Kircher, Prodroinus, p
INTRODUCTION A I.'ETLDE
» les Syriens ou les gens de la Barbarie, j ou dj, et réservent d'ordinaire le r/ dur pour » rendre le J, voire le 9-. » C'est sous l'influence de l'arabe d'Egypte que le ■x. prononcé d'abord dj, j, a passé au son voisin du G-dur dont parle Rochemonteix. De même que le musulman égyptien prononça \^>- Gamel au lieu de Djamel, le copte, appliquant à sa langue liturgique l'usage de l'arabe familier qu'il parlait dans la vie courante, prononça désormais cé.Tsi sa'gi, ic-sen isgan, ««q-xoc qf'goes, otkot'xi ôko'gi, -scAiq gcmf, tfsiopo engorh/i, et ainsi de suite, c'est-à-dire saf/ui, iaguan, afguoes, ôkngui, 'gnemf, engnorlih. Je n'ai pas noté de changement depuis quarante ans bientôt que Rochemonteix recueillit ses textes dans la bouche de quelques prêtres.
I/histoire du ^^-x égyptien, depuis le début de la XYlll'' dynastie, nous montre donc, connue je le disais en commençant, une dentale palatalisée que je rends par ts et la chuintante palatale correspondante que je rends par tch. Le premier phonème tournait déjà au c-=^ 0, puis au <=^ t-d, et, à l'époque romaine, il ne se maintenait plus que dans un nnml)re de mots assez restreint. Le second se substitua progressivement au premier, et de tch en d.t-j. puis en g, envahit tnut ce (|ui restait de la langue à l'exclusion de l'autre.
La détermination du phonème couvert par ce caractère a prêté matière à de nombreuses recherches comme celle de s==>. Champollion et les premiers égyptolngues le considérèrent comme un homophone parfait de <^, s^ , |,^^, et ce ne fut qu'après de longues discussions, soulevées surtout par les travaux de Brugsch, que sa véritable valeur fut établie. Résumons en quelques mots son histoire depuis le commencement du second empire thébain.
1° Du XVP siècle avant notre ère à la fin de l'époque saïte. — Les scribes du début de la XVIIP dvnastie ont employé le cz^is pour rendre le n des noms sémitiques, mais non exclusivement tant S en faut : SI I on trouve \ v ou \ ,UfîA
8*11^, "1"^.*?, blisa, ilTS, i'nn!, on renconlrc iiussi des formes nombreuses en et en II
pour exprimer ce t dans toutes les positions '|\^^ \\\ pour i-ïïJia, |il||| v\ pour
pfe'ai, etc., ainsi que nous l'avons dit à l'article du q. Les transcriptions en cunéiformes d'El-Ainarna ne nous donnent pas jusqu'à présent de mot contenant certainement un -^^îs. et il faut descendre jusqu'au VU" siècle avant notre ère pour en rencontrer d<>s cas en assyrien. Les scribes d'Asarhaddon et d'Assourbanipal rendaient alors le son par lï^jnivalcnt e, Xatùhu pour "^ g cz^^ g v¥ ' Piii^t'^i ou Biu^ém
pour ' y^ÏÏÏÏ , Jspima^ùoii pour "S ^k^ i\ \ W^, et, dans tous les noms propres
en " , Paainiustn p(nir II jj \ vOi, Puiaubesti pour W Vff.
Jpti/jfinùcsa pour ^\\S) V)§^, mais une fois le c:s> est déjà tombé dans l'/Ao pour I . Le grec présente la même fluctuation, car, dans >âÏÏ®ÏÏ' i' '""^r"^ ^^ premier c^a par S, mais le second par -, au génitif .mévoï,,-, mévot.to;, et la prononciation lé-
1)1': i.A rii(>\i'.Ti(,)ri: l•:(!^■l'l■Il•:\Nl■: 29
goreiiicnl silllanlc du s ;i peut-être iiillui' sur hi (l(Tivalioii eu 7 de l'i^lluiiiiue MevS/ixioî. Les triinseriplioiis .iramc'euues do ré|)()(|ue persane continuent à expriiucn* généralement par un ts le son du cs> égyptien dans les (|uel(pies noms qu'elles nous apportent, "Ci«:t2D pour vji r ^, nx'BE pour rlj] yf • <1<'^M'"^'^ "" rapproehei'a l'Iii-hrcMi rns-pla
pour ûA/T^ ^ et le nom niixle, signale dc'jà ptar llougt', '?!<"pia, dont h; premier
élément est . II faut noter toutefois (|u'a la même époque, les Grecs rendaient déjà de ces noms propres par nn -, îXî ^ P''^'' no-raTtjjiT';, nazxoëTfiic, k corriger, comme le propose très judicieusement Spiegelberg, en naTap??;xi; '^J J
^^ wT' ri vil Sr "-'"?'^; i' Gst rendu également par un - dans d'auti-es combi-
naisons telles i.\\.w (I û D^ 'AjjtopTotTo;. La forme "AêuAo,- du nom de la ville Y J ©,
¥ I , pent avoir assumé un a, par suite d'une assonance au nom d' Abydos que portait la ville de l'Hellespont : il faut, pourtant, noter ici un des exemples rares à cette époque de <:^j> transciit par a. 11 résulte donc de ces faits que. depuis le milieu du second milir-naire avant notre ère jusqu'à la conquête macédonienne, c^^ oscillait entre deux phonèmes rendus l'un |)ar --ta-A, l'autre par n--, mais avec une tendance vers le T-n marquée de plus en plus.
-r^° Depnis le conirnencenicnt de l'époque ptolémaïque Jusqu'à nos /ours. — L'histoire du <=s> est bien connue à partir de cette époque. Le son s'en identifie dans la prononciation avec celui du q; il ne se conserve que par effet réflexe dans un mot comme
I h^, où le 0 de la transcription traditionnelle xiOu est évidemment amené par un souvenir du c^a premier, et, dans l'écriture monumentale, il devient une variante purement graphique de ce signe. J'ai noté déjà que, dans le démotique, le 0 grec est rendu toujours par q; cette constance s'explique peut-être par ce fait que les formes graphiques du ^ et du ci^3 s'y sont confondues sans qu'il soit possible de les reconnaître par ellesmêmes. Cette confusion dans la cursive amena nécessairement une confusion dans l'écriture hiéroglyphique, et, si, pour les mots du vieux fonds de la langue, les scribes conservèrent souvent par routine d'éducation les orthographes traditionnelles, dans les noms étrangers ils employèrent indifféremment <=^> et >=■ pour exprimer le - et le 2 :
'AXé^avîpo,- <^.^:^nc^^ ^ OU [j^îlir^n ^ v| , [lToA£,uaTo,- LH| | ' OU ^^ ^ ljl|[l.
AAA/NAA CZi
'"^'' '%^T<4>^,^l M--?a.c!a et c^(](]'^f][è Afo., et même, dans ce dernier nom, c:^^ est usité plus souvent que ^ sur les monuments pour figurer un -. Sous les Romains, Aù-:o-/.p2Twp présente toutes les orthographes possibles pour ses deux •:
eJ^.6a^.oc pour son^mque, *|^^^-^5 S^' I^SpS^' !k<^<=>' >. , , ^^ j 1 . et Tibère, Claude, Domitien, Trajan, Hadrien, se servent in-
différemment du '=^, du c=^^ et de leurs homophones pour rendre le 0 ou le - de leur nom en sa forme grecque. Une fois disparus les hiéroglyphes, le copte écrit avec t
30 IXTRODLCTIOX A L'ÉTIDE
tous les noms qui, dans la langue ancienne, avaient un c> ou un '=^^, et les deux phonèmes au moins que ces deux caractères recouvraient se sont résolus en un seul t-^. <|ui suit toutes les fortunes de celui-ci dans les deux dialectes, telles que je les ai exposées à l'article du <=>. Il faut noter seulement que le cs^ du verbe û d(1(1 conserve
sa valeur de a en dernière syllabe, tout en prenant celle de ^ - en tète des mots : ainsi le texte copte écrit en lettres grecques de l'arcliiduc Régnier écrit z'i-wmi, fiaeivouS;, mouS, pour ennito-s"i-, AXAemo-s-J-, nito-y)-, mais -n/^n. TiEpasTra^EiÔ;, pour "J-c^a^ci, 'J-epA.cn&.reS'-ac, ce qui semble être une simple différence d'orthographe.
Ici encore, comme à propos de ^=^, nous devons nous demander s'il y a dans ces faits des éléments suffisants pour déterminer la valeur du son qui se cache sous cr^ia. Il faut, pour cela;, revenir un peu sur l'article de ^^ et nous rappeler le fait bien connu
de la transformation graduelle au cours des âges de certains ^ en -c:^» et de ce
on <=., Iljl^^, par exemple, devenant [Il I |, puis [|1 , [Tl , |T| I , et le dernier ^ s'amuissant pour donner le copte xioctc T. aiocti M. iiô-cf ^i- Tenant compte de cet élément d'enquête, nous pouvons arriver à une appréciation assez exacte du son. La série des dentales en égyptien nous a déjà révélé plusieurs phonèmes distincts, t-d-q qui se ramène en dernier lieu à d-t-«-, s=> qui se ramène à t-d, puis à d-t--» dans la plupart des cas, mais se résout sur z-x-ts-tch dans quelques mots, en dernier lieu ts-tch- CH, ^°1 qui finit par aboutir d'un côté à t-», de l'autre à ■s-s'. Une valeur manque à cette série, celle du a grec ou du i arabe, c'est-à-dire la sonore de ^-t-t-o niemphitique. Je crois (jue, si c^^i ne représentait pas exactement le a grec ou le S arabe, du moins il en différait peu pour l'articulation : c'est, en effet, celui qui devient le plus aisément tantôt d-t, tantôt z-x, comme le prouve l'histoire de i dans l'arabe d'Egypte. L'objection qu'on a opposée parfois à ceux d'entre nous qui ont préconisé ce rapprochement du son caché .sous c:^> avec le son abrité par a, à savoir que le copte n'a employé le •2». que dans un petit nombre de mots étrangers qui le possédaient dans leur langue d'origine, a peut-être quelque apparence lors(iu'on s'en tient à la surface, mais elle cesse [de valoir dès qu'on va au fond des faits. Les exemples cités plus haut, et beaucoup d'autres que chacun de nous a présents à la mémoire, montrent que, dès le commencement de la seconde époque tliébaine, le son du c:ss tendait de plus en plus à se confondre avec celui du <= et même du £= devenu presque toujours homophone de ^. A l'époque gréco-romaine, lorsque l'alphabet copte se constitua, le son de '=^> = a n'existait plus en égyptien, mais ce n'est pas une raison pour admettre qu'il n'y eût jamais existé : de ce que les fellahs prononcent S presque toujours comme i d ou 3 z. il n'ensuit pas que ce caractère n'ait pas eu originairement en arabe sa valeur particulière. Notre c:^^ est donc, je pense, l'intradentale faible a, et il est à ^^ ce que s=> a été un moment à ^ : l'occlusion, ne se réalisant pour le former que par une pression peu intense de la langue sur le palais, c=^> <!tait une sorte d'occlusive sonore douce, par conséquent elle était articulée assez faiblement, et c'est là ce qui explique les transformations qu'elle a subies en descendant les siècles.
1)K I.A IMIONËÏIQUE ÉGYPTIENNE 31
On peut donc l'ésuniei' dans le tableau suivant tout ce ([uc nous savons do la séx'ie des dentales :
Ci *T D {
DJ -s-^-G.