NOTIONS PRÉLIMINAIRES
peuvent Téire aussi par l'infiltration de substances minérales étrangères.
Lorsqu'on appose un cachet sur de la cire fondue, on obtient Empreinte. une empreinte qui représente exactement en relief les linéaments du cachet, qui sont en creux ; si, au contraire, on remplaçait le <;acbet ordinaire par un camée en relief, on aurait une empreinte en creux de ce même camée. Nous donnerons donc le nom à^ empreinte aux traces qu'un corps organisé solide ou quelquefois mou aura laissées .par le contact de sa surface extérieure sur la matière plus ou moins plastique qui Tentoul'ait, laquelle nous ofTf e ainsi les caractères et les accidents de . cette surface, d'autant plus exactement qu'elle était plus propre à cette opération.
Ainsi le moule-, d'une part, et l'empreinte, de l'autre, nous permettent déjuger de la plupart des caractères intérieurs et extérieurs d un corps solide d'origine organique, et par conséquent peuvent suppléer a l'absence ou à la disparition complète de ce corps lui-même.
Si l'on conçoit maintenant que le test calcaire d'une coquille, comrepar exemple, dont Tintérieur aura été rempli et moulé par la ^^îou'w^* matière de la roche environnante ai la surface extérieure reproduite par son empreinte sur cette même roche, vienne à être dissous par quelque acide ou tout autre agent naturel, il se trouvera entre le moule et l'empreinte extérieure un vide à la place du test. Si l'on suppose alors que ce vide soit rempli par l'infdtration d'une substance différente de la première, siliceuse, par exemple, celle-ci, lorsqu'elle sera consolidée, représentera exactement la surface intérieure et extérieure du test qu'elle remplace. C'est ce que nous appellerons alors une contre- empreinte.
Par celte substitution, la contre-empreinte diffère du corps dont elle occupe la place non-seulement par sa nature mineralogique, mais encore par l'absence de tout caractère organique dans sa structure intérieure. Aucune trace de tissus, de fibres, de pores, etc., n'a été reproduite. Ce résultat de fossilisation, ipie nous désignons plus particulièrement sous le nom de
FOSSÎLISATIOK.
Contreempreinte simple.
conire-empreinte' double^ parce qu'elle reproduit à la fois les caractères intérieurs et extérieurs du test, est assez rare à cause de la complexité des opérations successives qu^elle exige. Le suivant, que nous désignerons par l'expression àe contre-empreinte simple^ e'st plus fréquent.
Si le moule intérieur de la coquille que nous avons prise pour exemple n'existait pas préalablement, que celle-ci fût restée vide, et que la roche environnante eût seulement reçu Tempreinte de sa surface extérieure, la coquille venant à être dissoute, la matière qui la remplacera occupera -le vide jnéme intérieur de celle-ci, et donnera par le mdulage la représentation de la surface extérieure ou la contre-empreinte de cette surface. De cette manière, le moule intérieur et la contre-empreinte extérieure ne feront qu'un, et les caractères -de Tiniérieur ne sont point reproduits. Les contre-empreintes simples ou doubles, résultant de plusieurs opérations successives, on conçoit qu'elles sont moins fréquentes dans la Jiature que le> moules et les empreintes qui n'en exigent qu'une.
L'empreinte et la contre-empreinte peuvent, dans un grand nombre de cas, senir à caractériser une espèce; mais il nVn est pas toujours de même des moules, qui ne traduisent souvent que le genre, et même d'une manière très-insuflisante, comme dans beaucoup de mollusques gastéropodes, tandis que daD> les acéphales, les céphalopodes, les radiaires échinides, etc., les moules complets sont assez caractérisés.
Le moulage des coquilles perforantes et de leurs cavités a
empreintes lieu daus dcs circonstauces particulières, dont les résultai
' méritent de nous arrêter un instant, et que nous exposerom
d'après les observations que M. P. Fischer a bien voulu faire j
notre intention.
Beaucoup de coquilles bivalves (Gastrochènes, Pholade^« Lithodomes, etc.) creusent, dans diverses roches, dans li^ masses madréporiques, des trous de formes caractérisliqufo. Quels que soient la disposition, les accidents et TorDementa tion du test des coquilles, les parois du trou ne les reproduisent pas et sont généralement lisses, de sorte que son moulag*
Moales et
roquilles perfbrant4>s.
NOTIONS PRÉLmiNAIRES. 477
donne un corps claviforme, dont la partie renflée correspond au côté buccal de la coquille, et la partie atténuée, souvent subbilobée, à Tespace dans lequel se trouvaient les siphons. La forme constante du moule de la cavité prouve ainsi que la coquille pouvait s'y mouvoir avec une certaine liberté.
Les moules des trous sont cependant modifiés à leur surface suivant les caractères de la roche perforée. Si, par exemple, celle-ci est un polypier, on pourra compter sur le moule ses lamelles qui se traduisent par des saillies caractéristiques* Tels sont les moules des trous de Lithodomes des calcaires blancs de la Guadeloupe, ceux du Lithodomiis amygdaloides^ (l'Orb., des couches néocomicnnes inférieures de la Haute- Marne, du L. lUhopliagiis^ Cuv., du terrain tertiaire moyen de M Cilicie, à la surface desquels ou reconnaît des empreintes à'Heliastrxûy etc.
Les moules des Lithodomes sont souvent fort allongés, et quelquefois atténués à l'extrémité antérieure. Lorsque Tanimal s'est enfoncé profondément dans la roche, Textrémité supérieure de Texcavation qui correspond aux siphons produit un moule en forme d'appendice étroit et très-prolongé. Si, après l'opération du moulage, les parois de la roche perforée viennent à disparaître, il ne reste plus que les moules des trous constituant alors des séries ou des agglon^érations de corps en massue sans aucune trace extérieure d'organisation. Les calcaires néocomiens avec Lithodomes d'Amance (Aube), les calcaires avec Pholas Comueliana^ d'Orh., desCrouttes (Aube) en offrent des exemples.
Le plus ordinairement, lorsque fanimal a creusé son irou dans du bois, il ne reste que la partie extérieure de celui-ci, celle qui comprenait les siphons, et les moules isolés des trous apparaissent comme de petites massues. La Pholas subcylinr drica^ d'Orb., du gault de Novion (Ardennes) en offre un exem- I>le. Le moulage du trou a produit de petites masses amygdaliformes, pressées les unes contre les autres, lisses, creuses, tapi^fsées de fer sulfuré jaune, substance qui a aussi pénétré dans la masse du bois.
478 FOSSILISATION.
Lorsqu'on casse avec précaution le moule d*un trou de Lithodonie ou de Gastrochène, on reconnaît que ce corps n'est pas simple, comme on Taurait cru au premier abord. Il se compose, en allant du centre à la périphérie : 1** du moule proprement dit de la coquille perforante (Lilhodome, Saxicave, Gastrochène, etc.) ou de sa cavité intérieure; V d'un espace vide représentant le test disparu ; 5"" d'une enveloppe calcaire fermée de toutes parts, dont la surface externe reproduit les aspérités de la paroi du trou exécuté par le mollusque, et Tinterne, l'empreinte de la surface extérieure de la coquille ellemême. En un mot, les corps amygdaloïdes ou clavîformes, que l'on rencontre souvent dans les roches, ne sont que des moules de coquilles lithophages, enveloppés d'une sorte de géode qui n'est, à son tour, que le moule de l'espace compris entre la coquille et la paroi du trou qu'elle a creusé ; aussi, lorsque le test qui a disparu était assez épais, on voit le moule flotter dans la géode.
Les mollusques tubicoles, tels que les Clavagelles, les Tarets, les Fistulanes, etc., offrent aussi le moule de l'excavation ou du tube occupé par l'animal; mais dans sa partie renflée ce moule est terminé par le moulage de la cavité ou face interne des valves elles-mêmes.
n arnve souvent encore que les coquilles de Taret ont disparu ou sont comme prisés dans la substance du moule, et l'on n a plus alors qu'un corps allongé, cylindrique, terminé en massue, représentant exactement le moule de la cavité faite par l'animal. Ainsi, à la surface des bois silicifiés en partie, des environs de Thouars, on remarque un grand nombre de trous peu profonds, occupés' par la Pholas thoarceiisiSj d'Orb., à l'état de moules en calcédoine, tandis qu'à l'intérieur de ces mêmes bois se trouvent de longs cylindres calcédonieux, plus ou moins vides au dedans, formés par le moulage en silice des galeries qu'ont creusées les Tarets (Teredo antiquatusj d'Orb.»
Les bois fossiles du gault de Machéroménil(Ârdennes), pénétrés par du ter sulfuré, montrent à leur surface de petits trous, nombreux par places^ ressemblant à ceux des Vioa et des