‹ Introduction à l'etude de la paleontologie stratigraphiqueChapitre 9 sur 63 · I.C. Reinecke, \brecht, LC · texte numérisé non relu

I.C. Reinecke, \brecht, LC

alphabétique de tous les objets décrits où mentionnés, laquelle permet toujours, un nom quelconque étant donné, de le trouver unmédiatement dans chaque volume.

Amsi, non-seulement les planches de l'immense travail de Walch et Knorr nous représentent presque tout ce qui était connu alors sur les fossiles ou les pétrifications, mais encore le texte renferme tous les documents bibliographiques ou historiques qui s’y rapportent; il reproduit, avec un luxe prodigieux de citations précises et rigoureusement exactes, tous les faits, toutes les idées, les opinions, les théories émises depuis l'antiquité jusqu'en 1778. C'est done un véritable monument, expression complète et fidèle de la science du temps, monument dont nous recommanderons l'étude approfondie à quiconque s'occupe sérieusement de la paléontologie générale et qui y trouvera des enseignements de plus d’une sorte.

Quelques autres naturalistes venus plus tard ont encore apporté des documents pour la paléontologie de cette partie de l'Allemagne méridionale, mais ces documents sont peu importants en comparaison de ceux que nous avons cités. Tels sont Flurl (1), Rôsner (2), Memminger (5), Schmidel où Schmiedel (2), etc.

Plus au nord, J. Seb. Albrecht a signalé les pétrifications des deux règnes observées dans le duché de Cobourg (5), et J. C. M. Reinecke (6), dans son travail sur les Nautiles et les Argonautes, vulgairement appelés cornes d'Ammôn, a fait connaitre la distribution de ces fossiles dans Les diverses couches

(1) Beschreibung der lebirge von Baïern, ete. — Description des montagnes de la Bavière et du Palatinat supérieur, in-8. Münich, 1792.

(2) Nachrichtvon einem Berge in Niederbaiern, ete., in-8. Mumich, 1785.

(5) Canstadt und seine Umgebungen, Canstad et ses environs, 1812.

(4) Vorstellung einiger Merkwürdigen Versteinerungen, etc., représentation de quelques pétrifications remarquables, avec planches. Erlangen, 1793.

(>) Ducatus Coburgensis agri cum vicinis ccrporum petrefactorum ex utroque régno, copia et varietale nullis secundis in Germania. (Acta natur , vol. IN, p. 401.)

(6) Maris prologæi Nautilos el Argonautas vulgo Cornua Ammonis in agro Coburgico et vicino reperüuidos, ete., ir-8, 19 pl. Cobourg, 1818.

BOHÈME, AUTRICHE ET HONGRIE. 117 de ce pays. Quant à la classification que propose l’auteur, on voit qu'il n'avait pas toujours de bons échantillons pour constater l'existence e£ la position du siphon, quine manque Jamais. Après s'être attaché à démontrer les affinités de ces coquilles avec le Nautile etla Spirule, Remnecke se demande si les cornes d'Anmon existent encore dans les profondeurs de l'Océan, et recherche la cause de leur distribution présumée. IE passe ensuite à une description méthodique de quarante espèces, toutes fort bien représentées dans quinze planches, les meilleures peut-être que l'on ait encore données de ces coquilles.

Les divers ouvrages publiés sur les fossiles de la Bavière, du Wurtemberg et du duché de Cobourg nous font donc connaître particulièrement les faunes jurassiques et du muschelkalk qui y sont bien développées, mais sans qu'ancune distinction de ces diverses assocrations de fossiles, en rapport avec l'âge des couches qui les renferment, semble avoir été soupconnée par les auteurs qui les ont décrites.

S 3. Bohème, Autriche et Hongrie.

Dans la Bohénie, séparée de la Franconie par la chaine aurcienne du Bôühmerwald, les publications relatives aux corps organisés fossiles et à la géologie ont été plus tardives que dans les pays voisins. Vers 1770, Franz Zeno (1) indique dans deux mémoires la véritable origine des fossiles recueillis aux environs de Prague. Ceux qu'il mentionne provenaient du terrain de transition et un petit nombre de la craie. Les caractè-

(1) Von Seeversteinerungen und Fossilien, ete. (Neue Physical. Belustigungen, etc., 1 Abtheil., p. 65; IT id., p. 362. Prague, 1770.) — Vox. aussi Abhandt. von Versteinerungen welche bey Prag gefunden werden. In-8 avec planches, Prague, 1769. — Nous empruntons ces détails, relatifs aux naturalistes de la Bohème, à latroduction historique que M. I. Barrande a mise en tête du premier volume de son magnifique et excellent ouvrage sur le Systéôme silurien du centre de la Bohéme. Nous ne pou- “ions piuser nos documents à une meilleure source.

Bohcme.

ITX BOHËÈME, AUTRICHE ET HONGRIE.

res zoologiques des trilobites ont été complétement méconnus par l’auteur, qui ne fait aucune différence entre les fossiles secondaires et ceux de transition, et combat l'opinion émise par L. Moro, qui supposait la croûte de la terre brisée, puis soulevée par l’action du feu intérieur. Zeno croyait que le déluge avait occasionné la dispersion des coquilles rencontrées dans les diverses couches de la terre. Les coupes qu'il a données des carrières ouvertes le long de la Moldau ont été reconnues depuis pour être fort exactes, mais l’auteur n’en a déduit aucune idée théorique vraie sur la suecession des couches de la contrée,

Peu après, de Born (1) mentionne un certain nombre de fragments de trilobites des environs de Prague, et, dans une lettre que lui adresse le comte Kinski (2), ce dernier signale les fossiles recueillis entre Zditz et Gimetz. I reconnait comme analogues aux trilobites de Dudley en Angleterre les nombreux restes d'animaux articulés des schistes argileux du pays, corps qui étaient alors désignés sous le nom d'Entomolithus paradoxus que leur avait imposé Linné, et que l’auteur pense avoir eu la faculté de s'enrouler et de se dérouler pendant leur vie. Pour de Born les schistes à crustacés font partie des formations primaires, et ces mêmes fossiles sont indiqués à la montagne de Wynice, auprès de Tmayn et sur d'autres points autour de Prague.

En 1791, 3. C. Lindacker (5) décrit avec assez de précision la composition des terrains qui environment cette dernière ville; il reconnait leur origine sédimentaire, les alternances des diverses roches, là présence de pétrifications plus ou moins nombreuses, et signale telles des grès surtout comine les plus remarquables. Ce sont des fragments de trilobites provenant, entre autres localités, des bords de Ta Moldau, des environs de

(4) Lithophilacion Bornianum, \TT2.

2) Abhandl. einer Privat-Gesellsch. in Bühmen, vol. 1, p. 243. Prague, D.

(3) Mayer s Sammlung physik. Aufsatxe, ole., vol, L, p.57. Dresde, 1791.

la grotte de Saint-Procope et de Wraz, sur la route de Prague à Béraun. Le fossile qu'il décrit sous le nom de Gegitterte Kæfermuschel se reconnaît aisément, dit M. Barrande, pour un Trinucleus, dont l'animal se trouvait tantôt étendu, tantôt roulé en boule,

Dans un travail sur le territoire de Mies, le même auteur (1) lait connaître les schistes gris avec des veines de quartz qui reposent sur Le granite, et dans celui où 1l traite des couches de charbon du cercle de Pilsen, comprenant les mines de Neits, Chotieschau, Merklin, Tsehimin, Oesel et Themnin (), il donne une coupe du terrain de la dernière de ces localités. Ces dépôts charbonneux et les schistes avee empreintes de plantes reposent sur les schistes argileux anciens (Tonschiefer), dont les couches, au lieu d’être horizontales comme à Mies, sont 1ei verticales, Toute la contrée aurait été un lac au fond duquel la houille se serait déposée et aurait été recouverte ensuite par des sables et des argiles résultant de la décomposition des roches granitiques des montagnes environnantes. En explorant ensuite la chaine du Bôhmerwald, Lindacker, accompagné de Preysler et de Hoser (5), reconnut, le Tong de la route, à partir de Prague, que les grès anciens où quartzites, les grès schisteux et des grès schisto-argileux avec leurs fossiles, servent de base aux couches plus récentes, caractérisées par des fossiles différents, tels que des Ammonites, couches que nous verrons plus tard désignées sous les noms locaux de Quadersandstein et de Pælner-Kalk.

L'année suivante, Fr.-Ambr, Reuss (4) dans son Essai sur la minéralogie des environs de Prague, constate la mème succession de schistes argileux, de calcaire, de grès et de marne, mais il admet ensuite des passages de lun à l'autre et des transformations très-contestables. Il signale des dents de pois-

(1) Mineralgeschichte von Mies. (Neu. Abhandl. der k. bühm. Gesells. der Wissensch., vol. 1, p. 129, 1791.)

(2) Mayer’s Sammlung physik. Aufsätxe, ete., vol. 1, p. 9, 1791.

(3) Ibid. vol. M, p. 155, 1795.

(4) 1bid., vol. IV, p. 539, 1794.

sons, des baguettes d’échinides et des Gryphées qui ne sont pas suffisamment distinguées d'une multitude d'autres corps, dont le gisement n'est pas indiqué et qui, d'après les noms seuls de senres usités alors, ne peuvent être rapportés à une époque déterminée, Dans des roches caleures différentes, il signale des fossiles sous les noms d'Échinites, d'Orthocératites, de Bélemnites, d'Entrochites, et fait remarquer que ce calearre (Steinkstein) repose sur le grunsteim \diorite). En résumé, dit M. Barrande, à l'ouvrage duquel nous continuons à emprunter ces données, le mémoire de M. Reuss est un des plus intéressants qui aient été faits à cette époque où la géologie et la paléontologie étaient encore si peu avancées en Bohème.

Dans sa description des seigneuries de Künigshof et de Tocznik, le même observateur (1) S’occupe des montagnes de Kosow, composées de grunstein, de calcaires compactes, de calcaire argileux et de grès argileux plus où moins ferrugineux ou micacé. Au mont Dlauha-Hora, les calcaires compactes sont remplis de bivalves, d'Orthocératites, etc. Dans la seigneurie de Toeznik particulièrement, Reuss mentionne, avec non moins d'attention, toutes les roches au point de vue minéralogique, mais sans tracer les limites verticales ni horizontales des couches, non plus que leur ordre de superposition normale, omissions bien pardonnables alors dans un pays comme la Bohême, lorsque dans d'autres, où les relations et les communications entre savants étaient plus fréquentes et plus faciles, des lithologistes très-célèbres n'étaient pas plus avancés.

Le petit bassin houiller de Zébrak à été aussi étudié par Reuss comme 1l l'avait été déjà par Lindacker. De son côté, EF. Riepl, dans son coup d'ail sur le terrain houiller de la monarchie autrichienne (2}, s'est occupé du bassin carbonifère de

(4) Mayer's Samml. physik. Aufs., vol. V, p. 98, 1798.

(2) Jahrb. der ki. L. polytechn. Institute. Vienne, {°° partie, 1890. — Voy. aussi Fr. Wihbald Schnndt pour l'énumération de quelques trilobites sous le nom d'Entomolithus (Sammlung physik. - ükonom. Aufsutze, vol. 1, p. 100, 1795.)

BOHÈME, AUTRICHE ET HONGRIE. 121 la Bohème. Ceux des cercles de Béraun, de Pilsen, de Rakonitz, sont placés à la surface du terrain de transition et semblent avoir été déposés dans des dépressions des schistes.

En 4899. Alex. Rrongniart (1), à qui Fon doit le premier essai d'une classilication des corps désignés et confondus Jusquel1 sous le nom d'Entomolithus,d' Entomostracites, ete, et qu'il réunit sous le nom beaucoup plus simple et plus expressif de trilobites introduit par Walch, n'en signale encore qu'une espèceen Bohême : c'est l'Asaplurs Hausmanni. De Schlotheim(2), l'année suivante, en indique #, et, en 1895, le comte Sternberg (5), dans un travail particulier sur les crustacés de ce pays, en signale un plus grand nombre, qui constituent réellement aujourd'hui 10 espèces.

Nous devons nous arrêter iei pour ne point dépasser les limites de la période historique que nous retraçons, mais nous ne pouvons nous empêcher de faire remarquer que l'étude des trilobites de la Bohème offre un exemple frappant et bien digne d'être signalé par avance de ce que peuvent la sagaeité el la persistance réunies pour arriver à des résultats inattendus, on pourrait presque dire merveilleux. Ainsi, de 1770 à 1829, dans un laps de 59 ans, tous les naturalistes étaient parvenus à réunir 40 espèces appartenant à cette famille, et en 20 ans, de 1832 à 1852. un seul observateur (4), doué de cette volonté ferme et de cette perspicacité de coup d'œil auxquelles rien ne supplée, a recueilli, décrit et fait figurer, avec un soin et une exactitude qui font de cette 1" partie de son ouvrage un véri- {able modèle, 35 genres de trilobites du système silurien de la ohême, et comprenant 259 espèces. La plupart de celles-ci

(1) Histoire naturelle des crustacés fossiles, in-4, 4 pl. Paris, 1822. (2) Nachträge zur Pelrefactenkunde, 2 part. Gotha, 1823.

(3) Uebersicht der in Bühinen dermalen bekannten Trilobiten. (Verhandl. des vaterl. Mus., p. 69-86. Prague, 1895.)

(4) J. Barrande, Système silurien du centre de la Bohême, vol. |.

p. 285, in-4 avec atlas de 50 pl. Prague et Paris, 1859.

Honcorie.

ont été étudiées aux divers âges de leur développement, et quelques-unes depuis l'état embryonnaire (1).

Si nous nous avançons vers l'Est, la Hongrie nous offrira quelques recherches de Fr. Em. Brückmann, qui, dans ses Lettres de voyage, imprimées en 1729, décrivit quelques pierres ligurées de ce pays (2). Mais le rapport de J. E. de Fichtel sur la pétrification des principautés comprises dans les Siebenbürgen (3) est beaucoup plus explicite et plus détaillé. L'auteur y indique avec soin toutes les localités où il a recueilli des fossiles, particulièrement dans le bassin de la Maros, dans la vallée de Deva, ete. A Roksad il à trouvé de grandes Huîtres, figurées exactement, et qu'il est facile de reconnaître pour l'O. crassissima, Lam. Cette espèce, représentée déjà dans le grand ouvrage de Walch et Knorr, est, comme on sait, trèscaractéristique de la période tertiaire moyenne dans l’ouest de l'Europe, comme en Asie Mineure, sur les flancs du Taurus et plus loin encore, sur Les pentes mférieures de l'Ararat. Fichtel figure aussi une autre grande espèce d'Huitre très-différente, donnée également par Waleh et Knorr, et qui n'est pas moins

(1) A ces documents et à quelques autres donnés aussi par M. Barrande, mais qui ne se rapportent pas directement à notre sujet, nous ajouterons encore les suivants:

Ballenstedt, Merkwürdige Ausgrabungen in Bühmen und Mähren im 47 Jahrhunderte. Ses Arch. der Urwelt, B. V, p. 68.

Theobaldi, Schlackenwaldensia arcana Naturæ, n-4. Nuremberg, 1695.

B. Balbinus, Miscellanea historia reyni Bohemiæ, in-[°. Prague, 1672- 1681. — Curiosa naturæ arcana inclyti regni Bohemiæ et appertin. provinciarum Moraviæ et Silesiæ, in-f. Prague, 1724.

Ferber, Beiträge zur Mineralgeschichte von Bühimen, in-8. Berlin, 1774.

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