POLOGNE ET SILÉSIE
varices et surtout par son oran ouvrage, qui les résume toutes et parut en 1837 (1).
Si du bassin de la Vistule nous passons dans celui de l'Oder supérieur, nous verrons que, dès Je commencement du xvu® siècle, C. Schwenkfeld (2) donnait un catalogue des plantes et des fossiles de la Silésie; Th. Kretschmer (5) traitait des montagnes et particulièrement de celles des Sudètes au point de vue minéralogique; J. Prœtort (4), du Riesengebirge, &insi que de Charpentier (5); G. A. Volkmann (6), dans sa Silesia subterranea, a fait connaître le gisement d'un certain nombre de pétrifications. On peut encore citer les lettres de Züllner (7) sur la Silésie, Cracovie, Wielikska et le comté de Glatz, ainsi que les voyages exécutés en 1791, et l'ouvrage de Raumer sur la Silésie inférieure (8).
L. de Bueh a donné un essai d’une description minéralosique des environs de Landeck, petite ville située à trois lieues au sud-est de Glatz (9). Le traducteur regarde ce petit ouvrage comme le meilleur travail de minéralogie géographique qui ait été publié en Allemagne, L'auteur, dit-1, ne décrit pas les différents objets en suivant l'ordre dans lequel 1l les a observés
(1) Polens Palæontologie, 4.
(2) Srirpium et fossilium Silesiæ Catalogus, ete., in-4. Leipzig, 1600.
(5) Mineralogia montis gigantea, Kurxe Beschreib. d. bekannten Bergarten, ete., in-4. Wittenberg, 1665.
(4) Schlesischer Rübenxahl, oder Beschreib. d. Riesengeb. in Schlesien, in-S, 1668; — in-19, 1683.
(b) Beiträge +. geognost. Kennin. d. Riesengebirges, in-4. Leipzig, 180%.
(6) Silesia subterranea, Schlesien mit seinen unterirdischen Schütren, in-4. Leipzig, 1820.
(7) Briefe über Schiesien, Krakau, Wielikska u. die Grafsch. Glutz uuf einer Reise im Jahr. 1791, in-8. Berlin, 1792-95. — Kundmann, Promptuarium rerum naturalium et artificialinm Vratislaviense, in-1. Beslau, 1726.
(S) Gebirge von Nieder-Schlesien, 1819.
(9) Mém. de minér. et de géologie, vol. L. Lyon, 1817. —Versuch einer Miner. Beschreib. v. Landeck. In-% avec earte. Breslau, 1797. — Journ. de phys., vol. XLVIE, p. 154. 1798. Cette dernière analyse donne une idée plus exacte et plus complète du travail.
CENTRE ET NORD DE L’'ALLEMAGNE, 127 pendant son voyage; mais après avoir bien étudié le terrain et saisi lui-même l’ensemble formé par les masses minérales qui le composent, il fait successivement l'histoire de chacune de ces masses, c'est-à-dire qu'il décrit la nature, la structure, l’étendue et la position respective de chacune d'elles, et, de cette manière, donne vraiment l'idée de la constitution minéralogique de la contrée. La préface de de Buch n’est pas moins judicieuse, lorsqu'il distingue les méthodes de descriptions géographiques, géognostiques et oryetognostiques et qu'il donne la préférence à la seconde, la seule qui, en effet, réponde au but que le géologue doit se proposer.
$ 5, Centre et nord de l'Allemagne,
Pour exposer les idées et les faits qui se rattachent à la connaissance des fossiles du centre et du nord de l'Allemagne proprement dite, il serait assez difficile de suivre une marche exclusivement géographique et par pays; elle n'aurait d'ailleurs qu’un très-médiocre intérêt, parce que les ouvrages iconoeraphiques ou représentant des restes de corps organisés sont moins nombreux et moins importants que ceux dont nous avons parlé jusqu'à présent: aussi préférons-nous indiquer d’abord les premières pensées qui ont germé dans l'esprit des naturalistes même avant la Renaissance, mentionner ensuite quelques observations du xvi° siècle pour arriver enfin aux théories plus importantes du milieu et de la fin du xvm°. Nous nous oceuperons après des publications iconographiques et des deseriptions locales de la même période.
Celui que l'on a nommé à juste titre l'Aristote du moyen âge, Albert le Grand, n'avait pas méconnu, comme on l'a fait souvent depuis, l'origme véritable des fossiles, Dans son chapitre vm, de Lapidibus, il s'occupe des différentes pierres représentant des empreintes ou des traces d'animaux, et suit en cela, comme en beaucoup d'autres points, l'école d'Avicenne,
Albert le Grand,
Agricola.
Leibnitz,
George Aoricola où Bauer (1), né à Glaucha, en Misnie, en 1490 ou 1494, et regardé comme le père de la métallurgie, au xv° siècle, n'était point étranger non plus aux sciences naturelles. Il possédait également bien les auteurs anciens, et rappela qu’on avait regardé le Daphnia de Pline comme désienant des coupes transverses de Nummulites. Il a donné le nom de Bélemnites aux fossiles que lon à depuis continué à désigner ainsi, et il a repoussé l'assimilation qu'on en avait voulu faire avec le lyncurium de Pline.
N'ayant point à nous occuper de la théorie physique de la Terre proprement dite, nous ne rappellerons le nom de Leibnitz qu'à cause des fossiles qu'il a mentionnés dans plusieurs parties de sa Protogæa et des opinions qu'il professait à leur égard, Une première esquisse de ce livre célèbre fut insérée dans un journal de Leipzig en 1693, mais il ne fut publié en entier que 56 ans après la mort de l'auteur, en 1749, l'année mème où, par une singulière coïncidence, parut la Théorie de la Terre de Buffon.
Leibnitz, en signalant les restes de poissons des schistes euivreux d'Eisleben et d'Osterode (Saxe), les compare tous à des espèces vivant encore dans les eaux douces ou dans les eaux marines. [l rappelle que Walerius Cordus, médecin d'Hildesheim, qui passait pour avoir fourni à Agricola beaucoup de renseignements sur les fossiles du nord de l'Allemagne, en a recueilli d'assez nombreux dans les diverses exploitations du Hanovre, des environs d'Hildesheim, d'Alfeld et sur les flancs du Harz, [ne doute nullement d'ailleurs de leur origine organique. Il donne des figures d'Ammonites que nous connaissons aujourd'hui pour caractériser le muschelkalk, les calcaires
Jurassiques et la craie, fossiles qu'indiquait déjà Lachmann
dans son Oryctographie d'Hildesheim. I représente également les dents de Squales désignées sous le nom de Glossopètres et qu'il attribue fort bien à des poissons, On leur croyait alors
(1) Voy. son Traité de la nature des fossiles, m-8. Wiltemberg, 1612 (en latin).
CENTRE ET NORD DE L'ALLEMAGNE. 129 des vertus particulières et surtout des propriétés médicmales. Aussi en voyait-on qui étaient enchàssées dans des montures en or ou en argent que l’on portait au cou, comme des préservatifs de certaines maladies ou contre de prétendus maléfices.
Les Bélemnites dont parle aussi Letbnitz sont bien les corps que nous désignons ainsi, mais qui ne peuvent pas plus représenter Les dactyli Idæi de Pline que son lyneurium (antè, p.11). Le célèbre philosophe allemand s’est encore occupé de là recherche d'ossements fossiles enfouis sous les stalagmites de la grotte de Baumaner, de celles de Scharzfeld, et mentionne les coquilles rencontrées dans les couches profondes d'un puits creusé à Amsterdam jusqu'à 76 mètres. On remarquera d’ailleurs que la fin de la Protogæa est assez faible relativement au commencement, et peu digne d’un aussi grand esprit.
Il semble que ce soit à Lehmann (1) que l'on doive, en Allemagne, la première distinction rationnelle et générale que nous avons faite en commençant ce Cours, entre les roches dites primitives, cristallines et sans fossiles, qui constituent les éléments de la croûte originaire du globe, et Les roches secondaires, celles qui ayant été déposées ensuite, au sein des eaux, avec les débris des précédentes, renferment des restes de végétaux et d'animaux. Cette division fondamentale dans la science, qui complète celle non moins importante qu'un siècle auparavant Sténon avait indiquée (antè, p. 18) et qu'Arduimo appliquait vers le mème temps (1759) aux Alpes secondaires du Vicentin, du Véronais et du Padouan (antè, p. 50), reposait sur de nombreux faits que Lehmann avait puisés dans lexamen attentif des roches carbonifères et cuprifères des pentes du Harz et de l'Erzgebirge. On peut les résumer ainsten allant
(1) Geschichte des Flôtzgebirge, Essai d'une histoire naturelle des couches de la terre. Berlin, 1796. — Ou Essai sur les montagnes à couches, lraduct. française par d'Holbach, 1799. — Entwurf einer Mineralogie, in-8. Berlin, 41758. — Untersuchung der sogen. Verstein. Kornühren u. Stangengr. v. Frankenberg in Hessen, in-%. Berlhm, 1760. — Problema de petrefaclo incognito noviler invento. (Nov. comm. Petrop., vol. \, p. 4, 29, 480.)
Lehmann.
Fuchsel.
150 CENTRE ET NORD DE L'ALLEMAGNE, de bas en haut, inversement à l’ordre naturel, mais en suivant celui que les anciens auteurs adoptaient généralement alors.