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sidéré par le conseil de neutralité comme couvert par les règlements régissant les navires de commerce. Suivant ces
règlements, les États-Unis, qui ne pourront en aucun cas
être tenus responsables des éventualités attendant le
Deutschland au cas où, étant en haute mer, il serait transformé en navire de guerre, doivent accorder leur protec-
tion au navire marchand Deutschland « aussi longtemps
qu’il se conformera aux règlements des États-Unis et pendant qu'il se trouvera dans les eaux américaines »,
et dans ces deux cas seulement.
La situation est maintenant nette. Le prédédent his-
torique existe. Les États-Unis ne se reconnaissent pas le droit de créer de nouvelles lois internationales. Si le
Deutschland est coulé en haute mer, le gouvernement allemand devra prouver que le sous-marin ne s'était pas fait armer et qu'il avait donc droit à un avertissement préa-
lable qu’il n’a pas reçu. Dans les circonstances actuelles, le Deutschland restera sous la protection américaine aussi
longtemps qu'il sera dans les eaux territoriales américaines, c'est-à-dire à trois milles des côtes et rien de plus.
Toute l'opinion américaine, qui a déjà été mise en défiance par la déclaration de von Jagow, qu’elle a trouvée intempestive autant qu'incorrecte, se retourne alors
d’un coup, refuse d'admirer davantage l’étonnante croi-
sière et se range au verdict du Département d'État. Une : fois de plus, le piège tendu par l'ambassadeur et le #rick du gouvernement allemand sont exposés à l’impatience,
ment armé, approvisionné et avait reçu un équipage en mer. Le pavillon sudiste avait alors été arboré et le navire avait commencé une croisière qui avait causé les plus sérieux dommages aux États du Nord. Ceux-ci protestèrent le 7 avril 1865 auprès de la Grande-Bretagne, maintenant qu'elle avait manqué aux devoirs de la neutralité et qu’elle était donc
responsable du fait accompli. Le 2 août lord Russel fit valoir que le
Royaume-Uni ne pouvait être tenu responsable si l’Alabama, navire marchand, devant avoir accès dans les ports neutres, s'était ensuite transformé en navire de guerre après avoir quitté les eaux anglaises. L'Angleterre eut finalement gain de cause.
Lab
© PENDANT LA CAMPAGNE PRÉSIDENTIELLE ans
te dnenee du peuple américain. Et une fois encore,
l'ambassadeur ne s'arrête point à sa déconvenue mais
reporte son activité immédiatement ailleurs. ; Lors donc qu'après le départ théâtral du sous-marin
et en dépit du soi-disant complot pour le faire sauter et découvert en dernière heure, en dépit des adieux mélo-
dramatiques de l’équipage se recommandant aux prières des habitants de Baltimore, l'agitation sera décidément
calmée, le comte von Bernstorff s’empressera de saisir
la première occasion, qui viendra presque aussitôt s’of- … frir, de causer un nouveau malaise intérieur, por Fe encore un différend international. |
En effet, et quand les Alliés, quelques jours plus tard, ont l’inopportune et pour le moins malencontreuse idée d'annoncer et publier les listes noires, qui mettent à l’index les firmes allemandes américaines et les firmes américaines traitant avec l'Allemagne, c’est tout à coup une explosion de révolte, en apparence purement amé-
ricaine, qui se produit dans la presse germanophile et
celle d'Hearst. On s'élève contre la « brutale et cynique
intervention de l'Angleterre dans les droits les plus sacrés
des Américains ». On réclame, on exige une protestation immédiate du président. Les mêmes bons Américains, qui se sont révoltés d’abord, s’étonnent et s’indignent que cette protestation se fasse attendre. Ils inondent la Whitehouse de lettres, de récriminations, de demandes. Ils somment le président d'envoyer une note de remontrances à la Grande-Bretagne. Ils la veulent impérative et catégorique. Ils la dictent presque. En tout cas, ils l’annoncent. Et toujours, c'est au point de vue du seul honneur américain qu’ils se placent, au nom des grands principes qu'ils parlent. Ce sont ces principes, qui pré-. Sident aux destinées du peuple américain, qu'ils ces défendre.
La note demandée est envoyée quelque huit jours plus ne
tard et quand la véritable opinion américaine, qui ne
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