Gnut. H
de la même façon 1. La Paix du Roi se rencon-
tre aussi comme privilège local à de certains moments. Nous voyons, dans le Domesday, que Douvres en avait le bénéfice de la Saint-Michel au jour de la Saint-André2. L'octroi d'une paix non moins spéciale pour les foires et les marchés 3, et très probablement en outre pour d'autres occasions de réunion publique 4, était une habitude de vieille date.
1. Edw. Gonf. 12, 27. Mais on remarquera qu'ici l'offense n'est plus « bôt-leâs » [sans compensation]. On fixe le chiffre des amendes, qui sont d'ailleurs fort lourdes.
2. Ce privilegium était peut-être un privilège assez douteux au sens moderne du mot, car la ville, en cas d'infraction, payait une amende au roi. « A festivitate S. Michaelis usque ad festum Sci. Andreae treuua régis erat in uilla. Si quis eam infregissct, inde propositus régis accipiebat communem emendationem... Omnes hae consuetuclines erant ibi quando AVillelmus rex in Angliam uenit. »
3. Report of the Royal Commission on Market Flights and Tolls, 1889, pp. 7, 34, 99. On en retrouve le souvenir dans les formes encore usitées pour proclamer une foire. (Ibid., p. 5.) Nous ne savons pas quand cette paix finit par s'identifier avec la Paix du Roi. En Ecosse, elle est encore mentionnée comme privilège spécial à une date relativement assez récente.
4. On rencontre, dans la Grettis Saga, un exemple de proclamation de paix (sous une forme volontairement burlesque) h propos d'un concours de lutteurs. Trad. Morris et Magnusson, p. 213.
A l'égard des privilèges de lieux, nous constatons qu'au xie siècle les limites de la Cour du Roi où l'on doit observer sa Paix, gagnent en étendue par une définition artificielle. On les détermine en prenant, de sa résidence actuelle comme centre, un rayon de trois milles, plus trois furlongs ou huitièmes de milles, avec une fraction calculée minutieusement *. Le compilateur des prétendues lois d'Henri Ier y joint une addition d'une certaine importance. « Multus sane respectus esse débet, et multa diligentia, ne quis pacem régis infringat, maxime in ejus vicinia. » Ce « maxime » prouve que l'observance de la paix dans l'enceinte de l'habitation royale lui paraît tout au plus un cas particulier, indiscutable, d'une loi universelle. Le caractère exceptionnel et local de la paix du Roi est déjà suranné pour lui ; il n'en a plus guère l'intelligence.
Plus importante, toutefois, est la protection des grand'routes suivant une règle bien établie déjà au moment de la Conquête. Nous lisons dans les lois de Guillaume le Conquérant ; « Pour les quatre routes, à savoir, Watling Street, Erming Street, Fosse, Hykenild ; quiconque sur l'une de ces routes tue ou attaque