‹ Introduction à l'étude des alliagesChapitre 53 sur 61 · ARE · texte numérisé non relu

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lecture, il y eut des répits, des renouveaux d'intensité, des détentes. De grands, brusques déchaînements d’applaudissements détendirent par instants les nerfs ; ainsi lorsqu'après l’impartial et terrible réquisitoire contre les crimes allemands, le président demanda au Congrès de . déclarer que « la récente activité du gouvernement impérial allemand n’est, en fait, rien de moins que la guerre contre le gouvernement et le peuple des États-Unis. » les applaudissements qui crépitèrent spontanément dans l’hémicycle, dans les galeries, furent tels qu’il prit quelques minutes au président avant de pouvoir achever sa phrase «… et qu’il (le Congrès) accepte formellement l’état de belligérant, qui a été imposé aux États-Unis; et qu’il prenne d’immédiates mesures non seulement pour mettre le pays en état de défense plus complète mais aussi d’employer tout le pouvoir et toutes les ressources des États- Unis pour amener le gouvernement impérial allemand à composition et le forcer à terminer la guerre ».

Il sembla pourtant que l'émotion se faisait plus intense encore quand le président, après avoir dit la nécessité de collaborer pleinement avec les puissances de l’Entente, et après avoir précisé cette coopération, en revint aux mo- . tifs, dictés par l’humanité, qui avaient conduit les Etats- Unis à prendre la décision qu'ils venaient de prendre et qui devaient les conduire jusqu’à la victoire dans la guerre, lorsque, de sa voix grave, musicale, il prononça :

« Nous sommes heureux, tandis que nous apercevons maintenant les faits dégagés des voiles et des fausses apparences, de combattre ainsi pour la paix ultime du monde et pour la libération des peuples, — du peuple allemand tout de même que des autres ; pour les droits des nations, grandes et petites, et pour le privilège de tous les hommes de choisir eux-mêmes dans le monde, leur course de vie et d’obéissance. Il faut que le monde entier devienne l’asile de sécurité de la démocratie. La paix de ce monde doit être établie sur les fondations éprouvées

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LR er 284 INTRIGUES ET DIPLOMATIES A WASHINGTON

de la liberté politique. Quant à nous, nous ne poursuivons aucun but égoïste. Nous ne souhaitons ni conquête, ni souveraineté. Nous ne demandons ni indemnités pour . nous-mêmes, ni compensations matérielles pour le sacrifice : que nous consentirons librement. Nous ne sommes qu’un des champions des Droits de l'Humanité. Nous nous déclarerons satisfaits quand ces droits auront été aussi affermis que la confiance et la liberté peuvent les affermir... » . Il parut alors que quelque chose de plus grand que des paroles ou une pensée humaine domptait l'émotion de l'assemblée tout entière et forçait le silence à durer. Il sembla qu’un grand souffle religieux venait de passer sur l'auditoire. Les grandes ombres de ceux qui avaient formulé les principes de l’honneur et de la dignité des États- Unis étaient présentes et les murs renvoyaient l’écho de leur voix. On crut entendre John Hancock lisant, en semblable séance du Congrès, le 4 juillet 1776, l’immortelle Déclaration de l'Indépendance et quand, ayant présenté un semblable réquisitoire contre les crimes et abus des ennemis de l’Union, il demanda de considérer les auteurs de ces crimes et abus « comme ennemis dans la guerre mais amis dans la paix ». Ou bien, c'était Lincoln rappelant, lors de sa deuxième inauguration, le 4 mars 1865, que, au moment de son premier message et tandis que lui-même se donnait tout entier « à sauver l’Union sans guerre, des agents ennemis étaient au cœur de la cité qui cherchaïient à détruire, à détruire sans guerre », proclamant enfin : « Les deux partis alors avaient également horreur de la guerre, mais l’un voulait faire la guerre plutôt que l’Union survive et l’autre consentait à accepter la guerre plutôt que l’Union pérît. Et ainsi vint la guerre. » Ou bien c'était encore ce même Lincoln prononçant les dernières paroles de son adresse aux morts de Gettysburg en novembre 1863 : « Nous sommes résolus que nos morts ne seront pas morts en vain, mais que ce pays, par la volonté de Dieu, renaîtra à la Liberté et que

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