SONNANTES
L'égyptien possède six caractères-types qui représentent des sonnantes, c'est-àdire des phonèmes dont la situation est intermédiaire entre celle des voyelles et celle des consonnes, (](],%', <=>, ^v . ^'^''^^ Ces signes partagent avec les voyelles le privilège de s'écrii'e à volonté; commun dans les temps anciens, il subsiste par tradition aux époques plus récentes, et la cause n'en étant pas toujours saisie d'instinct par les scribes, ils l'appliquent par extension erronée à des explosives. C'est ainsi que l'on trouve dans ces textes , 5 1 1 1 ', ^ et les autres formes qu'Erman a citées,
il y a plus d'un quart de siècle, pour ^^^^ , 5 J I' Ij ', a'. Quand ces va-
riantes ne sont pas de véritables abréviations, comme celles que M. Montet a citées récemment dans le Sphinx, il n'y a pas lieu de les considérer comme régulières : ou ce sont des fautes d'orthographe involontaires causées par l'oubli d'un signe, ou, si elles sont voulues, elles .sont dues à une fausse analogie avec l'usage des mots à voyelles ou à sonnantes. On ne reconnaîtra' comme légitimes que les graphies W», fi
1. Erman, De/ectice Schreibungen, dans la Zeilschrift, 1891, t. XXIX, p. 33-39.
I)K LA l'IlÛNP'TKiUK ÉGYPTIKNNE 127
^ M, Ooto, Rë®^. o, (^ ■=*=• ^^. Ceci dit, examinons cluicun des six carac-
tères à loisir et déterminons-en la valeur.
, qui a pour signe auxiliaire, à partir de la IV<= ou de la V dynastie, d'abord 1 1, puis W, est tantôt voyelle simple, tantôt semi-voyelle, élément de diphtongue. Graphiquement, il se place assez rarement au début des mots : en cet endroit, c'est, ainsi que je l'ai dit plus haut, le l\ ijui ligure avec le son que nous connaissons à (1 et que ce dernier avait pris au cours des temps. A proprement parler, M n'est que [1 écrit deux fois : comme la graphie anglaise ee pour i, dans eel, need, see, est formée de deux E accolés, la graphie égyptienne w] est constituée par deux (1 qui ont pris avec le temps la valeur de la sonnante i. Il s'écrit assez rarement au milieu des mots, aux temps anciens, mais il commence à se multiplier à cette place vers la fin de l'époque thébaine, et il devient assez commun dans les graphies démotiques. On le trouve alors en variante de [ au commencement des mots, et le témoignage du copte prouve qu'il y fait souvent diphtongue avec le son écrit ou non qu'exprime anciennement ^^ ou
— r eiOAi T. ioxx T. AI. iii.xi. B., " 1 eioop T. lop AI., ^ 1 I I
iw T. M. 16. 5., * 1 1^9 "«^^ T. i*.A M., *(]|]^I±3c. enoTeT. iiotc?'. M.
Kof3/. VOS, etc. Au milieu des mots, lorsqu'il est précédé immédiatement de (1 ou de
le phonème qu'il prend fait diphtongue avec le son couvert par ces signes, ( (avec une variante je ""^'^ disque solaire), l'antique U'^-'^^ , prononcé àiten, mais qui, donc, s'il avait survécu en copte, y aurait revêtu une forme, eiTn T. rrere M.; 0(j(jT ^^^ jj, qui, prononcé primitivement *Aïkh en composition 'a-/~, s'est affaibli en eïkh, puis résolu en i^ M., "^^ ûû "yj^ -2^ M Àioul devenu eioTA T. M., "^^ 00 ^^^ a.ït,
dont l'équivalent n'existe pas en copte, -jlflOO inmi o-s-ocit, o-s-cit T., avec une prononciation plus ancienne ouAit qui est devenu, par obscurcissement de À^^, o-s-oeiT, puis
par contraction de o dans ot, otcit ; des formes telles que «.eiK T. e.iK M. montrent que, dans "^v (1 (1 mnD de l'ancien "^^ , la première syllabe ^^ se complétait d'un i dans
la prononciation, et que, dans lût] J ^^-C-^, le ^^ inhérent du signe T se diphtonguait avec le M adventice pour donner le memphitique Atuin par substitution dialectale de h à t., Khkihi comme dans nni, egpm, etc., pour le thébain itô-V, e^pa-V. On n'aurait pas de peine à multiplier ici ces exemples du son i se diphtonguant avec la voyelle contiguë, soit qu'il soit représenté par un (1(1, soit qu'il ne soit pas figuré graphiquement. Je préfère indiquer ici que dans le démoticjue le son i qui s'était introduit au cœur des mots sous le second empire thébain et qui ne s'écrit qu'exceptionnellement en hiéroglyphes est noté par ( (1 à sa place : n \\ '^-=^ 2^3 «iq T. M. nebula.
piAxeT. y>ixx,.U. A.AX. ^-^ *J ^ fjfj ^ ^ ^'^^ -^^•' ^ IM (|
HjioA» M. pour *iyoiJLi, n n q koeiuj 7'. itwiuj .17. pour */?Âls//, t^^^^iit] . neipe, nipeT. *ipi M. pour <=>, etc., sont les orthographes démotiques de -C-^ , |,
^^, l]^^^;ïïï^^< <=>• A la fin des mots, le (1(1 est devenu beaucoup plus fréquent en démotique qu'il n'était autrefois. En effet, le o, marque du genre, étant tombé, comme nous le verrons, à la fin des mots féminins ou assimilés par erreur à un féminin, le son-voyelle, qui mouvait jadis cette consonne et que d'ordinaire ou n'exprimait pas par un signe, a été marqué le plus souvent en démotique par un l\l\ final, à l'endroit duquel le copte note un « ou un i selon le dialecte, ' "fe^ Ot ''==>^ ciqc, cHfee T. ciqi, chèi M. B., anciennement 1 ''=&^, ^^flîlo ""f^- ootc 7'. o-\, otti -17. pour (I '^,
cwoT^e r. ccooTcgi .17. de n%| écrit aussi (l"^!!)!] parfois en hiéroglyphes aux basses époques, ^^O"^ nov^^cT. itoToi J/. . Q écrit aussi dans la -/.oivr; Q,
il7. .fî. pour (I § , (^ §, etc., ou pour les pseudo-féminins, (^ (j (l anm lonc, wwnc
T. co„. .U. 7Î. pour (] , ()<^^^ l \l\ï\i^ — c r. ^ee.e B. pour ^J ^*.H^^7.,*(|'^|](]^^, "^(11)71' ^P"^' P"^^- eP<Ç"A7. eAn„„.5., On (l(J"pV -xcocojixe, -xcojuie T'. •jiiDtoAi.i B. ■xwij.. .17. pour ft ^, JT , ^
^e3-etc.
On remarquera que dans cette orthograplie 00 peut jouer trois rôles différents selon la place qu'il occupe : en premier signe du mot, c'est un élément de diphtongue qui peut devenir simple voyelle en copte (](^(] T ^^t Jj "^ï^'/'-ï^. ' ^ "^^ ^"^^^ eioxi,
ioxx, le.**.; à l'intérieur , du mot, il est quelquefois élément de diphtongue T(J(J J h^» xl i ^HiÊi, mais le plus souvent simple voyelle [ir3i(l(l neipe, nipe, <çipi; enfin, à
la finale, il est toujours simple voyelle, et il correspond en copte à e ou i, suivant le dialecte, ou même il s'amuit complètement et il n'a plus d'équivalent graphique, surtout dans le dialecte du Nord, et quand il s'agit d'un mot qui était masculin dans la langue antique, *^~T^"^(1 (1^9 Aia.s.'se T. xx6.ai^ M., '^"^Mi)^ reo-s-g^e T. noTPgi il/. Ces faits que nous révèle l'orthographe démotique sont confirmés par les transcriptions grecques, puis par l'orthographe hiéroglyphique de la même époque. Le Papyrus gnostique de Le y de-Londres donne en effet les transcriptions suivantes :
n4.e, quand plus loin /^^(JO est rendu n«.ei équivalent àne.i préfixe du memphi-
tique, n«.V «.Ao-n-, (1(1 f=i est pex, soit avec l'esprit rude pour h, p^- où I'e est
peut-être une résolution de la diphtongue «a qu'on retrouve dans *2pa.ir. de egp«.i;
^.= 00 ^ r^ii transcrit uj&e, ujûn où il semble bien que k ait sa valeur ancienne de Ê, etc. On lit de même dans les transcriptions ptolémalques et romaines des noms grecs e. Win». dI)!)^"^— ou ^I\I\°^ «,^,<, "fl^^ljfl ..„,,,„,„,
[J(Jg Ac,.......;,-, ^ (](]__, ^(l\\i|^ et rarement g J[)^ avec le
complémentaire de la diphtongue ta dans Tpaiaviç, M [^(^ et rarement (j'^
•-%'-. __,Jfl^\, --•- ^^ ■^v:^'o. ^ q q .ww., ^lf(l(j__
'AvTwvTvoî, etc. Dans ces transcriptions, quand (1(1 ne marque pas la voyelle simple i du grec ou du latin, mais qu'il est semi-consonne ou élément de diphtongue, c'est cet i (Iq qui est toujours écrit dans les hiéroglyphes, et les autres éléments sont rarement exprimés : la combinaison aïo de u-rAtuoCio:; est toujours rendue par un 0(1 seul qui, combiné avec I'a inhérent à ^^ou / précédent et n'exprimant pas o graphiquement,
nous apparaît comme (lui qu'on doit prononcer 7?*aio.s et non nus. Si quelquefois w^impo-, icxioî, Tpociavôç s'écrivent ^^^0(1<=>, ^"^.OU '. m 'J^'^^ ' "^^ "^'^st que par exception, quand la fantaisie du scribe s'est ingéniée à varier les formes des cartouches. Il résulte de tout cet examen que (10 jusqu'à l'époque saïte rend les trois sons i-voyelle, i-semi-consonne, É ou Ê moins fréquemment.
Il est assez difficile de pousser plus haut l'histoire du signe (1(1 d'après les transcriptions. En premier lieu, ces transcriptions sont peu nombreuses, et puis un grand nombre des orthographes en 0(1 qu'on trouve écrites à l'époque démotique ne se rencontrent plus avec 00 que rarement aux époques antérieures. Ainsi ces féminins en M final, qui sont si fréquents en démotique, sont remplacés en partie même alors par la terminaison non vocalisée du féminin traditionnel ^, qu'on supprime souvent :
C3ED'=' r-wn
= ^, 0. etc. Les exemples sont innombrables, et ils nous donnent graphiquement
1. Je rappelle que, dans les transcriptions grecques de ce papyrus, T -j est employé pour exprimer les aspirées Ul et 0. thci est donc ici l'équivalent de g^HCi = J
In
l'histoire de la flexion féminine. C'est d'abord, dans la plupart des cas que j'ai relevés, l'adjonction non vocalisée du suffixe féminin ^ au tlième du mot ^>,"0i 0'
puis, le T tendant à disparaître, l'intercalation entre le thème et lui de la voyelle M du féminin "^,^^"^0' rn tj^'^O' P^^^ ^'^^"'te. le t s'étant amui complètement, on le
retranche à volonté de l'écriture, et il ne reste plus iiue la voyelle [](] suffixée au thème (1(1 0 ou ce thème nu H derrière lequel on rétablit la voyelle dans la pronon-
ciation itoToi-iioToe. Ceci est la généalogie des formes, mais il va de soi que leur succession n'est pas strictement chronologique dans la représentation matérielle. Au fur et à mesure que la graphie première A s'use et que le <=. s'amuit, on trouve plus souvent
/V%AAV* l\ n . AiWV»A f\ f\ A AAdWV\ y. AA^.W\ ^ .
0(J=^O- puis ^^0*^* r-1 V "^^ ri ^0 c':iiis les textes; toutefois chaque va-
riante nouvelle ne chasse pas les variantes précédentes. Elles se cumulent au lieu de se chasser l'une l'autre, et, dans les derniers siècles, les scribes les emploient toutes indifféremment dans l'écriture monumentale, sauf à leur attribuer à toutes la même prononciation ttoTg^i ou KOToe selon les dialectes. (1(1 final était donc à cette place une voyelle pure couvrant deux phonèmes i, e. Si maintenant nous remontons les siècles à sa suite, nous sommes amenés à nous demander jusqu'à quelle époque il a possédé cette double valeur, ou, dans le cas contraire, en quel temps il n'en avait qu'une encore des deux, A-E ou bien i. Les transcriptions cananéennes d'El-Amarna donnent pour la terminaison féminine presque toujours a, rarement i. Ainsi [j (1 ^ est rendu par eus Arna/iapp\, mais aussi Amanappi où (I ^ a comme valeur de la terminaison féminine tantôt A, tantôt i; :3^q S\ est mouA et parfois mououA ou mou dans 0 "î^, " ^^ ■ ^l„„^\fi,
avec fl = ou, avec a =: Â ci, ou même avec suppression complète de la terminaison
féminine en composition. En face de (! |v U. -^^ lll'j R ®* R' ^® cananéen
met namsA, ma:;ikdA et rahtA avec a pour la flexion. En composition, se pro-
nonce Hi- dans jj J Hikouphtah et, par conséquent, nous fournit une valeur i
pour le féminin. Donnés les mots coptes, on voit que Ta de la transcription cananéenne
correspond à e du dialecte thébain, (1 ^ .4n/)A-&ne-n*.&ne-onc-noone T., „ vahtA-
\ LA en ^=> 0 '
pwgTeT., tandis que l'i reproduit l'i final féminin du dialecte memphite, (1 ^ Appioni-ioni-cotÇi-nô.oni-n*.coni. Il y aurait donc eu, à ce moment-là, dans l'égyptien quelques-uns des traits qui caractérisèrent plus tard les dialectes coptes, le féminin en e pour les gens de Thèbes, et le féminin en i pour ceux de Memphis ou du Delta en général, ce qui ne veut pas dire que ces dialectes fus.sent déjà constitués entièrement : les Egyptiens du second empire thébain avaient une langue moyenne, ce que nous appelons la xotv/, alimesside ou ramesside, mais dans chaque canton subsistaient, surtout pour la masse des fellahs, des liabitudes phonétiques, des usages grammaticaux, des expressions locales qui leur formaient un parler spécial souvent inintelligible ou peu intelligible aux gens des cantons éloignés. Le latin était une /.oivr; pour les Italiens, pour les Espagnols, pour les Rhètes, pour les Daces, pour les Gaulois du IV« et du V'^ siècle après J.-C. : si les documents .s'y prêtaient plus qu'ils ne font, on retrouverait dans chacune de ces provinces romaines, à cette époque et à l'état embryonnaire, quelques-uns des traits qui se rencontrent aujourd'luii dans l'italien, dans le provençal,
l)b: I.A PHONÉTIQUE ÉGYPTIENNE 131
dans le portugais, dans l'espagnol, dans le romanche, dans le roumain, dans le français et dans leurs dialectes.
On peut achever de prouver (pie Ta final des transcriptions cananéennes dans certains mots correspond aux deux signes (1(1, \\ du système hiéroglyphique, en examinant quel y est le rendu des mots égyptiens qui, selon les dialectes, finissent en copte par un e ou par un i; toutefois, avant d'aller plus loin, il importe de dire quelques mots du rôle que joue \\ jusqu'à cette époque. On peut poser en principe que, sauf dans deux ou trois mots, \\ ou il ne se rencontre pas à l'initiale. On a cité perpétuellement des orthographes comme celle de ^ = dans les cartouches de Titus et de
^^■^ (I ^^, Wf j d'"i« des inscriptions des bas temps, mais les cartouches proviennent les uns d'un temple tel que celui d'Rsnéh, où le décorateur a voulu avant tout varier les signes, et les autres exemples sont tellement isolés qu'on peut les considérer comme des erreurs du graveur qui a mal interprété le poncif démotique ou hiératique d'après lequel il travaillait la pierre; je ne fais d'exception que pour \\ qui est trop semblable à la prononciation du terme telle que le copte
cieÊT, lefeT, nous l'enseigne, pour ne pas être voulu. Aux âges antérieurs, \\ est ré.servé pour le milieu des mots et surtout pour la fin. Au milieu, son emploi le plus fré(|uent est dans le groupe <=> des emprunts faits à l'étranger, -^ <=> ^^—J 'r'ija, (I QA^^s= "=>
(1(| [W'-i'as ou de beaucoup de termes égyptiens, J ji^j «==> (1 (I ^^ , I<=:>(J(^q y*, écrits à la mode sémitique pour y marquer la présence d'un son transitoire entre le <r=> et la voyelle inhérente à la -consonne précédente. Que ce glissement vocalique existât dans la prononciation, cela est marqué par le fait que j'ai rappelé plus haut de l'introduction de (1(1 dans nombre de mots à l'époque ramesside. Il .semble avoir commencé devant <rr> r-l et d'une manière assez légère si l'on peut tirer des conclusions de la nature du signe W employé pour le rendre, puis il s'étendit aux autres sonnantes et à la langue en général. Comme je l'ai dit au même endroit, il a laissé beaucoup de traces en copte; (|uelques exemples suffiront pour ce qui est de p. te^ipi M., K«.ipe T. Koipi M. de y.apjot, xi«.ipe T. AiHipi iV/. , ca.ipe, ce^cip J". , uj«wipe T. ii]a.ipi .1/. ocilc, uj&ipi AJ. cidolescentula, g^oeipe, g^oipe, o«.ipe T". ^loipi, ^wpi M., etc. On aura donc prononcé, à partir du second âge thébain, jh^^<=>(l(l&^ 6Àï/7'-tô.ipi, l<::=>(^(lci^ ,sÀï/7/, et ce glissement
se sera étendu aux mots d'emprunt étranger, -^ <==> ri Bk'ilou, 0 Q()^^îs 0 U <=> ï^ i
B i yj 1 2i( JT^ 1 1 I ""1
AhKiri, et ainsi de suite. En finale, ^^ ne substitue jamais à (1(1 du féminin dans les
noms, mais dans les verbes il accompagne quelquefois et il remplace souvent le c^ de ce qu'on appelle couramment l'infinitif féminin, (J (1 à côté de ij (1 , '^;^ ¥\ à côté de L-^^^ . Il se met aussi en remplacement de (1(1 derrière certains caractères ou dans certaines positions auxquelles il s'accommode mieux que 0(1, ainsi derrière
/ ou Vv sur le dos duquel il s'intercale dans (1- -^.^ de nr^\ '^'"^^j " ~U: "^ V'
û ^, <=», fccî' et Cl, I ÇX3, , etc. Son usage le plus fréquent est.
132 IXTRODLCTION A L'ETUDE
ou les noms d'aeent, "■^^ , Ck^r^n' 00 . etc. Dans tous ces cas, ou bien le
son couvert par \\ a disparu dans le copte comme dans juiepn T. xxcXi-ï B. «enpiT M.
de (JO , ou il a été remplacé par une terminaison grecque comme dans p*.^ithc M.
de &-=, , ou il correspond à un i ou a un e copte comme dans les rares duels qui ont
persisté, oicepHTe 7". orepH-i- /i. de y^^~-^5S' \^ a'AoTe, «^ooTe/. , ^ \\,
^ JûLiioTe T. Siito-t, exino-t .1/. Quelques mots grammaticaux cjui avaient un W pour distinguer graphiquement certam sens de celui de leurs formes en (IM, ont
un I en copte dans tous les dialectes; /5^^^. "^fe- ' ^' Pi'onoms démonstratifs restent en copte à l'état isolé, ni^V, -a^X. u^vi" T. <^*^i, ■»*.!, u*.i M. nei, tci, nci B., et quand ils sont proclitiques, nei-m, Tei-'f, nei-m 7'. n*.i, t*.!, iti.i M., tandis (|ue les mêmes racines, articles possessifs, s'écrivent par un
I, etc., et, diphtonguant leui' [IH avec *^de J^K *^, résolvent la diphtongue sur e en copte, neu. neq, nec, etc. Dans tous les cas indiqués ci-dessus, l'histoire de \\ , somme toute, est phonétiquement celle de [|[1.
Le traitement de ces finales non féminines en [1(1 ou en \\ est le même dans les inscriptions cananéennes, et je puis ajouter assyriennes, que celui des terminaisons féminines en Ijl]; je ferai remarquer toutefois que, pour les terminaisons féminines, l'assyrien .se sert aussi d'une variante en -ou qu'il conviendra d'e.xpliquer. Notons d'abord que, Thèbes étant la ville dominante à l'époque de la correspondance d'El-Amarna, il y a chance pour que les scribes cananéens aient négocié principalement avec des Égyptiens de Thèbes, dont les noms se présentaient à eux sous la forme thébaine : on rencontre, il est vrai, çà et là, chez eux, des désinences qui trahissent une origine memphite, ou, si l'on veut, septentrionale, mais c'est l'exception. Prenons donc un nom de roi ( o i"""^ '?)'?] I : il est rendu à Boga/.-kieui Mi-in-pa-/ji-[rl]-lA-i'i~a Me/ipak/nlAria, où pak/iilA correspond à '7]'\\, ^ , — ~, — ^. 11 semble bien que ce mot --^ aux premiers temps de la /.oivr; ait passé parfois pour un ancien féminin écrit '^n^ : la variante en ^ci qu'on voit au cartouche le prouv(\ Comme en eH'et le ci du féminin s'était amui dès lors, la terminaison v()cali(|ui' (|iii restait seule, vocalisée e, i, suggéra aux scribes, pour la combinaison d -f e, i, l'idée d'un duel féminin dérivé de la forme
d5 ^, comme — ^ était un duel masculin dérivé de D» — q , et de là vinrent les ortho-
graphes dualistiques YJil, i -^ , pour écrire le nom d agent. La transcription pa-
Q W Ci W A A ^
khita calque exactement la vocalisation de l'orthographe plinne ni\ Ui des noms de ce
genre, mais avec un -a linal (jui répondrait a un e-i Hnal : faudra-t-il donc prononcer
pah/nlÉ dans le sud et Pal./nti dans le nord de l'Egypte, soit pour le nom du roi
McnpakhUÉria et Menpaklntiria'^ Le mot s'est conservé aux basses époques sous deux
formes : 1" Zvii-ir,:, ou en copte nmeii*.ni.£i M. D S) ~^ yf où -^^
simple r '^, et 2° ^ni-g^Te T., en grec '.\7:iOï,; dû uft.gre--;'OT,t; est l'équivalent de la forme féminine complexe ~^\..^, -^l /l . Les noms de la reine |(l(|\\ Jj, l^^QQJ) et celui
de la reine T<=:=>(1 , quoique rendus de façon différente en apparence, l'un par
UK LA l'IlOXK'lIQUK KGVl'TIiiXNE 133
Ti-i-i DU 7"e-/-e, Ti'ijÉ, l'iuitiv i)ai- Xa-ap-tc-fA, Xa/léi-A, nou.> rainéneniicnt aux mêmes conclusions : TeyÉ serait une foiine tliébaine où e est exprimé clircct(3ment tiTy K, et Xqfhh-A une autre forme tlu-baino où e est exprimé par a cananéen, *NqftérÈ. Le \\ de la particule (1 couvre ici le e thébain, comme dans la locution epHn- T.
«.pHor M. <vAht, ô.'.\hot B. (1 ^ I , il couvre h-é long. On peut déduire de ces exemples que dans ces cas a cananéen serait aux XVIIP-XIX^ dynasties la terminaison (|ui este T. I M. sous les Ptolémées ou les Césars. Prenons ensuite des mots qui, primitivement, terminés en <:=>, ont anuii le son représenté par ce signe et finissent en copte par e r. I M. : ils ont dans les transcriptions cananéennes une finale en a, et dans les assyriennes du VIP siècle une finale en i : j jj iuUa ou nâfÉ (cf. nois-fe T.) nous est donné par /^^"^^ |y yr Pci-ha-ani-na-tA-Pa-he-na-tt, Pahainnd(A-Paha[m]nntÈ, à la XVIIP dynastie, mais le même mot donne nûli, soit itoT-f M. dans Zab-nu-a-li- Zabnouti | , ^-JA-n-j-.r,; à la XXV«. Les noms finissant en [Ti 1, [T| ' H, olîrent la même
alternance de i et de a dans leurs transcriptions cananéennes : Hnramashshi vs. |fl '
Q DQ^knc *o ~^'^~" <^^> ;k n  -cSi lin
Ma, Tahmashsin oljl 'yf. Xahramaxlixla •¥- __i)fn Iwi étaient, selon leurs
finales en i. des noms de gens du Nord, Haramàsi, Phtahmâsi, Anahrandsi, tandis
que le pharaon (ofliP^^ ] était thébain, on prononçait son nom Ri-a-nia-shé-sliA-
RiamasésA-'PoitjLÏ7Tr,;. La finale V\, (£, que ce dernier nom possède généralement dans
l'orthographe hiéroglyphique 0iî| 11(5, à la place même où les cunéiformes ont un a, m'oblige ici à de nouvelles recherches.
Le cas n'est pas isolé, même aujourd'hui, d'un nom égyptien se terminant en , ©, que les cunéiformes rendent avec une finale a, e ou i. Le titre ^ ^ v^ est transcrit, à El-Amarna, presque indifféremment wë-hu, wê-hi, u-e-eli, we-A, h-u-e, loe-v, u-e-v. Les variantes en i final expriment, comme je l'ai dit, la prononciation du Nord, ouëi, celles en a-e la j^rononciation méridionale ouëÉ, par endroits la finale est
tombée si bien que fl s'est trouvé dénudé, ouk ^^ ji^' ™^^* ^ "^1"-'"^ correspond
la finale en ou? On a remarqué depuis longtemps, — et j'aurai occasion d'y revenir en traitant de^, — qu'à la finale atone, le phonème, couvert par ce signe au début, s'était modifié par la suite en É puis en e et amui le plus souvent : D^ devient ainsi ne en copte, : devient *sâtépé puis sâtep, le satep du prénom de Ramsès II trans-
crit par les Hittites, et en copte ccotu T. M. La variante oué/iov nous donne la prononciation pleine de ^ ^ ^>^" *ouéou avec le rendu ou de v^ final, soit pour le même mot trois équivalences diverses ou, a, i de^. A dire vrai, je ne connais pas une orthographe %:> [1 () \A couvrant cette orthographe cananéenne, mais des noms propres de la même époque nous fournissent un élément de connaissance inverse au cas de^ ^ v . La forme cananéenne A-ma-an-ha-cU-pi répond à une prononciation égvptienne Amanliâipi pour laquelle on trouve en effet quelquefois la graphie (I
<i n ri o rv |"'""'"| n r, ^ ri i i , o , o ' '^vwv\
nn V», [ \\. C'est la vocalisation septentrionale du nom (I ^ W coul-
er D 1 1 &i 1 w,^^ D 1 .1 ^w^Q D 2ii
mun a l'Egypte entière. Les premiers scribes cananéens et assyriens qui eurent a écrire
ce nom n'eurent pas, ce semble, l'occasion de l'entendre prononcer par des Thébains,
et ils n'ont jamais écrit A-ma-an-ha-at-pA, et, par la suite, l'usage cristallisa l'ortho-
134 IXTRODLXTIOX A L'ÉTUDE
graphe primitive quelle que fût la prononciation de lu finale. Il n'en est pas moins vrai
que l'ortliofirraphe U ^ \> et surtout il ^ des textes hiératiques, dans
' -iv ' -^««^ c D -il 1 ~vw>A ^ □ t=±^ ■ , ■ A i""*^
laquelle a\S couvre le son pÈ, se montre fréquemment à coté de la graphie IJ ^■^
où la voyelle finale n'est pas exprimée dans récriture. Le nom simple offre, lui
aussi, les mêmes formes dialectales h, Q^jf)^ '"^^P^ ^""'^^ ^'^ ^^ Nord, et ^ g
%.v^, ""^(BvSs ha(pÉ avec l'ou-E du Sud, qui est conservé dans la transcription grecque 'M-r,^, et les composes de et d un nom divin présentent les mêmes traits.
ap-
Au VU" siècle avant J.-C. les Assyro-Chaldéens transcrivent le nom M
pliqué en Egypte aux hommes et aux femmes vers la même époque, par Hatpunounoa
contracté de Hatpi-Amounou, avec ce qui me semble être la terminaison septentrionale de Hatpi : en grec, cela devient 'E-ro£,ao5vi<;, avec le e du Midi, comme dans 'EviETo-^o; '^^^^ Jv§^, et dans 'A-i:T:ot-/,vo06!<;, "A-c-ç^^voOpiiç Q ^ ^- ^u trouve donc dans les
transcriptions grecques ^ t)U-E substitué à (1(1 i-e.
Dans les documents assyro-chaldéens des VIP-VI'- siècles, nous avons également les trois formes en e, en i, en ou, souvent avec variantes amuies, et cela n'a rien d'étonnant, puisque, évidemment, les groupes de dialectes coptes étaient déjà constitués à ce moment-là : je dirai donc que la forme en ou rend la prononciation archaïque conservée dans les noms propres, la forme en e appartient aux noms prononcés par les Thébains, la forme en i est memphite. Si la forme en i prévaut dans ces transcriptions, cela est assez naturel, car les Assyriens eurent plus souvent affaire aux gens du Delta et de Memphis qu'à ceux de la Thébaîde, bien que la dynastie prédominante à cette époque fut une dynastie éthiopienne, lliébaine d'origine. Le même pronom I^j I'S,
qui termine des noms comme (]^|)|)^^^^,°|(]|)^/^^P^,^I]|)^ , est rendu -.s7/ou, -sou, dans Iptihartc.su, Phtehardisov, avec la prononciation pleine, d'un archaïsme sans doute afîecté, AmurtésE, AmourtésE, avec la prononciation méridionale .sÉ où l'ou de 1 V\ s'est modifié en É, tandis que Tihutartesi, T'hotarlesi, a l'i final des dialectes du Nord et qu'enfin Tihuiartais, T'-'houtartars, avec amuisse ment complet de la voyelle finale, a transformé 1 Y\ en 1 et amené la confusion de 1^. I masculin avec I -c du féminin; de ce coté, la gradation a été dans renonciation .sou, .sÉ-.si, -s, mais les formes grecques de (j Hm ^ nVn^ ^^ ^'^ *-^H^ ' yf. 'A(ji'jpTa'&i;, eotopTaïo;, n'ont quc 1 = S muct, et l'o de la contretinale t)o- a produit par enharmonie l'o de l'atone op .<h=-. Dans i^^ "^^^ y^^' ^® signe \\ correspond à i de l'assyrien, Bukkunannipi-Boukounannifi (l'orthographe complète du nom égyptien serait, d'après la transcription cunéiforme, i*^^ ^v "^""^ '*'^ OT ' ' '"^'" trement dit l'assyrien indique plutôt la forme memphitique mqi que la thébaine mqc Sans pousser ])lus juin l'analyse, je me contenterai d'examiner les formes que revêtent chez Assourbanipal et ses contemporains les noms des deux déesses jj et ^ J| :
ils prennent l'un et l'autre la finale du fi'minin en i, Pataési ri Vir- Pataniêsi
vR ri W^, en grec nsTef^ŒK;, ns-cr^Tiç, iihtais, rieTevtïjatç, Putubesti 1î m' A u
DE LA l'IlONÉTIQUE ÉGYPTIENNE i:î5
^, en gvec lUxojoisT;,-, Ui-.oôiz-.:;, OU Cette même finale en ou, Har-sija-éshou H ^, en grec 'Apj'.^T;;, Patuastu ^ „ u c^^' '^^< pour le nom de la déesse, le copte
nous donne oir«.c'i' à côté de oTti-c^, o-s-feecTi. Esin, Ës\ nous montrent la prononciation mempliitique hci existant déjà dans l'égyptien au VIP siècle, ainsi que la prononciation Oubasd, Obastï, mais à quelle prononciation égyptienne peut correspondre la transcription Êshou, 0«c(.s7ou? Les textes d'Assourbanipal nous ont conservé des noms égyptiens féminins où la finale ou correspond vraiment à un w du grec ou du copte, ainsi Suusu ^^"HhQÛ ^. on le nom de la déesse est transcrit *oùt!.), *Ott{o; cette terminaison en w du féminin est, comme je l'ai indiqué jadis, le résultat d'une opéra-
tion fréquente en pareil cas, *Ou^À.it, prononciation antique de 'T\(JiJ . étant devenue
oudùiet oiito par résolution de la diphtongue oi sur ô. Il est probable qu'il faut interpréter de façon analogue les prononciations assyriennes Êshou, Ouashtov, de n et de ^ . Nous possédons en effet dans les transcriptions grecques au moins deux noms propres qui présentent un féminin certain en ou qui, dans un cas, devient w du copte, NsiO:,- TT J) et 'HîtvEa:,- ri I J) : NEBTHOu-XHiO:c; devient Hei«w en copte, nous avons en ce mot la progression ordinaire a-ou(u)-w, que nous connaissons déjà, et il est évident qu'on doit expliquer de même la finale -j; de 'a^viia-'j;, Â-u- qui n'a pas complété son évolution par un w, faute d'avoir vécu assez longtemps. Le mécanisme de l'altération phonétique se comprend de soi, M et 1<=>, I^ ont été prononcées à l'origine /ikit, nq/ÀU (cf. le masculin nqfk en transcription assyrienne) ; le c^ s'étant amui, l'A grave de hkï, nafki est devenu ùuhom-noufoui, hôi-noufôi, et la diphtongue ôî-ouî descendante s'est résolue sur où-ô comme dans le mot ^s-ipe-g^oipe-g^coipi-g^topi, que j'ai cité plus haut, selon une règle que j'ai établie il y a longtemps. Les transcriptions assyriennes êshou, oubashtov, mou, répondent donc à des prononciations authentiques Êsou, Oubastov, OM^ou-OaaJOu de l'égyptien, que le grec aurait transcrites *'Hz!'jq, *oOSïa-vJ,-, *0'iTJî,'pour les faire aboutir à *'Hti.'j (cf. "Aj'i?), *0'J6a7-w (cf. le nom Bo-jêas-x d'un bourg du Fayoum), b-oj-w. Il y a donc eu, à partir de la fin de l'âge ramesside, un féminin en *oui-ôi dérivé de ai, qui s'est résolu sur ou-ô, mais qui a conservé sa forme ou-u à l'état sporadique dans la langue. Si l'on refusait d'admettre cette solution, il faudrait supposer qu'à la finale égyptienne, l'articulation de la voyelle e et de la voyelle i était assez molle pour pouvoir être confondue avec un son ou émis très légèrement : les Égyptiens auprès desquels le scribe assyrien aurait recueilli certains mots auraient prononcé tantôt pleinement i, Pataêsi, Petoubasti, et l'Assyrien aurait enregistré l'i, tantôt très obscurément à l'atone final, HarsiêsE-oû, et l'Assyrien aurait noté franchement Harsjaêshou, Patouashtov. L'explication est peu vraisemblable, et je préfère de beaucoup la première. Il convient de nous rappeler en tout cas qu'on rencontre en assyrien beaucoup de noms masculins égyptiens avec un son ou final, qui ont un I dans les transcriptions grecques correspondantes : Poushrrou pour , H Jj® "'^■'c7..pt;-no-s-cipj M. noTcipe T., inheshou 3^ I f P 5r7K, en grec MiGjic du nom Poutoumhêshou, Siyàoutou ^owv ^ V'^' ^ V ' '^'"''"^' «oott T. ciodott M. avec chute
de la voyelle finale, Shaptou à côté de Sapti, en grec zco^'.^, dans ^ ^ ^ ^ Pitiha/itov- Pis/iapd, Saânov pour Zàni-Tàni 2^1 . --^^. en grec Tivi;, en copte ■s.4.*.ne T. •3i6.nH, •xi.111 .1/., etc.
Pour en revenir à la question de la valeur phonétique de (1(1, w, l'examen des transcriptions cananéennes aura montré, je crois, qu'au temps de la XVIIP dynastie déjà, ces caractères couvraient les sons i et É caractéristiques des deux principaux dialectes de l'âge copte, le son e se trouvant généralement rendu par un k" dans des transcriptions. Il faut chercher maintenant à savoir si l'on ne peut pas remonter plus liant diins l'étude par les seuls moyens égyptiens, les autres nous faisant défaut. A l'initiale, 0(1 est très rarement employé dans l'écriture aux premières époques thébaines et à l'époque mempliite. On le rencontre pourtant à cette place dès la VI" dynastie, chez Papi II ou Mirinri, (][] (^ [M., 1. 299, Papi II, 1. 662) oh!, (](j®-^ (? 1. 249), dans le nom mystique
f r^^loÛQ^ (? ci. Teti, 1. 333, Papi I", 1. 826, Papi II, 1. 703, où le parallélisme semble bien indiquer l'existence de deux mots) à côté de (1 ''^ et de (^^^®]|! toutefois, il ne s'est guère vulgarisé à cette époque que pour le verbe qui signifie aller, écrit ()() A, û^^ (Ounas, 1. 820), û vs% (Onnas, 1. 133), assez rarement, mais dont l'nrthographe courante ^ {Pa/>i II, 1. 660), j^. ^(] {Papi II, 1. 137), puis ^(](j {Papi II,
1. 687), 0(|(| ^> ^0(] (Ounas, 1. 322), nous montre le premier (1 pris dans sa valeur de M, lié à son déterminatif idéographicjue A, comme — *-, s=5, D, rvn de "TT", rjr^, f\, 1-3^, et devenant un véritable syllabique. Je ne sais comment résoudre la graphie Mh d'un passage de Papi II (/. 859), M foju] ^ ° '", où Papi I"' (1. 164) porte en variante (lv>.(nDfltll i , on pourrait à la rigueur considérer Ml] comme l'équivalent du verbe (1^ éi>-e, mais celui-ci est plutôt le verbe (1 A^, ce qui nous amène
à considérer (|(1(1 comme une variante rare, mais significative de KiUU- On aurait alors un (1 (1 final, venant après un (1 initial, le tout formant la diphtongue Àî, qui, par Éi, serait arrivé au copte « T. i M. ; la forme O A^ aurait été prononcée Aon puis Éou- \ou, et elle ne s'est pas perpétuée dans le copte. Il pourrait bien en être de même du \m\ qu'on rencontre chez Ounas (/. 215) et pour lequel Nafirou, reproduisant le texte à la XP dynastie, admet (^qO -^3- : on a probablement là une vaiâante lj(j(^, 11(1(1-^3-
du mot lj(l( ^^^, (JOO^v^^' a,vec la nuance malheur qui vient du mniicais teil, J'asci-
itation. Le \m\ médian est rare aux mêmes temps anciens, et il faudrait chercher longtemps avant de rencontrer à l'âge memphite des formes telles que l(l(| 5 ^^ , [] n =^-=ïï), n n <3> |k que nous offre le second empire thébain. A la linale il se rencontre assez souvent, mais il échange avec (1 ou bien il disparait entièrement de l'orthographe sans que le son qu'il exprime s'amuisse pour cela, comme le prouvent les nombreuses
AAAAAA AVSAAA
variantes des Pyramides, n n {Papi I^', 1. 164 = Papi II, 1. 860) = n {Ounas, 1. 97), ^ (1(1=^^ (OH/ias, 1. 478) = ^ '^^{Teii, 1. 747), ~^T(](1 "^ (Oa/ias,
1. 492) = ^ J__ (^«/"' //. 1- 94.5), 1^ /^qf( {Ounas, 1. 493) = ^t^
(PapI II, 1. '.11.")). (]^T-5='^® " ^®ÎV. {Ounas, 1. 4;}:j) = (| rfe.
®ÎV. iOunas, 1. 4:33) ^qrfe.qq'^^ ^'\Tcu, 1. .18). \\^ {±^YiOuna., 1. 441) = (j^f^-^i;^
[Teti, 1. 251), (] ':^-i)(|(] (Pa/)/ /■'■. 1. 6iJ, Mirinri, 1. l',)5, Pa/j; //, 1. 34) ^ [j ^:2 o (Po/j/ /", 1. 67). (["^^[[(j {Papi P'. 1. <.)S, Mirinri, I. HT), ()"^®H}l(j(l (Papi H,
1. 885), m '^ [^[^ {Oimas, 1. 598) = m II ( 7V//, 1. 65, et :ivcc divers délcrminatifs, Chinas, 1. 187, Miriiii't, I. :?26), etc.; au duel on a souvent \\ ou plutul il, le chiffre 2, ' P^'T'' ^' ~\' "^^,1^" ('^"""''' '• ^''O^' '"'^'' piH'foi.s (j(j, ain,si j"^^ (Teti, 1. 70, Mirinri, 1. 221, Pa/jr //, 1. 602), etc. Si l'on veut lenionter plus haut que les textes des Pyramides, on trouvera des formes telles que (1(1, dès la IIP dy-
nastie, ce {|ui nous oblige à faire remonter au moins jusciu'à la période thinite la création par les Égyptiens du signe (1[| final pour rendre une nuance de son qui leur avait paru jusqu'alors marquée suilisaramcnt par [1 uni(iue. Toutefois, les variantes en (1 final se montrent régulièrement à côté des variantes en [1(1 pour un même mot à la même époque, on peut conjecturer qu'à chacune des orthographes répondait une valeur différente, A-E pour n et i pour (1(1, il. On aurait donc, pour le signe (1 et le signe (10,
l'histoire suivante : au début. (I existait seul et rendait le son Â, au commencement, au milieu et à la fin des mots. Le jeu des accents, qui maintient plus fortement les sons initiaux des syllabes que les sons finals, modifia le son du signe (1 en terminale et l'affaiblit en É, donnant pour un nom (1 au lieu de la valeur mara-A une valeur niara-É; cette prononciation e de la finale exigea un signe nouveau, et comme le phonème É procédait d'un Â, on redoubla le caractère qui avait couvert le son primitif Â, et l'on eut Im, soit rnara-Èé, mai'a-t à côté de l\. Ce serait le procédé de l'orthographe anglaise où, pour marquer un E hmg du moyen anglais, on redouble le signe ortliographique seec^ = .s-Rf/c. Le É =; ee s'étant tourné en (1(1, M se prononça niara-ï, et par choc en retour l\ devint É-i à la finale et devant voyelle. J'aurai occasion de reprendre cette hypothèse plus loin, par exemple à propos du pronom suffixe de la première personne du singulier. Pour le moment, il vaut mieux ne pas la pousser plus loin que je n'ai fait : la seule cho.se qui paraisse résulter de l'examen des rares documents de cet âge, c'est que la création du signe (1(1 correspond à ce moment de la langue où, le signe (1 ayant déjà cessé de couvrir un phonème unique, on jugea néces.saire de trouver une expression graphique nouvelle pour couvrir la valeur nouvelle qu'il avait prise à la fin des mots. On eut désormais les valeurs suivantes : (I . initial devant occlusive non troublante, à la tonique ou à l'atone ^ a-*.; H initial devant sonnante ou voyelle = a-e-i; (1 final ou (|(1 = e-i (e-i selon les dialectes)'.
1. Le manuscrit Hnit ici. Les papiers laissés par M. Maspero ne renferment aucune note qui permette de donner un aperçu, même fragmentaire, de la thèse que l'éminent auteur se proposait de développer dans la suite de ce mémoire, — le dernier qu'il ait écrit. [É. C]
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