres qui descendent plus bas contribuent peu à leur formation. Les polypes ne ment point d* ailleurs dans Fintérieur de la masse; il n'y a que la partie extérieure qui soit réellement vivante et sur une trèsfaible épaisseur. Les Porites et quelques espèces d'Astrées, de Madrépores et de Pocillopores semblent continuer à vivre un peu au-dessus du niveau des basses marées, et, contrairement à ce qu^avait cru M. Darwin, peuvent supporter, sans en être incommodés, l'impression directe de la lumière solaire.
H. Dana (i) estime aussi l'épaisseur des récifs de polypiers plus grande qu'on ne l'avait crue. Ainsi, à trois quarts de mille de distance de l'Ile Clermont-Tonnerre , le récif fut encore constaté à 600 mètres de profondeur. A la distance de 7 milles, une sonde de 1800 mètres ne toucha pas le fond. Autour des îles Gambier, le récif a 360 mètres d'épaisseur, à Taiti, 76, autour des iles Fidji, de 600 à 900 mètres.
Les polypiers qui forment des récifs dans la mer Rouge ont Poiypim été Tobjet d'études particulières de la part de MM. Ehrenberg et Rouge. Ilemprich. De 1823 à 1825 ces savants ont visité 150 localités différentes de ce long golfe et réuni 110 espèces de polypiers, dont 2 seulement se retrouveraient dans la Méditerranée, sur k côte la plus voisine de celle de la Libye.
La mer Rouge diffère des autres mers intérieures et de iMstniHitiott l'Atlantique en ce que toutes- ses côtes sont bordées de rochers ^ ° plats, presque toujours à fleur d'eau. Ces bancs sont recouverts de polypiers, disposés d'une manière continue, le long du littoral ou sûr des lignes parallèles-. C'est sur la côte arabique, de Tor à Corafuda, qu'abondent surtout les polypiers. Dans la partie la plus profonde de la mer, entre Djedda, sur la côte d'Asie, et Cosséir, sur celle d'Afrique, its ne forment^ point de bancs^ et il en est de même dans tous les endroits où les eaux ont une grande profond.eur, tandis que les points peu profonds tu présentent beaucoup. L'abondance des coraux sur la côte
(1)/Wd., p. 62lT
d'Arabie s* accorde avec une plus grande 'quantité d'îles de ce . côté cl avec les preuves plus nombreuses aussi d'éruplions volcaniques, qui manquent de Cosséir à Massava.
Les bancs de polypiers se maintiennent entre 1 et 4 mètres au-dessous de la surface de Tcau, et, au lieu d être un peu plus élevés du côté extérieur ou le plus exposé à la laine, on les voit souvent s'abaisser en pente douce du côté de la mer. Les polypes n'élèvent d'ailleurs ni atolls ni barrières de récifs au-dessus des eaux. Près du bord extérieur du banc de zoophyles, la profondeur de la mer est de 200 mètres et même davantage. Ces . bancs; non toujours contigus à la côte, forment souvent, à une dislance de plusieurs milles, des bandes étroites et parallèles.
Sii)N4ntum. ^^ formc dcs récifs résulte de la constitution géologique de la côte et du fond. Partout où cette base a pu être atleinte, M. Ehrenberg a reconnu qu'elle consistait, soit en produits volcaniques soit en un calcaire très-dur, quelquefois poreux el tendre, évidemment composé de fragments d'animaux marins agglutinés, mais distincts des coquilles et des coraux qui vivent au-dessus. Les iles volcaniques peu élevées de Ketumbul, do Hakel et de Gebel-Taer, vers le sud de la mer Rouge, sont entourées de coraux. Les bancs de polypiers qui recouvrent la surface de toutes les roches, depuis le milieu du golfe de Suez, sont composés surtout deMadrépores, de Rétépores, de MUlépores, d'Âstrées, de Favia^ de Garyophyllies, de Méandrrne^, de Pocillopores, de Stephanocora^ avec une multitude de coquilles, de Fungies, d'Holoturies, d'Actinies, d'annélides, etc.
conciusiens. Les condusions de M. Ëhrenberg, relativement au mode de formation et à l'accroissement des bancs de polypiers dans h mer Rouge, diffèrent essentiellement de celles que MM. Nelson^ Darwin, Couthouy et Dana ont présentée^ pour ceux des grandes mers du globe.
En effet, d'après le savant zoologiste de Berlin, il n*y aurait pas de masses formées par Tiîccroissement graduel de diverses générations les unes sur les autres, dépassant la hauteur qu'une branche seule de la même espèce pourrait atteindre*. « Presque toujours, dit-il, en écartant les branches tle coraux,
OD trouve le calcaire solide qui constitue la base des montagnes et de la plupart des îles. L'accroissement des bancs serait plutôt le résultat du travail de Tanimal en particulier el de sa famille que de la superposition de couches successives dues à plusieurs générations. De même que les plantes et les bois morts, les polypiers n'augmentent pas la masse de toute leur hauteur, comme si de nouveaux animaux croissaient sur les anciens, mais seulement de quelques pieds de détritus qui représentent à la fois des milliers d'années écoulées et des milliers de générations éteintes. » D'après cette manière de voir, les polypiers contribueraient en quelque sorte davantage à protéger et à couvrir les iles qu'à les élever et à les étendre.
De plus, les cefanx vivants ne se développeraient pas au milieu des branches ou parmi d'autres coraux vivants, et cette répulsion, ajoute M. Ehrenbei^, serait opposée à cette opinion que nous venons de voir soutenue par d*éminents naturalistes, que des générations accumulées. constituent les iles de Focéan Indien, car rien de semblable n'a lieu dans la mer Rouge. Aucune de ses iles ne serait dans une période d'accroissement réel ; toutes, au contraire, tendent à se détruire, et les coraux par leur revêtement les protègent contre cette dégradation. Les bancs de polypiers ne sont que l'agrégation de masses détruites après la mort des animaux; de sorte que dans ce bassin on ne pourrait constater nulle part que le travail des polypes ait relevé le fond, obstrué des passes, etc.
Si maintenant nous comparons Timmensité de l'espace que comprennent les recherches des naturalistes et des navigateurs français, anglais et américains, la variété des circonstances qu'ils ont pu apprécier, depuis la côte orientale de TAfrique jusqu'aux plages du nouveau monde, la grandeur de Téchelle sur laquelle s'y opère la construction des récifs et l'énergie vitale dont paraissent être doués ces milliards de petits animaux lutlant sans cesse contre les flots d'un océan sans bornes et sans fond ; si Ton compare, disons«nous, ces diverses circonstances avec celles du petit bassin resserré de la mer Bouge, on sera porté à regarder les résultats de ces dernières comme une
exception locale, plutôt que comme la règle, exception que la dis^position des lieux expliquerait très-bien, ainsi que la dilTérence des espèces.
Récifij Les récifs de polypiers de la Floride diffèrent entièrement Floride, aussi, suivant M. Agassiz (i), de ceux du Grand Océan. Ils constituent plusieurs lignes parallèles, disposées entre la lerre ferme de la presqu île et le Gulf-stream. Ils sont dirigés à Touest, vers le golfe du Mexique, et les principaux, occupés par les polypiers vivants, sont situés entre les Keys et le Gulf-stream lui-même. D'autres dépôts de sable (in et de vase s'accumulent autour des Keys, ou entre ces îlots et la terre ferme par l'action des marées et des courants. On a donc, à parti; de la côte, un canal peu profond, quelquefois de quelques mètr^^ seulement, puis la ligne des ilôts ou Keys élevés de 3, 4 ou 5 ifciètres au-dessus de la mer, enfin au delà le récif principal. Ce dernier, du cap Floride à West-Key, présente des polypiers vivants jusqu'à une profondeur de 30 à 35 mètres. Les plus rapprochés de la surface sont les Madrépores (M. palmala) , dont les branches étendues, palmées et entrelacées dans toutes les directions, ne descendent pas à plus de 3 ou 4 mètres; au-dessous vivent les Méandrines et plus bas encore les Astrées.
Lorsqu^un récif a atteint son maximum de hauteur ou le niveau de la mer, des matériaux meubles s'accumulent au-dessus de gros blocs de polypiers, rejetés par les vagues, et sont réduits en fragments, ensable ou en gravier qui se déposent en couches plusou moins régulières, souvent présentant les caractères d*unc stratification torrentielle très-compliquée, dont les éléments sont cimentés ensuite en une roche solide et compacte par des infilti^ations de carbonate de chaux. Lorsque les matériaux réunis sont en gros fragments la roche constitue une brèche, mais lorsque la cimentation lie s'exerce que sur les petits fragments réduits en grains, on a un calcaire d'aspect oolithique. En outre, des lits minces ou des veines de calcaire compacte
(1) Proceed. of theamer. assoc. for theadvanccmentof science, p. 81. Fifth meet., Washington, 1851.
s'obsenrent dans les masses à structure oolithique, et l'on voit une sorte d'encroûtement superGciel reTétant toutes les roches, suivant leurs inégalités et qui ne peut se former que dans les tempêtes, ou lors des grandes marées, mais non sous une nappe d'eau permanente. Les roches oolithiques, bréchoïdes ou compactes de West-Rey paraissent être d'ailleurs assez rares dans les grands récifs de l'océan Pacifique.
D'innombrables coquilles perforantes , et des vers marins non moins abondants, qui s'établissent dans les parties mortes, contribuent aussi beaucoup à la destruction des masses de polypiers qui ont atteint la suriace.
La circonstance que les principaux Keys et la côte même de laFIoride, formés successivement, s'élèvent à la même hauteur au-dessus du niveau de la mer, prouverait, suivant M. Âgassiz, que le sol sur lequel repose le grand récil placé en avant n'a éprouvé aucun changement de niveau. L'uniformité des autres Ilots de la même région, par rapport à la surface de la mer, établit également que, dans toute son étendue, elle a été sla* (ionnaire depuis que les polypiers ont conmiencé à croître sous cette latitude.
L'origine de la ligne courbe que suit le récif autour de la pointe méridionale de la Floride, sur une longueur de 1 20 milles, A été attribuée, par le capitaine Hunt (i), au transport des sables de polypiers provenant des récifs de Test et entraînés par le courant du Labrador. Cette barrière aurait alors la même cause que les sables siliceux accumulés plus au nord, sur la côte d'Amérique, et dont nous parlerons ci-après. Entre ce récif et la côte de la presqu'île, un fond de sable pur composé de débris de polypiers a été atteint à 40 mètres, et il ne serait pas impossible qu'un abaissement ait contribué à ce résultat.
Quant à une distribution plus générale des polypiers dans Di-tnimiioii les raers actuelles, M. Dana Ta résumée de la nianicrc suivante, jcf J!iiî^ior dans son important travail sur la structure et la classification «lansics des zoophylcs, publié en 184G (p. 319). Les espèces appar- aiiueUes.
(I) In Dana, Manual ofGeology, nppendh F, p. 752, 1805.
tenant aux familles des Astrées, des Madrépores et des Gemmipores sont, à peu d'exceptions près, limitées aux mers de coraux et ne descendent pas au delà de 40 mètres, de profondeur. Les caryophyllidées s'étendent de l'équateur à la zone froide, et quelques espèces descendent à des profondeurs de 400 mètres et même davantage. Les alcyonîens parcourent une aussi grande étendue et remontent probablement plus haut encore, vers les pôles, comme nous Tavons vu précédemment pour rA/q/ontitn arboreum^ dans la zone la plus basse de Tocéan . Arctique. Les HydroideXy que Ton rencontre de Téquateur aux régions polaires, abondent particulièrement dans les zones tempérées.
Les coraux sont en outre distribués suivant certains centres ou lieux particuliers. Les espèces des Indes occidentales ou de la mer des Antilles sont propres à ces régions, et aucune d'entre elles ne peut être indentiGée avec celles des Indes orientales et de Tocéan P^ciGque. Les parties centrales de ce dernier semblent avoir aussi leurs espèces particulières, et l'on peut établir comme un fait général, dit M. Dana, que beaucoup de polypiers se trouvent limités, dans leur développement, à de petites étendues. Sur 306 espèces recueillies dans les Iodes orientales et Tocéan Pacifique, 27 seulement sont communes aux deux mers, et il n'y en aurait aucune entre le Grand-Océan et l'Atlantique.
Carte Nous ne pouvons mieux résumer la distribution géogra-
' "j" phique des Iles et des récifs de polypiers qu'en mettant sous M. Darwin, les yeux du lecteur une traduction exacte de la carte, si intéressante et si originale à la fois, que M. Darwin a jointe à son ouvrage et dont il a bien voulu autoriser spécialement la reproduction (voy. ci-après pi. 3). On y voit, en effet, représentés, |>ar des teintes différentes, les îles lagouns ou atolls, les barrières de récifs et les récifs frangés, ce qui permet de se rendfe compte immédiatement de Vimportaucc relative de ces diverses maiii* festations du même phénomène. C'était aussi une idée heureuse que de réunir dans un même cadre et de mettre, en quelque sorte, en regard une grande partie des produits les plus re-
marquables des forces physiques interqes du globe, représenté» par les volcans en actÎYité, el ceux de ses forces organiques externes, représentés par les constructions des polypes W),
L*examen minéralogique et chimique des produits calcaires des polypes y a liait reconnaître, par M. Dana, de la magnésie, sous forme de carbonate, et en assez forte proportion pour qu'il leur attribuât Torigine de beaucoup de calcaires magnésiens. Il y a aussi reconnu de Tacidc phosphorique dans la proportion de 9. à IQ 0/0, du phosphate de chaux sous forme d'apatite, du fluor en plus grande quantité que Tacide pospho* rique, de la silice à Vétat soiuble, probablement uni à la chaux et découverte pajr M. Silliman.
La roche de polypiers qui constitue les récifs est un calcaire blanc, solide, à grain fin, souvent aussi compacte que certains calcaires marbres secondaires, à cassure conchoide ou esquilleuse et sonore sous le marteau. Par places, c'est iin conglomérat ou une brèche composée de petits fragments de polypiers, fortement cimentés par du carbonate de chaux. Quelquefois on n'y aperçoit point de traces de corps organisés, si ce n'est quelques coquilles empâtées çà et là dans la roche. Enfin, celleci est aussi composée de polypiers en place, dont les intervalles sont remplis par les fragments de ceux qui ont été détruits*
L'extérieur d'une île de coi;aux, sur quelques centaines de mètres de* largeur, est la seule partie propre 3 leur accroissement; tout le reste se compose de portions mortes. Des sables, des détritus de coquilles et de polypiers agglutinés contribuent encore à la formation des récifs. Des bancs de sable et de gravier, assez étendus, bordent les côtes dans l'espace compris entre les marées, ou bien, poussés par les vagues et les vents, ils peuvent former sur le littoral.de petites collines de 20 à 25 mèlres de hauteur, de la même manière que se forment les dunes^ de nos côtes. Les sables résultant des détritus de po-
il) Nous devons renroyer à TouTrage lui même pour une plus ample explication de cette carte, et particulièrement ^u chap. u, p. 119, et à VAppendix.ip. 151.
CâTttihtà
lypiers constituent des «pointes avancées dans la mer, tandis que la partie des polypiers réduite à Tétat de boue ou de yase fine s'observe dans les lagunes peu profondes où les eaui sont peu agitées.
Un fait remarquable est l'absence presque totale de restes organiques reconnaissables dans beaucoup de parties de ces récils. Les sables accumulés au-dessus d'eux sont également sans fossiles. Dans une seule circonstance les détritus de polypiers se sont présentés sous l'aspect de véritable craie (Darwin, lie d'Houden).
La cimentation du sable provenant de la destruction des polypiers, le long de la côte et au-dessus du niveau de la mer, s'observe dans tous les récifs et c'est le procédé général de la nature pour former les roches solides que nous voyons constituer ces massifs.
Tiiéorie Les Conditions particulières qui ont dû produire et profonnauou ^"***^û^ cucore de nos jours les caractères singuliers des atolls, des barrières et des récifs ordinaires de polypiers, ont préoccupé tous les navigateurs aussi bien que les naturalistes qui les ont étudiés dans ces derniers temps, et ils ont cherché à se rendre compte surtout de la contradiction apparente que leur accroissement continu semble présenter avec la nécessité des circonstances indispensables à leur existence.
De l'eitrémité orientale des iles Basses à Textrémité nordouest des iles Marshall, c'est-à-dire sur un espace de plus de 4000 milles de long sur 200 à 300 de large, l'archipel des Carolines, qui a 480 milles sur 100, enfin, ceux des Maldives, des Laquedives et des Chagos, formant ensemble une chaîne de 1500 milles de long, toute cette immense surface de l'océan Pacifique et de l'océan Indien,' disons-nous, ne renferme que d'innombrables iles dont aucune ne dépasse la hauteur h laquelle les actions combinées des vagues et des vents peuvent accumuler des matières solides. Sur quels fondements alors ces récirs et ces iles de coraux ont-ils été construits? Car on conçoit qu'au-dc5sous^de chaque atoll ces fondements devaient, dans l'origine, se trouver nécessairement à une profondeur
récib
ILES ET RÉCIFS DE POLYPIERS. 3«i
déterminée, indispensable au déyeloppement des polypiers coralligènes.
Les formes et les dimensions d'un grand nombre d'atolls ne permettent pas à M. Darwin de leur assigner pour base un cratère de Yolcan, ni d'admettre cette explication de Chamisso, que les espèces de polypiers les plus considérables par les di* mensions qu'elles atteignent, préférant Teffet du ressac des vagues, les parties extérieures d'un récif, en s'éleyant d'une base sous-marine, doivent atteindre les premières la surface et former par conséquent un anneau avec une dépression centrale.
Suivant le célèbre voyageur anglais, Ia*plupart des grands atolls doivent reposer sur la roche même. Mais, peut-on ad* mettre, continue-t-il, que de larges sommets de montagnes existent sous chaque atoll, précisément à la même profondeur, sur des étendues aussi considérables, sans qu'aucun de ces sommets s'élève au-dessus de Teau? Où trouverait-on, en effet, à la surface des continents une chaîne de quelques centaines de milles seulement, dont tous les sommets ne différeraient que de 40 ou 60 mètres? La difficulté resterait d'ailleurs a peu près la même si Ton supposait que les polypiers pussent vivre à une plus grande profondeur.
On vient de dire que dans la mer Rouge, suivant M. Ehrenberg, lorsque des récifs sont soulevés, les parties saillantes sont aussitôt détruites par les vagues; ce qui se conçoit par la nature même des polypiers; mais il ne peut en être ainsi pour la base des atolls, car le soulèvement et la destruction d'une lie encroûtée de coraux donnerait lieu à une surface plane ou légèrement bombée et non à une surface profondément concave, et l'on apercevrait sur quelques points la roche fondamentale, comme cela a précisément lieu dans la mer Rouge. Pour résoudre cette difficulté, M. Darwin suppose que la base des atolls a été amenée à la position exigée pour le développement des polypiers par suite d'abaissements. Pendant cet enfoncement graduel, les polypes se sont trouvés dans des circonstances favorables à la construction des bancs, et attei-
gnaient la surface au fur et à mesure que chaque ile disparaissait. Les coraux continuant à croître au-dessus maintenaient ainsi en apparence le même niveau relatif de la masse. On conçoit alors que des espaces très-considérables, dans les parties centrales et les plus profondes des mers soumises à celle action, soient remplis d'ilôts madréporiques dont aucun dc s'élèverait plus haut que ne peuvent être portés les détritus amoncelés par les vagues, et néanmoins ilsauraient été formes par des coraux qui exigeaient absolument pour vivre un fond solide et une faible profondeur d*cau. Quant aux preuves directes de l'abaissement, elles seraient, on le conçoit, bien diFficiles à trouver, si* ce n'est dans des pays depuis longtemps civilisés, ce qui précisément n*a pas Heu dans ces divers archipels, et cela d'autant plus qu'il s'agit d'un mouvement qui tend à faire disparaître les points sur lesquels il s'exerce.
Fig. 5. — Ile ancienne ou substratum.
aa. Bord extérieur du récif primitif au niveau dc la mer. — bb. Côtes de Vi\e dan» Ir même témp6. — a'a*. Dord extérieur du nVif après son élé\^tion, r^Millaiit b« raccroisseineol des polypierb pendant une période d'ahaissemenl. — ce. Laçuur ou canal entre le récil et le» cdtes do l'Ile entourée de nouveau. — ^k. Nourellcà côtes de 4'ile. — a'a*. Bord& exlérleucs du récif formant actuellement im atoll. -^ e'. Lajpme de l'atoll nouvellement foruio.
En partant de simples récifs frangés aa dont la disposition s'explique d'elle-métne, puisqu'ils reposent sur la roche qu constitue une île ancienne servant de base ou substratum, on voit que si l'on suppose rabaissement graduel dont nous avons parlé, il arrivera un moment où, d'après les principes exposés, la largeur du récif permettra la formation des lagtmes latérale^ ou canaux rc, parce que la barrière a' a* sera constituée par les détritus des masses de polypiers rejetés par les vagues, i]iji formeront ainsi une digue plus ou moins continue. G*Uc-d, après la complète disparition dn sommet de l'ile représentée
dans la figure par des hachures verticales, constituera l'anneau du nouvel atoll a'd'y de même que les canaux réunis formeronl la lagune centrale au-dessus du sommet (f de cette même île.
Pour donner une représentation graphique exacte du phénomène, il aurait fallu que les trois phases que nous avons choisies pour fixer les idées fussent coordonnées à côté l'une de l'autre, par rapport au niveau delà mer supposé constant; la nécessité de les exprimer par une seule figure a obligé de les représenter l'une au-dessus de l'autre, et par conséquent de faire changer le niveau de la mer. Il faut donc renverser, par la pensée, le sens direct de la figure et admettre que c'est le sol de Tile qui s'est abaissé successivement, conformément à ce qu'exige la théorie. D'un autre côté il était plus conforme à la réalité de placer les figures l'une au-dessus de l'autre.
Ainsi ces trois fades des récifs de polypiers résultent nécessairement de la transformation successive d'une forme dans l'autre pendant le phénomène de l'abaissement, et si, au lieu d'une île ou d'un point isolé que nous avons supposé dans cet exemple et qui nous a donné en définitive un atoll, nous avions supposé que ce fût la côte d'un continent garni de récifs simples, l'abaissement aurait produit .ces immenses barrières madréporiques des côtes de l'Australie , de la Nouvelle-Calédonie, etc., c'est-à-dire qu'il se serait arrêté à la seconde phase du phénomène.
M. Darwin a apporté diverses preuves à Tappriii de son hypothèse, non pas des preuves aussi directes, aussi positives que celles qui résulteraient d'observations longtemps continuées avec soin sur un même point, ou justifiées par des mesures géométriques, comme on l'a fait dans d'autres pays pour certaines côtes, mais qui ont du moins un grand caractère de probabilité. Ainsi, il a remarqué que les atolls montrent encore, dans leur disposition générale, la forme ou la direction des terres autour desquelles leur base de polypiers à dû être établie. Dans l'océan Pacifique du Sud, les trois principaux groupes sont dirigés N.O., S.-E. comme presque toutes les
terres de cette partie du globe ; dans celui du Nord, les îles Carolines s'appuient contre les atolls nord-ouest des iles Marshall, de la même manière que la ligne E. , 0. des îles Céram à la Nouvelle- Bretagne s'appuie à la Nouvelle-Irlande. Dans l'océan Indien, les îles Laquedives et les atolls des Maldives s'étendent presque parallèlement à la chaîne des Ghates. Il y a de plus un grand rapport entre la forme générale et la disposition des atolls et celles des lies ordinaires ; tous sont allongés dans le sens des groupes dont ils font partie. Une série d'atolls comme ces ar- * chipels serait donc la traduction à la surface des réciCs sousmarins qui supportent les atolls eux-mêmes.
D*un autre côté, les récifs frangés ou qui bordent immédiatement les côtes des terres émergées sont restés stationnaires, el même un certain nombre d'entre eux ont été soulevés. A l'île Maurice, à Bourbon, à Timor, à la Nouvelle-Guinée, dans les îles Mariannes, dans l'archipel des SandVich, etc., il y à eu dos soulèvements à une époque récente, comme le prouvent les lits de coquilles modernes portes à des niveaux que la mer n'atteint plus aujourd'hui. L'espace entier qui occupe la mer Rouge aurait éprouvé un mouvement semblable suivi d'un abaissement, et plusieurs des îles des Amis ne sont que d'anciens atolls qui auraient été soumis à des oscillations du même genre. Difttribuiion Si l'ou comparc la distribution relative des atolls et des bardcs^aton* bières de récifs d'une part avec celle des récifs simples de l'autre, et des on trouve que les premiers, supposés en rapport ou dus à un de récii» avec abaissement des massifs qui les portent, occupent des espaces r(^(»fraogés. gréographiques distincts de ceux des seconds qu'on suppose avoir éprouvé ou éprouver encore des mouvements inverses ou de soulèvement, et qu'ils se trouvent précisément dans b région oii existent les volcans en activité.
Ainsi, dit en terminant M. Darwin, cet espace compris entre la côte orientale de l'Afrique et la côte occidentale de l'Amérique nous présente un vaste et magnifique tableau des mouvements que Técorce terrestre a subis dans cette période si récente de ^ la vie du globe. Nous voyons d'immenses surfaces s'élever avec
dos matières volcaniques qui s'échappent de toutes parts à Ira-
vers les fissures de son enveloppe, tandis que des espaces non moins grands s'abaissent lentement, sans manifestation de produits volcaniques, et nous devons être certains que cet abaissement n'a pas été moins considérable on profondeur qu'en surface, pour avoir enseveli sous les eaux chacune de ces montagnes, au-dessus desquelles les atolls se montrent encore aujourd'hui comme des monuments nouveaux, couronnés de verdure et constatant leur ancienne existence.
Ces vues de M. Darwin ont été adoptées dans leur généralité par les deux naturalistes voyageurs qui, dans ces derniers temps, ont le plus observé cet ordre de phénomènes de notre époque, par MM. Couthouy etDana, tous deux attachés à l'expédition scientifique américaine de circumnavigation que commandait le capitaine Wilkes. Ces vues, en effet, sont les seules qui peuvent rendre compte du niveau général que présentent les îles de coraux, et, d'un autre côté, il est impossible que les polypiers aient jamais pu construire des bancs à plus de 36 ou 40 mètres au-dessous de la surface des mers. Or, on sait que ces bancs descendent à une beaucoup plus grande profondeur. En tirant une ligne 'E. -S. -E. de la Nouvelle-Irlande aux îles de la Société et aux iles Gambier, on trouve au nord, et à quelques exceptions près, dit M. Dana (l), des îles exclusivement mndréporiques, tandis qu'au sud, ce sont, en général, des îles basaltiques, élevées, bordées de récifs très-élendus dans le voisinage même* de la ligne dont on vient de parler. De plus, les iles placées vers le nord sont fort petites, souvent même elles sont réduites à des points, tandis que près de la ligne elles ont jusqu'à 30 et 40 milles de long.
Conformément à la théorie, les atolls, au fur et à mesure qu'ils s'abaissent, deviennent plus petits, se réduisent à un simple rocher et disparaîtront tout à fait si la proportion de rabaissement est plus rapide que celle de l'accroissement des polypiers. Or, il y a sous Téquateur un grand espace presque libre, depuis les iles de la Société jusqu'aux Sandwich, d'où
(1) Amer.Journ,, vol. XLY,p. 131; 1843.
5i6 FORMATION DES COUCHES FOSSILIFÈRES.
Ton pourrait induire d'après l'auteur, que le phénomène de l'abaissement y a été plus rapide et de plus longue durée qu'au sud, où les iles sont grandes et nombreuses. L'abaissement se serait manifesté dans l'océan Pacifique du 30® lat. N. au 5* lat. S., et peut-être au delà ; il aurait été plus rapide entre les iles Sandwich et Téquateur, puis, diminuant graduellement d'intensité au S.-O. le long de la ligne précédente E.-S.-E., il n'était déjà plus assez prononcé pour submerger beaucoup de sommets de montagnes, et plus au sud son effet était encore moindre.
Les mers de la côte nord-ouest de.laNouveHe-Hollandenous montrent par leurs récifs un abaissement contemporain, el Fauteur estime à lf5 millions de milles carrés Tétendue de Tespace soumis à cet abaissement dans le Grand^Océan et dans quelques parties occidentales des Indes. Il fait observer ensuite que la région du plus grand abaissement est dirigée de TO.-N.-O. à l'E.-S.-E., ainsi que l'avait dit M. Darwin. * Les iles Sandwich, toutes volcaniques, sont disposées suivant leur ancienneté relative probable du N.-O. au S.-E*, et c'est . en effet vers l'extrémité sud-est du groupe que se trouvent le> volcans encore en activité. Dans les iles des Navigateurs, ce serait l'inverse, et peut-être en est-il de même dans les iles de la Société, circonstance en rapport a^ec le phénomène d'abaissement qui s'est produit dans l'espace intermédiaire. Date L'époque à laquelle ces changements ont eu lien et celle à la-
l'aUi^sment quoUo ils out cossé ue peuvent être déterminées d'une manière précise ; mais diverses considérations portent l'auteur à les re* garder comme remontant à la fin de l'époque tertiaire; peutêtre le soulèvement des dépôts de cet âge, le long des Andes et dans l'Amérique du Nord, pourrait^l avoir contre-balancé l'abaissement du lit de l'océan PacifiquOi Hais M. Dana semble supposer ici que l'élévation des Andes est un phénomène unique, d'une date très-récente, tandis que l'on pouvait admettre a priorij quand même les observations de ces demien temps ne l'eussent pas surabondamment prouvé, qu'il y a eu dans les CordiUières, comme dans toutes les grandes cbaiue:^i
des soulèvements très-complexes à des époques très-difTérentes, suivant la même direction, mémo pendant l'époque tertiaire. Peut-être le mouvement auquel il fait allusion serait-il seulement celui ou l'un de ceux qui ont élevé, le long des côtes du Pérou et du Chili, les dépôts de coquflles modernes à 100, 200 et 300 mètres au-dessus du niveau actuel de TOcéan ?
Les objections faites jusqu'à présent aux vues théoriques que oijserTaUoni nous venons d'exposer n*ont pas une très-grande force et nous paraissent inutiles à reproduire. Nous ne voyons d'ailleurs aucune nécessité pour que ce qui se manifesterait aujourd'hui, sous des conditions particulières, donnant lieu à ces résultats si singuliers, ait dû se passer de même et occasionner des effets semblables à une époque géologique plus ou moins rapprochée. Il ne s'agit point ici d'une loi générale de la nature, mais de phénomènes particuliers.
Si sur quelques points des mers de l'Europe occidentale* il existait, pendant la période juraitique, des ilôts madréporiques comparables à ceux des mers équatoriales de nos jours, nou^ n'en trouvons guère d'exemples dans la période triasique qui Ta précédée, non plus que pendant les périodes crétacée et tertiaire qui Tont suivie, et Ton peut mémo dire que les données que nous possédons, sur la distribution et sur les produits des polypiers coralligènes des diverses époques géologiques, n'ont encore constaté, du moins avec certitude, dans aucune formation un développement aussi extraordinaire de roches exclusivement dues à l'action des polypes.
En effet, l'existence de bancs de coraux continus ou de groupes d'iles réunies sur 400 et 500 lieues de long, une largeur de 25 à 30, et une épaisseur connue de 90, 100 mètres et davantage, se présentant avec des caractères généraux toujours comparables du 33° lat. N. au 25^ lat. S., sur un espace égal aux trois quarts de la circonférence de la terre, depuis Tîle de Madagascar et les côtes voisines de l'Afrique jus'* qu'aux archipels de la Société, l'existence d'un pareil résultat, disons-nous, semble tenir à un concours de circonstances qui ne s^est pas nécessairement présenté à toutes les époques, mais
qui donne aux produits organiques de nos mers équatorialcs un caractère extrêmement remarquable sur lequel nous avons dû insister.
Aussi l'absence de ces récifs, à telle ou telle période deThistoire de la terre, ne peut-elle, suivant nous, infirmer, comme quelques personnes le prétendent, le raisonnement de M. Darwin, et, jusqu^à ce qu*on propose une hypothèse qui explique mieux des faits aussi extraordinaires, nous accepterons celle-ci, parfaitement compatible avec ce que nous savons de la flexibilité et de la mobilité de Técorco terrestre.
§ 3. Radîaîreti niinriidf^ et omttaote.
"Dans la classe des radiaires, dont les formes sont si riches ci si variées, les débris d'échinid^s, malgré leur abondance, n'ont qu'une iaible importance dans la composition des roches actuelles comme des roches anciennes, sauf quelquefois par Taccumulation des baguettes de Cidaris et des genres voisins. Parmi les stellérides, quelques Astéries ont laissé de nombreux débris ou osselets de leurs rayons dans quelques dépôts Irrtiaires ; mais ce sont les crinoîdes qui, pendant la formation jurassique, pendant le dépôt du muschelkalk, celui du calcaire carbonifère et de quelques sédiments plus anciens, ont joué un rôle presque égal à celui des polypiers de nos jours.
Actuellement, cette famille, qui était l'une des plus fécondes àes mers secondaires et intermédiaires, n'est plus représentée que par .deux espèces appartenant à deux genres très-différents. Ij plus remarquable, qui rappelle tout à fait des formes secoo-i daires, particulièrement du lias, est YEncrinus captU Medusst^ Lam., ou Pentacrims capuP^Medusx, fort rare jusqu'à présent, et dont le petit nombre des échantillons que l'on connaît da» les collections proviennent tous des mers profondes des An« tilles. Quant à la seconde espèce qui constitue le genre Holopus^ d'Orb., le seul individu connu provient aussi des mémel
RADiÂinES, A55ÉLIDES ET CRUSTICES. U3
roen; en&o on sait que le PkgioerimMs atnfwn^ Thomiv., n*esi qac le jeune âge d'une Comatnle.
Les annélides tnbicoles teÛes que les Seqioks, ne famcDt pas de bancs propranenl dits, mab apporieni soufent des ■»tériaux assez abondants pour b oomposilioo des roches lédimentaires.
Qaanl aux crustacés, œ sont les animaux les plus iDfericun de cette dasse, les enlomostraoés du groupe des Cjpridcs, qui constituent parfois de Térilables couches par Ta de leurs parties solides.
Observations