NOTIONS PRÉLIMIN|AIRES
Cliona sur les coquilles, mais dont une coupe permet de reconnaître Torigine. Ce sont des cylindres flexueux, dus au, moulage des trous de jeunes Tarets.
Maintenant, toutes les fois que, par un de ces résultats de la muité fossilisation, on arrive à constater dans une roche Tancienne ré»uu«u existence d'un corps organisé qui ne s'y trouve plus en réa- f^f,fj|îj^ Hté, le moule, l'empreinte ou la contre-empreinte auront, aux yeux de l'observateur, une valeur presque égale à celle du corps lui-même, et d'autant plus grande que les caractères de ce dernier seront mieux représentés. On pourra, par suite, en déduire les mêmes conclusions paléontologiques ; aussi, dans la géologie pratique, l'étude de ces traces de corps organisés a-lelle pris une grande extension, et cela d'autant plus qu^il y a des formations entières où la plupart des fossiles ne se trouvent qu'à cet état, et d'autres où, comme le calcaire grossier du bassin de la Seine, sur certains points, tous sont conservés, tandis qu'ailleurs le test a complètement disparu, et qu'il faut pouvoir comparer ceux-ci avec ceux-là.
Pendant longtemps on a donné le nom de pétrifications aux Péiriucaiîon. corps organisés enfouis dans les couches de la terre, ainsi qu'aux résultats des diverses opérations naturelles qui les représentent et dont nous venons de parler ; aujourd'hui, cette expression est beaucoup f\us restreinte et doit être exclusivement réservée aux corps, dont la substance première ayant été, par suite d'un procédé encore peu connu, remplacée molécule à molécule par une autre substance, présentent, après cette substitution, tout ou partie des caractères organiques qu'ils offraient auparavant. Ce^ phénomène se produit surtout dans les végétaux ligneux, les bois monocotylédones ou dicotylédones, et dans la classe des spongiaires ou amorphozoaires, comme nous le dirons plus loin.
Ou a aussi, par un aptre abus de mot, donné le nom de laonisutioa. pétrifications à des corps organisés ou autres encroûtés ou revêtus d'une ou plusieurs couches de dépôt calcaire, lorsque ces corps sont plongés dans des eaux qui laissent déposer du carbonatede chaux, comme celles de la fontaine deSaint-Alyre,
^80 SUBSTANCES MINERALES FOSSILISANTES.
prùs de Clermonl, de Saint-Philippe, en Toscane, de Tivoli, de Carlsbad, etc.
Les substances incrustantes sont particulièrement le carbonate de chaux et la silice ; le premier, solublc dans Teau par un exQès d'acide carbonique, se dépose sur les corps environnants dès qu'en arrivant au contact de Pair l'excès peut se dégager. Cet effet est le même que celui qui produit les stalagmites et les stalactites des grottes, des cavernes et des fentes dans les roches. Les nombreuses valves d^l/iito, qu'on retire avec les sables du lit de la Seine, sont encroûtées de carbonate de chaux impur en couches minces nombreuses et sous lesquelles disparait quelquefois tout à fait la forme de la coquille. Des dissolutions de fer sulfuré, de fer hydraté, de cuivre ou de toute autre substance peuvent, on le conçoit, occasionner des encroûtements semblables.
Ainsi, comme nous le disions en commençant, le moi fossile comprendra pour nous non-seulement les corps organisés euxmêmes, animaux et végétaux rencontrés dans les divers terrains, mais encore les moules, les empreintes, le^ eontre-empreintes et les pétrifications proprement dites auxquels ib auront donné lieu.
\ 2m SubtUmoes minèralet fotûlîsaniet.
Sub»UDcc$ La conservation d'un corps organisé dépend de sa coraposî- TJrra!^. ^i^n chimique, de son p^s ou moins de solidité, de la nature du milieu qui l'entourait lors de son enfouissement et des circonstances qui ont succédé à celui-ci, c'est-à-dire de causer très-diverses, dont les unes peuvent être appréciées avec certitude, les autres seulement soupçonnées; d*où il résulte que le degré d'altération ou la quantité de matière animale disparue des parties solides qui ont persisté n'est nullement en rapport avec l'âge de la roche qui les renferme. Un os d^Elcpliant quaternaire peut renfermer moins de matière animale qu'uu
Sl-BSTANGKS MINÉRALES FOSSILISANTKS. 48i
Paléothérium de Montmartre ou qu*ua Ichthyosaure du lias. Le résultat dépend uniquement des conditions extérieures et non du temps. Les dépôts les plus récents nous offrent, comme les plus anciens', des moules, des empreintes et des contre-empreintes de corps organisés.
Lorsque le y'ide laissé dans un test calcaire par la destruction chaui des parties molles de Tanimal a été rempli par Tintroduction **''*^"*^*' d'un sédiment sableux, marneux ou argileux, renfermant luimême une plus ou moins grande quantité de chaux carbonatée, ce test devient plus compacte et plus pesant. Si le remplissage n'a pas eu lieu, si la matière animale dissoute n*a pas été remplacée par Tinfiltration d'une substance minérale, le corps est au contraire devenu plus léger, poreux, et le carbonate de chaux qui le constitue est plutôt terreux que compacte. C'est ce que Ton observe dans certains sables siliceux, tels que ceux dos environs d'Étampes, où les fossiles, très-fragiles, tombent en poussière au moindre contact, ceux de la montagne de Cassel, ceux de la glauconie inférieure des environs de Beauvais, etc. Dans d'autres cas, au contraire, comme pour les sables moyens des bords de la Marne et du département de TOise, les fossiles, souvent roulés, ont conservé une grande solidité.
Outre que la chaux carbonatée peut s'in61trer dans les pores SpaihiCcaUon des corps organisés solides, elle se présente dans les fossiles à à l'état de pureté et cristallisée, et nous désignerons sous le nom de spathifkation le phénomène général par suite duquel les parties calcaires qu'a sécrétées un animal quelconque sont passées à Tétat cristallin ou de chaux carbonatée apathique. Cette disposition dans Tarrangement des molécules peut être naturelle et normale ou bien accidentelle et adventive. Or il n'est pas indifférent, lorsqu'on trouve un fragment de carbonate de chaux provenant d'un corps organisé qui serait indéterminable à cause de son mauvais état, de -pouvoir reconnaître par les caractères mêmes de sa texture à quelle classe de corps et quelquefois même à quel genre il a pu appartenir.
La spathification naturelle est celle qui résulte et qui est la SpaUiiacaiioa conséquence de la nature et de l'organisation même de la ma-
482 SUBSTÂNCE4S MINÉRALES FOSSILISANTES.
tière telle qu'elle a été sécrétée par Taninial, c'est-à-dire que, d'après rarrangement de ses molécules durant la vie, elle a dt) cristalliser après la mort d'une manière fixe et en quelque sorte prédéterminée, à moins de circonstances tout à fait exceptionnelles. Sous ce rapport, nous trouvons dans deux classes d'animaux distinctes deux modes de spathification ; Tun est commun à tous les produits calcaires de la première de ces classes, Tautre ne se présente que dans certains genres de la seconde.
Chez tous les animaux de la classe des radiaires échinidrs, stellérides et crinoîdes qui présentent des parties calcaires solides, celles-ci, lorsqu'elles sont fossiles, offrent constamment dans leur cassure des divisions géométriques régulières suivant les plans du rhomboèdre primitif de la chaux carbonatée ; à l'état vivant, ces mêmes corps, beaucoup plus légers, offrent au contraire une texture poreuse, excessivement fine, assez semblable à celle de la moelle de sureau très-comprimée.
Dans tous les corps qui ont été rapprochés de l'os de la Sèche et qui sans doute ont appartenu à des mollusques céphalopodes très-voisins, dans les Bélcmnites du terrain secondaire, la spathification est toujours fibreuse et rayomiée. L'examen com|>aratif de Tos de la Sèche; et surtout de son rostre, celui des corps fossiles désignés sous les noms de Béhptères et deBelosepiaj pris dans un certain état de conservation ou d'altération qui permet d'en apprécier lu structure, démontrent leur analogie et fait voir que leur passage à Tétat spathique ou cristallin ne pouvait pas se faire autrement ; la disposition organique des fibres conduisait nécessairement à la structure qui caractérise aujourd'hui ces corps.
On sait qu'indépendamment de la structure fibreuse rayonnce résultant de la spathification d'un test originairement celluleux et fibreux, certaines coquilles présentent ce caractère du vivant même de Tanimal, et le conservent intégralement à Tétat fossile. Telle est la partie externe des coquilles du genre P/»imi connue» vulgairement sous le nom de Jambonneaux, si abondantes danf la Méditerranée, et que l'on retrouve dans les dépôts tertiaires
SUBSTANCES MINÉRALES FOSSILISANTES. 483
- et secondaires. Tels sont à l^état fossile les Pimiigetw de la formation jurassique et les Inocérames crétacés.
La spathiGcation accidentelle est due à des circonslances ex* spatiiUîcation térieures et indépendantes de la structure originaire du corps. On peut s'en rendre compte en supposant, soit que la matière calcaire aura été favorisée dans le nouvel arrangement de ses molécules par quelque action électro-chimique, soit que, préalablement dissoute, elle aura pu cristalliser ensuite librement sur place en vertu des lois qui lui sont propres. En se moulant alors, comme le ferait une matière fondue, dans tous les vides laissés par la matière primitive, elle reproduit les caractères des surfaces intérieure et extérieure, de manière à en donner une contre-empreinte double exacte et complète ; telles sont les Trigonies du Portland-stone de Tisbury. Dans d'autres cas, il semble qu'une partie de la matière dissoute se soit échappée et qu'il n'en soit plus resté assez pour reformer le test entier, qui n'est alors représenté, à la surface du moule intérieur, que par des cristaux de chaux carbonatée isolés plus ou moins nombreux, comme on l'observe sur certains moules de Trigonies de la craie de Rouen.
Plus un corps, d'après sa nature, manifeste de tendance à passer à l'état spathique, moins on le rencontre fréquemment à rétat dç moule, d'empreinte ou de contre-empreinte, ce qui est probablement dû à ce que la spathification, soit naturelle, soit accidentelle, résultant d'une plus grande homogénéité de la substance ou d'une moindre proportion de matière animale, est rendue plus facile et la dissolution plus diflicile. Les Huîtres, les Gryphées, les Peignes, les Térébratules, les Bélemnites, tous les radiaires, les polypiers, les Bélemnites, etc., sont plus rarement que les autres fossiles, privés de leur test calcaire, lorsqu'on les recueille sur les lieux ou près des lieux 011 ils ont vécu.
Suivant M. Dana, le carbonate de chaux des coquilles serait fréquemment, en partie du moins, à Tétat d'aragonite.
Le gypse ou sulfate de chaux n*a point, en général, rem. chaux placé ni moulé de corps organisés, mais il a pénétré et impré- »»***^-
Chaux fluatAe.
Chaux mafruésienne.
484 SUBSTANCES MINÉRALKS FOSSILISANTES.
gné jusqu*à un certain point les ossements de vertébrés enfouis dans ses couches. Tels sont ceux de la pierre à plâtre des environs de Paris.
La fluorite est signalée comme ayant remplacé le test des coquilles et des tiges de crinoïdes dans le calcaire carbonifère du Derbyshire. Elle est très-répandue dans les coquilles du lias des environs d' A vallon.
La chaux magnésifère et la dolomie, substituées au carbonate de chaux ordinaire, est probablement le résultat du métamorphisme de ce dernier, dû à quelque circonstance locale. Certains polypiers dévoniens de Gérolstein, dans TEifel, et des Oursins, signalés dans la craie de Tercis, près Dax, seraient dans ce cas.
Baryiine. Quclqucfois, le sulfatc de baryte a remplacé le test calcaire des coquilles et des polypiers. Telles sont les Astrées, assez fréquentes dans un sable argilo-ferrugineux et feldspathique, sorte d'arkose reposant sur le granité, non loin d'Alençon, sur la route de Mortain. La barytine a remplacé le test des Bélemnites dans le calcaire magnésien de Nontron, suivant M. Delanoûe. Plusieurs localités d'Angleterre ont offert la même particularité. Cette substance est fréquente dans les fossiles du lias qui avoisine Parkose et les filons de granité du Morvan.
On cite également des fossiles changés en sulfate de strontiane, mais plus rarement qu'en sulfate de baryte.
On a rapporté à cette substance, voisine du talc, celle qui a remplacé les empreintes végétales du terrain houiller de la Tarentaise ; nous ne sachions pas qu'aucune analyse en ait élê faite.
La silice est la substance fossilisante par excellence; on la retrouve partout, sous une multitude de formes et dans toa> les terrains. A Tétat de quartz, d'agate, de cornaline, de calcédoine, de sardoine, de silex pyromaque et corné, elle a attribué à la conservation des formes des parties solides de> corps organisés. Ses dissolutions ont pénétra le lest poreux dr^ coquilles, ou bien en a moulé complètement Pintérieur, parti-
Céla&Use.
Nflcrita.
Silice.
SUBSTANCES NINËRALES FOSSILISANTES. 485
culièrement les échinides de la craie. Â Tétat de sable, de grès, elle a pu seulement se mouler dans l'intérieur des coquilles. Précipitée de ses dissolutions, elle a donné des contre-empreintes, où les caractères extérieurs et intérieurs des surfaces (les corps sont fidèlement reproduits, sans pour cela que leur structure organique ait été conservée. La plupart des fossiles du grès vert des Blackdown sont dans ce cas.
Dans la véritable pétrification^ au contraire, la silice reproduit tous les détails d'organisation de la structure intime des corps par le remplacement, molécule à molécule, de la substance de ceux-ci, les molécules de silice se trouvant alors placées les unes par rapport aux autres comme celles du corps primitif. Ce phénomène, sur lequel nous reviendrons en parlant de la fossilisation des plantes, oii il est beaucoup plus prononcé et plus fréquent, s'est produit chez les animaux les plus inférieurs, les spongiaires et les rhizopodes. Ainsi, les cailloux roulés en silex des diverses vallées de l'Apennin du Bolonais, les silex de la Majella dans les Abruzzes, beaucoup de ceux de PÉgypte, sont remplis de Nummulites et de coquilles microscopiques complètement silicifiées elles-mêmes. Ces corps ont été comme plongés dans un bain de silice gélatineuse, qui les a imprégnés et enveloppés de toutes parts^ constituant ainsi des couches plus ou moins épaisses, et Ton peut, avec un fort grossissement, reconnaître les caractères les plus délicats de leur structure, comme si aucun changement ne s'était produit dans leur composition. On a vu (antè^ p. 376) que telle était aussi Torigine de certains sables verts de diverses époques et qui se forment encore de nos jours. La silice a pu imprégner des ossements d'animaux sous forme d'agate, de sardoine ou de calcédoine. Introduite dans les cavités des coquilles, qu'elle n'a pas complètement remplies, elle s'est déposée sur les parois en cristallisant et, dans un autre moment, la même cavité a 'reçu de la chaux carbonatée dont les cristaux se trouvent enchevêtrés avec ceux du quartz hyalin, et lé tout tapisse rintQrieur de ces corps d'élégantes géodes.
Ces remplissages et ces diverses modifications du test ou
àiliceni.
486 SUBSTANCES MINÉRALES FOSSILISANTES.
des parties solides d'un corps organisé par suite du remplacement de la matière animale ou du carbonate de cbaux lui-même par de la silice en dissolution, à Tétat naissant ou gélatineux, se conçoivent encore assez bien, mais il n'en est pas de même pour la formation de ce que Ton a appelé des orbicules siliceux. orbic-uk» Le premier naturaliste qui semble avoir décrit et figuré ces corps est l'abbé de Sauvages (l), qui les observa sur une Gry* phée (6. nrcuiUa) et une Bélemnite du lias des environ> d'Alais; il attribuait les stries concentriques plus ou moins régulières à un ver conchyliopbage. En 1774, Walch (2), qui disserta longuement sur ce sujet, les regardait aussi comme l'ouvrage de vers marins. Macquart (5) en signale sur des Gryphées et des Bélemnites des environs de Cracovie. D'Hom* bres-Firmas (4), en décrivant le gisement des Gryphées à orbicules, insiste sur la nature siliceuse de ceux-ci et sur l'aboudance de la silice dans la roche qui les renferme. Pour M. Raspail (5), les orbicules des Bélemnites néoconiiennes de la Provencc seraient des polypiers particuliers, qu'il nomme Spiro- Miles bdemnitiphagus jàoni les corps sont roulés en spirale et non composés de oouches concentriques, puis doués de la faculté de se changer en silice et de la communiquer aux corp? qu'ils recouvraient. Suivant L. de Buch (e), ils seraient dus à une prédisposition particulière de la silice à prendre cette forme. Alex. Brongniart (7), qui s'était une première fois occn|H* de ce sujet, y revint plus tard avec beaucoup plus de déUiU
(i) Mém.de VAcad. roy, des sciences, 1745, p. 408, pi. i, fig. I. i.3. — Ibid., 1747. p. 699, pi. xxit, fig. iO,
(S) Von denjcûncenlrhehen Zirkeln auf Verslein conckylen, — Natur. 2, Sluck; diss. iv, p: 126. Bail, 1774.
(5) Essai sur la minéralogie des environs de MoscoUt^, 1-40. pi. i:
(4) Joum, depkys., vol. LXXXIX, p. 247. — Biblioth, tinfp., voL XUi p.i5.
{h) Joum. des se. d'observation, f en. 1829; janv. 1830.
(6) Becueil de planches de pétrifications remarquables. bi-P; Brri^t
(7) DicHonn. des sciences naturelles. toI. XLL\; article Silex: 1827.
SUBSTANCES UINËRALES JPOSSILISANTES. 487
dans un travail spécial (l), que nous examinerons avant de passer à nos propres observations.
L'auteur, «étudiant les faits surtout en minéralogiste, reconnaît d^abord dans la silice une propriété sm generis de former des couches concentriques; c'est un côté de la question que nous n*avons pas à considérer, et dont plusieurs des exemples cités pourraient être contestés. Quant aux orbicules siliceux, il les décrit dans son texte et les représente sur les planches avec la fidélité la plus scrupuleuse; mais en ne recherchant pas la marche suivie par le phénomène, il en a nécessairement méconnu le principe et les lois. C'est ainsi qu'il croit que V épaisseur des orbicules est en rapport avec celle du test des coquilles, tandis qu'elle est uniquement fonction du temps et des circonstances extérieures.
Relativement aux pétrifications siliceuses sans apparence d'orbicules, dont Alex. Brongniart parle incidemment, c'est un moulage donnant une contre-empreinte en silice, et, par conséquent, un simple résultat de remplissage que produirait toute autre substance en dissolution. Le fait est d'ailleurs fréquent dans les dépôts marins comme dans ceux d'eau douce, et l'on ne peut pas admettre, avec l'auteur, qu'il se présente rarement j tandis que celui des orbicules siliceux se présenterait plus souvent. Vouloir ensuite comparer entre eux des faits de substitution dus à des causes dont on n'aperçoit point les rapports et que l'on doit croire complètement étrangères les unes aux autres, ce n'est pas le moyen de les éclaircir. On conçoit seulement, que les tests de coquilles qui, à cause de leur nature, sont le moins sujets à disparaître par la fossilisation, ou résiste le mieux aux agents chimiques, comme ceux dont nous venons de parler, pouvaient être ceux sur lesquels le procédé si lent du développement des orbicules devait se manifester de préférence.
(1 ) Essai sur les orbicules siliceux et sur les formes à surfaces courbes qîi*affeclent les agates et les .autres silex. Broch. in-8, aTec 5 pi. {Ann. des se. mtur., t. XXIII ; 1834.)
488 SUBSTANCES MINËRÂLES FOSSILISANTES.
Brongniart s*etTorce encore de prouver ridcntité de cause des orbicules dans les corps organisés avec la forme circulaire qu'affectent les diverses couches de silice constituant les agates, les on} s, etc.; mais nous avons déjà dit que la ressemblance des résultats est plus apparente que réelle, et c*est ce que Ton comprendra mieux lorsque noqg aurons suivi le développement de ces orbicules dans le test d*un mollusque ou d*un radiaire.
L*état particulier qui prédispose la substance à prendre le caractère d'orbicule, c'est l'état gélatineux, auquel seraient aussi dus les agatrs et les silex, et il est probable, ajoute le savant niinérakgiste, que la nature et la structure des corps où k silice s'est introduite influent d'abord sur cette introduction et ensuite sur la forme qu'elle prend. H croit en outre trouver de l'analogie entre Fopéralion qui produit les moules siliceux, celle qui occasionne les orbicules et celle qui donne lieu aux véritables pétriGcations. Mais, dans ces trois opérations, il n'y a réellement de commun que la substance employée, car dans \(^ pétrifications proprement dites, la plus grande partie des caractères organiques persiste; dans les orbicules siliceux ceux-ci sont détruits au fur et à mesure que le phénomène se produit ; dans les moulages et les contre-empreintes, les caractères des surEice» du corps sont exactement traduits, mais ses caractères inlérieurî ont complètement disparu comme sa substance primitive. La supposition de Tinfluence de la quantité de matière organique sur la formation des orbicules n'est point justifiée davantage par l'analyse chimique des corps non plus que celle de la structun de ceux-ci, comme on le verra par les exemples ci-après.
Ainsi, les explications d'Alex. Brongniart et de L. de Bucb nous paraissent insuHisantes pour rendre compte du phénomène des orbicules siliceux, et, de plus, les rapprochement^ indiqués par le premier de ces savants, entre ces mêmes ork<cules et la silice amorphe moulant ou pétrifiant les corps or^4nisés, ne sont aucunement fondés.
Depuis trente ans, nous ne sachions pas que ce sujet ait el^ | traité avec quelques détails, et il a même été complétenieol
SUBSTANCES MINÉRALES FOSSILISANTES. 4S9
omis dans la plupart des ouvrages de géologie et de paléontologie, ce qui nous a engagé à y revenir encore ici {ii.
Cette singulière modification du test calcaire s'observe particulièrement dans les ostracées, les Peignes, les Spondyles, les Caprines et autres rudistes de la craie du sud-ouest de la France, dans les radiaires de cette même craie, dans les Térébratuies et les polypiers du groupe jurassique moyen de I Ëist, etc. Le test, plus ou moins complètement transformé dans sa nature, se compose alors d'une multitude de petits tubercules de silex calcédoine, entourés de stries déprimées, concentriques, irrégulières, ondulées et plus ou moins espacées, formant des bourrelets. Le sommet ou le centre de ces tubercules offre souvent un point clair opalin.
Lorsqu'on cherche à suivre la marche du procédé^ que la nature a employé pour l'envahissement et la substitution de la silice au carbonate de chaux, on remarque qu*il commence à se manifester, à Tintérieur même du test, par la présence d'un tout petit point blanc, visible au travers des couches supérieures et dans la cassure transverse. Souvent on voit un certain nombre de points agglomérés dans un petit espace ; d'autres fois on distingue fort bien le commencement d'une hélice. La cassure montre que ces points blancs qui interrompent les /amas du test calcaire sont de la silice pulvérulente. Dans le test compliqué des rudistes, le réseau naturel qui le constitue est complètement altéré et a disparu en cet endroit.
Le point siliceux s'agrandit successivement, et les zones de son accroissement sont marquées par les stries dont nous avons
(1) Notre savant collègue au Muséum, M. Fremj, qui s'occupe de recherbes sur la silicatisation au point de vue chimique, s^est vifemenl intéressé cette formation des orbicules siliceux, qui restera fort obscure, dit-il, tant fu'on n''aura pas trouvé le moyen de transformer, à la température ordiaire, la silice gélatmeuse ou chimique, telle qu'elle sort de ses combinaions, en silice cristalline ou en quartz insoluble dans les acides et les Icalis étendus. C'est une transformation que la nature opère tous les jours ins qu^on y soit parvenu dans les laboratoires. On ne peut donc pas dire ncore si Thypothèse de Brongniart est fondée, mais le développement grauel si particulier des orbicules ne lui serait peut-être pas tr&s-favorable.
490 SUBSTANCES MfNÊRÂLES FOSSILISANTES.
parlé. En même temps, le tubercule, qui s*est ainsi constitué, s'épaissit, s'élève et finit par traverser toute 1 épaisseur du test et à rejeter complètement les particules calcaires. Arrivé à ce premier degré de développement, le phénomène n'a point en* core déformé sensiblement la surlace de la coquille ou du corps organisé, quel qu'il soit, qu'il a envahi; on y reconnaît les principaux caractères du test primitif. Mais l'accroissement de Tôtbicule ne cessant pas, et des couches inférieures nouvelles paraissant continuer à se former, semblent pousser au dehors ks supérieures on les plus anciennes, de manière à oblitérer de plus en plus les caractères de la surface, qui finissent par dis^ paraître tout à fait. Le tubercule central de rx>rbicul6 grossit à son tour, circonscrit par des bourrelets irréguliers plus ou moins saillants; lessurEaces intérieures et extérieures des corps deviennent alors rugueuses, toutes bosselées et méGonnai&Ablés. Lorsque le test est feuilleté comme dans les oslracées, l'action de la silice s'exerce séparément sur chaque feuillet superposé.
Dans certains cas, les points de développement de la silice étant peu uoinbreux, et par conséquent fort espacés, les orbicules, en s'accroissant et augmentant de diamètre, ne parviennent pas à se rejoindre avant d'avoir traversé toute l'épaisseur du test calcaire, qui n'est pas alors complètement détruit, et le test de la coquiUq ou de l'oursin se compose à la foi^^ d'éléments siliceux et de carbonate de chaux, comme nous le dirons en traitant particulièrement des échinides.
Le développement des orbicules siliceux ressemble d'abord à une éruption de boutons qui a son siège au-dessous de U peau ; mais ensuite, comme dans les tubercules des afiectiom des poumons, il attaque les tissus, les altère, les désorgani^t complètement. On pourrait aussi comparer cette action de b silice à une sorte de végétation cryptogamique, à ces champignons, mystérieux parasites, qui attaquent les tissus àtf plantes, des fruits, des tubercules, et même des insectes, comme la muscardine des vers à soie, et qui finissent pi amener la destruction des corps qu'ils ont envahis.-
SUBSTANCES MINÉRALES FOSSILISANTES. 491
Ce phénomène n^est point particulier à certains tests, puisque nous voyons des corps de structure fort différente y être soumis : feuilletée (ostracées), fibreuse (Bélemnites), spathique (radiaires), ceHuIeuse (rudistes) ; mais nous ne Tavons point encore observé dans les coquilles à test nacré, quoique Alex. Brongniarl cite une Ammonite des environs de Mézières. Nous ne l'avons encore reconnu dans aucun test de mollusques gastéropodes, de crustacés, ni dans aucun os de vertébrés. 11 parait être local et dû à des circonstances encore inconnues. Dans les couches crétacées du sud-ouest, où il est le plus développé, la silice ne se présente pas visiblement à un autre état, mais elle y est sans doute disséminée. Dans certaines roches peut-être manque-t-elle presque tout à fait, bu ne se trouve-t-elle qu'à Tétat de sable comme produit sédimen taire. Dans les argiles à chailles de TOxford-clay, des départements du Doubs et de la Haute-Marne, la silice ne s'y présente pas non plus sous une autre forme, au moins d'une manière apparente, mais il est très-probable qu'elle y existe disséminée.
Dans certaines circonstances, assez rares d'ailleurs, le soufre ^ui«»(aiitc8 parait s'être trouvé dans un état tel qu'il a pu mouler des co- - ' quilles dans le dépôt où elles étaient renfermées. C'est ce qu'on ^""'^*' observe dans les marnes lacustres alternant avec du gypse sur le territoire des communes de Villel, de Libres et de Ridova, près de Terruel, en Aragon (1). Les Planorbes, les Limnées et les Cyclades, en prodigieuse quantité, ont été moulés par du soufre pur, et leur test même est souvent conservé. La présence du soufre liquide ou en vapeur, loin de toute trace de phénomène volcanique, de toute action ignée apparente, est encore une circonstance dont l'explication chimique reste à donner, même en supposant que cette substance tire son origine de l'hydrogène sulfuré résultant de la décomposition des matières animales abondamment répandues dans le dépôt.
Le fer est de tous les métaux celui dont les diverses combi- subsunces
méUlliques.
(l)Braun, Note sur le gisement du soufre, etc. (BulL Soc. géol. de hydraii. France, !'• série, ?oL XII, p. 466; 1841») feroiigiste.
492 SUBSTANCES MINÉRALES FOSSILISANTES.
naisous jouent le rôle le plus important dans les phénomène^ de la fossilisation. A l'état d'oxydé hydraté ou d'hématite brune, il a fréquemment imprégné, moulé ou remplace des corps organises. Telles sont les Pahidines et les Vnio moulé^ par du fer hydraté oolithique des couches tertiaires de Cuisent près de Toumus (Saône-et-Loire). A l'état d'hématite rouge sont les moules d'Ammonites de i'Oxford-clay de la Voulte ( Ardèche), de Foolithe inférieure de Calmoutiers (Haute^Saône), du lias supérieur de la Verpillière (Ain), du mont d'Or Lyonnais, de Sainte-Foix, etc. (Rhône). A l'état de fer oligiste, il a remplacé le test des Cardinia et autres coquilles de la luroachelle inférieure du lias de la Bourgogne (Beauregard). Le métal y est cristallisé, terreux ou compacte, mais ne s'observe pas à l'intérieur des valves ainsi transformées dans leur substance constituante.
Ferbuifurc. La fréquence du fer sulfuré dans la nature explique sa présence dans beaucoup de fossiles. Dans les couches argileuses de la formation crétacée, telles que le gault et les argiles à Plicatulcs d'Apt, de la formation jurassique, telles que celles de Kimmeridge, d'Oxford et du lias, certains genres semblent avoir eu la propriété d'attirer particulièrement ou de faire précipiter les dissolutions de sulfure de fer qui a recouvert les coquilles et les crinoîdes ou leurs moules d'une couche plus ou moins mince de pyrite jaune, et cela avec une délicatesse et une perfection de détails qui laissent bien loin derrière elles les résultats les mieux réussis de la galvanoplastie industrielle.
Le fer sulfuré a aussi remplacé le test lui-même; mais dans les Ammonites qui ont éprouvé surtout ces épigénies, on remarque que la substitution de la matière métallique au test ne permet pas de distinguer, à la surface des tours, les ramifications persillées des sutures des cloisons, car le test de la coquille, quoique très-mince, étant composé de plusieurs couches successives, ce n'est que lorsque la plus interne a disparu ou a été enlevée que les sutures s'aperçoivent; d'où il résulte que lorsque celles-ci se laissent distinguer, on peut être sûr du n'avoir sous les yeux qu'un moule soit simple, soit revêtu
SUBSTANCKS MINÉRALES FOSSILISANTES. 41*5
trune pellicule de fer sulfuré, mais on n'a ni le test lui-même ni la substance qui Ta remplacé.
bans des coquilles aussi minces que le sont celles des cé- |)halopodes, il y a très-peu de différence entre le moule et la contrc-eniprcinte, parce qu'il y en avait aussi très-peu entre les caractères des parois internes et externes ; mais les contreempreintes ne présentent point les sutures des cloisons qui n'apparaissaient pas à la surface extérieure du test. En résumé, les empreintes et les contre-empreintes ne montrent pas les cloisons ; les moules, au contraire, les montrent toujours.
L'opération du moulage de cavités cloisonnées aussi compliquées que celles d'une Ammonite a dû être très-longue, comme nous le dirons plus loin, tandis que le revêtement .du moule par une pellicule de fer sulfuré a pu se faire dans un temps très-court. Souvent la substance minérale ne s'observe nulle part ailleurs dans la roche, du moins en quantité notable, ni dans les fissures accidentelles des moules pierreux ; l'opération ressemble alors à celle d'un ouvrier en plaqué très-habile qui ne mettrait la couverte mrtalliqtie que là précisément où elle doit être suivant son modèle, sans aucune bavure et sans la plus petite irrégularité dans le travail.
On conçoit que dans les couches qui renferment beaucoup de sulfure de fer les fossiles ont servi de centre d'attraction, et qu'il a cristallisé tout autour en plus ou moins grande abondance, en a rempli en tout ou en partie les cavités, ou bien s'est déposé à leur surface, comme dans les couches dont nous avons parlé et dans les argiles tertiaires de Boom, près d*Anvers.
Le fer phosphaté bleu ou vivianiie remplit ou tapisse les p^^. cavités et les parois des coi^ps d'origine organique ; dans ce cas, ph<»phoic le minéral est êristallisé. Quand il y a eu une épigénie du corps lui-même, on peut supposer que le phosphate de chaux se sei*a décomposé, au moins en partie, et qu'une portion de Tacide pliosphorique se sera uni à l'oxyde de fer apporté sur ce point. Alors la structure du corps organisé a disparu et l'on a un phosphate pulvérulent. On l'observe particulièrement dans des coquilles tertiaires de Crimée dont le test est con-
494 SUBSTANCES MINÉKÂLE8 FOSSILISANTES.
serve et dont rintérieur est rempli de cristaux de vivianite eu- Irecroisés.
Des ossements de vertébrés renferment souvent aussi du icr phosphaté qui les colore en bleu, ainsi que les dents et d^autres parties solides, ce qui les a fait comparer aux turquoises orienlaies dites de vieille roche. Ces fausses turquoises, désignées aussi sous le nom à^odontolithes^ montrent encore une partie de leur structure organique et ont également conservé une portion considérable de leur carbonate de chaux ; ce sont les twqiwises occidentales ^ dites de iwuvelle roche. On a ulili^é pour la bijouterie commune des dents de mammifères fossiles provenant de Simorrc (Gers) et d'autres localités (Bohéuie, Suisse, Russie, Sibérie, Cornouailles). Leur dureté est moindre que celle des véritables turquoises d'Orient, composées diacide phosphorique, d'alumine, de chaux et colorées par un oxyde de cuivre. Les fausses turquoises sont attaquables par les acides et donnent en brûlant une odeur animale, ce qui n*ii pas lieu pour les vraies, et elles s'électrisent par le frottement. Cc*s phosphates organiques ont présenté la composition suivante (BouiUon-Lagrange) :
Phosphate de chaux 80,00
— de fer 2,00
— de magnéûe !t,00
Carbonate de chaux 8,00
Alumine 0,50
Eau . 6,00
Ce fut en étudiant ces fausses turquoises sous le rapport minéralogique que Réaumur reconnut, en 1715, quelles étaient d'origine animale. Elles provenaient de Simorre (Gers) et étaieul fournies par les dents d'un très-grand mammifère fossile cpii fut appelé animd de Simorre^ jusqu'à ce que Cuvier eût crt*e le genre Mastodonte, auquel ces dents appartiennent. Fer I^ f^r carbonate compacte constitue, dans les dépôts houil-
carbonate, jgpg ^^ dîvcrs p^ys, dcs masscs ou rognons déprimés, irréguliers, enveloppant souvent dans leur intérieur des restes orga-
substàdicks minérales fossilisantes.
niques (plantes, poissons, etc.) qui semblent avoir servi de centres d'attraction à la substance minérale, et autour desquels celle-ci s'est déposée. Il en existe de semblables dans certaines argiles du lias qui renferment des Ammonites, etc. (environs de Nancy).
Le Quivre sulfuré, ou chalkopyrite (sulfure double de fer et de cuivre) a minéralisé les poissons des schistes cuivreux du zechstein de la Thuringe et du Mansfeld, dont nous avons si !)Ouvent parlé dans Thistoire de la paléontologie, parce qu*ils avaient attiré Tattention des naturalistes depuis le temps (l'Agricola. Les écailles de ces poissons iPalxoniseus) sont en niélal.
Le cuivre carbonate vert (malachite) parait avoir minéralisé des végétaux en Sibérie, et il en serait de même du cuivre carbonate bleu (azurite). Nous verrons, en traitant du système permien de In Russie, où les sels do cuivre sont si répandus, quelles sont leurs relations avec les débris de végétaux trouvés dans les mêmes dépôts, et comment on peut attribuer leur précipitation à Taction de ceux-ci sur les diçsolutions apportées par les sources. Dans les végétaux permiens de ce pays, les infiltrations cuivreuses et siliceuses paraissent avoir eu lieu simultanément. De même aussi que l'on connaît des pétrifications ou silicifications qui se sont produites de niémoire d'Iionmie, telles que les piliers du pont de Trajan, sur le Danube, de même on a observé^ dans les tourbières du pays de Galles,devéritables minéralisations cuivreuses contemporaines.
La galène ou plomb sulfuré s'observe fréquemment à Tinlérieur des fossiles du lias des environs d'A vallon et de Semur jBvec la baratine et la fluorite. On cite des Huîtres dont le test lurait été complètement remplacé par du plomb sulfuré. On |lif(nale aussi des cristaux de cette substance disséminés dans es végétaux fossiles. La galène se présente encore cristidlisée
ns les fossiles des calcaires de transition de la partie supé* icure du bassin du Mississipi, où ce minéral est très-répandu.
La blende noire a minéralisé quelques polypiers du terrain
transition de Diepetringen, près de Griesenwicli, de même
Cuivre.
Cuivre bulfurv.
fui lie carboAalû.
Ploaib Mlfttré.
•ullurt'.
carhoMli^i
490 SUBSTANCES MINÉRALES FOSSILISANTES.
que la calamine brune bitumineuse de Nirm, près Stolber^ Mercure Le cinabre ou mercure sulfuré, plus ou moins mélangé de ina- *"" *" * ticres étrangères, se trouve quelquefois dans les cavités des coquilles, mais on ne le voit guère remplacer leur test. Ce sont (ie> raretés qui ne se rencontrent d'ailleurs que dans certains gisements dont nous parlerons en traitant du terrain de Iransilioii et en particulier du système carbonifère de la Carintliie ildriai et de Deux-Ponts, où des empreintes de poissons ont été recouvertes par cette substance (antè, première partie, p. 5fi7i, Argenu Daus les mines argentifères et cuprifères de Mina -Grande, près d'Huantaja, au Pérou, on a trouvé Targent natif crislallisô à rintérieurde coquilles fossile^ dans des schistes argileux que traversent les filons métallifères.
vjsàses Quant aux causes de plusieurs de ces substitutions el à l.i çcneraics. présence des substances minérales cristallisées dans les corp^ organisés fossiles, les unes peuvent être dues à de siinpie> précipités chimiques, d'autres à des dissolutions et à des coiu- • binaisons nouvelles qui se seront effectuées ensuite ; cerlaiib résultats peuvent être attribués ù des actions cleclro-chimiqne> très-lentes, comparables à ceux qui ont été obtenus artificiellement par l'emploi des courants voltaïques; enfin, il a pu > avoir, dans le voisinage des filons des roches cristalline^ ot ignées, des émanations et des sublimations de vapeurs iné*?<lliques provenant de l'intérieur de la terre, suteunc» ^^^ substances d'origine organique peuvent aussi rcm|ilaivr d'origine jgg corps orgauisés ou contribuer à leur conservation. Ain-i
orgsnique.i *^ *-' ^
Bitumes, dcs matières bitumineuses ont remplacé et moulé des fos^^iicrésine», ^j^jj quelquefois leur avaient donné naissance par suite de ItMir décomposition (poissons, moules de coquilles tertiaires Ji Bastènes (Landes), de Pont-du-Chàteau (Puy-de-I>ôuie, clc, . Mais une cause dônl les résultats ont été plus précieux pour la paléontologie est la propriété conservatrice des résine> rt des gommes qui découlent de certains arbres, et particiiltên^ ment des conifères. Chacun a pu remarquer la prodiiritMiM» quantité d'insectes qui se trouvent pris et enveloppés ilan^ li résine qui découle des Pins dans les pays oii des incfîsiiMi-
sont faites à ces ai'bres pour en extraire cette substance ; les récipients placés au pied de chaque arbre sont de yéritables nécropoles entoniologiques. Or la nature a employé ce simple procédé pour conserver et nous transmettre dans les morc(*anx d'ambre recueillis particulièrement sur les bords de la Baltique, et qui proviennent des bois et des lignites lavés et rejetés par la mer, toute une faune d'insectes des plus curieuses, et dont nous n'aurions sans doute jamais eu connaissance sans cette heureuse circonstance. Les insectes ainsi embaumés et momifiés sont aujourd'hui connus au nombre (le plusieurs centaines d'espèces, et leur conservation est si parfaite que tous leurs caractères, malgré leur extrême délicatesse, peuvent être étudiés comme si la main du collecteur venait de les saisir vivants (i).
La fossilisation, quelles que soient ses causes et ses ré- \\éMmé. ^nllats, est indépendante de Tancienneté des fossiles ou du terrain qui les renferme. Les moules, les empreintes et contreempreintes, la silicification et la minéralisation sont de toutes les époques et se produisent encore aujourd'hui quand les conditions sont favorables ; ainsi Tétat d'un fossile n^est jamais une preuve absolue de son âge. Quant aux simples opérations Ju moulage, de l'empreinte et de la contre-empreinte, c'est, dans le plus grand nombre des cas, la matière même de la roche environnante qui en fournit les éléments; les substances minérales proprement dites dont nous venons de parler n'iuterviennent ([ue dans les cas particuliers.
g 3. Compotittoii ehnnHiiie des foMÎIc*- — Auhaamoat verlèbréf.
Nous nous sommes occupé jusqu'ici des résultats physiques, mécaniques et chimiques de la fossilisation, puis des suh-
(!) Voj. anlé, \" partie, p. 145. et HiUmre des progrès de la géologie , vol. Il, p. 852.
stances fossilisantes minérales, soit à base terreuse, soit à base métallique, et de quelques substances d'origine organique qui jouent à peu près le même rôle ; il nous reste aciueUement, pour coitiplcter ces études, à examiner la composition de^ parties solides des corps organisés vivants et fossiles dans chaque classe successivement a6n de* mieux nous rendre compte des modifications que les derniers ont éprouvées par suite de leur séjour plus ou moins long dans les couches delà terre, car la fossilisation n'est que le résultat d'actions physiques et chimiques, soit seules, soit réunies, s'exerçant du dehors, siii ces mêmes corps organisés. Nous suivrons un ordre zoologiqne en commençant par les animaux vertébrés ; nous renverrons souvent le lecteur à ce qui préctule, mais quelquefois auN^i, pour plus de clarté, nous serons obligé de répéter certains détails.
/ La i^lupart des analyses suivantes sont extraites de l'excellent Traité (le chimie générale de MM. Pelouze et Fremy (i), qui ont donné sur ce sujet une multitude de renseignements pri'- ' cieux dont, jusque-là, les chimistes s'étaient furt peu préoccupés. ' ' iiammiières ^^ coAipositiou dcs OS et coUc dc Témail dans Tiiomme et dans le Rqenf ont donné à Berzelius (â);
vivants.
Oi.
taAlL
ne l'iio««r.
ÉBIA
M wmir
Cartilasc
Vaisseaux sanguins. • . .
Fluorure de calcium ....
Phosphate de chaux ....
Carbonate de chaux. . . .
Phosphate de magnésie. . •
ijr.
Soude, chlorure de sodium.
eau. elo
lies os se composent essentielloment d'une partie snli^lt
(1) Vol. VI; 1857.
(2)/diV/.,p. 271.
formée par des sels de chaux, d*un tissu cartilagineux et flexible (osséine) qui renferme les vaisseaux et les nerfs, du périoste, membrane mince qui les recouvre en dehors ; on peut donc considérer ces diverses parties isolément. De plus, les os longs qui sont creux contiennent une matière grasse, la moelle, composée, sur 100 parties, de 96 de graisse, de 1 (le membranes et de vaisseaux et de T» de corps semblables à cnix que Ton extrait de la chair par Teau froide. Dans les analyses précédentes, les os étaient privés de leur périoste ei de leur moelle.
Ine autre analyse d'os également dépourvu du périoste, de la moelle et de la graisse, a donné à Marchand :
(bailliage insoluble dans Tacide chlorhydrique . 27 ,25
— soluble "... 5,02
Vaisseaux 1,01
Phosphate basique de chaux 52,26
Fluorure de calGium 1,00
Carbonate de chaux 10,21
Phosphate de magnésie 1,05
Soude 0,92
Chlorure de sodium 0,25
Oxyde de fer, manganèse et perte 1,05
Des os humains extraits d'un cimetière ont donné :
Gélatine 16,00
Phosphate de chaux 67,00
Carbonate de chaux 1,50
Perle et eau 15,50
Des os secs qui n'avaient point été enterrés ont donné :
G^tine 23,00
Phosphate de chaux 63,00
Carbonate de chaux: 2,00
Perte et eau 10,00
D'autres 6s provenant de diverses époques historiques ont présenté :
500 COMPOSITION GilINKiUE DES FOSSILES.
SQQBLKTTR KQOKLKTTB TKUTtSKKS
csLTiQCC. aoHàiM. GàixO'toaiinc.
Silice » i,90 p
Matière organique 5,08 0,Hi •
Sous-pbosphaté de chaux. . 80,00 76,38 78,30
Carbonate de chaux 13,02 10,15 10,49
INiosphate de magnésie. . . 1,02 8,20 7,91
— de fer 1.05 2,58 i
Carbonate de cuivre. ...» i 3,51
En considérant la composition des diverses couches d'un os long, celle de ses extrémités et celle de sa partie moyenne, MM. Pelouze et Fremy iont remarquer que la quantité de seh de chaux y est différente. Les parlies spongieuses d'un os renferment plus de matière organique que les parties dciise.< et compactes. L'âge ne Tait pas varier sensiblement la composition des os, et le tableau que donnent ces savants (p. 267) le prouve suffisamment; avec Tâge seulement l'épaisseur de la partir dure et dense tend à diminuer et celle de la partie spongieu>e à augmenter.
De 44 analyses d'os de mammifères terrestres de divers ordres, plus 2 d'os de cétacés, 14 d'oiseaux, 5 de reptile^ (tortues, crocodiles, serpents) et 16 de poissons, MM. Pelouze et Fremy concluent (p. 268) que « les os qui appartiennent c( aux animaux qui diffèrent le plus par leur organisation pn*'fl sentent à peu près la même composition chimique. L*os de c( l'Homme se confond presque entièrement avec les os A (c VeaUy de Lion, de Chevreau, de Lapin, de Rhinocéros, d'Élê- « phant, de Cachalot, de Morse, d'Autruche, do Tortue, d«' « Morue, de Barbue, etc. Ainsi, la substance osseuse devant a présenter les mêmes propriétés physiques, la même solidité, « possède une composition chimique qui parait presque inv.i- « riable. »
Cependant, chez les herbivores, les os sont phis riches en sels calcaires que chez les carnivores. Les os des oiseaux, ivnfermant aussi plus de sels calcaires que ceux de ces dernier*, se rapprochent en cela dos mammifères herbivores, iriin autre côté, les os de reptiles se confondent avec ceux des mam-
it'
mileivs carnivores. Quant aux os de poissons, ils justifient par leur composition le classement zoologique de ces animaux. Dans les poissons osseux, ils présentent la composition des os (le rnaminirùres, tandis que ceux des poissons cartilagineux sont très-riches en matières organiques et ne contiennent qu'une faible quantité de sels calcaires. Un cartilage de Lamproie n'en renferme plus; aussi n'est-ce plus un os,
La composition des dents mérite une attention particulière, i>ent». parce que ce sont les parties solides des vertébrés que l'on rencontre le*plus fréquemment à Tétat fossile et le mieux con- :^crvées, et parce que ce sont aussi celles dont la connaissance conduit le plus facilement et le plus sûrement à la détermination zoologique des animaux dont elles proviennent. Dans l'osléologie comparée, les dents fournissent des caractères de pre- ' mier ordre.
On distingue dans les dents Vémailj Yivoire et le cément. L'émail est une matière compacte, dure, blanche, tantôt à la surface, tantôt à l'intérieur, formée do fibres prismatiques, frès-nombreuses au sommet delà couronne, décroissant ensuite jusqu'à la racine où commence le cément ; la matière organique qu'il renferme diffère de l'osséine et ne se transforme pas' en gélatine. L'ivoire forme l'intérieur de la couronne et de la racine; sa structure est analogue à celle des os ; creux à Tintérieur, il est parcouru par des vaisseaux, et le résidu de son traitement par les acides peut se convertir en gélatine. Le cément recouvre la dent à partir de la couronne et sa composition est la même que celle des os.
Des analyses de dents d'Homme ont donné à Berzelius les résultats suivants :
Cartilages et vaisseaux '. .
Phosphate de chaux et fluorure de calcium.
Carbonate de chaux
Phosphate de maguésie
Soude, chlorure de sodium
Alc;i)i« eau. matière animale
iOO.U 100,0
Des dents de bœuf analysées par M. Fremy ont donné .
de niminanU.
I ROSmTC PBMPBATC CiaBAMTI
ItECM HZ. Bl MAOHtelC. MGItn.
Cément 67,1 60,7 i,2 2.9
Émail 96,9 90,3 traces 2.2
Ivoire 74,8 70,3 4.3 2,2
De l'analyse des dents, suivant MM. Pelouze et Frerny ip. ti86), on peut déduire que l'émail s'éloigne entièrement dv la substance des os, ne contenant que 2 iî 3 0/0 de matièrr organique, 5 à 4 0/0 de carbonate de chaux et une proportion de phosphate de chaux qui atteint 90 0/0 ; que Pivoire offre à peu près la composition des os, bien que la proportion Jii phosphate de chaux et celle du phosphate de magnésie y soient plus forte ; enfin que le cément est identique, quant h sa composition, avec la substance osseuse.
Bois Les bois de ruminants, d'après les mêmes savanU$ (p. 287).
ont la plus grande analogie de composition avec les partie> spongieuses des os. Les substances organiques et'inoi^ani<|iK^ y sont les mêmes à peu près et dans les mêmes proportions. Ain^i les bois diffèrent complètement des cornes proprement .diledes autres ruminants. On remarque que les substances minéraies, toutes proportions gardées, sont plus abondantes dan« les vieux bois que dans tes jeunes. Ce sont, comme pour tt^ os, le phosphate de chaux, le phosphate de magnésie et !< carbonate de chaux. Les analyses suivantes montrent qu*ils <^ trouvent «t peu près dans les mêmes proportions que danles os :
PNOSraATB PNMf-BiTK CàBMUATB
N CBAVX.
ftK OI&VX.
csswr
Bois de Cerf de France de 5 ans.
tracwî
— commun de 7 ans.
cornées.
Matières Lcs matières cornées, malgré leur solidité, ont une eom^sition complètement difTérente de celle de^ parties diirp> «!< mammifères dont nous venons de nous occuper et qui expliq » leur alisence à l'état fossile.
ANIMAUX VKRTÉBRÉS.
COMS DB VACHE.
CORKC