‹ Introduction à l'étude des alliagesChapitre 38 sur 61 · QUE · texte numérisé non relu

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s’est que fort peu émue, est déjà entièrement calmée. La teneur est loin de répondre à ce qui était demandé, attendu, exigé. La composition est assez longue, mais le ton extrêmement modéré. La discussion laisse de côté la question strictement légale. On se place surtout sur ie

terrain moral et international. Et sur ce terrain-là, il est

toujours facile de s'entendre. L'intérêt glisse. Tout péril,

toute idée de différend international est écartée.

Aussi insidieuse, non beaucoup plus couronnée de succès, est la tentative, qui doit avoir même but final de mettre en péril la réélection du président : la grève générale des cheminots.

On n’a pas assez vu avec quelle maîtrise cette manœuvre avait été conçue par l’ambassadeur allemand, avec quelle virtuosité elle avait été organisée, conduite.

Par l'importance vitale des intérêts qu’elle mettra nécessairement en jeu, une telle grève devra naturellement passionner l'opinion américaine tout entière. Les revendications suggérées aux cheminots par les agents

du Labor's National Peace Council, déjà vus à l'œuvre. et ceux de l’Embargo Conference, paraîtront inacceptables aux compagnies qui auront à considérer et défendre les intérêts des actionnaires. Cependant, entre le parti capitaliste représenté par les compagnies et le parti travail-

. leur représenté par leurs employés, le président, contraint

de jeter son influence dans la balance, n’hésitera pas. Tout son passé politique, sa croyance essentielle en la cause de la justice contre la puissance de l'argent fait prévoir, assure que, quoi qu’il en doive coûter et quelles que puissent être les conséquences, il se déclarera d’abord avec les seconds. Il suffira donc de faire valoir alors, et avec la manière, au public américain que ses vrais intérêts sont mis en péril par les demandes abusives des employés — journée de huit heures, accroissement de salaire à raison de un et demi pour chaque heure de travail supplémentaire, — pour que l’opinion se range du côté des

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compagnies et que la position du président devienne très délicate. D’une part, en effet, il ne pourra guère abandonner la position prise d’abord vis-à-vis des employés ; et, d'autre part, s’il prend des décisions contre les compagnies, donc contraires à l'opinion, c’est sa situation électorale qu’il mettra en danger.

Les choses se passent d’abord exactement comme l’ambassadeur les a prévues, Pour la première fois, l'opinion se déclare contre l'attitude trop vite prise et obstinément gardée par le président. Le président lui-même aperçoit son erreur trop tard et quand il la reconnaît sans issue. A laisser pourtant aller les événements et les influences, tout ne pourra qu'être pire. Le président presse donc le vote de la loi Adamson, trop hâtive, pas étudiée, bâtarde, et qui n’a pour elle que de sanctionner, pour l'instant, l'attitude précédemment adoptée par lui. La loi et le vote sont aussi mal accueillis par l’opinion publique que par la presse des États-Unis. C’est un demi-succès pour l’ambassadeur d'Allemagne.

Il ne s’y tient pas longtemps. Son activité débordante n’a pas attendu la fin de l'affaire des cheminots pour se dépenser en d’autres intrigues ou complots. C'est vers ses anciens objectifs qu’il revient cette fois.

On l’a vu déjà occupé de fomenter une révolution aux Indes et d’armer les rebelles. Après une extraordinaire odyssée (1) à l’île Socorro, puis sur les côtes du Mexique, le schooner portant la cargaison d’armes et de munitions destinées aux révolutionnaires est revenu dans un port américain de la côte Pacifique. Le Département d'État informé (par quelle voie ou quelle trahison? l’histoire le dira) a fait saisir navire et cargaison. L’ambassadeur s’entremet donc pour rentrer en possession de l’une et de l’autre et remettre, si possible, l'affaire sur pied et les munitions en bonne voie.

(1) Voir appendice.

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4 TIRE Dr à

| 18 INTRIGUES ET DIPLOMATIES A WASHINGTO De Rye, où il est en visite, il adresse au secrétaire Lansing, la lettre suivante : -

« Rye, N.-Y., 29 juillet 1916.

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