Neu flætz (roches tertiaires
Werner appliqua le nom de géognosie à l'étude directe et positive des roches ou des couches de la terre, laissant celui de géologie à la partie spéculative ou théorique où allaient s’égarer tant d’esprits de ce temps-là.
Comme Lehmann, Werner, qui n'avait guère étudié que la Saxe, établit son système sur des bases trop étroites, avec des connaissances de géognosie géographique trop restreintes ; aussi croyait-il que presque toutes les roches s'étaient formées dans l’eau, d’où le nom de neptunistes donné à ses élèves, par opposition à ceux de vulcanistes et de plutonistes, donnés aux disciples d'Hutton, géologue écossais qui attribuait au contraire au feu l'origine et la consolidation de la plupart des roches.
Toujours, on le voit, nos théories sur les plus grands sujets sont, comme nos plus simples idées, le reflet de la somme de nos connaissances et en rapport avec la nature des objets que nous avons sous les yeux; c’est de pareils écarts que l’histoire de la science doit nous garantir, parce qu’elle nous force malgré nous à sortir du cercle de nos propres pensées, du champ toujours restremt de nos études personnelles, et qu'elle agrandit, par suite, l'horizon de nos recherches comme de nos spéculations, en même temps qu'elle rectifie nos déductions par des comparaisons auxquelles nous n'aurions pas songé sans cela.
On a attribué à Werner ce principe qui guide les mineurs dans leurs travaux : savoir, que, dans un même district, tous
CENTRE ET NORD DE L'ALLEMAGNE, 155 les filons de même nature doivent ‘leur origine à des fentes parallèles entre elles, ouvertes en même temps, remplies ensuite durant une même période et par les mêmes substances minérales. Ce principe devait être le germe d'une théorie qui à eu du retentissement par son application aux grandes dislocations de l'écorce terrestre. Si, en effet, toutes les dislocations qui ont produit des chaines de montagnes et qui sont parallèles étaient contemporames, l'âge des chaînes s’en déduirait naturellement; mais l’on sait aujourd’hui que les dislocations se sont produites avec la même direction, dans le même espace, à des époques très-diflérentes, et le principe, dans son applicalion générale, a dû perdre de son importance.
Dans sa nouvelle théorie de l’origine des filons (1), Werner critique celle de Lehmann, et peut-être trouverions-nous là l’explication de ce que nous disions tout à l'heure; mais si cette dernière, qui consistait à considérer tous les filons comme les ramifications d’un tronc principal placé vers le centre de la terre, n’était pas irréprochable quant à la forme, elle était cependant plus vraie en principe que celle de Werner, qui fait opérer le remplissage de tous les filons par en haut et n’admet pas que leurs substances aient été dissoutes dans un liquide et soient le résultat d’un précipité chimique.
L'un des grands avantages de Werner, c'est d’avoir fondé une école dont les élèves appliquaient les principes partout et rapportaient ce qu'ils voyaient à ces mêmes principes, non d’une manière absolue, mais en les modifiant avec intelligence, suivant les résultats de leurs propres observations, ce qui obviait aux inconvénients d’une subordination trop exclusive à la parole du maitre, et ce qui leur était d'autant plus facile que ces principes n'étaient pas écrits. De Humboldt, de Buch, de Charpentier, d’Aubuisson, de Schlotheim, Hoffmann, Eslinger et aujourd'hui leurs continuateurs à Freyberg appartiennent à celte école, qu'ils ont contribué à illustrer. Loin de se faire
(1) Neue Theorievon der Entstehung der Günge, in-12. Freyberg, 1791. = Traduct, française, in-8, 1802.
Iconographes et or yclographes.
Saxe.
les défenseurs obstinés des idées du professeur, c’étaient des esprits élevés qui s’en séparaient dès qu'elles ne leur paraissaient plus fondées sur la nature des choses, et ce fut encore un bonheur bien rare pour Werner que d'avoir eu pour disciples des hommes aussi éminents qui n’ont ainsi propagé que ce qu'il y avait de vrai dans ses idées, sans insister jamais sur celles qui étaient fausses.
Si maintenant nous réunissons ensemble Lehmann, Fuchsel et Werner comme les représentants d’une même école posiüive et pratique, fondée sur lobservation attentive et la comparaison des faits, nous reconnaifrons que, dans la seconde moitié du xvin° siècle, cette petite région de l'Allemagne centrale qui avait été le champ de leurs travaux était entrée dans la véritable voie de la géologie stratigraphique, tandis que dans le même temps nous avons déjà vu et nous verrons en * core des hommes, de mérite sans doute, mais qui n'étaient pas éclairés par les mêmes principes, marcher presque au hasard, chacun de leur côté, sans méthode commune, sans base à laquelle leurs recherches pussent être rapportées et coordonnées, et, par conséquent, sans résultats effectifs pour l'édification d’une science qu'ils cultivaient avec plus de dévouement que de réflexion.
Parmi les iconographes qui, dans le nord et le centre de l'Allemagne, ont contribué à faire connaitre les corps organisés fossiles de ce pays, nous citerons d’abord Valerius Cordus dont le recueil de fossiles remonte à 1961, puis Jean Kentmann (1), qui à donné le catalogue de ceux que l’on trouve particulièrement dans la Misnie, aux environs de Dresde, et dans quelques pays voisins. Lorsqu’en 1696 on découvrit un squelette d'Éléphant, presque entier, près de Burg-Tonna, non loin d’Erford (Erfurt) en Thuringe, le collége des médecins de Gotha n’hésita pas à déclarer que c'était un jeu de la nature et qu'il s’en formait de semblables dans la terre; mais G. E. Ten-
(1) Nomencläturæ rerum fossilium, etc. (In opere de fossilibus a Conr. Gesner colleclo et edito. Tiguri, 1965.)
zel (1) s'attacha à prouver le contraire et une polémique trèsvive s’engagea pour et contre (2). Les premières données relalives aux reptiles ou Monitors des schistes cuivreux de la Thuringe sont dues à Spener (5), à Link (4) et à Em. Swedenborg (5), qui les prenaient naturellement pour des erocodiles.
On doit ensuite à divers auteurs des documents de peu d’utilité aujourd'hui; tels sont Büttner (6), dont l'ouvrage contient tout un système sur le déluge, ses causes et ses effets ; les planches qui l’accompagnent représentent des poissons, des reptiles et des plantes fossiles de certaines parties de V'AIlemagne, avec de véritables ludi, pris pour des corps organisés ; puis G. Fr. Mylius (7), Bucher (8), Valentin Alberti (9) et Hoppe (10), qui décrit, sous le nom de Gryphite pétrifiée, le premier Productus signalé dans le zechstem de Géra. Ce fut l'occasion d’une discussion très-vive entre lui et Schreiber, qui persistait à regarder ces corps comme des jeux de lu nature. Un peu auparavant, Schüttie (11) avait publié une courte description des fossiles et des minéraux des alentours d'Téna.
(1) Epistola de sceleto elephantino Tonne nuper effosso, in-8. lene, 16096. —Transact. Philos., vol. XIX, p. 757. — Éd. allem. Gotha. — Voy. Pourguet, Traité des pétrifications, p.135, où l’auteur ajoute d’autres documents sur le même sujet et signale d’autres ossements semblables.
(2) Voy. pour les détails de cette discussion Knorr et Walch, vol. IT, p. 182.
(3) Miscellanea berolinensia, p. 99, fig. 24, 25, 1710.
(4) Lettre à Woodward, Acta eruditorum, p.188, pl.2. Lips., 1718.
(5) Dans son traité de Cupro, pl. 2. (Opera philosophica et mineralia, 3 vol. avec pl. Dresde, 1734.)
(6) Rudera diluvii testes, ete., in-k. Leipzig, 1710.
(7) Memorabilia Saxoniæ subterraneæ, part. I. Leipzig, in-4, 1709; part. IE, 1718. — Chr. Mvlius, Von einigen Verstieinerungen um Leiprig. (8) Sachsenlandes natur. Historie, etc., in-8. Pirna et Dresde, 1723.
(9) Dissert. physica de figuris variarum rerum in lapidibus et specialim fossilibus comitatûs Mansfeldici, in-4. Leipzig, 1779.
(10) Récréations physiques de Berlin, p. 615, 1745.
(11) Oryctographia lenensis, sive fossilium el mineralium in agro lenensi brevissima descriptio, m-8. Leipzig, 1720.
Région Hercynienne,
Hebenstreit (1) a traité des pierres figurées des environs de Leipzig; Gehler (2) à publié un programme de quelques-unes des pétrifications les plus rares du même pays, Leske un voyage en Saxe relatif à Phistoire naturelle, et, plus récemment, les recherches de Freiesleben (5), quoique particulièrement techniques et celles de Liebenroth (4) n'ont pas laissé, ainsi que quelques autres plus oryctognostiques que paléontologiques; de prouver l'intérêt qu'on attachait aux fossiles. On trouve surtout dans le second ouvrage de Freiesleben des détails intéressants sur les schistes cuivreux.
La région qui s'étend au nord du Harz, le Hanovre, le Brunswick et la principauté de Quedlinburg, n'ont pas été non plus stériles en productions relatives aux fossiles. Dès 1669, Lack-
(1) De Lapidibus figuratis agri Lipsiensis (Act. acad. natur. Curios. vol. IV, p. 555). — Museum Richterianum. — Historia natur. fossilium, in-4. Leipzig, 1754.
(2) Programma de quibusdam rarioribus agri Lipsiensis petrificatis, in-4. Leipzig, 1795.
(3) Beiträge zur miner.Kenntniss von Sachsen, n-8. Freyberg, 1817-18. — Geogr. Beschreibung des Kupferschiefergebirges, 4 vol. in-8, 1807.
(4) Geogn. Beobachtungen u. Entdeck. in den Gegend von Dresde, in-8. lena, 1812.
Voy. anssi : Schulze, Description des fossiles des environs de Dresde (Nouv. Magas. de Hambourg, art. 35, p. 195; 37, p. 1. — Jbid., ancien, vol. XIX, p. 9535, et vol. XV, p. 553). — De Hupsch, Nouvelles découvertes d'hist. nat. de la basse Saxe, inf, 1768. — De nombreux mémoires de J. Sam. Schrôter et Em. Walch (Der Naturforscher, vol. I, p. 192, 1774) sur les Nautiles des environs de Weimar; p. 199, sur les Bélemnites; 2° part., p.149, sur les Tortues fossiles; p. 457, sur les Crabes; p. 169, sur les Ammonites de Weimar; vol. Il, p. 25, sur lesastroïtes et les polypiers. — P. 80, Description de deux Térébratules vivantes, par G. À. Grundlers, probablement la prenière anatomie que l’on ait donnée de ces brachiopodes. —P, I. Sachs, De miranda lapidum natura impress. cum Mmajore dissert. de cancris et serpentibus petrificatis, in-8. lena, 1664. — Schrôter, Lithologische Beschreibung der Gegenden um Thangelstedt und Rettewitx in dem Weimarischen, in-4. lena, 1768. — Verdion, Von etlichen Versteinerungen um Jüterbogk tm sächsischen Churhreise, (Neu. Hamb. Magaz., TS st., p. 474).—Titius, Gemein. Abhandl.. LP; Por
mann où Lachmund (1), dans son Oryctographie des environs d'Hildesheim, a donné un certain nombre de planches représentant les restes organiques de ce pays ; Reiskius (2), dans sa longue dissertation historico-physique sur les cornes d’Ammon du als nous présente un vrai modèle de la manière dont on traitait alors les sujets d'histoire naturelle, c’est-à-dire des digressions à l'infini jointes à une érudition creuse, qui semble approfondir tout et remonter à l'origme des choses pour finir par s'occuper à peine du sujet lui-même, Quant à J. Johnston (5), qui l'avait précédé de quelques années, il ne croyait pas que ces corps fussent de véritables coquilles. Bruckmann (4), Ritter (5), G. Henning Beherens, dans son Hercynia curiosa (6), Krüger, en traitant des pétrifications de la principauté de Quedlinburg(7),d. 3. Lerch (8) et J. Schreber (9), en s'occupant des environs de Hall, et Lehmann, dans ses curiosités naturelles d'Halberstadt (10) prouvent jusqu’à quel point les recherches paléontologiques étaient suivies au nord et à l'est de Harz, dans cette première moitié du xvur siècle. Ballenstedt (11) s'occupait des mêmes études dans l’Elmsgebirge, et C. Bieling (12) a fait connaître les restes des ver-
(1) Oryctographia Hildesheimensis, sive, ete., in-4, 1669.
(2) Exercitalio historico-physica de cornu nds agri Brunhusani et Sanderheimensis lapide quem vulgo Drakenstein nominant. (Ephem. med. Physic. acad. imp. Leop. natur. cur. Déc., Il, 7° année, p. 163, 1689.)
(3) Notitia regni mineralis, Leipzig, 1661.
(4) Epistola itineratoria sistens catalogum fossilum figuratorum Guelpherbytensium, in-4. Wolffeubüttel, 1737.
(>) Specimen oryctographiæ Calenbergicæ, in-4. PER 1741 — Spec. 11, 1745. — Oryctographia Goslarensis, in-4, 1735. Helmstadt. — Ed. alt. Sonderhus, im-4, 1758.
(6) Hercynia curiosa, in-4. Nordhausen, 1720.
(7) Arch. de Ballenstedt, vol. IL, p. 265.
(8) Oryctographia Halensis, in-8. Halle, 1730.
(9) Lithographia Halensis. Halle, 1759.
(10) Récréaiions de physique, vol. If, p. 112.
(11) Arch., vol. IV, p. 44.
(12) Geschichte der Entdeckung, ete., m-4. Wolffenbüttel.
Prusse et provinces baltiques.
tébrés du Linderberg dans le duché de Brunswick; GC. KE. Meyer (1) a déerit les fossiles de Scheppenstedt, d'Harzhourg et de Salzthal.
Si nous remontons actuellement au nord et au nord-est, dans la Prusse actuelle et les provinces Baltiques, nous verrons que les paléontologistes iconographes y ont laissé dans la science des traces tout aussi nombreuses et plus profondes encore que les précédentes. J. Phil. Breyn ou Breynius, né à Dantzig en 1680, a principalement traité, dans sa dissertation sur les polythalames (2), de la structure des coquilles chambrées ou divisées en plusieurs loges et que nous plaçons aujourd'hui parmi les céphalopodes. Les caractères des Orthocératites y ont été bien saisis, ainsi que ceux des Ammonites, mais il n’est pas exact de dire, comme on lit dans l'Histoire des sciences naturelles, professée par Cuvier au Collége de France (5), que c'est le premier ouvrage où il soit question, avec quelques détails, des diverses espèces d’Ammonites ou de cornes d’Ammon, et qu'il est la première base des recherches nombreuses auxquelles ont donné lieu ces coquilles remarquables. On a vu, en effet, que dès 1689 Reiskius avait publié une dissertation fort étendue sur ce sujet, et qu'en 1716 Scheuchzer avait fait plus, en donnant une classification raisonnée de 149 Ammonites.
Nous avons dit que, vers le milieu du xvur' siècle, l'étude des rhizopodes où des animaux à coquilles microscopiques ou submicroscopiques, rangés alors avec les coquilles de ecéphalopodes, avait pris en Italie et dans le sud de l'Allemagne une grande extension, par les travaux de Beccari, de Planeus, de Soldani, de Fortis, de Fichtel et Moll; vers le même temps, le nord de l'Allemagne vit naître l'étude plus attentive des oursins fossiles. Ainsi Breyn, dans son Schediasma de Echini, dissertation qu'il a ajoutée au mémoire précédent, range les oursins
(1) Récréations minéralogiques, vol. 1, p. 65. — Journ. de Brunswick,
(2) Dissertatio de Polythalamas, in-4, 1732.
(3) Vol. IT, p. 326.
qu'il connaissait dans 7 genres, d’après la position relative des deux ouvertures anale et buccale de leur enveloppe solide, Ce sont les genres Echinometra, Echinoconus, Echinocorys, Echinantus, Echinospatagus, Echinobrissus et Echinodiseus, qui ont tous pour racine le mot Echinus.
Jacob-Théodore Klein, l'un des hommes de l’époque qui se sont le plus occupés des fossiles du nord de l'Allemagne, à publié son tableau des Echinodermes (1) deux ans après l'ouvrage de Breyn. C'est le travail le plus étendu qui ait paru sur ce sujet et surtout sur les oursins fossiles; aussi est-il le point de départ, encore utile aujourd'hui à consulter, de tout ce qui a été écrit sur cette classe de corps. Il ya ajouté des observations sur les baguettes d'échinides et d’autres sur les Bélemnites, qu'il rapproche des Nautiles. Après avoir réuni pour cet ouvrage tout ce qu'il y avait d'oursins dans le cabinet royal de Dresde, ce que ses relations étendues avec les naturalistes des autres pays et sa propre collection lui avait fourni, il proposa une classification fort simple et très-rationnelle, basée, comme celle de Breyn, qu’il ne connaissait probablement pas, sur la position relative des ouvertures buccale et anale, caractère qui est encore de premier ordre dans les classifications les plus récentes. Mais, étendant les combinaisons et les rapports de ces deux parties plus loin qu'on ne l'avait fait encore, il proposa 14 genres, sans faire aucune mention de ceux de son prédécesseur. Une traduction française de cet ouvrage a été faite par Brisson (2), et Leske, dans une édition plus étendue publiée en 1778, a encore ajouté aux recherches de son devancier.
On doit aussi à Klein une description des pétrifications des environs de Dantzig (3), comprenant des Ammonites, des
(1) Naturalis dispositio Echinodermatum, in-4 avec 36 pl. Danzig, 1754.— Echinites Tesdorpfii. (Abhandl. d. naturf. Gesellsch. in Danxig, 2 Th:, p. 292.)
(2) In-8, 28 pl., 1754.
(3) Specimen descriptionis petrefact. Gedanensium, in. Nuremberg,
Peignes et des Limes jurassiques, quelques Inocérames et d’autres fossiles crétacés, des trilobites et des erinoïdes des terrains anciens, tous d’ailleurs très-mal figurés, puis une note sur des dents d'Éléphant (1), une antre sur un Bœuf fossile (2), et une troisième sur des Huiîtres également fossiles (3). Le travail de Rosinus (4) sur les crinoïdes, qui suivit bientôt le mémoire de J. C. Harenberg, peut être regardé comme un mo-
dèle de ce genre de recherches, eu égard au temps où l'au-
teur écrivait, et ses études sur les Bélemnites méritent également d'être mentionnées (5), de même que l'ouvrage de 3. H. Link (6) sur les Étoiles de mer.
Parmi les travaux moins étendus ne se rapportant qu'à des faits particuliers ou à des études locales, nous rappellerons ceux de Kirchmaier (7), de Reisk (8) sur les Glossopètres des environs de Lunebourg, corps auxquels s’'attachaient des croyances populaires et étaient attribuées des vertus particulières; puis ceux de Mell (9) sur les pierres figurées des environs de Lubec, d'Asmann (10) sur celles des environs de Wittenberg, de Neuber (11) sur le même sujet, de Martini (12) sur quelques pé-
(1) De dentibus Elephantinis.
(2) Philos. Transact., vol. AXXVIT, n° 426, p. 427.
(3) Ibid., vol. XLI, n° 459, p. 068.
(4) Tentaminis de lithozois ac lithophytis, olim marinis jam vero subterraneis Prodromus, etc., in-4 avec 10 pl. Hambourg, 1719. — J. G. Harenberg, Encrinus seu Liliunr lapidum, in-4°, 1729.
(b) De Belemniticis et hisce plerumque incidentibus alveolis animadvertiones, m-4. Francohusæ, 1728. — Hamb. magaxin., vol. VI, p. 97.
(6) De Stellis marinis, inL, 42 pl. Leipzig, 1755.
(7) Dissertatio de corporibus petrificatis, in-4. Wittenberg, 1664.
(8) De Glossopetris Luneburgensis. Leipzig, 1684.
(9) Comm. de lapidibus figuralis agri littorisque Lubecensis, in-8. Lubec, 1720.
(10) De fossilibus volutalis et præcipuis de tis quæ in Wittenbergensi regione inveniuntur, in-4. Wittenberg, 1795.
(11) Wittenb. Wochenblatt, vol. MIT, p. 278.
(12) Berlin Magazx., vol. I, p. 261; — id., ib., vol. Il, p. 17, —1d., àb., vol, IV, p. 56. — Voy. aussi sur les environs de Riedersdorf, àb., vol. T, p. 404; — vol. Il, p. 483; — sur les fossiles de l'Ukermarck (Récréations physiques de Berlix, vol. [, p. 51).
trifications de la Marche Électorale, entre antres les Orthocératites et les Ammonites.
Arenswald (1) a déerit les corps organisés fossiles du Mecklembourg et de la Poméranie, et Denso (2) a fait remarquer leur rareté relative dans ce dernier pays; Lesser (5) a fait connaitre les curiosités naturelles du bailliage de Hohenstem, dans le comté de Stolberg, et l'on doit à Stobœus (4) un opuscule consacré aussi à l'histoire des pétrifications, de même qu'à J, D. Titius (5) plusieurs dissertations sur le même sujet.
Les insectes conservés dans le sucein qu'on retire des bois ou lignites des bords de la Baltique ont également attiré l’attention des naturalistes du pays. Ainsi, dès 1742, Sendel (6) en parlait dans son histoire du sucein, Bock (1) également, et d’autres renseignements sont indiqués sur ce sujet dans le grand ouvrage de Waleh et Knorr (8). Le baron de Hüpsch (9) a décrit et figuré le fossile connu alors sous le nom de pierre de
pantoufle, sandaliolithe, sandalithe, crepite ou crepidalithe, Va Galceola sandalina, Lam., provenant du calcaire de l'Eifel. TI place cette coquille à côté des Gryphites et des Térébratules, et
(1) Geschichte der Pommerischen und Meklenb. Versteinerungen (Naturforscher, © st., p.145; — 8 st., p. 224).
(2) In-4. Stettin, 1748.
(5) Journ. de Hanovre, 1751. — Récréations minéralogiques, vol. !, p. 170.
(4) Opuscula in quibus petrefactorum, etc. Historia illustratur, m-4. Dantzig, 1790.
(>) De Rebus petrefactis earumque divisione observationes variæ. (Diss. resp. Dan. Gotth. Bertholdo, p. 22. Wittenbergæ, 1766. — Id., Von den Versteinerungen.(Gemein. Abhandi., 1Th., p. 248.—Neu. Hamb. Magax., 91 st., p. 24.)
(6) Historia Succinorum, mL, 13 pl. Leipzig, 1742.
(7) Abrégé de l'histoire du Succin de Prusse, in-8. Kænigberg, 1767.
(8) Lapides diluvii Testes, etc., traduct. franç., vol. I, p. 143. — Nous renverrons également au même ouvrage (vol. If, p.23) pour beaucoup d'autres travaux sur loryctographie du centre et du nord de l'Allemagne qui ont été publiés dans la première moitié du xvur' siècle.
(9) Journ. de phys., vol. I, p. 148, 1774. — Neu. in der Naturgesch. des Niederd. gem. Entdek. ein. Selt., ete., in8, 4 pl., p. 159. Francf. und Leipzig, 1768,
Blumenbach.
en distingue deux espèces. Il décrit également une Orthocératite et une Baculite.
Enfin, nous indiquerons encore, en terminant cette énumération des recherches publiées dans cette partie du nord de l'Allemagne pendant les trois quarts du xvin siècle, les ouvrages plus généraux d'Hollmann (1) sur l'origine des corps marins et des autres corps étrangers qui se trouvent dans le seim de la terre, de Rasp (2), qui, dans son spécimen de l'histoire naturelle du globe terrestre, à donné un travail complet sur toutes les îles nouvellement apparues et sur tous les systèmes de cosmologie émis jusqu'alors, et de J. HE. Gottlob de Justi (5), sur l'histoire du globe déduite et prouvée par ses propriétés intérieures et extérieures. L'auteur reconnait que les roches ont été soulevées par l’action des feux souterrains, que la mer a plusieurs fois changé de lit, qu’elle occupait la place de nos continents actuels, que la surface des terres a été plusieurs fois habitée, puis dépeuplée, par suite de catastrophes universelles, et cela avant le commencement de l'ère actuelle. Pour l’auteur, qui était panthéiste, Dieu et le monde ne font qu'un.
Si nous recherchons maintenant, vers la fin du xvur et le commencement du xix° siècle, quelque représentant de la paléozoologie générale dans ces mêmes pays, nous le trouverons dans Blumenbach, né à Gotha en 1752, et mort en 1840. Ce savant rangeait les fossiles dans quatre classes qui correspondaient, suivant lui, à autant de révolutions du globe (4). La
(1) De Corporum marinorum aliorumque peregrinorum in terra continente origine. (Comment. Soc. Gütt., vol. IT, p. 285. — Gütt. gel. Anz., p.985, 1753. — Journ. de Phys., vol. I, p. 118. — Hamb. Magax., vol. XIV, p. 227. — Hollmann s'est aussi occupé d’ossements fossiles de Rhinocéros. (Comm. Soc. r. Gôütting., vol. Il, p. 21-249, 1759. — Samml. xufüll. Gedanken. Lemgo, 1771.)
(2) Specimen historiæ naturalis globi terraquei, elc., m-8. Amsterd. et Lips., 1765.
(3) In-8. Berlin, 1771. — Abhandl. v. d. Alter d. Versteinerten Fossilien in ses Neuen Wahrheiten, 3 St., p. 312. — Voy. aussi en français : Nouvelles économiques et littéraires, nov. 1796, p. 56.
(4) Specimen archæologiæ Telluris terrarumque imprimis Hannove-
CENTRE ET NORD DE L’ALLEMAGNE. 145 première comprend les fossiles dont les analogues vivent encore sur les lieux mêmes où leurs ancêtres ont été détruits ; la seconde, ceux dont les analogues ont survéeu à une grande catastrophe, mais qui ont dû êtretransportés par des inondations, tels que les grands quadrupèdes dont les ossements ont été accumulés sur certains points et dont les représentants existent actueliement sous des latitudes différentes. La troisième époque est caractérisée par les fossiles équivoques, c'est-à-dire ceux quiressemblent aux espèces vivantes, qui toutes offrent des différences qui ne permettent pas de prononcer si cesontles mêmes espèces dégénérées ou bien d’autres réellement distinctes. Enfin, dans la quatrième sont rangés les fossiles les plus anciens, dont les analogues n'existent plus et qui semblent avoir appartenu à une autre terre.
L'auteur, appliquant à ces quatres prétendues classes les divisions générales quelquefois usitées dans l'histoire des nations ou des races humaines, en époques historique, héroïque et mythologique, trouve que ses deux premières classes ou les plus récentes rentrent dans les temps historiques, la troisième comprenant l’âge héroïque et la quatrième correspondant au temps obscur de la mythologie.
Voilà cependant où en était encore en Allemagne, dans les premières années de ce siècle, les idées sur la succession des launes et des flores fossiles; remarquonsque ce sont celles d’un des naturalistes les plus éminents de l’époque, l'un des plus instruits et des plus éclairés. Qu'était-ce donc que celles des autres ? car on peut dire aujourd'hui que les idées de Blumenbach sur ce sujet peuvent être toutes rangées dans sa quatrième époque, celle de la fable.
Dans son Manuel d'histoire naturelle (1), les pétrifications sont réparties dans trois classes : la première comprend celles dont les analogues existent encore (petrificata superstitorum) :
ranearum, in-4. Gœttingue, 1803, — Ed. altera, 1816. — Journ. des Mines, vol. XVI, 1804.
(1) Traduction française de Soulange Artaud, in-8. Metz, 1803,
Schlothenn.
la seconde, celles dont les analogues sont douteux (petrificata dubiorum), et la troisième, celles dont les analogues sont inconnus (petrificata incognitorum), arrangement qui n’est certainement pas plus naturel ni plus conforme aux faits que le précédent.
Enfin, à une époque encore plus rapprochée de nous, le nom de Schlotheim vient clore la liste des paléontologistes iconographes de l'Allemagne proprement dite, Il donna en 180% une description des empreintes de plantes et des pétrifications végétales les plus remarquables (1), ou Essai sur la flore de l’ancien monde, accompagné de 27 planches de végétaux et de deux autres représentant des Astéries, des Euryales, des Spirifer, des crinoïdes, des Tentaculites, ete. En 1820, il commença la publication de son Petrefactenkunde, ou les pétrifications sous leur point de vue actuel, et description des débris d'animaux et de plantes fossiles ou pétrifiées de l'ancien monde (2).
Après l'indication de la classification qu'il adopte, après avoir rappelé l'existence des restes humains enveloppés dans des couches solides récentes, l’auteur énumère les restes d’animaux vertébrés, en commençant par les grands mammifères, tels que l'Éléphant, le Rhinocéros, le Bœuf, le Cerf, ete., puis passe aux oiseaux, aux poissons, aux insectes, aux trilobites, aux mollusques univalves et bivalves, traite des Bélemnites, des Orthocératites et de 38 espèces d’Ammonites, en y comprenant celles déjà décrites par ses prédécesseurs. La synonymie de chacune d'elles est rapportée, le lieu ou le gisement indiqué avec soin; mais il n'en est pas de même du terrain, qui l'est peu exactement ou bien est tout à fait omis. Ces détails constituent plutôt des remarques que de véritables descriptions régulières, suivant le nom de chaque espèce. 65 Térébratules
(1) Beschreibung merkwürd. abdrücke und Pflanxen Versleinerungen, ete., 1° part. avec 29 pl. Gotha, 1804.
(2) Die Petrefactenkunde auf ihrem jetxige Standpunkte durch die Beschreibung seiner Sammlung Versteinerungen v. foss. Ueberresten des Thier-und Pflanxenreichs, in-8, pl., in-4. Gotha, 1820.
SGANDINAVIE. 147
y sont relatées cet figurées ; c'est Le plus grand nombre d’espèces qu'on ait encore réunies jusque-là dans un seul ouvrage.
Dans un supplément publié deux ans après et accompagné de 21 planches, de Schlotheim (t) a représenté et décrit des ossements des environs de Kostriz, des crustacés, des plantes, des polypiers du terrain de transition, Enfin, dans un dernier fascicule, accompagné de 16 planches, et qui parut en 1893, le même savant a donné les figures de trilobites, d’Astéries, d'Ophiures, de crustacés et d'autres pétrifications du muschelkalk de la Thurimge.
Nous venons de dire que les imdications de terrain n'avaient point, dans ces publications, toute l'exactitude désirable ; c’est à quoi M. A. Boué a tâché de remédier par un article où 1l a donné une liste des fossiles décrits ou figurés par de Schlotheim, distribués dans les terrains auxquels ils appartiennent ou dont ils proviennent (2).
S 6. Scandinavie.
Nous ne trouvons sur le Banemark et la Norwége que l'ouvrage de M. H. Schacht (5) qui ait quelque rapport avec notre sujet; ceux assez nombreux et même fort étendus relatifs à l'histoire naturelle de l'Islande ne nous offrent aucun intérêt à cet égard; on voit seulement que T. Bartolin envoya à Resenius une dent d'Éléphant qui provenait de cette île et était changée en silex (4). Les ouvrages de Strôm (5), de Pontoppidan (6), où
(1) Nachträge zur den Petrefactenkunde, avec A pl., 1822. (2) Edinb. Philos. Journ., janv., p. 281, avril 1895. .(3) De mirandis in nostro Septentrione imprimis Dania et Norvegia Lapidibus figuralis, in-4. (Nov. lit. maris Balticæ, p. 188, 1698.) (4) Act. med. hafn., vol. I, p. 85, n° xzvi.
() Om Norske petrefacter, etc. (Naturhist. Selsk. Skrivt., 3 vol. 1" p., p. 110.) (6) Fôrsog paa Norges naturalige Historie, Kjobenh., in4. 1795. — Hist. natur. de la Norwége, trad. angl., t. I, p. 262; 1705.