‹ Introduction à l'étude de la spécificité cellulaire chez l'hommeChapitre 11 sur 11 · LEE · texte numérisé non relu

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rattachée au développement anormal de débris embryonnaires du cartilage de Meckel.

M. Malassez dans des travaux qui selon la juste appréciation d’un de ses élèves sont des modèles de raisonnement scientifique rigoureusement conduit, a prouvé que le développement des tumeurs épithéliales au sein des maxillaires, loin en apparence de tout tissu épithélial, est en rapport avec la présence au sein de ces maxillaires de débris épithéliaux qui sont eux-mêmes les vestiges de dentitions avortées chez l’homme mais qui se succèdent régulièrement chez les vertébrés inférieurs.

Les kystes dermoides de l'ovaire ou du testicule peuvent s’expliquer de même par la présence au sein de ces organes d’éléments complexes dérivés directement de l'oosperme par multiplication, sans dédoublement, et qui possèdent par conséquent en puissance, comme l’oosperme lui-même la faculté de se développer en tous les tissus de l’organisme.

Quant à l’apparition invoquée par Cornil et Ranvier, de tumeurs épithéliales au sein de tissus mésodermiques, consécutivement au développement d’une tumeur épithéliale primitive aux dépens d’un épithélium, on sait aujourd’hui qu’elle est due au transport à distance par les voies circulatoires et à la prolifération consécutive de cellules spécifiques détachées de la tumeur primitive.

Enfin, la régénération de l’épiderme à la surface des plaies, loin de tout tissu épidermique, peut s’expliquer par la persistance au milieu de la plaie, de cellules de la couche génératrice, de l’épiderme de revêtement, ou de l’épithélium des glandes sudoripares et sébacées. Nous verrons en effet plus loin, comment le type cellulaire de ces épithéliums glandulaires put revenir au type épidermique corné dans les conditions pathologiques.

Cette explication est légitimée par ce qui s’observe dans les greffes épidermiques qui reproduisent l'épiderme par prolifération directe de leurs éléments et non par une mystérieuse action de présence exercée sur les cellules mésodermiques voisines.

En ce qui concerne la transformation d’un type cellulaire en un autre type cellulaire dérivé du même feuillet, elle existe, dans des cas bien déterminés, qui ne peuvent rien contre la spécificité cellulaire.

Par exemple, Suchard a montré que dans l’onyxis syphilitique la

matrice de l’ongle peut cesser de produire du tissu unguéal, pour donner naissance à de l’épiderme corné.

J. Renaut a indiqué le développement primitif d’épithéliomas avec ulobes épidermiques au sein de kystes sébacés et par conséquent aux dépens de la couche génératrice de lépithélium sébacé.

Nous avons déjà mentionné le développement de tumeurs épithéliales revêtant le type de l’épithélium de revêtement de l'intestin, aux dépens de l’épithélium glandulaire du pancréas. On a signalé de même dans les cas très rares qui ont été rapportés d’épithéliomes primitifs du foie, le retour du type cellulaire de la cellule hépatique, au type de la cellule prismatique qui revêt l'intestin.

Aucun de ces faits ne prouve contre le principe de la spécificité cellulaire, contre l'existence au sein de chaque feuillet d’une ou de plusieurs espèces cellulaires.

Ces faits signifient simplement que les types cellulaires qui dans les conditions pathologiques se transforment en d'autres types cellulaires sont des types de variétés et non des types d'espèces. Les variétés cellulaires comme les variétés animales et végétales sont en effet susceptibles lorsque leurs conditions d’existence se trouvent accidentellement modifiées, de faire retour par atavisme au type spécifique ancestral dont elles sont dérivées. Et ce qui le prouve bien, c'est que dans tous les cas que nous avons rapportés comme exemples, le type cellulaire reproduit est dans le développement histogénique et dans le développement histophylogénique (contrôlés l’un par lPautre) l'ancêtre du reproducteur.

Il est en outre à remarquer que si ces variétés cellulaires sont capables de faire retour chacune au type de son espèce, jamais on ne voit deux variétés collatérales se transformer l’une dans l’autre, jamais un épithélium sudoripare ne se transformera par exemple en épithélium sébacé ou réciproquement, bien que tous deux puissent revenir au type épidermique corné.

Enfin, jamais on ne voit une espèce cellulaire se transformer en une autre espèce cellulaire du même feuillet, lépiderme donner naissance par exemple à une tumeur nerveuse, ou le tissu nerveux donner naissance à un épithélioma avec globes épidermiques. Bien que la cellule osseuse puisse être dérivée histophylogénétiquement de la cellule conjonctive, jamais on ne voit dans le développement

ontogénique une cellule conjonctive donner naissance à une cellule

osseuse ou naître d’elle ; les expériences d’Ollier ont sur ce point démenti formellement opinion de Virchow, de Cornil et de Ranvier. Encore bien moins, a-t-on jamais vu une cellule conjonctive donner naissance à une cellule musculaire comme l’ont également soutenu Cornil et Ranvier à la suite de Zenker, puisque le tissu musculaire ne dérive pas dans le développement histophylogénique du tissu conjonctif, comme le prouve sa présence chez les métazoaires diploblastiques.

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Conclusions.

L’histogénie comparée, la physiologie et la pathologie cellulaires, lexpérimentation, concourent à démontrer que la notion de spécificité est applicable aux individualités cellulaires qui par leur association constituent les individualités animales; que ces cellules forment des variétés, des espèces, des genres comparables au point de vue évolutionniste, aux variétés, aux espèces et aux genres zoologiques et botaniques.

Les variétés cellulaires sont caractérisées par la possibilité de leur retour à leur type ancestral spécifique, lorsque leurs conditions d'existence se trouvent modifiées par des circonstances pathologiques. Mais si une variété peut faire retour à son type ancestral spécifique, jamais elle ne se transformera en une autre variété collatérale.

Les espèces cellulaires sont caractérisées par la permanence de leur type général dans toutes les conditions physiologiques et pathologiques ; ou du moins si le type d'une espèce cellulaire peut s’altérer et devenir méconnaissable dans les conditions pathologiques, il ne se transforme jamais en un autre type cellulaire spécifique.

Les genres cellulaires sont constitués par les diverses espèces qui dérivent d’un même feuillet du blastoderme. Les espèces d’un genre, peuvent présenter avec celles d’un autre genre des analogies, mais jamais d’'homologies. Quelles que soient en effet les différences qui séparent les divers types spécifiques de l’un quelconque des feuillets du blastoderme, elles sont toujours moindres que les différences réelles qui existent entre les types cellulaires les plus semblables en apparence comme les ectothéliums, les mésothéliums, les entothéliums, mais qui ne sont pas dérivés du même feuillet.

Vu : le Doyen,

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