‹ Introduction à l'etude de la paleontologie stratigraphiqueChapitre 17 sur 63 · T'AS SCANDINAVIE · texte numérisé non relu

T'AS SCANDINAVIE

l’on voit cités un crâne et une dent gigantesque provenant aussi d'Islande, et d’autres ossements déterrés en Norwége, et le voyage de de Bucb (1), n'ont pas plus d'intérêt à notre point de vue, tandis qu'en Suède, dans cette région de l’Europe déjà si avancée vers le nord, les connaissances paléontologiques ne sont pas demeurées en arrière des autres sciences, qui y avaient été cultivées de si bonne heure et avec tant de succès.

Après Wendius (2), Swedenborg (3) publie une lettre sur les pierres figurées de la Suède; Bromell (4), dans la seconde partie de son ouvrage, signale entre autres fossiles le petit genre de tilobites désigné plus tard sous le nom d’Agnostus et ces corps toujours assez énigmatiques désignés sous celui de Graptolithes. Linné admettait, comme les anciens, la liquidité originaire du globe, mais le reste de sa cosmogonie est peu digne d'un esprit aussi éminent. Il connut seulement un petit nombre de fossiles, parla des trilobites sous le nom d’Entomolithus paradoæus (5), signala d’autres débris organiques observés dans ses voyages, mais sans en faire l’objet d’une étude spéciale.

J. G. Wallerius (6) a donné une dissertation sur les traces du déluge universel, a traité de l'origine du monde et de la terre (7), et s’est occupé des coquilles récentes de la côte d'Ud-

(1) Reise durch Norwegen und Lappland, in-8. Berlin, 1808.

(2) Examen suecici lapidis qui anno superiore miris superbire figuris dicebatur, in-4, 1701.

(3) Epistola de lapidibus figuratis Sueciæ (Nova Lit. Suec., p. 192, 1721).

A liter. Sueciæ, 1725-1726. — Specimen II telluris Suecanæ petrificata lapidesque figuratos varios exhibens, ete., tb., 1727, passim. 1729-1730. — Mineralogia et lithographia Suecana, in-8. Stockholm et Leipzig, 1740.

(b) Syst. naturæ, Lugd. Batav., inf, 1739.—Amaænitates academicæ, 1728. — Corallia balthica, præsentata a Henric. Fought, Upsal, 1745. — Oelands ka och Gothlandska Resa. Stockholm et Upsal, 1756.— Reise durch Oeland und Gothland, in-8. Leipzig, 1756, etc, etc.

(6) Mineral-Reich, n-8. Stockholm, 1747. — Éd. allem., 1750. — Ed. franç., 1798.

(7) Diss. observationes mineralogicæ ad plagam occidentalem sinus Bothnici factæ, in-4, 1752.

SCANDINAVIE. 149 devalla (1), qu'Alex.Brongniart a décrites de nos jours. Fought (2) a fait connaître les polypiers du terrain de transition de l'ile de Gothland, dont Linné avait déjà parlé, et Brünnich (5) s'est également occupé des trilobites.

J. A. Gyllenhal (1), de son côté, a signalé de nouvelles formes de radiares depuis longtemps figurées (5) et constituant aujourd'hui Le type des Cystidées. J. 4. Dœbeln a décrit et représenté des ossements gigantesques, probablement d'Éléphant trouvés en 1755 à Falkenberg, dans la province d'Halland (6).

G. Wahlenberg (7) a traité plus tard, d'une manière beaucoup plus spéciale, des trilobites de ce pays, qu'il désigne encore sous le nom d’'Entomostracites, puis des autres fossiles de transition de l'ile de Gothland, de la Westrogothie, de ceux de la craie de Scamie, ete. L'auteur à décrit en même temps les divers systèmes de couches qui composent les dépôts sédimentaires anciens de la Suède. Ce sont, de bas en haut : 1° des schistes alumineux et calcarifères, caractérisés par certaines formes de trilobites; 2° des calcaires puissants remplis de fossiles, et surtout d’Orthocératites et de trilobites de grandes dimensions; 9° des schistes argileux différents de ceux de la base, dépourvus de calcaire et de crustacés. Wahlenberg pense qne les principalesformes de trilobites affectent chacune un gisement particulier, et qu'elles représentent ainsi des époques différentes.

(1) Diss. colles ad Uddevalliam conchacei, m-4. Upsal, 1764

(2) Amænitates academicæ, 1745.

(3) Kiæb. Selsk. skrivt. nye Saml., p. 392, 1781.

(4) Kôngl. Ventsk. acad. Handl., p. 239-261, 1772.

(5) Tilas Ex acad. Handl., pl. 11, fig. 18, 1740.

(6) Act. Ac. natur. cur., vol. V, pl. à.

(7) ET Per Sn in-4 avec 4 pl. (Nov. acta reg. Soc.

Upsal, vol. VII, p. 1, 1821. — Voy. aussi J. F. L. Hausman, Reise durch Skandinavien in den Juhren, 1806-1807, in-8 avec pl. et cartes. Gættingen, 1811-1814.

Auleurs anciens.

$ 7, Russie.

Considérons actuellement les recherches qui, dans l'Europe orlentale et dans le nord de l'Asie, appartiennent à la période de l’histoire dont nous nous occupons. Le caractère paléontologique le plus frappant de ces immenses surfaces, celui qui leur a donné une véritable célébrité, qui a depuis un siècle et demi appelé l'attention d’une multitude de naturalistes, e’est la présence, sur une infinité de points, de débris de grands mammifères pachydermes, particulièrement d'Éléphants et de Rhinocéros, enfouis dans les dépôts superficiels des vallées.

Dès 1696, H. W. Ludolf (1) mentionnait l'Éléphant-mammouth de Sibérie; Tatischew (2), Breyn (5), Cartheuser (4), Laxmann (5) s’en occupèrent également, mais au point de vue z00logique; les matériaux qu'ils avaient sous les yeux étaient rapportés par les voyageurs ou les marchands qui faisaient le commerce de l'ivoire fossile, c’est-à-dire des défenses d’Éléphant, que lon exploitait en quelque sorte sur les bords des grands fleuves.

De Strahlenberg (6) a montré comment les os étaient mis à

(1) Grammalica russica, una cum breui vocabulario rerum naturalium, p. 92, in-8. Oxford, 1696. Nota prima de Elephante mammonteo sibirico rite determinato.

(2) Epistola ad Benxalium de MamontowaKost, 1. e. de fossilibus bestiæ Russis Mammont dictæ. (Act. lit. Suec., vol. IT, p. 36).— Ossa subterranea fossilia ingentia ignoti animalis e Siberia adferri cæpta, in-#, Stock holm, 1725.

(3) À description of some Mammoths bones dug up in Sibiria, etc. (Philos. transac., vol. XL, p. 39, 1737). D'après Messerschmidt.

(4) De Mammuih Russorum, in-4. Francfort, 1744, — Bibl. acad., Freyberg, n° 346.

(b) Siberische Briefs herausgegeben v. A. L. v. Schlüxer, n-8. Gættingen et Gotha, 1769.

(6) An Historico-geog. description of the north and eastern parts of Europa and Asia, etc., p. 405, in-#, avec carte et pl. Londres, 1738. — Ed. originale, Stockholm, 1730. — Traduct. française, 2 vol. in-12. Aim-

RUSSIE. 151 découvert lors des mondations, Il cite un squelette déterré près du lac Tzana, entre l'rtysch et l'Obi, une tête entière à Toumen, sur la Toura, et entre Tomsk et Kafnetsko. Suivant Billing (1), certaines iles de la mer Glaciale, entre l'embouchure de la Lena et celle de l’Indighirska, sont formées de sable, de glace et d'une multitude prodigieuse d'ossements, de dents, de défenses, ete.

J. Georges Gmelin (2), qui, en 1755, avait été attaché comme naturaliste à l'expédition de Bering, envoyée par l'impératrice Anne dans la Sibérie orientale, fit connaitre le gisement de ces grands mammifères le long des rives et à l'embouchure de la Lena et de ses affluents. Le ezar Pierre avait ordonné, en 1729, que l’on recherchàt avec soin le corps de l'animal d'où provenait ce que l’on appelait alors des cornes de Mammont, et, l'année suivante, Spiridion Portniaghinne informa la chancellerie d'Iakoutsk qu'en allant d'Oustiansk à la mer Glaciale, à 50 lieues environ de celle-ci, il avait trouvé, dans une couche de tourbe, une tête de Mammouth avec les cornes séparées, et la tête d'un autre animal différent. Ces premières indications furent suivies d'autres recherches qui amenèrent la découverte, dans des conditions semblables, de beaucoup de restes que Gmelin n'hésita pas à rapporter, Les uns à l'Éléphant, et les autres à un animal moins grand, qu'il supposa voisin du Bœuf. Il pensait que ces animaux, pour éviter quelque danger, avaient dù fuir vers le nord, où ils seront morts de faim et de froid, et que d'autres avaient été noyés par des Inondations qui les auront transportés, puis déposés là où on les trouve aujourd'hui. Amelin mourut en 1795, avant d’avoir publié la plupart de ses recherches, et ses nombreux manuscrits, déposés à Saint-Pétersbourg, ont dû être utilisés par ses successeurs, et surtout par Pallas.

sterdam, 1757. C'est une mutilation de l'ouvrage primitif; De Strahlenberg élait un officier suédois fait prisonnier à la bataille de Pultawa.

(1) Voyage, traduit par de Castera, vol. 1, p. 181.

(2) Reise durch Sibirien, 4 vol. in-8. Gættingen, 1751. — Trad. franç, par de Keralio, vol. Il, p. 32, m-12. Paris, 1767. — Vox. aussi : Tilesius, Mém. de l’Acad. i. de Saint-Pétersbourg, vol. V, p. 423.

Pallas.

Éléphants et Rhinocéros.

Ce dernier, à qui ses travaux sur la Russie d'Europe et la Sibérie ont fait un grand renom, possédait certainement toutes les qualités nécessaires au naturaliste voyageur, et, comme il n’était pas moins bon courtisan, il fit servir le crédit et la faveur dont 1l jouissait auprès de Catherine IF au profit des observations scientifiques qu'il poursuivit avec beaucoup de constance et de bonheur. Né à Berlin en 1741, ses voyages se firent particulièrement de 1768 à 1773 (1), et le dernier, dans la Russie méridionale, en 1795 et 94 (2).

Nous n'avons point à apprécier Pallas comme zoologiste, comme botaniste ni comme géographe, mais seulement comme uéologue, et pour les services qu'il a rendus à la paléontologie. À ce dernier égard, on doit reconnaitre qu'il signale, avec un soin scrupuleux, toutes les localités où il avait observé des débris organiques en place, et qu'il rapporte avec une égale attention tous les renseignements qu'il a obtenus sur les lieux. Ce sont surtout les restes d'Éléphants et de Rhinocéros appartenant à la dernière période de l’histoire de la terre, qui sont l’objet de ses préoccupations constantes. Il les mentionne dans la plupart des vallées du versant oriental de l'Oural, dont les cours d’eau se réunissent au Tobol, l’un des principaux affluents de l'Irtysch, et dans ceux de lOb, plus au nord.

Bien plus loin encore, vers l’est, on découvrit en 1771, sous le méridien de Iakoutsk, par 64° lat. N., sur les bords du Viloui, l'un des affluents de la Lena, un eadavre entier de Rhinocéros avee sa chair, sa peau et ses poils. Il était enterré dans un sable mélangé de gravier. On sait que, sous cette latitude, le sol ne dégèle que jusqu'à quelques pieds de profondeur pendant les trois mois d'été, autrement rien des parties molles n'aurait pu être conservé, depuis le phénomène qui, venant du sud ou

(1) Reise durch, ete., 3 vol. in-4. Saint-Pétersbourg, 1771-76. — Voyage dans plusieurs provinces de l'empire de Russie, traduction de Gauthier de la Peyronie, revue et enrichie par de Lamarck, 8 vol. in-4 avec atlas. Paris, 1789-93. — Jd. Bale, 1806.

(2) Bemerkungen auf einer Reise, ete.—Nouveau voyage dans les qouvernements méridionauz de l'empire de Russie, 2 vol, in-4. Paris, 1807.

des pentes de l'Altai, a dû entrainer ces animaux dans les parties basses des plaines de la Sibérie et jusque sur les bords de de la mer Glaciale (1). Pallas décrivit en même temps un crâne du même animal, trouvé au delà du lac Baïkal, non loi de la rivière Selenga.

Le nord de l'Asie, dit-il ailleurs (2), renferme une si prodigieuse quantité de grands mammifères que, depuis le Tanais jusqu’à la pointe du continent la plus voisine de PAmérique, il n'y a presque pas un fleuve dans cet espace immense, sur les bords où dans le lit duquel on n'ait trouvé et lon ne trouve encore fréquemment des os d'Éléphant et de plusieurs autres animaux qui n'appartiennent pas à ces climats. Remarquons encore que dans toute cette étendue, et sous les diverses latitudes, depuis l'Oural, à l'ouest, et l'Altaï, au sud, jusqu'aux plages de la mer Glaciale, toute la Sibérie est en quelque sorte jonchée de ces débris. L'ivoire le plus recherché pour ses qualités est celui qui se trouve dans les contrées voisines du cercle polaire et dans les régions situées à l'est, beaucoup plus froides que celles de l'Europe à latitude égale.

De la présence des poils, très-abondants surtout aux pieds et à la tête, Pallas (3) est porté à conclure que ces animaux pouvaient habiter sous un climat moins chaud que les Rhinocéros de nos jours, et la découverte, dont nous parlerons plus loin, d'Éléphant fossile ayant offert des particularités analogues, vient appuyer cette hypothèse.

Quant aux débris organiques des roches plus anciennes, soit calcaires, soit arénacées ou argileuses, Pallas (4) les mentionne également avec soin. Tels sont les Bélemnites, les Ammonites, les Térébratules, les Tellines, les Chames, les Mytilus et des crustacés aux environs de Moscou, à Koroshovo, ceux de Va-

(1) Nouv. comm. de l'Acad. à. de Saint-Pétersbourg, vol. XVI, p. 590, 1775. — Voyages, ete., vol. V, p. 2145. — Voy. aussi : Patrin, Hist. natur. des minéraux, vol. V, p. 391.

(2) Mém. de L'Acad. de Saint-Pétersbourg, 1772, p. 576.

(3) Nouv. comm. de l'Acad. i. de Saint-Pétersbourg, vol. XVIT, p. 586.

(4) Voyages, ete., vol. 1, p. 21-214, passim: — vol. IE, p. 310-313.

Fossiles divers.

Observations sur

ja formation des

montagnes.

ladimir, de Constantinovo, des rives de l'Oka aux environs de Kosimof, ete. I signale la craie à Simbirsk avec des Bélemnites, et sur beaucoup d’autres points, le long des affluents du Volga, mais sans distinguer, quant à leur âge relatif, les couches qui renferment ces fossiles. On ne voit même pas que l'idée de la non-contemporanéité de ces diverses couches lui soit venue, et nous en aurons la preuve si, au lieu de suivre le voyageur qui observe et ramasse les pierres sur sa route, nous cherchons dans ses écrits à saisir les vues théoriques que lui ont suggérées l'examen des grandes surfaces de pays qu'il avait parcourues.

Le mémoire de Pallas, intitulé : Observations sur la formation des montagnes et les changements arrivés au globe, particulièrement à l'égard de l'empire de Russie, mémoire qu'il lut, le 25 juin 1777, à l'Académie impériale de Saint-Pétersbourg, nous donnera la mesure exacte du résultat général de ses recherches (1).

Les plus hautes montagnes du globe sont, dit-il, formées de granite, dont la base est toujours un quartz plus ou moins mêlé de feldspath, de mica, et, ajoute-t-1l, de petites basaltes épases, sans aucun ordre et par fragments irréguliers (2). La roche n'est jamais en couches, mais par blocs ou par masses entassées les unes sur les autres, et elle ne renferme jamais non plus de fossiles organiques. Dans le Caucase, les roches granitiques du centre de la chaîne sont très-régulièrement accompagnées, de chaque côté, par des bandes schisteuses, qu’il nomme primilives, et à celles-ci succèdent des montagnes secondaires et tertiaires.

La bande des montagnes primitives, schisteuses, hétérogènes, qui, par toute la terre, accompagne les chaînes granitiques, «comprend les roches talqueuses et quartzeuses mixtes,

(1) Acta Acad. Scientiarum imperialis Petropolitanæ anno 1711. — Voy. un bon article sur ce sujet, Journ. de Physique, vol. XIE, mai 1779.

(2) Est-ce de l'amphibole hornblende, de la tourmaline où du pyroxène augite que Pallas désigne par cette expression de petites basaltes? C'est ce que nous ne saurions dire,

trapézoïdes, serpentines, le schiste corné, les roches spathiques et cornées, les grès purs, le porphyre et le jaspe : tous rocs fêlés, en couches presque perpendiculaires, ou, du moins, très-rapidement inclinées. Elles semblent, comme le granite, antérieures à la création des êtres organisés, et l’on n’y a jamais trouvé de pétrifications ni d'empreintes de plantes.

« Nous pourrons parler plus décisivement, continue Pallas, sur les montagnes secondaires et tertiaires de l'empire, et c'est de celles-là, de la nature, de l’arrangement et du contenu de leurs couches, des grandes inégalités et de la forme du continent d'Europe et d'Asie, que l’on peut tirer avec plus de confiance quelques lumières sur les changements arrivés aux terres habitables. Ces deux ordres de montagnes présentent la chronique de notre globe la plus ancienne, la moins sujette aux falsifications, et en même temps plus lisible que le caractère des chaînes primitives: ce sont les archives de la nature antérieures aux lettres et aux traditions les plus reculées, qu'il était réservé à notre siècle observateur de fouiller, de commenter et de mettre au jour, mais que plusieurs siècles après le nôtre n’épuiseront pas.

« Dans toute l'étendue des vastes dominations russes, aussi bien que dans l'Europe entière, les observateurs attentifs ont remarqué que généralement la bande schisteuse des grandes chaines se trouve immédiatement recouverte ou cottée par la bande calcaire. Celle-ci forme deux ordres de montagnes, très-différents par la hauteur, la situation de leurs couches et la composition de la pierre calcaire qui les compose, différence qui est très-évidente dans cette bande calcaire qui forme la lisière occidentale de toute la chaine ouralique, et dont le plan s'étend par tout le pays plat de la Russie, L'on observerait la même chose à l'orient de la chaîne et dans toute l’étendue de la Sibérie, si les couches calcaires horizontales n’y étaient recouvertes par les dépôts postérieurs, de façon qu'il ne parait à la surface que les parties les plns

« saillantes de la bande (1), et si ce pays n'était trop nouvelle- « ment cultivé et trop peu exploité par des fouilles et autres « opérations que des hommes industrieux ont pratiquées dans

am

« les pays anciennement habités. Ce que je vais exposer sur les « deux ordres de montagnes calcaires se rapportera done prin- « cipalement à celles qui sont à l'occident de la chaine oura- « lique.

« Ce côté de ladite chaine consiste, sur 50 à 400 verstes de « largeur, en roches calcaires solides, d’un grain uni qui, « tantôt ne contient aucune trace de productions marines, tan- « tôt n'en conserve que des empremtes aussi légères qu'éparses. « Cette roche s'élève en montagnes d’une hauteur très-considé- « rable, irrégulières, rapides et coupées de vallons escarpés. « Ces couches, généralement épaisses, ne sont point de niveau, « mais très-inclinées à l'horizon, parallèles, pour la plupart, à « la direction de la chaîne qui est aussi ordinairement celle de « la bande schisteuse; au lieu que du côté de lorient les cou- « ches calcaires sont au sens de la chaîne en direction plus ou « moins approchante de l'angle droit.

« En s’éloignant de la chaîne, on voit les couches calcaires « s'aplanir assez rapidement, prendre une position horizontale «et devenir abondantes en toutes sortes de coquiliages, de « madrépores et d'autres dépouilles marines. Telles on les voit « dans toutes les vallées les plus basses qui se trouvent aux « pieds des montagnes (environs de la rivière Oufa), telles aussi « elles occupent toute l'étendue de la Grande Russie, tant en « collines qu'en plat pays... »

(1) « Ceci donne en même temps l'explication pourquoi les pétrifications « marines sont si rares dans toutes les plaines de la Sibérie et ne se trouvent « abondamment que vers les côtes de la mer Glaciale, où les couches hori- « zontales calcaires et glaiseuses sont à découvert; pourquoi l’on ne trouve « point de craie en Sibérie et par quelle raison les pierres à fusil, si com- « munes en Russie et en Europe, v sont d’une rareté extrême, » etc. Il est probable qu’en jarlant des fossiles des bords de la mer Glaciale, Pallas a plutôt en vue les dépôts quaternaires que les conches à Bélemnites, Ammonites et Cératites découvertes dans ces derniers temps par M. Middendoïf. (Voy. Hist. des progrès de la géologie, vol. VIT, p. 562.)

Après avoir rappelé la distribution des blocs et des cailloux roulés sur les pentes du Valdai, ainsi que le sillonnement de ces collines qu'il attribue à une mondation d'une grande violence, Pallas continue ainsi : € Plus avant dans les terres, où « les couches calcaires n'ont pas été dérangées, l'observateur « trouve partout la conviction la plus complète que ces couches, « tantôt peu profondes, tantôt accumulées en bancs qui for- « ment des collines isolées ou cohérentes par petites chaînes, « aussi bien que la couche glaiseuse qui se trouve généralement « au-dessous du plan calcaire et tout aussi abondante en pro- « ductions marines, ont formé l'une et l’autre, dans les pre- « miers âges du globe, le fond d'une mer profonde qui ne « saurait avoir produit ces dépôts originairement marins et sans « aucun mélange de restes d'animaux terrestres, que pendant « une longue suite de siècles. C'est surtout la couche glaiseuse, « dont la profondeur, chez nous, n’est pas explorée et qui me « semble continuée à une partie de la bande schisteuse des « hautes chaines, qui doit avoir couté bien des siècles à la na- « ture, et qui prouve, par ses pétrifications, que la mer doit l'avoir couverte à une grande profondeur (1). »

En appliquant ces données générales à la chaine de l'Oural, on voit que Pallas comprend, sous le nom de montagnes secondaires, la bande calcaire qui recouvre la bande schisteuse théorique primitive des grandes chaines; et par la description des

lieux on reconnaît qu'il comprend, dans cette expression, ce que nous appelons aujourd'hui le terrain de transition de l'Oural et du nord de la Russie (Esthonie et Ingrie). On voit, en outre, par la dernière note que nous venons de rapporter, qu'il confondait les couches secondaires argileuses à Ammonites et à Bélemnites des environs de Moscou avec les argiles siluriennes

(1) « I est très-probable que les Ammones et les Bélemnites, dont nous « ne connaissons pas encore les originaux, ne nous sont restées inconnues {« qu'à cause qu'elles ne sauraient vivre qu'à de grandes profondeurs. Leur « abondance dans les lits de glaise, inférieurs aux couches calcaires, en est une preuve directe, » etc.

mférieures des environs de Saint-Pétersbourg, qu'il rapproche avec plus de raison de sa bande schisteuse des hautes chaînes,

On n'a point observé jusqu'ici, dit plus loin le savant voyageur, une suite de ces montagnes tertiaires, effet des catastrophes les plus modernes de notre globe, si marquée et si puissante que celle qui accompagne la chaine ouralique, ou côté occidental, sur toute sa longueur. Cette suite de montagnes, pour la plupart composées de grès, de marnes rougeàtres, entremélées de couches diversement mixtes,

forme une chaine partout séparée par une vallée plus ou

moins large de la bande de roche calcaire dont nous avons parlé. Sillonnée et entrecoupée de fréquents vallons, elle s'élève souvent à plus de 100 toises perpendiculaires, se ré-

pand vers les plaines de la Russie en trainées de collines qui

séparent les rivières en accompagnant généralement la rive boréale où occidentale, et dégénère enfin en déserts sablonneux qui occupent de grands espaces et s'étendent surtout par longues bandes parallèles aux principales traces qui suivent les cours des rivières.

« La principale force de ces montagnes tertiaires est plus près de la chaîne pranitive par tout le gouvernement d'Orenbourg et la Permie, où elle consiste principalement en grès, et contient un fond inépuisable de mines de cuivre sablonneuses, argileuses et autres qui se votent ordinairement dans les couches horizontales. Plus loin, vers la plaine, sont des suites de collines toutes marneuses qui abondent autant

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