Par exemple, dans Cnut, ii
3. [ « Edwin le Beau », Edwin the Fair, réimprimé dans les œuvres complètes de l'auteur, Londres, 5 vol. 1878. — Les drames en vers de Sir Henry Taylor, comme résurrection des mœurs d'autrefois et couleur locale, ont été comparés en Angleterre aux drames en prose de Vitet, dont il est à peu près le contemporain.]
où il avait vu un homme mourir dans son lit. Ainsi, chacun possédait dans la mesure que nous venons de dire, sa paix particulière, dont l'infraction constituait une offense toute spéciale. Mais la paix des grands a plus d'importance que celle des gens du commun ; et la paix du roi les surpasse toutes, de sorte que l'offenseur ne la trouble qu'au risque de sa vie et de ses biens. Dans l'ordre spirituel, la paix de l'Eglise commande bien plus de respect encore. Mais, dans le fait, l'Eglise ne dédaignait aucunement la sanction temporelle ; et il semble parfaitement entendu que, là où règne sa paix, règne aussi la paix du roi et que la vengeance du roi menace ceux qui la troublent. « Que chaque église soit dans la paix de Dieu et du Roi et de tout le peuple chrétien. » « Chaque église demeure légitimement dans la paix même du Christ, et tout chrétien a grandement besoin de savoir le culte qu'il doit à cette paix, parce que, de toutes les paix, il faut surtout chercher celle de Dieu et s'y tenir le plus volontiers, et ensuite chercher la paix du Roi !. » Quiconque trouble lapaix dans une
1. yEthelr. vi, 13; Cnut, i, 2. — Alfr. 5 déjà tendait au même but. Gfr. les lois de Howel, dans Iladdan et Stubbs, i, 237.
église se met donc en guerre du même coup avec les deux puissances spirituelle et temporelle; et la gradation d'importance, depuis le hall du Roi jusqu'à la plus humble habitation, ne pouvait manquer de retrouver ici son analogue. Tel est le rang de l'église, telle sera l'amende '. Mainte fois, il est expressément déclaré que la paix d'une église, à l'intérieur de ses murs, est aussi inviolable que la paix octroyée formellement par le Roi, et dont nous allons parler à l'instant. Le trouble de l'une et de l'autre entraîne également la perte de la terre et de la vie2. La protection spéciale des veuves qui se conduisent bien, nous paraît rentrer sous le même chef, parce qu'on l'accorde à la demande instante de l'Eglise ; — elles vivent, nous diton, dans la Paix de Dieu et la Paix du Roi, — et cette déclaration se rencontre dans le con-
1. ^Ethelr. viii, 1-5; Cnut, i, 3. Les droits de l'Eglise se personnifient d'une façon passablement étrange pour nos idées actuelles : « And thœt is thonne s^rest, thaet he his agenne wer gesylle thâm cyninge and Criste, » etc. [ « Et premièrement il doit payer son wergild au roi et à Jésus-Christ... » Gfr. Edm. et G., pr. § 2.]
2. Edw. et Guth. i; Gnut, i, 2 § 3. Cfr. ch. 1-15, de « Be gridh and be munde », (App. iv, Schmid, M{\\. vii des Lois anciennes), document de source évidemment ecclésiastique.
texte d'ordonnances surtout ecclésiastiques *. Plus tard, lorsque le roi en sa capacité temporelle, eût étendu sa paix jusqu'à ramener les offenses de toute nature sous la juridiction de ses tribunaux, on finit par oublier la saveur originelle de ces expressions ; et « la Paix de Dieu et de Notre Seigneur le Roi», devint une formule courante dans tous les plaids criminels.
Il nous faut savoir maintenant comment la paix du Roi s'étendit et s'accrut à l'égard des personnes, des circonstances et des lieux. Nous trouvons un résumé général et facile de la doctrine, telle qu'on l'entendait à l'époque de la Conquête, dans la compilation connue sous le nom de Lois d'Edouard le Confesseur (Ch., 12; Cfr. ch. 27.)
« La paix du Roi est de plusieurs sortes. lien est une donnée de sa propre main, que les Anglais appellent « Kinges hand-sealde gridh, » Une autre prend naissance le jour où il est couronné ; celle-ci dure une semaine. À Noël une semaine, et une semaine à Pâques, et une semaine à la Pentecôte. Une autre est celle qu'il octroie par un bref. Une autre appartient