‹ Introduction à l'etude de la paleontologie stratigraphique (volume 4)Chapitre 45 sur 60 · rfO lÔÔ^ÔÔ · texte numérisé non relu

rfO lÔÔ^ÔÔ

cwrmBWL. Bcafmt. «abcsam. i».

Les «ailles de poissons renferment une niaUère animale Éciite. analogue a celle qui constitue les cartilages do ces animaux ^ "'^'^ Elles perdent à 100" de H à 16 0/0 d'eau. On doit à M. Chcîreul les résultats suivants :

Substance animale aartée. . . 41,10 55,00 6143

Phosphate de dianx 4«,20 57,80 49*00

ùrbonale de chaux 10,00 3,06 5M

lùosphate de magnésie. . . . 2,20 0,90 0 90

^™*»e ■ 0,40 0,40 l'oo

Carbonate de soude 0,10 0,90 l'oo

100,00 100,00 lÔÔ^ÔÔT Page 250.

I,„- "•»"""*"»« OTlOTlTâi, !1>«C»»«H. 1>, «««toit. Me»«x.

l.T«)slca(ec. osseuse). . 59,3 51,8 4.6 4 0

f""^ i^A 42,5 traces 1,3

•^P* 84,2 35,7 trace» 1.1

Ces analyses expliquent très-bien pourquoi on rencontre fréquemment les écailles de poissons à l'clat fossile, Undis que celles des reptiles ont presque toujours disparu.

Mais des diverses parties solides des animaux verléljrés, celles b„„ lui ont le plus énergiquemenl résisté aux causes de destruction ** ''

chimiques et physiques de tous les temps et quelles que soient les roches qui les renferment, celles que par conséquent on ne trouve jamais à Tétat de moules ou d'empreintes, et qui ont presque toujours conservé une fraîcheur telle qu^cUes semblent s'être détachées à l'instant de Tanimal , ce sont les dents de poissons, les plaques palatales ou en pavés, etc., qui garnissent la bouche de ces animaux. On Us rencontre souvent à profusion dans des couches où l'on ne trouve point de traces de leurs autres parties, sauf quelquefois des vertèbres en petit nombre. Nous ne possédions cependant jusqu'à présent aucune analyse qui vint nous expliquer cette inaltérabilité presque absolue, laquelle pouvait seulement nous faire soupçonner dans ces organes une proportion énorme de phosphate de chaux au moins égale à celle de Témail des mammifères.

Notre savant collègue au Muséum, M. Fremy, a bien voulu,

à notre prière, combler cette lacune, et nous sommes heureux

de compléter les renseignements que nous avions déjà puisés

' dans son ouvrage en insérant ici les résultats de ses dernières

recherches.

Les dents de poissons vivants (Oxt/r hina, etc.) que nous devons à Tobligeance de M. A. Dumérîl étaient en général trop petites pour que Ton pût en analyser séparément et d'une manière quantitative les deux parties constituantes, Témail et Tivoire : mais il résulte des essais qualitatifs que leur émail ne contient qu'une quantité insigniGante de substance organique, et qu'il est presque entièrement formé de phosphate de chaux uni à quelques centièmes de carbonate do chaux.

Cette composition, presque uniquement minérale, constituant ainsi à la surface de Pivoire une couverte indécomposable et préservatrice, explique très-bien la solidité et la conservation des dents enfouies dans les roches sédimentaires des divers âges.

Quant à Tivoire de ces mêmes dents, il a paru être identique avec l'ivoire ordinaire des dents des autres vertébrés, et sous tous les rapports il peut être comparé à la substance d'un

os. On peut dire qn'en général les dents de poissons, quant à la composition de Téniail et de Tivoire, ne diffèrent pas sensiblement de celles des autres vertébrés ; mais, toutes proportions gardées, l'émail y est plus abondant relativement à Tivoire, et c'est sans doute à cette circonstance que leur conservation est encore plus complète et plus constante à Tétat fossile que celle des autres animaux.

L^analyse des dents de poissons fossiles tertiaires a présenté les résultats suivants à M. Fremy :

CARCBABODON MEGALODOH. CARCnARODOIf SDLCIDINS. (falans de Dti) . (crag d« Peltxlow)

iMAIL. ITOIRB. ÉMAIL. IVOIRB.

Phosphate de chaux MM 48,19 24,28 5,59

- de fer 4,5i 27,85 62,05 72,72

— de magnésie. . . 1,72 1,55 1,62 1,60

Carbonate de chaux 10,18 17,57 8,55 19,57

Silice traces 0,40 traces 0,50

Matières minérales diverses. 2,58 4,64 5,50 2,42

Il résulte de ces analyses que, par suite de la fossilisation, la quantité de matière organique azotée qui, dans les dents entières de poissons vivants, pouvait être de 30 à 35 0/0, comme on Ta vu pour les os, a complètement disparu. Les dents fossiles examinées ne contiennent plus de traces d'osséine. Par la calcination, elles deviennent légèrement brunes et dégagent une odeur bitumineuse due à la présence d'une très-laible quantité de matière organique étrangère à la constitution originaire des dents.

Pendant la fossilisation, Tosséine est remplacée par du carbonate de chaux et du peroxyde de fer, qui se trouvent d'abord en dissolution dans Tacide carbonique, et qui se fixent ensuite dans le tissu dentaire. L'oxyde de fer vient même y remplacer une partie de .la chaux; en s*unissant à l'acide phosphorique, il forme un phosphate de fer insoluble.

Les phénomènes chimiques de la fossilisation, ajoute M. Fremy, doivent varier avec la composition de la roche où la transformation s'accomplit. Je les ai étudiés dans une roche cal-

Coprolithcs

Mammifires.

51 i COMPOSITION CHIMIQUE DES FOSSILES.

Caire et ferrugineuse; ils seraient probablement diflërents dans une roche siliceuse ou argileuse. Ils peuvent également varier avec le degré de porosité de Tos qui se fossilise. II en résulte que l'étude chimique des os fossiles n'est pas de nature à fournir des données certaines et utiles pour la détermination de leur âge, car le temps n'exerce pas seul son influence sur les modifications chimiques qu'ils éprouvent i l'intérieur du sol.

Les fèces d'animaux vertébrés que Ton rencontre dans les couches sédimentaires, et que Ton désigne sous le nom général de coprolithes^ différent, comme on le conçoit, suivant les animaux dont ils proviennent, et peuvent, dans certaines circonstances, sinon suppléer à la présence de ceux-ci, au moins faire soupçonner leur existence. Des coprolitltes de mammifères ont donné, sur 1000 parties ;

Phosphate de chaux 625

Carbonate de chaux. 150

Eau *120

Limon siliceux el oxyde do fer 55

Fluorure de calcium, matière organique traces

Perte 50

tooo

oi!«ini. Des coprolithes d'oiseaux ont donné sur 100 parties :

Eau, matière organique, urate et sels d'ammoniaque. 10,30

Clilorure de sodium 0,51

Sulfate de chaux et de magnésie 1,75

Phosphate de chaux el de magnésie 59,60

Carbonate de chaux 54,77

Silicate 13,07

Heptilef.

Poisson?.

Nous ne connaissons qu^imparfaitcmcnt la composition des coprolithes de reptiles dans lesquels la proportion du phosphate et celle du carbonate de chaux parait être moindre que dans les précédents.

Quant à ceux de poissons, ils contiennent jusqu'à 90 0/0 de

jlNIMADX INVERTÉBRÉS. 515

phosphate et de carbonate de cbaux, dé phosphate de magnésie, des oxydes de fer et de manganèse, de la silice, des traces de inatiëres animales, etc.

Si, d'ane part, l'acide urique caractérise les coprolithes d'oiseam, et si les coprolithes di{iei:ent par leur composition de toutes les autres substances organiques, on doit supposer que cette composition n'est représentée que d'une manière très-imparfaite à letat fossile, vu la grande quantité de sub- ' sbnces altérables ou déliquescentes qui ont dû disparaître, tandis que d'autres ont pu y être introduites par des opérations inverses.

Nous désignerons sous le nom d'empreintes phyiiohgiqueSy Empreimes pour les distinguer des empreintes ordinaires laissées par un ugi^m. corps dans la roche où il a été enfoui, les traces que des animaux vertébrés ou autres ont faites en marchant sur le.sable humide des bords de la mer ou d'un lac. Ces empreintes de pas, qui nous donnent la forme du pied des animaux qui les ont tracées, sont paHiculièrement attribuées à des reptiles, à des oiseaux, quelquefois à des annélides et à certains crustacés. Les plus remarquables jusqu'à présent sont celles que l'on trouve dans des couches arénacées ou des grès de la formation du trias en Allemagne et en Angleterre, et qui ont été rapportées à des reptiles, et celles beaucoup plus nombreuses et plus variées signalées dans le grès rouge de la vallée du Conncclicut. On a donné à ces dernières le nom d'Omithichnites^ parce qu'on présume qu'elles sont ducs à des oiseaux dont on doit dire que jusqu'à présent aucun fragment n'est venu confirmer l'existence. Ces empreintes, comme on le conçoit d'après leur origine, se trouvent en relief sur la plaque de grès supérieure et en creux sur celle de dessous.

Si nous passons h la grande division des animaux sans ver* cmtao^ tèbres, nous trouverons dans la classe des crustacés des «on-

516 C0SIP081TI0N CHIMIUnE DES FOSSILES.

ditions qui ont été somrent très-fiiTorables pour leur conserration à l'état fossile. Leur enveloppe solide, composée d'ane grande quantité de carbonate de chaux, de matière animale et d'une moindre proportion de phosphate calcaire, oilre d'ailleurs, suivant les familles et les genres, des quantités trèsdifférentes de ces divers éléments. Certains crustacés ont une enveloppe extérieure à peine cornée ; chez d antres elle est tellement chargée de calcaire qu^ellc possède une extrême solidité.

Lorsque l'enveloppe tégumentaire est demi-eomée, elle se compose presque exclusivement d*albumine et de ekUinej substance oi^ganique ainsi nonmiée par Braconnot, et qui se trouve aussi ches les insectes. Insoluble dans l'eau, l'éther et l'alcool, elle est solide, transparente, d^aspect corné, des jAtss inaltérables, et joue chez les articulés le rôle du phoi^hate de chaux chez les vertébrés. Elle n'est point azotée, et sa composition corre<(pond à celle de la cellulose. M. Fremy indique la suivante (p. 93) :

CirboM 6,7

Hydnigèae 43,4

Ozygèue 4M

iOO«0

Elle se trouve également dans les carapaces les plus résistantes et les plus chai^[ées de matières calcaires. Dans celle du ' Cardnusmsfnas^H. Milne Edwards indique 10 0/0 de chitine, 18 d*eau, 63 de sels calcaires et d'un peu de matière animale, et 8 d'alumine. Dans les segments dorsaux et les anneaux de Tabdomen il y avait 20 0/0 de chitine et 54 de substances terreuses.

M. Fremy a donné les résultats suivants des analyses du le^t de la Langouste et de TÉcrevisse :

Phosphate de daux 6,7 6,7

Cjrbonala de chaïux 49,0 5fi,a

lùtière orgiDifiie 44.3 36.5

ANIMAUX INVERTË&RËS. 517

Ou doit à M. ChcTreul les analyses suiTanics .

TKST DK aOMAlB. TB8T bE OIAII.

Miosphalede chaux. ..... 3,32 6,0

— de magnésie 1,26 1,0

Carbonate de chaux 47,26 62,8

Matière organique 44,76 28,6

Sels de soude 1,50 1,6

La matière verte colorante du test, qui se trouve aussi dans les œufs de Homard, devient d un beau rouge par la dessiccation, le frottement, dans le vide, l'alcool, Téther, les acides, etc. ; leau est le seul dissolvant qui ne Taltère pas.

On sait que les crustacés de la grande famille des trilobites régnent à peu près exclusivement dans les dépôts de transition ; les crustacés macroures sont les plus fréquents dans les dépôts secondaires, les brachyures, dans le terrain tertiaire, les cirrhipèdes, sauf quelques petits genres (PollicipeSj Sca/pri/am, etc.), t sont plus particulièrement tertiaires, les entomostracéssontde tous les âges.

Les conditions de la fossilisation ou de la conservation des crustacés sont assez différentes, suivant les genres et les diverses parties d'un même individu, et ces différences sont encore, comme dans les divers os du squelette des vertébrés , en rapport avec la proportion de phosphate de chaux, (le carbonate de chaux et de chitine que ces parties renferment. Aussi y a-t-il des genres dont on ne retrouve que la carapace dorsale, d'autres les pinces, etc.

Les restes de crustacés macroures sont moins fréquents que ceux des brachyures ou des Crabes, dont on retrouve souvent toute la carapace dorsale parfaitement conservée. Cependant les Calianassa^ très-répandues dans la formation crétacée supérieure et le terrain tertiaire inférieur, n'offrent presque jamais que les pinces à l'état fossile (C. FaujasiiiArchiaci^ Hericartij etc.); d'où nous devons conclure que la carapace de ces animaux, >de même que les anneaux de l'abdomen, ne renfer* maient que peu ou point de phosphate et de carbonate de chaux ni de chitine. Ce caractère s'observe aujourd'hui dans le crustacé vulgairement connu sous le nom de Bernard Vermite.

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m .»n> :f» trtoiiB •fiomie. «me. réduit «iDioaraTisi l C.-éok U! At<^im "-fiathifiiie* /; ne nins .amiioe r]HL>BK !?aittii|pBim]ii injuiJmv ni ^llr -a amcttce .irtmiemiL \tsi, >i\idlcHB:iir. mifu«« ,1 .a iiliie •ratnaimDentiit^mm;. 't ^cs -sB^niior bd* ihmv ne nm» ^ont « omnifnie rer \mms- humées raiaon» an^ irnalitt r^nrtMmiam.fcaaianBf^ ia.hHirta6e5Bf^^

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(,liiafit.i l'tiriireiteannlniiBdefl» •asflfvemBrleF&uiHm.j** .Vnaliiîi. «-Uv . la sotûitié lie leoÊ ttôlL'eilaMir «^i earnnmBn 1a5 Mvr'^'tixitt .i«K rncÉaartgartiiit' iBtrftcorfB-ÙBfqMMttgMaahmg .».ii»tffr •'Oiiu»rTnAioa tiana la àoiBittkis-^raa^ Li .fnffifHttun t£ (^^ }i»$4 i^^r ii\alk«BKr auec iniÉi ^iiii J: cchn* is» guiilnwf*ii, fUftii mm jvtrtertms (Mit Ji r!iairc:. <"tywmbmt «iil ouït omvrpM- r|iie (toiu ir& Qalaim^ les BoUiapes^. le» .'h2ripeaia&. eLr.* k tf^l >^i«t «<>iopf»e <ieiMtie&aeaKL«yMHHièiqiiiH&«A' (lAfU iammpnaiûaa <;fauiiiqiie a'iôtpa».

f^llufk-ne [fuient pas tonte? «tyiîeinewi jl i lilucaliiiiud; « (('milm fàle» :ia tmanent aioi» i^iiees^ diiiiiiB& un le w(t 'iBs la «rate UleiU'iie et la exnie :di(iéneiin!.

NnnK ne pD^ts^lon» peint fie «tumiées bi»fi gmf'iiiifi jht h (*iimpA«iifui (iii U»t lie:^ tmlanuiittcices ntstitaitmie» . L'aspect f*i\rrm iii*5r ^tvm» «ie (^priainée» tf kair ^awaggrifiiM poriûtc <fonR tm {p'and nombca tie ea», linn ^k (or ahuaéif p «ias> b |H<H>4irt rto^ Côfcain»^ dntv4«t ihnrc pc m^mi b<»4mf*nnp de seie eakairii» d |

f>H» i^t^jfiMMiiU eit«ntt sotid» ^iosede^ soofenl cornes <»>y^^rffi« ôsm te» enintacéi, ie a»|MWBt awâ île chitine ou élffihrim^ fUM^nèe plu» prticiiliêrefiicDi sous le nom d*cnUh m4tn0f A*um ratresotmtaoce organique, hcocdnr^clcl^builc^ difrr îï^irnl eoloréet^^oif ant lescqièces. On y trooTe également

(le petites quantités d'alumine, de sous-carbonate de potasse, de phosphate de chaux, etc., composition qui se rapproche de la corne des vertébrés. Aussi ne rencontrc-t-on les insectes Tossiles que dans des conditions particulières, soit à cause de leur délicatesse et de leur extrême fragilité, soit à cause de leur altérabilité, toujours en rapport avec le plus ou moins de chitine qu'ils renferment.

Ces conditions sont cependant encore assez fréquentes pour que, dans certaines localités, les dépôts tertiaires et secondaires nous permettent déjuger des caractères de la faune entomolo- ^ique de ces époques (Armissan,Âix, en France ; Œningen, en Suisse; Radoboï, en Croatie; Solenhofen, en Bavière; ambre des bords de la Baltique, groupe wealdien, schistes de Stonesfield et lias d'Angleterre). Les élytres des coléoptères, les ailes des ncvroptcrcs, les pattes, les antennes, ont été conservés de manière à permettre souvent des déterminations assez précises et à suivre le développement des divers ordres dans le temps, parallclcment à celui des végétaux dont dépend leur existence. Les insectes se montrent en pins grande quantité là où nbondent surtout les plantes terrestres, et, dans la plupart des cas, on doit supposer que la terre était proche et qu'ils ne ftircnt pas transportés bien loin des lieux où ils vivaient. Les dépôts qui les renferment sont d*eau douce ou formes dans des osluaires non loin des côtes; aussi la plupart des espèces sont-, elles terrestres, et beaucoup d'entre elles habitaient les bois, les marais bas ou des lieux humides.

Parmi les annélides tubicoles, les Serpules ont laissé leurs Aiuiéiia«. tubes calcaires solides, qui se sont conservés dans le plus grand nombre des cas, n'ayant perdu que la matière animale qui s'y trouvait comprise, toujours en fort petite quantité, comme dans le test. calcaire des mollusques. Souvent, d'ailleurs, on a pris pour des tubes provenant d'animaux de cette classe des tuyaux de Vermet,de Taret, de Septaria^ etc. Quelquefois les tubes ont élé siliciGés et même à TéUit d'orbicules (Serpula spirulœa^ Lam., de Biarrifz.) Les annélides arénicoles ont aussi laissé, à la surface du sable humide ou de la vase de la plage, des

empreintes que les couches suivantes ont conservées et noos ont transmises daas certaines circonstances favorables, comme celles de la marche des reptiles et des oiseaux. Telles sont le$ Néréites^ les Némertiies et les Myrianites du terrain de transition, le ScoJetia prisca de lâxraie, etc. KonoMinM. I^s coquilles ou parties solides des animaux mollusques sont de tous les débris fossiles les plus variés, les plus constants et les plus utiles pour l'application de la paléozoologie à la géologie. Elles ont ainsi un double intérêt scientifique et pratique qui doit appeler particulièrement notre attention.

Quoique la composition de leur test ne soit pas identique dans les genres et les familles, le carbonate de chaux y est toujours la substance dominante, et cette composition peut être représentée d*une manière générale par 95 à 96 0/0 de chaux carbonatée, 1 à 2 de chaux phosphatée, 1 à 1 1/2 d*eau et 1 djO de matière animale. Les coquilles de céphalopodes renferment plu> de cette dernière substance que celles des autres ordres ; aussi leur test est-il plus rare à l'étit fossile et ne se retrouve-t-il que dans des conditions particulières, cépha- Les coquilles de céphalopodes peuvent donner lieu à des lopode*. remarques spéciales, suivant les ordres, les familles et les genre? dont leurs restes proviennent.

Ainsi, parmi les décapodes, les parties solides intérieure désignées sous le nom de plumes ou d*o$ dans les Teudcfsis. les Geoteuthis^ les LeptotetUlnSy et analogues à Tos de la Sèchi ou à celui du Calmar, se rencontrent a Tétat fossile, parce que . ces corps sont composés de carbonate de chaux et de chitine, et non d'une véritable corne dont ils n'ont que Tappareme.

Ainsi Tos de la Sèche renferme, suivant John (l) :

Matière aminale il

Carbonate de chaux et traces de phosphate de cltaus . 85 Eau et un peu de magnésie ^

iOO La plume de Calmar contient de la chitine.

(1) Pelouse etFremy, loc, di., p. 291.

Â.MMâUX hNVERTÉBRÉS. 521

Des Sèches proprement dites on trouve à Tctat fossile Tcxtrcmité de l'os, qui est beaucoup plus compacte, plus dur et plus solide que le reste, et désigné d'abord sous le nom de Belosepia. Le Belopta^a, qui est aussi Textrémité de Tos d'un céphalopode voisin du précédent, et appartenant de même au , terrain tertiaire inférieur, doit sans doute sa conservation à une composition analogue.

Dans les fiélemnites, formées de deux parties distinctes, le cône cloisonnaire intérieur et la gaine extérieure , celle-ci est sans exception cristalline, à fibres rayonnantes. La densité du corps égale celle des Pinna vivantes, et il peut être comparé, ainsi que nous Pavons dit (antè^ p. 484), à l'extrémité ou rostre de Tos de la Sèche. Quant au cône alvéolaire, les loges se remplissent de la matière de la roche ou de carbonate de chaux par le siphon, comme dans les Orthocératites, avec lesquels il H été souvent confondu ; mais son test particulier ne présente jamais la structure Gbreuse.

Comme tous les tests naturellement spathiques, celui de la gaine des Bélemnites est presque toujours conservé, et ce corps ne donne pas lieu à des moulages ou contre-empreintes. Il est très-rarement recouvert de fer sulfuré (Bélemnites des marnes (lu lias de Vassy). Plus rarement encore, cette substance retét le cône alvéolaire. Dans un individu complet, provenant du lias de Maricnsagen, le fer sulfuré s'était introduit entre le test du cône et le remplissage des loges par la marne de la roche environnante. La pellicule irisée était d'une minceur extrême et revêtait également les cloisons. La dissolution s^était évidemment introduite par le siphon, et la gaine extérieure ne prél'entait aucune trace de revêtement métallique.

Dans les céphalopodes à coquilles cloisonnées, à cloisons simples ou ramifiées, droites, plus ou moins courbées, ou tout à fait enroulées, les phénomènes de la fossilisation sont extrêmement variés. Depuis les Orthocératites jusqu'aux Nautiles, depuis les Baculites jusqu'aux Ammonites, en passant dans les deux séries par toutes les formes intermédiaires dont on a fait autant de genres, nous trouvons des moulages com-

plcts des cavités intériGures avec le test, les cloisons et le siphon en partie conserve. Nous disons en partie, parce que s'il était resté intact dans ioute son étendue, le moulage des loges n'était pas possible dans les espèces où le siphon est continu. Le moulage peut avoir été également complet et la matière du test avoir ensuite été remplacée par du fer sulfuré, conunc dans les Ammonites du gauit, des argiles d*Apt, d'Oxford, du lias, etc. Dans ce cas, l'épigénie est nécessairement postérieure à Topération du moulage.

Mais, le plus ordinairement, le fer sulfuré s'est dépesé sur les parois des loges et a doublé en quelque aorte les cloisons d'une mince pellicule de substance minérale ; il en est de même du test extérieur, ce qui fait souvent croire qu'il y a eu substitution; mais, en réalité, on peut observer ce dernier toujours très^mince, compris entre les deux lames de fer sulfuré. Nous avons dit [mUè^ p. 494) que, toutes les fois que Ton apercevait sur le pourtour extérieur du corps les sutures des cloisons, c'est qu'on n'avait sous les yeux qu'un moule, et non la représentation du test. En6n, dans un grand nombre de cas, le fer sulfuré, plus ou moins altéré à la surface, est passé à l'état de fer oxydé hydraté . Dans d'autres cas, le fer hydroxydé et le fer oligiste ont joué le rôle du fer sulfuré {antè^ p. 494).

Le test calcaire nacré d'une coquille de céplialopode cloisonnée peut encore être passé complètement à l'état spathique et cristallin (Nautiles de l'oolithe inférieure. Ammonites du lias, etc.), ou bien ayoir été remplacé complètement aussi par de la silice ordinairement calcédonieuse, sans que les cavités des loges aient été tout a fait remplies (Ammonites du grès vert des Blackdowns et du Havre). Les loges peuvent être occupées partiellement par du carbonate de chaux qui a cristallisé sur leurs parois, ou par de la silice qui les a tapissées en tout ou en partie de cristaux de quartz, parfois enchevêtrés avec ceux de carbonate de chaux. Le remplissage de toutes les loges d'une Ammonite ne s'est pas toujours effectué d'un seul coup ni avec la même substance ; cette opération a été quelquefois très-longue, interrompue a diverses reprises, et chaque phaac

ÂNIUAUX INVERTÉBRÉS. 525

Q^i caractérisée ou marqucç par une substance différente, ce (|u'il est facile de constater par une coupe faite dans le plan (rcoroulement de la coquille, et qui met toute la spire à découTert suivant le siphon. On pourra y voir, à partir du centre, que le remplissage a été effectué tantôt par la matière de la roche environnante, tantôt par du carbonate de chaux pur ou par de la silice; puis quelques loges sont restées vides en partie, et les suivantes sont occupées par un sédiment argileux ou d'une tout autre nature ; enfin les dernières sont remplies cAcore par la matière de la couche qui renferme le fossile.

Dans certains cas, comme dans une Ammomtes bifrom du lias supérieur, chaque loge prise isolément constitue une géode de carbonate de chaux mamelonné, composée de zones de diverses teintes de brun, et dont le centre est quelquefois occupé par des cristaux de quartz hyalin. Le siphon est dans toute son étendue rempli de calcaire spathique brun. Dans une A. obtusus du lias de Lyme-Regis, le moule complet est en carbonate (le chaux pur dans les trois quarts de la spire, et, en se rapprochant de l'ouverture, il se mélange de plus en plus de la pâte de la roche qui constitue seule le remplissage des dernières loges. Souvent, après que les loges des premiers tours ont été remplies par le sédiment de la roche environnante, celles des suivants restent vides, ou simplement tapissées de chaux car* bonatée, et les dernières sont de nouveau remplies par la matière de la couche. Enfin toute la spire peut être remplie par cette dernière. Mais que l'opération ait été continue ou intermittente , on conçoit qu'elle a toujours exigé un laps de temps très-considérable.

L'opération du moulage est d'autant plus parfaite, que la matière qui l'effectue est à pâte plua finCé Ainsi les moules d'Ammonites du calcaire compacte ou marbre d'Halstadl^ sont, malgré Textréme complication ^es sutures^ d*une finesse et d'une délicatesse de détail que le burin le pltis exercé ne dépasserait pas.

Si quelquefois les Ânmionites, les Hamites et les Nautiles ont conservé leur test nacré, mince, irisé comme dans le gault,il

Ml COMPOSITION COIMIQDE DES FOSSILES.

ne reste, dans le plus nombre de cas, qu'un moule ou une oontre-empreinte reproduisant les caractères intérieurs de la coquille ou toutes les sutures des cloisons, et, en même temps, à cause de la minceur constante du test, la pluptirt des accidoits on ornements extérieurs.

Sur quelques moules ou empreintes d'Âmmonitçs, de Scaphites, de Turrililes ou de Hamites, de la craie de Rouen particulièrement, on remarque une tante légèrement irisée. oomme la nacre, et que l'on pourrait attribuer à une portion du test restée adhérente ; mais ce n'est, en réalité, qu'ifh phénomène analogue à celui d'une empreinte prise avec une cire très-homogène sur un test nacré et irisé, et qui serait dâ h une disposition particulière des aspérités très-délicates de la surface nacrée.

Les mandibules qilcaires des Nautiles {N. lineatus de l'oolithe inférieure du CalTados et de Saint -Maixent) et celles désignées par les noms de CéOnchorhyndius du trias, de Rhynehateuthu des formations jurassique et crétacée, de PaleotaUHs^ ib., sont parfaitement conservées, tandis que les mandibules cornées des autres céphalopodes aoétabuliferes ont disparu.

Les coquilles de gastéropodes n'éprouvent point d'altérations **«***• particulières; le moulage en est ordinairement très-simple et le résultat sourent peu caractéristique ; mais dans certains cas cette opération peut donner lieu à des méprises contre lesquelles il fout être prémuni. Ainsi, chez les Nérites, les Néritopsis, les Cônes, etc., qui, de leur yivant, détruisent ou résorbent tout ou partie de Tintérieur des tours de la spire, le nioalc ne présente le plus souvent qu'une masse pleine, continue, sans divisions apparentes. Ceux de N. Schmideliana en sont un exemple bien connu«

L'analyse des écailles d'Huitres a donné à MM. Bocholz et 6randes(i) :

Phosphate de chaui 1,3

Carbonale de cbaux , 98»5

Matière orgajiiq[tte. ......... 0,5

100,0 (\)Loc.ciL, p. 390.

Gastr<

Acêphak».

ANIMAUX iNYERTËBRÉS. 525

Celle de la nacre de perle :

Matière organique. 2,5

Carbonate de ckmx 66,0

Eau 6t perte , 31,5

La plupart des coquilles qui ont été analysées dans ces derniers temps, ajoutent ces deux chimistes, à Texception de 1 ou 2 centièmes de phosphate de chaux, sont presque exclusiTement coffl{A>sées de carbonate de chaux. Dans certaines d'entre elles, ils signalent une substance particulière qu'ils désignent sous le nom de œnchiliolme ou conchioline.

De même que les os le test des mollusques se modifie dans les couches de la terre, par la disparition du peu de matière organique qu'il contenait et son remplacement par diverses substances étrangères qui en augmentent le poids et la spli-^ dite. Nous reproduirons encore le tableau suivant , donné par MM. Marcel de Serres et Figuier, qui montre la cbmpo^ silion comparée de quelques coquilles vivantes et fossiles*

lé

If

Carbonate â^ chaux t . -

id. de raagiiésio.

Oxjdedcfer. . ,. . .

Solfita de chaux. . .

iracte

traces

ul

traces

traces

Le carbonate de chaux constitue donc presque exclusivement le test des coquilles, et celui-ci devra résister aux causes cxlc-

rieures chimiques et physiques qui n^attaquent point celle substance; mais, si des eaux plus ou moins acidulés viennent à s'introduire dans les çoiichês, on congoit que ce test disparaîtra entràioé par la dissolution,. ne laissant pour témoin de sa présence qu'uA moule de sa cavité intérieure, qui aura été rempli par la matière de la roche, et autour Tcmprekite de sa surface extérieure que celle-ci aura consaréc. Mais ce que Ton conçoit moins, c est que, lorsque la rodie est • calcaire, elle ne porte aucune trace d'altération analogue. Comment les contours des moules et des empreintes n'ont-41s^ pas été plus ou moins dissous et comment Taclion dissolvante ne s'est-elle exercée précisément.que sur le test, comme si la roche eût été, par exemple, un grès quartzeux? Cest nn point sur lequel nous appelons Tattention des géfdogues. BrAchiopodcf. Panni les mollusques brachiq)0des, le genre lingule oiXrc un intérêt très-particulier, car, se troovantdéjàdans les premières couches de sédiment oà<des corps organisés aient été signalés, c'est le seul de cette époque primordiale de la vie qui soit encore représenté dans les mers actuelles et qui le soit par des formes même très-difliciles à distinguer de celles de ces temps si reculés. Ici Tanalogie de la composition vient encore s'ajouter à celle des caractères zoologiqiies, puisque les lingules primordiales offrent les mômes particularités que celles de nos jours, qui ont présenté à M. F» Cloéz (l) :

Matière organique azdtêê erphdsphalée ib,W

Carbonate de chata. • • • • . i . « . . . * 6,68

Pbosphatçdech^ia^ 4^99

— de magn^ie. . . . 4 . « é . . . • 3,85

-* deseaqidoxydede fer. 1,98

Silice • • * . » 4 , . • . traces

Celte composition remarquable se rapproche à la Tois de celle des écailles de poisson {LepisosUtts) et du test des insectes que nous avons vu renfermer une proportion plus ou BK>hi«

(1) Journ. de eimehifUologie,yio\.[\tn,j^. Btt; jiuulMO*

ANIMAUX IN?ERTËBRÉS. * 537

considérable de chitine. La grande quantité de phosphate de chaux, en les éloignant des coquilles ordinaires, les rapproche dcsûs, dont elles ont toute rinaltérabilité; de sorte que les Lingules ne sont pas moins extraordinaires par la composition de leur test que par leur longévité unique jusqu'à présent dans l'histoire du règne organique. Ajoutons que, par une autre circonstance singulière et peu favorable aux hypothèses d'élections de perfectionnement ou de mutabilité des formes, ces brachiopodes*n'ont jamais été ni très-variés ni très-nombreux en espèces à travers toutes les périodes qu'ils ont traversées, tandis que la plupart des autres genres de cette grande famille, les Térébratules, les Orthis, les Leptœna, les Spirifer, les* Productus, etc., qui ont disparu presque tous après avoir régné plus ou moins longtemps, nous offrent les types les plus variés et d'une extrême fécondité.

La matière colorante des coquilles est organique et azotée; coioraUon. elle est immédiatement détruite par les acides les plus faibles, et elle est identique avec la substance rouge qui colore le corail. Aussi un des premiers effets de la fossilisation est-il la disparition des couleurs dont elles sont ornées. Dans certains cas cependant on aperçoit encore quelques restes de cette coloration, même sur des coquilles fort anciennes, telles que la Natica sHbedstnta des couches dévoniennes de Paffrath, la Nailca miUepuncta, hMelanopsis Dafourii^ le Cerithium pictum et des CjfpraMi, des dépôts tertiaires moyens et supérieurs. En général, les gastéropodes semblent avoir plutôt conservé leur coloration que les acéphales ; quelques Pecten et des Tellines les présentent encore partiellement.

La vivacité des couleurs des coquilles, en rapport avec la profondeur à laquelle elles vivent, et cela contrairement à ce que nous avons vu soutenu par M. Wallich (antô, p. 274), avait suggéré à Ed. Forbcs (l) une idée ingénieuse pour apprécier la faible profondeur présumée des mers anciennes.

(i) Note an an hidkalUm ofdepth ofprimttval seas affatded ity the rrmains 6f eolaut iH fitêsil Teitaeea; 23 mars 1^4.

Ce regrettable savant avait remarqué que non-seulement les couleurs, mais encore leurs bords, cessaient d'être bien prononcés à de grandes profondeurs et que ces couleurs n'étaient nettement caractérisées que dans les zones littorale et sub-Iittoralc. Dans la Méditerranée, au-dessous de 182 mètres, 1 coquille sur 18 manifeste quelque coloration, encore n'est-il pas bien sûr qu'elle vive aussi bas; entre 64 et 100 mètres, la proportion des coquilles ornées de couleurs à celles qui sont tout unies est de moins de 1 à 3, et, entre le rivage et S^jôS, celles qui sont ornées de bandes colorées, tachetées, etc., dépassent la moitié du nombre total.

Dans les mers britanniques, au-dessous de 180 mètres, même lorsque ce sont des individus d'espèces vivement rayées et colorées dans les eaux peu profondes, les coquilles sont blanches ou incolores. Entre 110 et 146 mètres les rayures et les bandes colorées se voient rarement, surtout le long des comtés du nord, tandis qu'à partir de 90 mètres jusqu'au bord de la côte, ces caractères sont bien marqués. Le rapport de la vivacité des couleurs avec l'intensité de la lumière qui traverse les dirférentcs couches d*eau est un sujet qui reste à étudier, mais on peut déjà, avec ces données, avoir une indication sur la profondeur des mers anciennes, lorsqu'on examine les restes de coloration des coquilles fossiles dont les genres ont encore des représentants dans les mers actuelles.

Aussi Ed. Forbes pensait-il que les couches dans lesquelles les coquilles suivantes ont été recueillies devaient avoir été déposées dans des eaux peu profondes. Des traces de coloration s'observent sur les Pleurotomaiiaflammigeta et cotiica, Phill., du calcaire carbonifère du Yorkshirc, les P. carinataetrotundataj Sow., le Solarium peut angulatuntj de Kon. et la Patella solaris^ du calcaire carbonifère de Belgique. Dans le calcaire correspondant du Derbyshire, les Pleurotomuria carinata et conica ont offert la même particularité, puis un TrochtiSj le Metoptoma pilem^ la Patella retrorsay la Natica plicistriatay quatre espèces d'Aviculo-pecten^ le Spinfer decorus^ VOrihis resupimta et la Terebratula hastata.

Les formes analogues vivciit aclucllomont à une faible profondeur, el, quant aux brachiopodes, il en est de même pour ceux qui, aujourd'hui, présentent une ornementation colorée. Lne Térébratule déyonienne du nord de rAmériqtie est dans le même cas, et le Turbo rupestriSy An calcaire silurien de la Chair de Kildare, montre des bandes colorées spirales.

La matière calcaire du test des coquilles devient blanche, po* Modifîcaiioa» rcuse, par la disparition du peu de matière organique qu'elle contennit, et peut alors happer à la langue et dégager une odeur argileuse par le souffle, caractère qui n*est point d'ailleurs exclu* sif à Targile, puisque le quartz réduit en poudre le manifeste .iussi. La matière de la roche environnante, marneuse, calcaire, argileuse, siliceuse ou ferrugineuse, s'infiltre dans les porcs du test, qui de léger qu'il était devient plus pesant. Mais jusquelà la structure originaire du test, soit plus ou moins compacte, soit feuilleté ou fibreux, est reconnaissable, tandis que, dans certains cas (Ammonites, Pleurotomaires , Cypricardes, Astartes, etc., de l'oolithe inférieure des Moutiers, Calvados, Buccins dévoniens de Paiïrath) et surtout dans les Trigonies du Portlànd-stonc de Tisbury (Wiltsbire), que nous avon6 déjà citées, la texture organique du test a complètement disparu; le carbonate de chaux est parfaitement cristallin et se clive suivant les plans du rhomboèdre. Il faut qu'il y ail eu ici un déplacement et un nouvel arrangement des molécules du carbonate, qu'il est assez difficile de concevoir sans.une dissolution (Préalable. Cette explication serait justifiée par cette circgnstance, (|iie nous avons déjà rappelée (antè^ p. 483), que dans certains rns on observe sur le moule de la coquille, formé par la ma* ticrc de la roche environnante, un plus ou moins grand nombre ,

lie cristaux isolés ou agglomérés qui semblent représenter le i

reste du test dissous, qui aura cristallé ainsi sur place. La non- I

altération du moule et de Tempreinte est, dans ce cas, soumise à la même objection que ci-dessus.

Cette dissolution, partielle ou totale, et sa cristallisation ultérieure ne seraient d'ailleurs qu'un cas particulier de la circonstance qui donne lieu aux contre-empreintes et dans laquelle

S50 eovrosiTioN chimique ûks fossiles.

la disparition complète du tc^^i primitif a permis, dans la cavité qui en est résultée, le moulage d'une autre substance, ordi • naîrement la silice.

Te>»t Un certain nombre de coquilles bivalves sont composées de

deax parties, doux couchcs, d'aspect, de texture et sans doute de composition sp^i^ différents. Ces couches ont leur plus grande épai^eur disposée en sens inverse du sommet ou des crochets vers le pourtour de la coquille. Dans les Spondyies, par exemple, le talon, la charnière et une portion de l'intérieur des valves sont fiormés ou revêtus d'une substance blmche, cburnée, beaucoup moins résistante que le test extérieur feuilleté et qui peut disparaiire complètement dans la fossilisation. Avant que ce iait n'ait été signalé par M. Deshajes on avait cru devoir créer les genres Podopsis^ Dianehara et Pachytes pour de véritables Spondyles particulièrement crétacés, diex lesquels ce mode d'altération s'était produit, et qui ne montraient plus que la partie extérieure du test sans talon, ni charnière ni impression musculaire.

Dans les Hipponices, le support adhérent à la roche odre un tissu feuilleté comme celui des Huttres; aussi a-t-il résisté aux causes de dissolution, à l'exception de la place qui correspond à l'attache du muscle adducteur, laquelle, ayant sans doute la composition de la coquille elle-même, a disparu comme elle. RudistM. Cette circonstance est plus frappante encore dans la famille des rudistes que chez toutes les autres. Les moules intérieurs paraissaient si différents des coquilles elles-mêmes qu'on a pu on faire des genres distincts sous les noms de BiroBtriie et d'/dktJbffosarcoUîhe. En effet, ces coquilles ont deux tests : l'un exiéricur , feuilleté, grossièrement rugueux et très-celluleux, composé de lamelles extrêmement délicates, très-rapprochées, divisant b masse en prismes perpendiculaires aux feuillets; l'autre intérieur, sob-nacré, compacte et \Aus ou moins épais. Or ici, comme dans les Spondyles dont nous parlions tout à Theure, c'est cette dernière substance qui forme la charnière el tout l'appareil cardinal, qui porte lès empreintes musculaires et transmet les caractères que les diverses parties molles de rani-

ANIMAUX INVERTÉBRÉS. bU

mal ont pu imprimer à Tintcricur de la coquille. On conçoit alors que si cet intérieur vient à cire inouïe immédiatement après la mort et la disparition de celui-ci par la matière de la roche environnante, et que plus tard lo test intérieur soit dissous et disparaisse, on n'apercevra plus aucune relation entre le moule et la cavité dans laquelle il se trouve, puisque celleci ne sera plus formée que par le test extérieur celluleux.

Comme, en outre, sous beaucoup de rapports, les rudistes s'éloignent des autres bivalves, Tétrangeté des coquilles, d*unc part, et, de l'autre, celle des moules intérieurs, qui ne se rapportaient plus aux parties conservées, autorisaient en qudque sorte la distinction que faisaient des zoologistes qui n'avaient pas eu occasion d'observer en place les relations des UBs et des autres ni des individus bien conservés.

La difficulté de leur rapprochement était encore augmentée par une autre circonstance qui compliquait singulièrement la question. Dans certaines espèces fort allongées, surtout du genre Hippurite, Tanimal, en vieillissant, s'avançait dans sa coquille laissant derrière lui des espaces vides^ séparés les uns des autres par des cloisons transverses plus ou moins régulières et dont le remplissage ultérieur simulait assez bien les loges et les cloisons d'une coquille droite, telle que les Or^thocératites; aussi ce genre fut-il placé alors parmi les céphalopodes, tandis que cette même disposition, en se reproduisant chez des rudistes à valves contournées en spirales disjointes à peu près dans un même plan, avait fait attribuer leurs moules à des céphalopodes voisins des Ammonites ; c'étaient les IchthyosarcolitheSy qui ont dû être rapprochées des Caprines.

Defrance, qui s'occupait avec un soin scrupuleux des mo- obsemuonn difications et de Télat des fossiles des divers terrains, remar- ^'*^^' quait, il y a 40 ans, que dans les formations secondaires et de transition les acéphales , soit pourvus encore de leur test, soit à l'état de moules ou d'empreintes, se montraient presque toujours avec leurs deux valves réunies, tandis que dans les dépôts tertiaires, si ce n'est dans ceux plus récents des collines sub-apennines, les valves sont presque constamment séparées.

Cette remarque nous parait encore vraie aujourd^boi. Peniêtre alors les eoquillel étaient-elles plus promptement ensereiies dans la vase, la marne on le sable, et soostraites à Finfluence des agents extérieur» avant l'altération complète do ligament et des ronsdes qui maintenaient ainsi assesi lon«rtemps les valves rapprochées. Les bancs de coquilles qni de nos jours s^accumulent au-dessus du niveau moyen de la mer, et qui sont mélangés de sable et de cailloux, présentent aussi très- souvent les valves des acéphales diqointes et séparées, parce qu^dles sont longtemps exposées aux influences atmosphériques.

Le test des ostracées, des Peignes, des Térébratnies et autres brachiopodes est celui qui résiste le mieux aux modifications opérées dans l'intérieur de la terre. On ne le trouve point i Tétat cristallisé, malgré sa tendance a devenir quelquefois très-compacte. Si Ton y ajoute celui des rudistes .trèsporeux, au contraire, et le test extérieur des Spondyles, a<^sez semblable i celui des Huîtres, on aura tous les tests dWéphales qui se prêtent le mieux au changement beaucoup pins complet du test calcaire en orbicules siliceux, et cependant le test des ostracées, des Peignes et des Spondyles d'une part, celui des brachiopodes de Tautre, et en troisième lien celoi des rudistes, offrent des structures essentiellement ditfcrentes et tK's-caractéristiques.

Les tests de structure fibreuse, comme celui des Pinna, des PinnigenQy des Inocérames, se conservent généralement bien ; mais leur extrême fragilité, résultat de cette structure^ fait qu'on n'en a presque jamais des échantillons un peu complets. Il est d'ailleurs privé , dans le plus grand nombre des cas , d*un test ou revêtement intérieur nacré, qui a disparu.

On voit donc combien il est essentiel de bien connaître la structure , la texture et la composition simple ou complexe des diverses coquilles pour se rendre compte des i*ésultats variés de la fossilisation à leur égard.

Nous ne nous étendrons pas davantage sur ce sujet, que nous reprendrons d'ailleurs plus en détail, 'en décrivant les mol-

lusques des divers terrains ; il nous a suffi d'indiquer les principales modifications que présentent leurs parties solides et leurs caractères généraux.

Les bryozoaires, malgré leur extrême délicatesse, se trou* Bryozoaires Tcnt fréquemment dans un état parfait de conservation et dans tous les terrains, soit isolés, soit appliqués sur d'autres corps. Leur petitesse les a souvent soustraits à une destruction plus ou moins complète. Nous ne possédons pas de données particu* lièrcs sur leur composition; mais, dans la plupart des cas, on doit les supposer formés d'une aussi grande quantité de carbonate de chaux que les polypiers pierreux avec lesquels on les avait pendant longtemps confondus. Les parties membraneuses ou d*aspect corné, non solidifiées par du carbonate de chaux, dans certains genres, ont pu disparaître par la fossilisation; mais la netteté des autres caractères, même dans les frenres du terrain de transition, comme les Fenestrella^ permettent toujours de les distinguer. Si les Graptolithes doivent rentrer dans cette grande division, la nature de leur test nous est très-peu connue, quoiqu'on puisse le supposer plutôt membraneux ou corné que consolidé par de la matière calcaire.

Dans la classe des radiaires, les parties solides des échi- nadiairos. nidcs, des stellérides et des crinoides intéressent particulièrement le paléontologiste et le géologue. Nous avons déjà dit que le caractère commun à tous les restes calcaires de ces trois îrrands ordres était de présenter dans la cassure le clivage du rhomboèdre delà chaux carbonatée. Ce caractère, signalé il y a plus d'un siècle par Jean Gesner, est sans exception, et, comme il ne sobserve pas dans les parties correspondantes des animaux vivants ou de l'époque actuelle, il faut admettre que c'est un résultat de fossilisation dû à une structure particulière du test qui prédispose les molécules calcaires à se grouper suivant les lois de la cristallisation propres à cotte substance. Dans les Oursins vivants, le Pentacrinus caimi médusas et les Astéries, les parties calcaires présentent dans la cassure une texture très-finement spongieuse, homogène dans toute leur

étendue, et que nous avons comparée a celle de la moelle Ao. sureau extrêmement condensée ; si Ton se rappelle que nous avons signalé l'analogie probable de la texture des Bélemnilcs avec celle de Pos de la Seiche et surtout du rostre qui est spongieux, mais à fibres entre-croisées, plus ou moins distinctes cl régulières, on pourrait en conclure que cette disposition, observée dans la nature actuelle, est la plus.^propre à faciliter le passage du calcaire à Tétat spathique par le fait même de la fossilisation. En outre, cet état spathique parait s'opposer i U dissolution de ces corps par les agents ordinaires, car on les trouve moins fréquemment à l'état d'empreinte de moules, etc., que les coquilles des mollusques. Échinides. Le test ou la coque des Oursins vivants, ou mieux des Êchinides, est complètement enveloppé d'une membrane épidermique très-mince, de sorte que ce serait plutôt un squelette intérieur qu'une coquille comme chei les mollusques. Celte membrane étant facilement détruite, comme la plupart des substances animales, il en résulte que tous les petits piquants qui y adhèrent, comme ceux plus forts qui s'articulent »ur les gros tubercules et qui sont, en outre, fixés par un muscle quand ceux-ci sont perforés, doivent tomber en mém0 temps. Aussi ne trouve-t-on jamais les pointes ou les baguettes d'échinides fossiles adhérentes au test. Celui-ci en est toujours dépourvu, et c'est tout au plus si, dans quelques cas, on retrouve un certain nombre de baguettes de Cidaris autour ou près du test. Le banc ducoral-rag de Cairte (Wiltshire), où tous les individus d^Hemiddaris intermedia^ Forb., sont encore entourés de leurs baguettes, est un exemple peut-être unique jusqu'à présent. L'appareil ou les pièces cornées de la bouche disparaissent aussi, tandis que les dispositions cloisonnaires, que l'ou observe à l'intérieur de certains genres de scutellidées, per^^istent comme le test lui-même, à cause de leur nature essentiellement calcaire. L'appareil anal, dont les pièces sont èg.> lement calcaires, résiste à la décomposition.

Dans toutes les couches, on trouve donc les baguettes ou piquants séparés de la coque, ordinairement remplie par la ma-

tière de la roche qui en donne ainsi un moule intérieur, tandis i|ue la pâte qui Tcnveloppo en reproduit l'empreinte extérieure. Mais il arriye quelquefois qu'il se manifeste une cristallisation beaucoup plus complète que la spathificatioa générale du test. Chacune des 20 rangées de. plaques hexagonales présente un même nombre de cristaux de chaux carbonatée inverse, disposés symétriquement au dehors et au dedans du test. Ces 20 rangées de cristaux sont> comme les plaques, accouplées deux à deux, et chaque couple est alternativement formé de gros et de petits cristaux. Les rangées de gros cristaux correspondent aux plaques des espaces interambulacraires, et celles iles petits aux plaques desambulacres eux-mêmes. Ces cristaux ne sont pas toujours simples; il y en a de groupés parallèlement à Taxe principal du cristal, de telle sorte qu'à chaque plaque correspond un ou plusieurs cristaux. Quelquefois cet effet ne se produit que sur une portiont du test. Nous l'aTons signalé sur de petits Diadèmes de Tbolithe inférieure et des Py- ^ulus du quatrième étage crétacé du sud-ouest (l), M. Weiss a mentionné aussi des Ânanchytes et des Spatangues présentant les cristaux sur chaque plaque au dedans et au dehors,- et un 'Cmplissage ultérieur par de la siliœ (â).

Dans la formation crétacée et particulièrement dans la craie Hanche, les MierasteryleB Ananchytes, les Galéritos, etc., ont ■iéfort exactement moulés par la matière siliceuse ou silex pyoinaque si répandu dans la masse calcaire. Cette matière s*est [iCroduite le plus ordinairement dans la coque de TOursin par es orifices naturels, sans laisser de trace à Textérieur sur le ourtour dii tc^t, si ce n'est quelquefois un bourrelet près e la bouche ou de Fanus; aussi, ne se rend-on pas bieu >mptG pourquoi la silice, probablement à l'état d'hydrate, e s'est pas répandue davantage autour du test, si ce n'est trce qu'il était complètement enveloppé par la roche et que sa

(1 ) D'Archiac, BulL Soc. géoL de France, i~ série, vol. XIÏ, p. U5; 1841 . (2) Arch, deKanten, vol. IX, cah. i. — Biblioth. univ, de Gmève, I. VI, p. 185.

* cavité était le seul vide oITert à la silice. S'il en a ét^'^aiiisi^rar-

■ rivée de cette dernière serait tout à fait postérieure à renfouiv

sèment de la coque de l'Oursin, et Ton ne comprendrait p

alors pourquoi cette coque n'aurait pas été plus souvent remplie

par la matière même de la roche.

La silice, h TéUit de calcédoine et d*orbicules, a aussi rauplacé plus ou moins complètement le test des écbinides pnr le procédé que nous avons vu appliqué aux coquilles et vu vertu des mêmes forces naturelles. Si Ton plonge dans un acide étendu un Cidaris ou un Salema de la craie de T: Imont, par exemple, pour en enlever le calcaire, il rcstcn un squelette siliceux plus ou moins complet, suivant Tétati^Ub ou moins avancé de la substitution et qui mettra dans tout sf>n jour le mode de développement des orbicules aux dé])ens >^n lest calcaire. On remarquera qu*ici le moule intérieur est foniw par la matière de la roche environnante, qui est un calcain' marneux sans rognons de silex.

Tous les moules siliceux d'échinides que Ton rencontre ^^I^ ' être accompagnés de leur test ont dû en être privés par s\n< de frottements ou d'une destruction mécanique. En place J^im la roche, ils en sont presque toujours pourvus. Dans queltp cas très-rares cependant, où le test a disparu, on remarque i|n< la silice s^était infiltrée dans les interstices des plaques; al'*r après la disparition de celles-ci, le moule se trouve envelf»i«|« d'une sorte de réseau , de linéaments siliceux, Ggurani des hci< gonesplus ou moins réguliers et inégaux. C'est ce que le> 3( ciens oryctognostes appelaient des Échinitesà cellules d*ab€tht'^ stciiérides. Lcs pièces solides ou osselets qui gamissebt les rayon^ consolident le corps des Astéries étant reliées entre elie> |< une bien plus grande quantité de fibres, de muscles et de viwv brancs que celles du test des Oursins, on conçoit qu-à l'-' fossile il est très-rare de les trouver réunies. Les osselets i-^*»*' d'Astéries et des genres voisins sont au contraire assis o«* munsdans les terrains tertiaire et secondaire. Une assise f* sanlc et fort étendue dans le bassin de la Gironde, pare\*ii:)> a même été désignée sous le nom de calcaire à Astéries.

ANIMAUX liNVERTÉBRÉS. 537

Quant aux crinoïdes, qui ont joué un si graud rôle pendant crmoidc». les époques de transition et secondaire, qui sont à peine représentés pendant répoque tertiaire et moins encore dans la nature actuelle, on conçoit que, d'après la solidité et rajustement si exact de leurs pièces calcaires, leur conservation devait être assurée dans la plupart des cas. Aussi en retrouve-t-on des portions très-complètes, soit la tête munie de ses digitations et ramiGcations infinies, soit la tige ou même Fempâtement de la base et des racines sur la roche où elle était fixée. Les articulations détachées des bras et des tiges, Entroqms ou Trocliites des anciens oryctognostes, sont disséminées avec une extrême profusion dans certaines couches : tel est le calcaire noir carbonifère de Belgique, appelé petit granitej Toolithc inférieure de la côte d'Or, désignée sous le nom de calcmre à Entroques^ etc. Quelques Sphéronites siluriennes des environs de Saint-Pétersbourg ofirent un test spathique presque limpide et divisé dans le sens de son épaisseur en prismes à 6 pans, ayant pour base les plaques hexagonales extérieures dont les caractères organiques ont persisté.

Lorsque le test a été dissous, il reste dans la roche des empreintes faciles à reconnaître, surtout celles des faces glénoïdalesdes articulations présentant alors, comme dans les Penta* crincs, une étoile à cinq branches, avec un trou au centre, et dont chaque rayon, strié sur ses bords, a une forme plus ou moins ovalaire, ou bien, comme dans les Apiocrinites, les Rhodocrinites, etc., un disque couvert de stries fines rayonnantes autour d'un point central qui représente l'axe de la tige.

Dans certaines couches argileuses et marneuses, du lias, par exemple, deLyme-Regis (Dorsetshire) et de BoU (Wurtemberg), les restes de crinoides ont exercé une puissiante attraction sur le sulfure de fer (pyrite jaune ou cubique), qui s'est déposé, avec une exactitude et une délicatesse extrêmes, sur tous les fragments organiques disséminés dans la roche, sans jamais s'étendre dans celle-ci. Ainsi, des millions d'articulations de Pentacrines, que Pon peut compter sur la grande plaque du lias supérieur de Boll, récemment placée dans les galeries du Mu-

séum, on n'en voit pas une seule, quelque petite qu'elle soit, qui n'ait été recouverte de fer sulfuré, lequel ne la déborde jamais.

Les Apiocrinites du coral-rag de la Rochelle présentent, dans UuàeÉ leurs parties, une teinte violette très-prononcée. La matière eolomte, étudiée par M. Fremy, est de nature organique, contient de l'anHe^ et vue sous le microscope, après avoir clé isolée de la masse par les acides, offre une véritable atruclurc organisée.

Polypiers. I^s polypiers calcaires, soit simples, smicomposés, sont les restes de corps organisés, qui devaient, toutes choses égales d'ailleurs, très-bien résister à Faction des causes extérieures. La plupart, étant fixés, se trouvaient soustraits aux chocs ou au transport par les vagues, et ils ont dû, cx)mme ceux de nos jours, constituer des masses solides durant leur vie. Pendant certaines périodes et dans certaines localités, on observe des masses de polypiers assez semblables aux iles et aux récifs de coraux de nos mers. Le coral-rag de Pest de la France et du Jura en offre des exemples; néanmoins ceux-ci ne sont pas aussi fréquents qu'on aurait pu s'y attendre, à moins de supposer que, dans beaucoup de cas, les caractères des roches aient disparu, comme nous savons que cela a lieu même dans les masses coralligènes de la Polynésie.

Les polypiers ont été d'ailleurs soumis, comme les autres corps, à des causes de dissolution, de moulage partiel ou total de leurs vides, de silicificatiôn des parties solides par les mèmes^ agents et les mêmes procédés que les coquilles et les radiaires; mais nous ne voyons pas qu'ils aient exercé aucune action sur ta précipitation du fer sulfuré avec lequel ils ne semblent être nulle part en relation directe.

On savait, depuis les recherches d'Hatchett (i), qtie les polypiers consistaient principalement en carbonate de chaux imprégné ou plutôt compris dans les mailles d'un réseaii organique conservant la forme générale du corps après ta dis-

(I) Philos. Transact., vol. XVn.

ANIMAUX II^VERTÉBRÊS. 539

>olntioii du carbonate dé chaux dans un acide, et que par une opération inverse la matière organique disparait dans la fosâilisation et laisse un squelette calcaire que Ton appelle* vull^airemcnt le polypier. D'après les observations plus récentes de M. Silliman, on voit que ces mêmes polypiers vivants renferment 97 à 98 Ô/O de carbonate de chaux et 2 à 5 0/0 de magnésie, de fer, de silice, diacide phosphoriqpe et de fluor. Les axes calcaires de PennaUiles renferment, suivant M. Fremy (i) :

Phosphate de chaux 25»70 16,00

Carbonate de cbani. 44,26 53,57

Matière«orgaiiM|iie soluble dans les acides. . . 1 5,64 1 9,33

^ insoluble.. 16,40 \\,\0

Quatre espèces de Pcnnatules ont donné des quantités de cendres variant de 31,2 à 48 0/0. Ces axes calcaires offrent donc une certaine analogie avec la substance osseuse, contenant une partie organique et une partie calcaire coniposée de phosphate et de carbonate de chaux; mais cette dernière substance fêl plus abondante que dans les os, la matière organique n*a point lescaractères de Tosséine^ et le phosphate de chaux, en moindre proportion que dans les vertébrés, différencie cepen* dant ces corps des polypiers. Â l'état fossile, nous ne connais* (ons point d'axes de Pennatules proprement diLs ; mais d'autres bsez voisins, que noua avons décrits sous le nom de Virgularia ncertaj et dont on a £ait ensuite le genre Graphulaiia^ sont tssez fréquents dans les couches nummulitiques.de Biarritz, du lépartement de l'Ariége, des environs de Castellane, dans le ficaire grossier dé Paris et Targile de Londres. Leur structure tbreusc rayonnée et leur parfaite conservation dans ces diverses )calités peuvent faire supposer que leur inaltérabilité tient à ne composition qui se rapprocherait de l'analyse précédente» Les suivantes sont dues à M. Mérat-Guillot, qui a trouvé dans i corail rouge des carbonates de chaux et de magnésie, réunis,

(f) Loc.nl., p. S91.

ÎM :0110S1TID5 CIIJU4!IE DES FOSSILES.

4«aai MM, P^mk d Fran^ par on cealâème ai?iroa de ixiaijm màwudt H. nJimi% en rouge pur uiie subsUoce peti

Taoqodio aTiit trooTé que b matière colarante rouge <lf certains Madrépores devient iriolette sous rioflneoce des alcalis.

Les tiges cornées des Goi^ones (G. sftosa) ont donné uiv grande quantité d'alumine, de Tacide phospborique, un peu il? carbonate de chaux et 93 0/0 de matière animale; aussi co&çoit-on que les Gorgones (iK les Isis et autres lithq>hytes d'aï*parcnce plus ou moins cornée, n'ont guère de représentant» ^ Fétat fossile, tandis que tous les spongiaires, dans lesqnri* existaient des spicules siliceuses, ont pu donner lieu à ik^ masses formant pour la silice comme des centres d*aiirac^t* et dont les intervalles ont été remplis par la matière de L roche.

(1) Cependant, suivant S. Fremy {loc. cil., 94), la matière orgaiiu|«i«> t't l'axe des Gorgones aurait une grande analogie avec la conddàtmt, swWstifw remarquable par sap inaltérabilité.

APPENDICE. 54i

Enfin les rhizopodes calcaires et les polycistinécs siliceuses, nhi7opo<ip?. constiluanldes masses considérables par leur prodigieuse fécon- p^^ï^»*^"»^' dite, ont pu, à raison de leur extrême petitesse, être conservés dans un grand nombre de circonstances, et par un examen attentif des roches on peut encore les étudier toutes les fois que ces dernières n'ont pas été trop altérées ou modifiées ellesmêmes.

Les éléments constituants des diatomacées, aujourd'hui ran- Waiomacéc*. gées dans le règne végétal, paraissent être principalement le carbone, la silice, la chaux et le fer, puis des traces d'alumine et de magnésie. Cette dernière substance et d'autres en> cure y sont d'ailleurs à l'état de mélange mécanique. La quantité (lu fer est quelquefois très-considérable, comme on l'a vu ; il n*est d'ailleurs jamais uni à la chaux, mais à la silice, et plutôt encore mécaniquement que chimiquement. Suivant M. Ehrenberg (i) cette association serait due ii une action organique qui aurait déposé le métal dans les cellules d un réseau siliceux. Les détails dans lesquels noiis sommes entré relalfvement aux organismes inférieurs {anlè^ p. 354) nous dispensent de nous étendre ici davantage à leur égard.

AppMBdîoe.

Dans les roches anciemies schisteuses, arénacées, désignées Déformation généralement sous le nom de grauvracke, et dans des schistes rossUes. )urement argileux, on observe fréquemment que les moules et es empreintes, surtout des brachiopodes qui y sont le plus répandus, sont plus ou moins déformés, aplatis,' allongés, ou tomme étirés dans un sens ou dans l'autre, repliés, raccourcis ic diverses manières, et rendus ainsi dissymétriques et souvent ndcterminables. Ces effets sont dus à des mouvements ou tasements opérés dans la roche, aux divers clivages qui s'y sont

(1) Académie de Berlin ; mars-mai 1843.

5i2 APPENDICE.

produits et qui nous sont ainsi exprimés par rirrégularité de ces corps. ^

Ces eflels, très-variés, et qui ont été étudiés particulièrement au point de vue mécanique par M. D. Sharpe (l) dans les roches du Pays de Galles, doivent être postérieurs à la disparition du test des coquilles, qui n'aurait pas pu se prêter à ces déformations sans se briser, et cette disparition elle-même n dû aussi précéder la consolidation dernière de la roche. En outre, les clivages ont dû se produire encore avant cette consolidation, sans quoi les moules et les empreintes, au lieu d*clre déformés et d'offrir l'aspect d'une action mécanique exercée sur une substance plus ou moins plastique, seraient rompus et brisés comme l'auraient été les coquilles elles-mêmes^ de sorte que Tendurcisscment de la roche est le dernier phénomène survenu dansTétat de ces anciennes masses sédimenlaires, el c'est ainsi que celui des fossiles peui nous éclairer sur la succession des phénomènes physiques qui se sont produits dans les roches, rouîtes Les phénomènes chimiques et physiques qui ont concouru m^- au métamorphisme des couches jusqu'à un certain degré n*en ou t inorphiques. ^^ toujours pour ccla fait disparaître les traces de corps organisés, et il n'est pas rare d'en rencontrer de très-reconnaissables dans des roches qui ont été modifiées au point que des substances minérales s'y sont développées depuis leur dépôt. M. J. J. Bigsby (2) a réuni sur ce sujet des documents authentiques provenant des systèmes carbonifère, dévonien et silurien des diverses parties du globe, et de 64 exemples cités il conclu que les effets du métamorphisme laissent, dans beaucoup de cas, distinguer les caractères des débris ot^goniques*

On conçoit qu*ici te résultat dépend de Tintensité et de la cause des phénomènes, et que les roches en question n'ont perdu aucun de leurs caractères sédimentaires essentiels. Elles

(1) Quart. Journ. geoL Sac. of Lan don; vol. UI, p. 74, 1847* — V. p. m, ASk9.^ Philos, Transacl. i85!2,4i. 445.

[Tf On the orgauic contents of ihe older metamorphic rocks (Edtnh new PhiL Jourm, N. Sr, avril 1865.)

ont été endurcies, décolorées, quelques substances minérales s'y sont développées sous diverses innuences (mica, talc, feldspath albite, macles, analcime, grenat, cpidote, fer magnétique, etc.);, mais tant qu'il n*y a pas eu dans Farrangement (les molécules de la masse de changements ou de déplacements tels, que la structure générale a pu persister, on conçoit qu'il n'y a pas de raison pour que les traces des fossiles aient complètement disparu. Mais si le métamorphisme a été jusqu'à produire des micaschistes ou des gneiss, on ne doit plus alors s^attendre h en trouver.

Lorsqu'une roche est très-dure, tenace, compacte ou subcompacte, d'une teinte foncée, et que les divers éléments qui la composent, argileux, siliceux et calcaires, sput liés et confondus, la cassure n'y révèle pas toujours la présence des fossiles et encore moins leurs caractères ; mais il arrive souvent alors que les surfaces de la roche exposées depuis longtemps ix l'action de l'atmosphère accusent la présence des corps organisés. Les éléments hétérogènes de la pierre, plus facilement altérables que les fossiles, sont détruits, et ces derniers se dé** tachent en relief sur le fond.

Pour reconnaître les fossiles des roches très-compactes d'où Ton ne peut les extraire mécaniquement, il faut faire subir à celles-ci un poli aussi parfait que leur texture et leur solidité le permettent, et, en humectant ces surfaces polies, on parvient à distinguer tous les caractères organiques qui n*ont pas été dé* truits par la fossilisation. C'est ainsi qu'il y a peu de marbres ou de calcaires compactes, sub-compactes ou cristallins provenant des divers terrains qui, examinés attcntivemeni, ne montrent des corps organisés (polypiers, radiaii*es ou coquilles) dont les coupes se détachent en clair ou quelquefois en foncé sur le fond de la roche gris, jaune^ rouge, violet, etc., et qui sans ce poli resteraient inaperçus*

Dans certaines couches «irgileuscs et marneuses, particulièrement du lias et du terrain houiller, les corps organisés, animaux et végétaux, semblent avoir servi de centre d'attraction pour la formation de nodules arrondis, déprimés, ellipsoïdaux^

de» roriMs

et

dfs roclie<»

compscie».

Fo ^ 1rs

marneux, ferrugineux ou en fer carbonate impur, dont la cassure dans le sens du grand axe met à découvert le fossile (Ammonite, poisson, etc.) ; tels sont les nodules en fer carbonate lithoïde de rOxford-cIay de la Voulte(Ardèclie).. Lorsque l'argile a éprouvé un retrait à Tintérieur, la partie centrale du nodule et le fossile lui-même ont été fendillés en tous sens, comme Jes septaria de Targile de Londres, les plus grandes fentes étant au centre des nodules, et les autres devenant d autant plus délicates et plus espacées qu'elles sont plus voisine:^ de la circonférence, sans toutefois l'atteindre jamais. Souvent ensuite toutes ces fissures de retrait, jusqu'à celles dont la largeur est moindre que l'épaisseur d'un cheveu, ont été remplies par de la' chaux carbonatée d'un blanc pur, sans qu'on puisse apercevoir par où elle a pu pénétrer du dehors et ne laisser aucune trace de son passage (nodules de fer carbonate, lithoïdeet argileux du terrain houillerde Berschweiler renfermant des Amblypterus eurypterygius). Les nodules des grès dévoniens de Banff, en Ecosse, renferment également des poissons.

Empreinte» De même que nous avons appelé empreintes physiologiques physiques. |^g traces de pas d'animaux laissées sur le sable ou la vase humide, et qui nous ont été transmises à travers les siècles, de même nous désignerons par l'expression d^empreintes physiques celles qui sont dues à des effets ou à des causes physiques ou mécaniques, et dans lesquelles les phénomènes organiques n'entrent pour rien. Ce sont les gouttes de pluie (rain drops) y les rides laissées sur le Uttoral par le mouvement des vagues (rippls marks) et les styldithes.

Gouttes Lorsqu'une pluie, dont les gouttes sont assez fortes et bien distinctes, tombe accidentellement sur une surface unie de sable, de vase sableuse ou même de poussière, elle y forme de« empreintes en creux arrondies qui peuvent être préservées en* suite, comme les pas d'animaux dont nous avons parlé, sioetti^ surface vient à être immédiatement recouverte par une couche de sable humide. Par suite de l'endurcissement ultérieur cl de la dessiccation de ces couches, on conçoit que ces empreintes

de pluie.

pourront se conserver indéfiniment. Des traces semblables, dues à celte cause, ont été d'abord constatées par MM. Ch. Lyell et Dawson sur des schistes carbonifères du cap Breton (Nouvelle- Ecosse). On en a observé depuis sur des plaques de grès de divers terrains , qui formaient les plages de sable de ces mers anciennes. Comme toutes les empreintes analogues, elles se présentent en creux sur la dalle inférieure et en relief sur celle qui la recouvre. La forme de ces empreintes, désignées par les géologues anglais sous le nom de rain drops, permet encore de déterminer si la pluie qui les a formées est tombée par un temps calme ou bien était chassée obliquement par le vent dans telle ou telle direction.

On conçoit également que les rides ondulées, que le mouve- RidMimirincs ment des vagues détermine sur un fond de sable submergé et à '*''''''*'""'*'• la surface unie des plages de sables sur lesquelles elles viennent expirer, peuvent être conservées par la même cause. Aussi en obscrve-t-on à la surface des dalles de grès ou des roches arenacces de divers âges lorsqu'elles se délitent en dalles.

Enfin, dans les calcaires compactes ou marneux à pâte fine siyioiithes. ^oit jurassiques, soit crétacés, on a observé depuis longtemps de petites portions de la roche présentant des stries fines droites, parallèles, très-rapprochées, ordinairement perpendiculaires au plan des couches, et auxquelles on a donné en Allemagne le nom de stylolithes, en leur attribuant une certaine importance, parce qu'on leur croyait une origine organique. Mais ce sont simplemeht de petites surfaces de frottement occasionnées par des tassements effçctués dans diverses parties de la masse. On les rencontre non-seulement dans la roche, mais encore à la surface des moules de fossiles qui ont (ié soumis à des frottements partiels dus à la même cause.

§ 6. Végétaux.

La conservation des restes de végétaux à l'état fossile est $ournise aux mêmes lois générales que celle; des restes d'ani-

maux; mais leur. composition différente, et surtout rabsence de matières solides pierreuses constituant ou les éléments d^m squelette intérieur ou ceux d'une enveloppe extérieure simple ou complexe, font que cette conservation n*a pu avoir lieu que dans des circonstances pour ainsi dire exceptionnelles. Elle a aussi produit des résultats fort différents, suivant ces mêmes circonstances; ainsi, ce n*est pas leur grand nombre ni leur accumulation qui ont été le plus favorables à la conservatron de leurs caractères, car alors leur altération a été au contraire plus ou moins complète et a donné lieu à de la houille, du lignite, de la tourbe, etc., substances dont on peut reconnaître l'origine végétale, mais dans lesquelles les distinctions spécifiques et même génériques sont effacées. Ce sont donc encore les troncs isolés ou les empreintes des tiges et des feuilles comprises entre des couches d*argile, de marne, quelquefois de calcaire et de grès, qui peuvent le mieux nous instruire sur les caractères des flores anciennes.

Les empreintes végétales sont d'autant plus parfaites que la matière qui les a reçues était plus homogène, à grain plus fin et plus plastique. Aussi celles qui se trouvent en si grande quantité dans les argiles schisteuses du terrain houiller nous ont-elles transnlis les caractères les plus délicats du réseau vasculaire et des nervures avec une perfection et une exactitude que n'atteindraient ni la gravure ni le pinceau le plus habile. Les empreintes laissées dans des marnes, des calcaires et des grès sont beaucoup moins complètes. Dans aucun cas la matière verte ou chlorophylle n'a persisté; souvent ces empreintes sont colorées en noir par un reste de matière charbonneuse. Dans les calcaires et les grès, elles affectent ime teinte brune ou jaunâtre due à une infiltration d'hydrate de fer.

Dans les argiles schisteuses du terrain houiller, l'cxtrémo finesse de la pâte a permis que la partie inférieure, plus s{>ougieuse, des feuilles de fougères, en fiit en quelque sorte imprégnée; elle a ainsi concouru à l'intégrité de la conservation du parenchyme, l'a consolidé, et toute la substance de ki lame s' est trouvée comme pétrifiée en conservant ses caractères. Aussi ,

dans la cassure, les feuitleU de ces schistes montrent-ils Tenipreinte des feuilles en creux sur Pun des cfttés et en relief sur l'autre.

I Les empreintes de plantes peuvent être encore représentées par do fer sulfuré ou toute autre substance apportée en dissolution dans les interstices de la roche.

Les feuilles des plantes ligneuses monocotylédones et dico« tylédones sont, on le conçoit à cause de leur solidité, celles qui ont laissé le plus fréquemment leurs traces dans les couches de vase endurcie, dVgile, de calcaire marneux ou de sable. Les feuilles de cryptogames vasculaires des temps anciens sont dans le même cas.

les tiges et les branches de ces mêmes plantes ont été soumises à d'autres procédés de conservation. Lorsque aucune circonstance accidentelle ne survient, Taltération d\i bois, si elle se produit au contact de l'air, donne lieu à du terreau par ."^uite du dégagement des gaz; si elle se produit, au contraire, à Tabri de ce contact, la réaction des principes que ces bois renferment peut les faire passer à Tétat de jayet ou de matière charbonneuse, sèche, plus ou moins compacte, fragile, dans laquelle le tissu organique tend à disparaître à' raison de son degré d'altération.

Quelquefois, et par des moyens qui sont encore peu connus, le bois du tronc a été détruit, a disparu, Técorce seule a per-. sislé et le cylindre creux qui en est résulté a été rempli par . du sable, de la vase et autres sédiments qui s*y sont moulés et consolidés comme dans 1-intérieur d'une coquille. Des tiges de monocotylédones ont été partiellement conservées ainsi (Voyez ,

flnté,r*partie, p. 324). ]

Mais, dans ces différents cas, la structure interne des végé- ,

taux a presque entièrement disparu, et, pour nous permettre J'en juger, il a fallu que la nature employât un autre procédé, r(»lui de la pétrification proprement dite, c'est4-dire du remplacement des molécules organiques des tissus et des vaisseauxpar une substance inorganique stable, de telle sorte que les apparences et la disposition de ces mêmes tissus .et vaisseaux

5^8 COMPOSITION CniMIQCE DES FOSSILES.

fussent maintenues et qu'il n y eût de changé que la matière qui les constituait.

Ce sont le carbonate de chaux et surtout la silice auxqueb ces fonctions consenratrices étaient particulièrement résenrées ; le fer sulfuré, le fer carbonate, le cuivre et quelques autres substances métalliques solubles ont concouru à ces effets de minéralisation.

La pétriBcation, phénomène dont nous nous rendons compte plutôt d'une manière abstraite que pour en avoir observé directement la marche, suppose le corps organisé en contact avec une dissolution de silice, de calcaire, de fer sulfuré, etc. Elle suppose aussi qu'à mesure qu'une molécule organique altérée passe à Tétat fluide ou gazeux, elle est remplacée par une molécule de la substance en dissolution et ainsi de suite, de manière que l'arrangement des nouvelles molécules soit exactement calqué sur celui des anciennes. Elles se trouvent alors colorées par quelques restes de celles-ci ou par d'autres substances également en dissolution. Les fruits du NefMidUes tllipticus, et d^autres voisins des Cocotiers et des Pandanus, sont ainsi trouvés changés en fer sulfuré dans les argiles tertiaires de l'ile de Sheppey; les graines de Chara^ des dépôts lacustres des environs de Paris, sont changées en silice ou en calcaire.

Diverses recherches ont été faites sur les procédés de la minéralisation des végétaux. Ainsi M. Gœppert, l^un des botanistes de nos jours qui se sont le plus occupés des plantes fossiles, ayant placé diverses substances animales et végétales dans des eaux contenant en dissolution tantôt de la silice, tantôt du calcaire, tantôt des matières métalliques, a observé qu'au bout de quelques jours ces substances étaient en partie minérahsées. Des plaques minces de sapin, mises dans une dissolution do sulfate de fer, puis exposées à une température élevée pour brûler toute la matière végétale, ont présenté, sous la lentille du microscope, toute l'organisation du tissu ligneux reproduite par le sel de fer.

Mais dans cette expérience il semble que la substance végé* taie a été imprégnée par la dissolution métallique qui s'est in-

VË6ËÎAUX. 5i9

troduile dans les vaisseaux du bois, en a rempli tous les vides, et les parties solides réduites en charbon n'ont pas été remplacées. Ce n'est donc pas le procédé de la pétrification absolue. D'autres expériences, faites sur des matières animales, ont montré comment des enux minérales, chargées de sulfate de fer, peuvent se désoxyder lorsqu'elles sont en contact avec ces matières en décomposition et la pyrite remplacer Toxygène, l'hydrogène et le carbone.

Les eaux de source, et surtout les eaux thermales, contiennent toujours une certaine quantité de carbonate de chaux, de silice, de potasse ou d'autres substances terreuses ou métalliques ; on peut donc présumer que c'est au voisinage d'eaux semblables que les résultats précédents peuvent être attribués, c'est-à-dire la substitution dune matière tout à fait inorganique à cell^ qui constituent les corps organisés, toujours plus ou moins susceptibles de décomposition.

La pétrification ou minéralisation d'un corps ne s'opère point d'ailleurs dans toutes ses parties en même temps ni suivant leur degré d'altérabilité. Ainsi, dans des tiges de Palmier on trouve le tissu cellulaire parfaitement conservé, tandis que toute trace des fibres solides du bois a disparu, et les espaces qu'elles occupaient sont restés vides ou bien ont été remplis par de la silice. Dans d'autres cas, le contraire est arrivé; les faisceaux fibreux sont conservés et le tissu cellulaire a disparu. I.ntin, les uns et les autres peuvent avoir ^té pétrifiés. Dans les bois dicotylédones, les fibres longitudinales peuvent être pétrifiées sans que les rayons médullaires le soient. Les portions silicifiées sont souvent linéaires et dans le sens du bois, ou bien elles se renflent vers la partie médiane.

Suivant M. Ch. Stokes (i), le procédé de la pétrification est successif. Les tiges herbacées peuvent quelquefois offrir les caractères de la silicification des bois. Souvent les vides laissés dans les bois partiellement silicifiés sont tapissés de cristaux de

(i) Transacl. geoL Soe. ofLondon, vol. V, p. 207 ; 1836.— Proceed., ul., ToI. U, p. 418.

quartz hyalin parfaitement limpide entourés de matière charbonneuse, laquelle n'a dû prendre cet état qu'après l'introduction de la silice, puisque ces cristaux ne renferment point de traces de cette poussière noire qui les entoure.'

Des observations intéressantes ont été faites par les auteurs àeWGéologiede la Russie d* Europe (i) sur les relations des végétaux siliciGés avec la présence des minerais de cuivre dans les dépôts permiens. On voit quelquefois le rainerai répandu dans tous les' fibres des bois silicifiés ; ailleurs il se continue à travers les feuilles enfouies dans le sable, le grès ou la marne, et là où il traverse les fibres charbonneuses il est ordinairement à l'état de carbonate bleu. La présence de sels de cuivre dans les végétaux d'un marais tourbeux* du pays de Galles peut servir à expliquer la manière dont se sont déposés ceux du système permien de la Russie.

Dans une couche de terre, la plus inférieure du groupe dePurbeck, et reposant directement sur la pierre de Portland^ dans lile de ce nom, sont des troncs d'arbres silicifiés à Tinlcrieur et dont l'écorce est à l'état de charbon. Ces troncs renversés, brisés, mais pourvus de leurs racines, sont certainement h la place où ils ont vécu ; la terre qui les entoure ne renferme point de silice, et M. Triger (2) suppose que la pétrification a dû avoir lieu avant la formation du dépôt qui les recouvre. Mais cette silicification du bois s'observe surtout en grand aux environs de Pondichéry (3), dans des grès teitiaires ferrugineux, sur beaucoup de points des déserts sableux de rÊgypte et de la Libye et particulièrement sur la route du Caire à Suez, à 7 milles à l'est de la première de ces villes, à 'endroit appelé la forêt pétrifiée (4). Les couches secondaircN qui flanquent à l'ouest les Montagnes-Rocheuses du nouveau Mexique en renferment aussi une prodigieuse quantité.

(1) In4*, p. 154 etlG9, par MM. Murchison, deVerneuil el deKey5»erlin^.

(2) Bull. Soc. géoL de France, 2* sér., vol. XII, p. 723; 1855. (5) Histoire des progrès de la géologie, vol, II, p. 991; 1849. (4) Ibid,,^. 1001.

VÉGÉTAUX. bhi

De ce que certaines plantes et surtout des monocotylédoncs [graminées, etc.) renferment un peu de silice dans leur constitution normale, on ne peut pas en conclure, comme quelques personnes l'ont suggéré, que la silicification de ces bois a eu lien pendant que les arbres végétaient. Une solution de silice Si^seï abondante pour produire un pareil effet, soit brusque- • ment, soit graduellement, eût obstrué les vaisseaux, empêché toute circulation des fluides nourriciers et amené promptement la mort. Ce qui est plus probable, c^est que la précipitation de la silice de sa dissolution dans les eaux envi* ronnantes a pu être déterminée par les acides végétaux que développait la décomposition de ^s derniers dans certaines circonstances données.

Le temps nécessaire à la pétrification ou silicification complète d'un tronc n'est pas connu, mais il semble devoir être très-variable, suivant les diverses circonstances qui accompagnent le phénomène, et, de ce que les piliei^s en bois d'un pont sur le Danube, dont on attribue la construction à Trajan, ne sont trouvés silicifîés, après 1 700 ans, que sur une épaisseur lie 6 lignes tout autour, tandis qu'ils n'avaient point été motliliés vers le centre, il ne s'ensuit pas nécessairement que ce laps de temps soit toujours nécessaire pour un tel résultat (i) ; on pourrait même dire, ô priori, qu'il n'en doit pas être ainsi, car la plupart des bois seraient détruits avant que l'action minùralisante les eût préservés.

Le carbonate de chaux peut aussi remplacer de la même manière les tissus végétaux. M.Stokes cite un morceau de bois (le Hêtre, trouvé dans un aqueduc romain , à Eilsen, dans la principauté de Lippe-Buckeberg, oii le carbonate de chaux a ùié substitué à la matière ligneuse. Une coupe transverse montre ces parties pierreuses irrégulièrement circulaires, d'una ligne et demie de diamètre. Elles se prolongent dans toute la longueur du morceau, soit d'une manière continue, soit ^ous forme de chapelet. On peut reconnaitre'les vaisseaux dans la

(4) Knorr, Recueil des monuments, etc., vol. I, p. 4.

552 COIIPOSITION CIllBilOUE DES FOSSILES.

matière calcaire et même plus di^inctcment que dans les parties non pétrifiées et préservées de l'altération qui a afTcctc les autres. Elles ne contiennent plus d'ailleurs que 9 0/0 de substance organique, le reste étant du carbonate de chaux. Ces résultats sont également donnés par la substitution de la . silice. Dans les houillères de Saint-Berain (Saône-et-Loire), des tiges de Calamités plus ou moins aplaties sont changées eu fer carbonate lithoïde, ou ont été pénétrées de cette substance, car le poli met à découvert les fibres de ces végétaux. Dans les lignitesdeSars-Poterie (Nord) des bois sont changés partie en fer sulfuré, partie en silice. Enfin des bois travaillés, trouvés près du temple de Janus, à Autun, et attribués à Pépoque romaine, étaient en partie pétrifiés et incrustés de carbonate de chaux.

La pétrification proprement dite semble donc s'exercer en même temps sur un certain nombre de points isolés; elle s'arrête ensuite, et les parties du végétal qui n'ont pas été soumises à son action jusqu'à un certain point se détruisent. Le phénomène est en quelque sorte sporadique et n'est pas comparable à la silicification par. les orbicules siliceux; il résulte d'un dépôt local de silice apportée à Tétat de solution, tandis que dans les orbicules il y a un envahissement graduel de toutes les parties d'un corps organisé ; c'est, comme nous l'avons fait vAir (antè p. 486), une sorte de végétation parasite se développant à Tintérieur même du corps qui finit par le déformer et le rendre méconnaissable, en détruisant peu à peu tous ses caractères organiques. II y a donc, dans ces deux résultats de fossilisation opérée par la silice, les différences les plus complètes, car l'un conserve et Fautrc détruit.

Quelquefois les dimensions des parties pétrifiées sont les mêmes dans les deux sens de la coupe. Dans d'autres circonstances, le centre du morceau de bois est complètement pétrifié et les rayons médullaires s*y continuent, sans cependant avoir changé de nature. M. Stokes pense que les vaisseaux ont cerlainement'servi à conduire le suc lapidifiquc, puisque celui-ci en suit les sinuosités. Pour l'auteur, la pétrification n'est pas le résultat d'une altération des tissus, car ceux-ci se montrent

dans un état d'autant plus parfait que la pétrification est plus complète, et cette dernière aurait précédé toute altération de ces mêmes tissus. D'après cette manière de voir, ce ne serait encore que l'imprégnation dont nous parlions tout à Theure ;

lonte la matière végétale des tissus et des vaisseaux doit subsister; les vides seuls occupés par les fluides et les gaz auraient êlc remplis.

On pourrait donc distinguer, dans la fossilisation par la si-r lice, trois opérations très-différentes : Yimffrégnaîion qui laisse persister la matière organique, la sttbstittUion par laquelle celle-ci est remplacée sans que tous les caractères organiques cessent d'être appréciables , V élimination qui fait disparaître toute trace d'organisation en même temps que la matière organisée elle-même, et jusqu'à la forme du corps, qui devient méconnaissable. Nous ne connaissons encore ce dernier eiTet que sur certains produita calcaires des animaux invertébrés.

Les traces de Fougères qu'on observe dans les schistes liouillers de la Tarentaise et particulièrement de Petit-Cœur sont on une substance blanche, à éclat nacré, rapportée à la nacrite. Kous ne sachions pas qu'aucune analyse ni recherches particulières aient été faites à son égard, et cependant il serait inté ressant de connaître les causes de ce singulier métamorphisme, les schistes noirs, endurcis,un peu luisants, qui lesirenferment, nayant guère attiré Tattention que sous le rapport de leur âge si discuté et si peu discutable, à moins de nier le principe même de. la science qui nous occupe.

Quoique les recherches de Walch datent de près d'un siècle, uous ne voyons pas qu'aucun auteur ait réuni un aussi grand nombre de faits relatifs à la pétrification ou fossilisAion des végétaux. On peut encore aujourd'hui consulter sur ce sujet le commencement du tome 1" et surtout le chapitre premier iu tome III de son grand ouvrage dont les planches mêmes wnt fort instructives (Voyez anté, T*" partie, p. 112).

Quant à ce que Ton appelle des dendrites^ auxquelles les an- :iens oryctognostes attachaient une certaine importance, ce sont les inOltrations de manganèseou de fer entre les pores, les fentes

ou les fissures naturelles de la roche et qui liront qu'une fausse apparence de végétation ressemblant plus ou moins à celle des mousses ou d'autres cryptogames, d'où le nom d'Arborisatious qu'on leur a donné, parce qu'elles rappellent aussi Faspect de forêts en miniature. Walch, qui connaissait très-bien leur véritable origine, n^en a pas moins jugé utile de donner un trô>grand nombre de dessins qui sont les planches que Knorr avait fait exécuter avec beaucoup de soin, et qui ont été placées au commencement de leur ouvrage. Les Dendrolithes ou UthodendroÊi étaient les désignations particulières des bois pétrifiée, et les Lithoxylon étaient des fragments de bois pétrifies.

Enfin les Fucoules sont des empreintes o.u des traces végétales, en rameaux aplatis, souvent dichotomes, ne présentant, le plus ordinairement, aucun caractère suffisamment prononcé pour être reconnues même génériquement, ce qui n'a pas cmpcqhé, pendant 25 ans, bien des géologues de croire quMU avaient déterminé l'âge de cert'iines couches tertiaires, placées par eux dans la craie, par cela seul qu'ils y avaient observé des Fucoldes.

Appendtoe.

Recherche Daus cc qui précède, nous avons considéré les résultats de raroïc '^ fossilisation par rapport à la composition générale des corps organisés ; mais il était, on le conçoit, possible de n'envisager dans ces corps qu'un de leurs éléments constituants et de suivre SCS modifications, et surtout la marche de son élimination dans les diverses circonstances de temps et de lieu auxquels ils ont été exposés. C'est en eflet ce que M. Dclesse (l) a exécuté pour l'azote, avec beaucoup de soin et de talent d'analyse, et nous reproduirons ici quelques-uns de ses résultats les plus essentiels

(1) Recherches de Vazote et des matières or0nique$ dans lécorce Urrestre. {Ânn. des mines, 5* sér.^vol. XVII^ p. 151 ; 1860.)

APPENDICE. bbb

(|ui se i-apporfèot directement au sujet que nous venons de traiter dans ce chapitre.

L'osséine, qui donne de la gélatine par sa dissolution dans Teau ^ninuiux. chaude, renferme 180/0 d*azote ou 54 millièmes, et elle entre elle-même pour 30 0/0 dans la composition normale des os en f^'êncral. Dans ceux des oiseaux, elle peut descendre à 25 0/0, tandis qu^elle augmente beaucoup dans les os de poissons. Intimement unie au phosphate de chaux, elle est insoluble dans l'eau à froid et résiste longtemps aux agents de la fossilisation.

M. Delesse, ne considérant que Tazote dans toutes ses analyses, exprime sa quantité en millièmes.

Ainsi le crâne humain fossile de la montagne volcanique de la Denise, près du Puy, renfermait 18,046 d'azote; les os humains de la caverne d'Aurignac, recueillis par M. Lartet, 13,63, c'est-à-dire plus que les ossements celtiques de Meudon, 11,14.. lu os humain du tumulus de Panassac, qui ne remonte qu'à OOUans, n'a présenté que 10,34 d'azote. Le test calcaire nacré à'Unio trouvé dans le voisinage avait été complètement dis- sous, ne laissant que Tépidcrme noire intact par suite de sa composition difTérente, Dans un crâne humain du Brésil, trouvé dans un conglomérat coquillier marin, il n'y avait plus que 1 ,64 d'azote.

Dans les dépôts quaternaires, les résultats sont très*varia* blés, suivant les circonstances et les localités. Ainsi, des os de Cheval, de Bœuf^dcla brèche osseuse de Ver (Oise), ont donné 10 d'azote, tandis que des os de Megatherium n'en ont offert* que 0,89, et des plaques de Glyptodon, 0,61. Des os deïUrsus spelasm de la grotte d'Osselles (Doubs) ont donné 0,89, mais dans d'autres conditions ils ont offert à Marchand jusqu'à 1 6 0/0 de matières organiques.

Pour les os dePalœotlierium tertiaire du gypse, la proportion d'azote s'est trouvée réduite à 0,41; pour ceux d'une Tortue tertiaire moyenne du département de l'Allier, à 0,35; pourceux d'un Rhinocéros des faluns, à 0,19, et pour ceux d'ilipparion de Pikenni, près d'Athènes, à 0,12, quoiqu'il fût certainement moins ancien que tous le3 précédents4 Des côtes de Lamantin

changées en phosphate de fer, et provenant des fiiluns, ont donné 0,21 d'azote, à peu près comme les os de Rhinocéros de la même localité; celles provenant des sables supérieurs de Jeurrc, prèsd'Élampes,0,i2 seulement. Dans les os de sauriens jurassiques, la quantité ne dépasse pas 0,16.

Les dents contiennent moins de matière organique que les os. Ainsi une défense d'Éléphant vivant a présenté 35,71 d^azote; une d'Éléphant de Sibérie, 31,95, ou 89 010 de ce quMl devait y avoir à l'état vivant ; une dent d^Hyxjia spelxa bien conservée, provenant d'une fente dans le calcaire grossier d'Anvers, 26,95; l'ivoire d'une molaire d*ÉIéphant de Sibérie, 15,95, et l'email, 2,97.

Les dents de vertébrés des dépôts quaternaires des vallées contiennent beaucoup moins d'azote que celles des cavernes et des brèches osseuses. Des dents de Carcharodon des couc})es tertiaires de Malte en renfermafent 0,42 ; celles de la base du calcaire grossier, 0,16; une défense de Mastodonte de Sansan, 0,13, comme la partie éburnée d'une molaire du M. angustidens des sables tertiaires de la Garonne supérieure ; d'autres ont donné 0,19, 0,14. Les défenses de proboscidiens des couches tertiaires moyennes du bassin de la Garonne sont bien conservées, dures, pesantes, tandis que celles des dépôts quaternaires sont blanches, légères, friables. Pour les défenses comme pour les dents, la quantité d'azote devient très-faible au-dessous du terrain quaternaire, restant inférieure à un demimillième. Dans la couche à poissons (bone bed) de Ja base du lias d'Oberbronn, les dents ont donné 0,84.

Un bois de Cervus megaceros a encore offert 28,07 d'azolc, tandis que celui d'un Cerf de la même époque n'en a plus donné que 0,51; la carapace d'une Tortue de l'étage des lignites, 0,33.

Dans les coproUthes, la quantité d^azote varie suivant les animaux qui les ont produits. Ceux des oiseaux aquatiques qui se nourrissent de poissons sont surtout riches en azote et en ammoniaque. Le guano du Pérou en contient jusqu*à 157,3. La moyenne de quatorze analyses de guano des îles Chincha,

donl nous avons déjà parlé {aniè^ p. 383), a présenté 142,90 d'azote. Il y en a 97,40 dans celui de la côte d* Afrique, et 50,50 dans celui de Chauve-Souris des grottes de TAIgérie. Les co* prolithes d'Hyène de la brèche osseuse d'Auvers ont donné 2,10; celles du diluvium sableux de Ver (Oise), 0,86; des coprolithes des marnes supérieures du calcaire grossier de Passy ont présenté 0,73 ; celles de reptiles da tourtia de Tournay, 0,37; du muschelkalk de ChaufTontaine , 0,33; des pois* sons du grès rouge d'Oberlangnau (Bohème) jusqu'à 16 et même 22, suivant M. Staneck, ce qui serait tout à fait exceptionnel.

La nature et le gisement des coprolithes, poursuit M. Delesse, Font varier beaucoup Fazote qu'ils renferment ; mais généralement il diminue à mesure qu'on descend dans la série des terrains.

La chitine des crustacés et des insecles, substance si inaltérable, comme on Ta vu, ne renferme point d'azote (ântèy p. 516).

Parmi les coquilles, la partie nacrée des Huîtres vivantes contient 2,2 de matière organique, la partie feuilletée extérieure, 6,27 et 4 millièmes d'azote. La partie nacrée résiste très-bien, comme on sait, à la fossilisation. Dans des Huîtres de l'argile de Kimmeridge, Tazote est réduit à 0,06 mill. et devient presque inappréciable dans desostracées plus anciennes. L'encre de Sèche n'est point altérée, comme on sait, puisqu'on a pu employer encore celle du lias, qui a montré les mêmes propriétés que celle extraite des espèces vivantes, ce qui serait dû à sa grande richesse en carbone.

(P. 221). On sait que les cryptogames les plus inférieurs végéuux. renferment ime grande quantité d'azote, se rapprochant même, sous ce rapport, dit M. Delesse, des matières animales. Ainsi le champignon comestible, Agarieu$ eampestris^ cultivé aux environs de Paris, donne jusqu'à 45 millièmes de ce gaz. Les conferves et certains végétaux microscopiques en donnent même davantage. Mais il y en a moins dans les cryptogames qui ont produit les combustibles fossiles. Parmi les plantes qui produise

sent plus particulièrement la tourbe, Tune des mousses, Hypnum triquetrtm^ a présenté 7,44 d'azote; le Roseau, Arundo phragnitesy 9,61 . Les feuilles d'arbres dicotylédones en renferment plus que le bois ; les feuilles de Chêne, 1 i ,75; de Hêtre, 11,77; le bois de Chêne, 5,40, 6,87 et 7,40.

La densité des feuilles de fougères arborescentes est plus grande que celle du bois de nos climats,et la densité de leur bois peut devenir égale à celle de la houille. Les feuilles de fougères sont aussi riches en azote : 14,59 et 13,92, c'est-à-dire qu'elles en renferment davantage que nos arbres des forêts, tandis que leur ligneux n en renferme que 1,77; dans lès racines, il était de 6,26, proportion intermédiaire entre celle des feuilles et du ligneux. Les lycopodiacées de Taiti ont offert de 11 à 7 millièmes d'azote, et en ont ainsi autant que les mousses qui forment la tourbe.

L'azote tend à diminuer dans les combustibles des divers terrains en raison de leur âge; mais il y a beaucoup d'exceptions, dues à l'origine de la matière végétale. Ainsi les lignites formés par des bois en renferment moins que le charbon du terrain houiller. Dans ce dernier on en a constaté 12,50, 8,80, 4,iO, et dsh:is l'anthracite il y en a encore quelques millièmes. Les combustibles fossiles s'enrichissent de carbone avec l'âge et la fossilisation ; la densité augmente également, tandis que l'oxygène, l'hydrogène et Tazote diminuent.

La quantité d'azote plus grande dans la tourbe, le lignite, et même la houille, que la moyenne des bois actuels, prouve que ces combustibles sont dus à des feuilles. Dans la houille et même dans l'anthracite il y en a plus que dans les bois des fougères arborescentes.

Le dosage de l'azole d'un combustible fossile pourrait donc jusqu'à un certain point indiquer son âge et son origine, malgré de nombreuses exceptions, et de même, chez les restes d'animaux, dans «une classe donnée et dans des circonstances comparables, la diminution de l'azote est en raison du temps écoulé.

liC premier tableau que M. Delcssc a placé à la An de son

mémoire présente les résultais de 102 analyses de parties d'animaux .et de végétaux, dont Tazote est exprimé en millièmes ; sur ce nombre il y a 33 analyses d'os, 1 8 de dents, de défenses ou de bois de ruminants, 11 de coprolithes, 7 de mollusques et 53 de végétaux ou de combustibles fossiles.

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