Edm. ii, 7. Gfr. App. vii, 1, § 3. (E. et G. 13, Thorpe
s'ils sont poussés par une tourmente; mais, s'ils entrent de leur plein gré dans un port anglais, ils auront la paix J. Ici le trafiquant étranger qui veut obtenir la moindre protection, doit se placer sous la Paix du Roi, sans quoi il ne pourrait ester devant les cours populaires. Sans doute, il partageait aussi le bénéfice de la Paix générale des quatre routes et des voies d'eau navigables.
Nous remarquons ensuite que certaines fêtes de l'Eglise ainsi que d'autres assemblées solennelles, sont plus ou moins couvertes par la Paix du Roi. Dès l'époque d'Alfred, on punissait d'une double amende les fautes commises le dimanche, les jours de grande fête, et durant le carême. On trouve aussi des exhortations à garder la paix, de même qu'à éviter toute sorte de péché ou de querelle pendant les jours fériés 2. Mais ce n'était probablement ici qu'un bon conseil, comme la proclamation de la Reine que, naguère encore, on lisait à l'ouverture des as-
1. iEthelr. ii, 2, 3, — Le ch. 3 a peut-être pour but d'assurer aux amis des Anglais un bon traitement de la part des Danois. Mais le ch. 2 semble se prononcer d'une façon très générale en faveur du commerce.
2. ^thelr. v. 19; vi, 25 : Gnut, i, 17, § 2 (ces divers passages s'expriment en termes presque identiques) ; voir aussi Gnut. ii, 38, 47; Henry 62, H-
sises, et qui avait pour objet de prohiber différentes choses dont la couronne n'avait assurément pas le droit légal de se mêler. Et la menace expresse d'une double amende en de certains cas, suffit à montrer que le volet les rixes,
— par exemple, durant la semaine de Pâques,
— n'étaient point transformés directement parla sainteté de l'heure en infractions plus graves à l'égard de la paix, au sens spécial du mot. Mais les réunions de Witan, la sécurité des personnes qui y assistaient, ou la discipline des expéditions militaires, demeuraient, en tout cas vers lexie siècle, sous la pleine sauvegarde de l'autorité royale. « Je veux », dit Gnut, « que tout homme soit en paix qui suit régulièrement son chemin pour se rendre au Gemot ou pour en revenir, à moins que ce ne soit un voleur notoire. » Et encore : « Si un homme au service de l'armée commet une infraction à la paix, qu'il perde la vie ou un wergeld1 ». Ainsi, la paix royale, avec une certaine naïveté dépouillée d'artifice, anticipait le rôle de nos Godes militaires. Si nous en croyons une autorité d'ailleurs assez douteuse, les fêtes du couronnement royal étaient protégées