V. Loret, La Flore pharaonique, )l' édit. , p
les sons 't, rii ou •x, s". Restei aient donc seules les équivalences -xice, «"oci = „ "j,
•sjk-s, a'ù.'s = V V ^,, et ■xooirq ^= ■sv w ; la première est certaine, ainsi
que la troisième, et la seconde est probable. Nous avons donc, là, au moins trois exemples réels de s==> égyptien aboutissant à îs, et le passage d'un son à l'autre a dû se produire vers l'époque saïte au plus tard, car on a déjà, dans les textes démotiques,
1%.^ V ''* *i^^^^ '" '''" '''' T '^f''^' '* '^' textes assyriens d'Assourbanipal rendent Zabnouli par un jo, devenu s.. •xcÉmo-is-V étant en copte le nom
de la ville | s=>J ®, confirmés en celii par la transcription grecque Sîêivvu-coc, déjà populaire au temps d'Hérodote. Sans vouloir pousser plus loin l'examen des faits énoncés par Brugscli, nous pouvons en conclure, dès maintenant, que :
1° L'équivalence proposée par Brugsch entre le s= égyptien et le d sémitique n'existe pas ;
2° Dans la /.oivr; égyptienne, aux temps saites et à l'âge gréco-romain, le g — > était communément une simple variante du <='•, toutefois, dans quelques mots, il avait conservé de son ancienne valeur de sifflante aspirée, et il avait tourné à z-os-;.
Cette seconde constatation coïncide parfaitement avec le peu que nous apprennent
sur la valeur du syllabique ^^ de s=5 les tablettes d'El-Amarna et les monuments
égyptiens eux-mêmes. Les tablettes d'El-Amarna portent kouzi ou gouzi pour
^^ \ A , abréviation de ^^ \ 1-^' '^cbnakau pour /^ j c? , Pirizzi pour
'^'^^^^ 1 wT' '^'^^'^ ^^^ ^ pour un ^^- D'autre part, les scribes égyptiens donnaient
parfois le ^^ pour équivalent au ï sémitique, "^f ^^ ^^1 k' P'^^"' Q''?¥P. et probablement il a la valeur i ou s dans beaucoup de termes géographiques et de noms propres hittites. Dans l'égyptien même, le son primitif de ^^ était déjà assez modifié
à cette époque pour qu'on le confondit parfois avec celui de ^^ ou de | : il y a bien
longtemps déjà que Rougé avait noté la variante ] j^ de ^^f "k f^, la
variante J 1^ du nom ^f ^kJN® ^^ ''^ '^^^'® ^^ Médinét-Habou, et Birch a
indiqué les graphies i^^^ de ^^ ^ ^ ou ^^^C3 de
U=zi' Pour quiconque connaît la fixité avec laquelle les Egyptiens de la seconde période
thébaine reproduisaient l'orthographe des mots usuels de leur langue, même lorsque la
constitution organique et la prononciation de ceux-ci s'étaient modifiées depuis le
temps où cette orthographe s'était constituée, des variantes telles que celles que je viens
de signaler sont, à dire le vrai, des fautes évidentes d'écriture, et je les considère
comme étant d'autant plus précieuses qu'elles nous éclairent par leur nature même sur
la valeur des sons jugés alors équivalents à ceux du ^^ ou du £==. Dans les mots où
ces deux caractères continuaient à couvrir le phonème sifflant du s=5 ou son dérivé,
on estimait qu'il était assez proche de celui du J, ^^ , rendant t ou s, z ou t.s-tch,
pour qu'on pût le confondre avec celui-ci dans l'écriture et dans la prononciation. Ce
point posé, on comprend comment il se fait que, dans les mots où l'articulation pre-
mière s'est maintenue à peu près jusqu'à la fin, le copte ait employé, pour l'exprimer, son •s-(3'. Il n'y a plus Vjesoin, alors, de recourir à des comparaisons un peu forcées avec l'hébreu, et de poser, par conséquent, l'équation s= = d.
Y a-t-il là de quoi déterminer la nuance de son que s=5 représentait à l'origine?
Je ne vois guère que le phonème qui est rendu par le ^ arabe ou mieux encore par le 9
grec. Il semble qu'on l'ait conservé, encore à l'époque saïte, dans le nom de la ville de
, car Hérodote et Hécatée de Milet avant lui écrivaient et prononçaient efc, au
génitif eTvo;. C'était, dès lors, une prononciation archaïque, qui se perpétuait dans
l'usage, comme il arrive souvent aux noms propres : car celui du décan ,^^^^ est rendu en grec par HotoXx. mais, même là, le passage du s= au q était un fait accompli probablement dans la langue courante, car on trouve en iiiéroglyphes les variantes '''"^n^® '^^^ ^^'^^^l®, en transcription assyrienne d'Assourbanipal Taâni et Taiani, prononcés peut-être rem, et copte ancien thi. Par un mouvement inverse, tandis que les Grecs rendaient en ^V!x<xiJ./,xiy o; le nom □ '^X. ^' l^s Assyriens notaient plus exactement en Pishainihki {ToushamiUii , par mauvaise lecture antique du signe polyphone initial), où L pour s=s s'explique probablement par une prononciation sifflante, Pis/iamisnhi, Pisamiski, du s=», et par le même phénomène de substitution de l à sh ou s, qui a transformé, disons Kasudi en XaXiaîoc. Nous obtenons donc, pour l'histoire de s=, le schème suivant :
Antérieurement au second Garde accidentellement une
empire thébain, tourne presque valeur sifflante dans quelques
partout à Ci T-t-D. mots et devient ^^, prononcé
Là encore, les faits relevés par nos prédécesseurs nous prouvent que plusieurs phonèmes suffisamment distincts l'un de l'autre se dissimulaient sous le caractère-type ^^, dès le commencement du second âge thébain. En voici l'histoire depuis cette époque, telle que je la comprends. Au début, nous avons sous ^Hl la mi-occlusive sifflante sourde ts, c'est-à-dire un son se rattachant à la dentale t, et la mi-occlusive chuintante sourde tch, prononcée comme dans l'anglais chil.d ou dans l'italien cicérone, c'est-à-dire un son se rattachant à une gutturale k. A la fin de l'époque ramesside et à l'époque gréco-romaine, chacune de ces valeurs se dédouble. La série ^^ ts se ramène progressivement à d^^ 5 ou à o, qui, eux-mêmes, se résolvent d'une part en ^-t-^, de l'autre en 2:-^==^-^!; ]a série ^^ tch aboutit probablement, par l'intermédaire de tj- DJ, d'un côté à notre j-G-doux, <^, de l'autre à notre chuintante simple ch, en anglais SH, aujourd'hui ■s.-<^. Voici les faits sur lesquels je m'appuie pour obtenir ce résultat.
1° Du XVP siècle avant notre ère à l'époque saïte. — Dans les transcriptions de noms géographiques sémitiques que les listes de Thoutmosis III nous font connaître.
DK [.A l>Il(iNKlli,>UE ÉGYPIIKNNE 23
"^ et son .syllabi(|ue i servent à rendre généralenn'nt le s hébraïque, plus rarement le I. et leur témoignage est conrirmé par celui des papyrus ramessides, |„ lOtia
^^;7; ,.:-n^,, ou bien %"^^ 1.?, ©^1"^ ■^'^'' J 'V fl^i^^ nb—isa et n^nibi e d'autres. Les noms comnnuis passés de l'usage sémitique dans l'égyptien présentent le même emploi, ainsi ^-^ |||0 ^ répondant au babylonien maziqda
nar un ! 7^ 2S I "v^ t A )En, et ainsi de suite. De même, les scribes
d'Asarliaddon et d'Assourbanipal disent :taanou, ^iiinoa, pour | \\ , ^ikliâ pour
""^ vfts et leurs transcriptions achèvent de nous prouver que le x sémitique était bien l'équivalent graphique ordinaire du | égyptien et réciproquement, mais, comme la valeur du s sémitique lui-même était variable, nous serions parfois embarrassés pour déterminer celh^ du ]) égyptien, si les transcriptions grecques ne venaient pas à notre aide. Elles sont, pour le s sémitique, tantôt t, T'.po;-nlï, tantôt s, s'Swv-iitj:, suivant que l'élément dental ou l'élément sifïlant-chuintant l'emportait dans renonciation. Le même phénomène se produit pour le ^H) égyptien, car les Grecs transcrivent Tàviç ï \\ , OÙ les Hébreux avaient ps, et Tiw; ou '^i'i'»^, où les Assyriens avaient eu \ikhn, trois siècles plus tôt. Il y a donc là, à la fois, une indication d une valeur ts-tch pour '^ et de la tendance à faire descendre ce ts-tch ^°^ vers t-q.
Que cette tendance ait été très ancienne dans la langue, l'étude de la dégradation successive de ts-"*^ en o-<=^3 et de S-<::^> en t-^ dans le même mot au cours des temps le montre suffisamment. Le mouvement, commencé dès le premier âge thébain, est déjà très développé dès le début du second, ainsi que le prouvent des exemples fort nombreux : quelques-uns, pris au hasard, suffiront ici pour rappeler la règle. C'est aiosi eue le. |1^. ]-|. fl J^|^, ^1^, =^, J^^"^, U^^^^.
\\\\' ©n j^ , etc., de l'époque memphite ou des époques antérieures, sont devenus, quelques-uns au moins dès la XII" dynastie, tous certainement avant la XVIIP,
PS' "^Jm' P^^^^' 2^' ^^' kS' °P M • "^I"^Il^' ® lc^>j , et l)eaucoup même ont franchi ce stage pour aboutir du c:^:^ au q, HT „»
1 w^^s.' ~^'^^. ^i^i'- /i' ® J • Les textes d'El-Amarna offrent au moins deux bons exemples de transcriptions de ce c^s:i arrivant au c^, pnaliou, pinnattou, pour c^^ .*=^'] ^ de 0^°!^=^, nashi pour c^^Hs, ^"^^ de |]|o, mais, comme tous les mots égyptiens qui s'y trouvent ne sont pas encore identifiés, ce n'est là probablement qu'un mininuim. Le ^^^^ est certainement un n-o, et le S-n se résout en égyptien, comme le prouvent les faits, sur n-- : le ^°^, d'où il dérive dans cet endroit, est donc très probablement, ainsi que je le disais, une mi-occlusive sifflante sourde qui cède la place à la sonore S, qui, elle-même, cède la place à la sourde simple ■:, qui, à son tour, prend le son de notre sonore simple d.
2° Du commencement de l'époque macédonienne au commencement de l'âge copte. — Pour les mots contenant un |-ts à l'origine, le mouvement qui conduit ^-ts au
^-T-D en passant par le <=^:= se précipite et s'achève : il est probable que tous les mots de cette catégorie avaient termine' leur transformation vers l'époque romaine, et que le départ entre eus et les mots demeurés en copte avec le son chuintant pouvant tourner au son sifflant était déjà fait. En eHet, on trouve dans les transcriptions du grec Sia'-ïç, SejjiEvoÙTE, S£vaa'.o;, avec la variante en s de ^^ prononcé ordinairement t-wç, |^^ J ^^
OO @^: I "^^ '' I R ' Q r^ ôl Vî' P"^"^ ^^^ ™"^^ *^1"^ ^® trouvent avec la ■2t
seule dans le copte ■si'stoi, ■xioiuiAe-uoTTe ou ■xeiic-noTTe, prononcés probablement Tsitsoi, Tchitchoi ou Chichoi, Tsémé-Tchémé-noute on Chémé-noute, Tsentsaos-Tchentchaos ou Chenchaos. le grec rendant ces sons par i également; mais on rencontre aussi très fréquemment déjà des orthographes en q des racines écrites jadis par |, puis par
ou .. de lï — c^:= ."^^V^Wde -^ VvV^-^X (nnD 6 mm J \mm Jimn q \\ .ffi^-M^ <:z=> W .le^.M^ awiii
de il — ^^^2 ' -*^V=^' """ ' *1"® ^®^ Grecs ont transcrit Toaop-, Tojeo-, dans les noms royaux To^opOpoç, TocjEpxijis, etc. ; les exemples de ces orthographes nouvelles en ^ sont assez fréquents pour qu'il ne soit pas nécessaire d'en citer davantage: La prononciation en q-t des mots qui s'écrivaient anciennement par un | et qui s'étaient prononcés en ts-tch, était devenue si bien normale dans certains cas, que les scribes en vinrent à employer le j comme homophone de q, s=> et <=^^ pour écrire les
noms propres étrangers, n ni , d 1 I m , rriSf ft ^-t^ ou "^^i *
éf].
AAAAA^, pour TÎTo;, "ASp'.avoç, ^Mi'.p, Ao;ji'.t'.ïv ',-, et réciproquement les étrangers rendaient parfois le signe | par le son du t, ^ | n^',', ^ i 'Poj'r,^. . En revanche, bien que le copte nous offre plus tard de nombreux exemples de mots où la valeur ts-tch de j aboutit à un s", nous en jDOssédons peu pour l'époque antérieure où j-TCH se résout sur ^zr;^, équivalent à s" : le seul certain jusqu'à présent, et qui avait été relevé déjà par les premiers égyptologues, est celui de ^ 'j^^ à côté de répondant à s's.Tqi M. à côté de ■xe.xqe T. •xeTqi B. D'autres qu'on serait tenté
de citer sont moins certains : ainsi la formule (jl) . qu'on trouve aussi remplacée
, se rencontre ciuelquefois alors modifiée en "=3p? gA -ww.^ , où l'on pourrait
reconnaître la valeur en Tcn-«' de la racine j, s'il ne devait pas se rattacher plutôt à la racine "^ HA, écrite dès le début par la gutturale <z^, indépendante de ^. On aimerait encore pouvoir affirmer que, dans un exemple plus ancien, puisqu'il remonte au milieu de l'époque saïte, la variante vA ^® ^^ transcription égyptienne du
nom de Cambyse sonnât KmnhncAui, mais la variante montre une pronon-
ciation plus sifflante, qu'Hérodote a rendue par KaijiglTr,;. Il convient, d'ailleurs, de noter que les Grecs, n'ayant pas l'équivalent exact des sons couverts par |, ou ne rencontrant plus dans certains mots qui l'avaient renfermé jadis rjue son dérivé c:^? ou <=>, ont employé souvent des lettres différentes de leur alphabet pour les noter, le 9 dans
'Aputiflïiî '^^^ V I ^' ^'^^^^'"'^^'V I ^^ yf' ^® '^ *^^' ^^ " dans 'ApsvSwTT);, 'ApevTWTTiC ^T |
(I ^, OÙ 'T' ^ a déjà la valeur | c^si, \'=^, comme le prouve la transcription. Le fait à retenir, c'est que, au moins à la lin de cette époque, les deux phonèmes que le | avait couverts depuis la période thébaine s'étaient bien séparés pour aller les uns vers la dentale --o, les autres vers la gutturale chuintante ■x-*', selon les dialectes.
I»l': I.A PHONÉTIQUE 1<;(;V1'IIKNNE 25
3° Du cooiinencement de l'à(je copte Jusqu'à nos jours. — Au t^'inpsoù se firent les premiers estais d'tnTiie l'égyptii^n en un alphabet grec augmente de ([uelques caractères, le son que le j avait pris dans la première série rcssemljjait assez à l'un des sons provenant du Q, et les deux à celui de la cliuinlante pure r-vr-i, pour que plusieurs des scribes pré-eoptes aient ('té lentes de les exprimer par un seul signe ou par deux au plus. Celui qui a recopié la deuxième partie d'Anastasi DLXXIV de noire Bibliotlièque natiriiiali' traduit le |, le S et le i~n~i par un même caractère / , (|ui semble dériver du © Inéroglyphiiiue', et que je remplacerai par ^ pour la commodité de l'impression : il écrira, par exemple, «s'a.q = [ncj'xd.q, ^^^ , où <^ équivaut à os du copte, (*'a.A».ot3' -~ «'ô.'Aa.-is-'s T. M., ou «'oine =^ ujwne T. M. Nous verrons que les Coptes échangeaient |)art'ois leur uj avec leui' ■li et leur s* : retenons seulement, pour le momenl, ce fait (pie les trois articulations couvertes par le <^ élaient assez proches l'une de l'autre [)Our qu'on put considérer (|u'un seul caractère pouvait leur suffire. Elles n'étaient pas, cependant, si bien assimilées l'une à l'autre que, dans le même manuscrit Anaslasi, l'écrivain de la première partie n'en ait différencié au moins deux par des signes particuliers. Il n'a employé aucun mot renfermant le s" du copte; nous ne savons donc pas si son 5" répondait à cette lettre comme au y, mais il n'a mis (pi'uni' fois Je pour ■se. et
ailleurs on trouve chez lui to5, s'a.Aioii., s'&q, pour Toig T. , ig«.'.\ioAj. TtTt"r ^^
-^^ 11 ® , *ig«.q-iijie \\n(l /H. Il a introduit pour le -s un caractère spé-
cial J-, dont je trouve des variantes dans d'autres écrits du même genre et qu'on pourrait rendre pour plus de commodité par ^. Il y avait donc pour le ■s-ts une nuance de son qu'il s'agit de rechercher.
La première série de sons pour le -x, celle qui se rattache, dans la langue antique,
à la mi-occlusive sifflante ou chuintante ts-tcii- |, se reconnaît à ce qu'elle reste
|-x, dans tous les dialectes, là où ce | a persisté et n'a pas Uni déjà paral)ouli''
au '='. Tandis, en effet, qu'on a désormais ctoTxi. no-nu., tô.jt. THHfie oto^tè, «.ocTe aj-^toi,
niTE, pour les formes archaï(|ues |l^^, "-^ j^, | ( , , , • j| °1' 1 jl ^ ■
lîlr ^H '^^' ^^ A ^S "^ ' '-' I ^^^ ' '^'^ rencontre, d'autre part, ■siotoiie T. •xwiojuii U. 'S.MUL M., u)«^'xe l . ca.'si J/. ujc'xe Alihin. uje-xi B., otf's.h.i T. M. oiposeï B., fe.iij'zswx T.
QttoTt M., iift.'xg^. KA.A.g^Tse. nô.'xe 7'. its.g^'xi M. itegTsi B., •soi T. M., en regard de ft ^,
=4' Di- Mki i^i^?' ^n:- i\^ - <•= '-■^'
d'autres. Mais, dans ces cas, comment convient il de prononcer le -s. copte? L orthographe du I de cette première série ayant passé dans un certain nombre de mots à ^=^>, puis à T-? et -, en copte t et ■» selon les dialectes, il faut en conclure que, là où le •X provenant du j s'est maintenu dans tous ces dialectes, c'est que s. y avait conservé ou le son même de j ts tch ou un son approchant, que l'écrivain des lettres Régnier rend par -Z, ainsi siaÇ-c^ev zojtÏ'. pour cim-sen kot-si : puisque '=^ hiéroglyphique s'est changé en t-d dans le copte, comme nous avons vu plus haut, il est plus que probable que le f aura suivi le même mouvement, et qu'il sera devenu de ts-tch pro-
1. Cest également l'avis de Krall {Mittheilungen, 1886, p. 111) et d'Ermaa ( Di« œgypti.ichcn Besrhu-&rungon, dans la Zeitschrift, 1883, t. XXI, p. 93, n. 1).
nonces avec la souide et la sifflante dure s, ds, avec la sonore correspondante et la sifflante douce s, identique à notre z ou à notre j dans zéro et déjà. On dira donc Bzôômé et Dzôm, Diôômé et wôm pour •xiowue, •xcoa», shauzê-shamé ou saDïl-^n-oii pour mevse-civsi, ririDz/i et naazhi, na/iDjhé ou na/iDji, pour ita.-x^-ua.gTsi, et ainsi de suite. Bien entendu, ce système ne vaut que pour le cas où | es a persisté dans tous les dialectes; la plupart du temps c'est le contraire qui est arrivé, et, l'élément chuintant ayant prédominé dans ce son complexe, les dialectes du Nord possèdent un •s. en face du s* que comportent les dialectes du Sud. Comme il nous faudra insister sur ce fait à l'article des gutturales, je ne citerai ici que deux ou trois exemples pour la forme, ■xeii M. à côté de ^xx-^n T. de /"^^ v\ , tio'xi, twx A/, à côté de Tws'e. tws' T. de p-
\^Oi''^\Oi: ""^ -^^^ '^ ""^^^ '•' ^"'^'- '^'""^' ^- ''^ ®^ J ^= l'échange des deux sons représentés par ■x et a' se produit quelquefois, d'ailleurs, dans le même
dialecte, ainsi que nous le verrons plus tard. Plusieurs graphies des manuscrits coptes, dans lesquelles le s. des deux dialectes est manifestement l'expression d'une comhinaison T + ig, nous permettent d'établir qu'en etîet, dès le début, la prononciation de ce caractère répondait à celle de t-d-t plus la chuintante uj, soit au ch anglais dans cnild, ou bien au c italien devant i ou e, comme dans ciCEro/ie, -xno T. ■s.nt. B.
•s^Çio B., équivalant à û oO *T-mno, ■xnio T. •sc^io /?., étiuivalant à û Q Çq
*T-ujnKo, •xne, •xno T., équivalant à û û ^^,v Q() *T-iyuie, d'où la préposition «•■su T. B.,
é(|uivalant à **.T-iyit, xto, -stc T., é(|uivalant à à û i<cz=>"5^ *t-u)to, t-ujtc, et ainsi
de suite.
Les différentes transcriptions que nous avons soit de textes égyptiens en caractères étrangers, soit de textes étrangers en caractères coptes, confirment sensiblement cette lecture de -s.. Dans le vocabulaire français d'un Copte on trouve, pour rendre le en de noti'e langue, tantôt ■s, tantôt la cnniliinaisoa tuj ou -t^iy. J'avais pensé tout d'abord qu'il y avait lieu de distinguer deux prononciations différentes, l'une propre au français parlé par les Orientaux, •s*>-»eg, •sxiei^e, çhtte, ç'inhe, etc., l'autre reproduisant un rendu picard ou anglo-normand, TujifieAe, «iy«.iieA, TCHÎoè/e, TCuameP. J'admets aujourd'hui encore l'exactitude de la seconde partie de l'explication, mais, pour la première, je crois qu'il y aurait lieu d'adopter une autre solution. Le scribe copte, ayant à sa disposition deux sources d'information pour le français, l'une (|ui lui fournissait la prononciation che de l'Ile-de-France, l'autre qui lui fournissait la prononciation tche de l'anglo-normand, a tenu à distinguer entre les deux en employant •x pour la première, Tig pour la seconde. Il a donc écrit, dans le premier cas, Aj^^si^ee^, ■xAici<^e, •xeuoTc, •s*.iv-ee, et prononcé plus doucement la ^Jatte, ^jemise, <^'jénoHs, ''janlé, répondant à ta jatte- 1(1 chatte, jemise-cliernise, je nous-che^ nous, janté-cliante.2, et, dans le second cas, Tigiito-8-e, Aiu}en-2k.i, eu)«.pna.n-»ep, Tujekp, TujifieAe, «ujikiieA, pronf)ncés plus durement 'du nous, li 'cli'en di (</e).... 'c/iarpanter-charpentier, k-liar-c/iair, k-ltiréle-checal, 'chainelchamel. Et, en effet, dans le texte copte en lettres arabes, ■x est transcrit ])ar r. , nxoc
jj-»^, Tte \>., ^iQien i;^^, cioA'x f^ , c*.'si .s-lj , At*.T^îiV""" ^lj,3-l-3U, ti'soqxeq v»l>-^j^^l ,
1. G. Maspero, l.i; Vocabulaire français il' un (ùiitc itu XIII' sirclr, reproiliiil dans les litiides de Mythologie ou (l'Arr/téotofii:; t. V, p. 183.
liK LA IMIONKTIQUK 15(;YPTIKNNE 27
et son ti'moignag'e est confiriin'' par li's ikhiis (•(iminims (lu les ikiius pnipi'es géographicpii's (Hi r('Ciivain arabe, tout comme le drogmanépelant le français, rend le son copte s. lanlot iKir ^ c//, tantôt pai' j p. c/i, tantôt jjar ^ on par ^, l,j\l-\ e^A-sepi*.. j\>. •xemp, Ot xALiTivccii, -iL». , ni2seAfeA.o iiU. , ■si'stHp j^yta- , ■xetpo 'j\i, , p«.c e'\ ^*>An£ rc.-i*^^-lj , xovui ol^ . -fAox ^VS . ■so'.VskA 4i L. , el (|Ui'l(juefois i)ar le J: ot par le ^ iiidilîéremmont : ■si'îifiHp
s'écrit aussi xyi-^- Laissons de côté les exemples tjui se raftacheni à la prnnon<'iation Tsde j, et retenons seulement r(''(|uivalence de ■x avec ^ ou J!:. : on a de même, chez
Le Page-Renouf, -.[>■ ■s.tAec, 4ju<li^l eAseAie'ojw, ljj>. •jic-i.-i.f. e.v>-y qeÊe'seTkOo. O.— >-U
A«.eTsec«.pT. On a discuté atin de savoir (luclle valeur il convenait d'attribuer ici au ^, et Amélineau ainsi que Rochemonteix pensent que c'est celle qu'il a on P'.gypte actuellement, gu- ou g dur, tandis cjue Casanova et Galtier penchent pour d/' : l'argument tiré de la prononciation présente de : n'est pas convaincant, car, quel que soit l'usage journalier des feHahs, ils savent, même les plus ignorants, (pie le a régulièrement la valeur '•(/, et ils s'en servent pour rendre, par exemple, le son j du français, ïjf'^^l'j/ houre pour je cours. On pourrait tirer une preuve nouvelle de l'usage de s" qui échange si souvent avec ■x, soit d'un dialecte à l'autre, soit dans le même dialecte : le drogman copte l'emploie pour rendre j ou G-doux français devant i, e, Aina.iis'rAe, a'itidiAujju.e, s'inoire, s'ene. S'alite, (S'e.p-ikin, s'ots-cci, l'KcanGilc, Gentilliornme, Génois, iciine, laurie, Kirdin. je suis^ et aussi notre s-douce ou notre z, Ta.ia'ojAj.c, p*.^m, Ais'e, C«,p*w3'<î'm, des hommes, raisin, lise.;, Sarrazin.
Plus tard, lorsque le copte fut sur le point de disparaître ou qu'il eut disparu, la prononciation du -s s'altéra encore. Dans le psaume transcrit de Petrœus on trouve •s rendu par j, réduction de d.i, mè'xcopg^ hiajorh, oT'xiofii laôûvi, ou par sj, ^J'î^en liisinn, •se siâ. C'est la première prononciation qui prévalut depuis le XVIII" siècle, au moins chez les grammairiens coptes élevés par les missionnaires italiens, et chez les grammairiens européens. Kircher', par exemple, délinil « ■x Giangia prufertur ut 1, iota » Hispanicum, ut hijo », ce qui n'est plus exact aujourd'hui que lu /oCa a changé de son, mais qui nous ramène bien au j de Petrœus. Après lui, Tuki, Valperga, Mingarelli, emploient la même valeur, et Peyron lui-même suit la tradition : « ^s pronun- » ciatur uti g dulce, quasi i interjecto inter ts. et vocalem sequentem, ut sit •x*. gia, )) •xe gie ». De la même tradition dérive la transcription sj de Champollion, et les transcriptions plus savantes que les philologues coptisants ou égyptisants ont essayé d'établir dans leur cabinet. La prononciation actuelle, telle que Rochemonteix l'avait recueillie, diffère assez de la traditionnelle. « X ganga = g est, dit-il, im semi-contact » formé dans la même région que le g dur français; la prononciation du groupe gui » devant a, o, a, en donne une idée assez exacte. Cette articulation se retrouve dans 1) presque toutes les langues des peuples avoisinant l'Egypte; elle s'est imposée pour la » prononciation du r arabe dans le parler des fellahs, qui n'emploient jamais, comme