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De l'hébreu : rcsha, méchanceté

2. Se souvenir de Taxiome par lequel il est interdit de blesser (voir chapitre : De la prudence),

98 Stratégie interdire

libristes ne peuvent s'empêcher de se promener sur la corde raide, de même certains écrivains ne peuvent s'abstenir de rosserie.

Force sera donc de leur donner quelques conseils pour qu'ils se blessent le moins possible en maniant cette arme dont la poignée même est tranchante.

Ils devront d'abord retenir cet axiome iPlus la rosserie est terrible, moins elle est offensive pour son au* leur. Un homme craint et haï peut presque s'endormir tranquille au milieu des fauves. Sa réputation le protège. Un dompteur très doux, qu'on n'aurait jamais vu la fourche à la main, serait dévoré s'il se permettait la moindre chatouille aux mufles des animaux.

Pour être terrible, la rosserie doit atteindre l'endroit sensible. Il faut, à la découverte de cet endroit, beaucoup de finesse psychologique. On fait plus facilement mal à un ami qu'à un ennemi, parce qu'on le connaît mieux. Comment assassiner Achille, si l'on ne sait pas qu'il est vulnérable au talon ?

De la rosserie 99

Ne lancez donc pas la rosserie à tort et ù travers. F.tudioz d'abord la cible. Ne plaisante/ pas un homme sur son nez camus, si le fait d'avoir un nez camus lui est agréable. Mais trouvez sous la cuirasse Tendroit oii la chair est à vif et erileurcz-lc. Ce sera un avertissement : « Achille, je sais par oii Ton peut t'atteindre; soyons amis, »

Mais il ne faut pas s'étonner, quand on cherche ces petites satisfactions, si l'on se trouve un jour si complètement entouré de poignards qu'il n'y ait plus qu'à se rendre, en criant à son meilleur ami: «Toi ausi, Brutus. »

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