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rendu ce matin au bureau des passagers de la …. Line
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où il s’est entretenu avec un commis allemand, ancien
officier allemand. Il déclara qu'il désirait voir l’un des directeurs et, comme on lui demandait quelle affaire il :
voulait traiter, il répondit qu’il appartenait au Service de la Police secrète. Le commis me communiqua alors par téléphone qu'une personne se trouvait au bureau des passagers pour une affaire qui pourrait m'intéresser. Je lui dis de me l’envoyer à mon bureau.
Il se trouva que le visiteur était la même personne à qui j'avais payé récemment les 150 dollars. Je ne lui accordai pas l'entretien qu’il m'avait demandé non plus que je ne lui fournis l’occasion de me voir. L’un des commis lui proposa de revenir plus tard afin de me laisser le temps de discuter l'affaire avec vous. Au cours de ma conversation avec vous, qui eut lieu hier à midi, je fus mis au courant de l'affaire de cet individu et prévenu
d’être soigneusement sur mes gardes dans toutes les affaires que le bureau pourrait traiter avec lui et, si possible, de ne point lui découvrir mon identité.
A z h. 30 de l’après-midi, M. …. revint au bureau et fut presque aussitôt introduit dans mon cabinet, où il fut reçu par l’enquêteur spécial 4 qui avait reçu instructions de se présenter comme moi-même. Cette ma- ‘nœuvre réussit à souhait et, à ma grande surprise, le visiteur fit le récit suivant :
« Mon nom est J'ai un bureau dans le bâtiment Mais je préfère ne pas dire mon adresse privée. J'ai l’intention de causer de sérieux dommages aux vaisseaux des Alliés sur le point de quitter les ports des États-Unis, en plaçant des bombes, que je fais moi-même, à bord. Ces. bombes ressemblent à des morceaux de charbon ordi-
naïires. Mon projet est de les cacher dans le charbon qui
doit être arrimé à bord des navires des Alliés. J'ai déjà discuté ce plan avec ..…. à ……. et il pense que mon idée est bonne. Je me suis déjà occupé d’affaires semblables
: LED Fos 292 Re ET DIPLOMATIES A WASHINGTON e
en ..… après les premières hostilités, avec M. von …… . Malheureusement, nous n’avons pas très bien réussi. je à m'adresse à vous parce que j'ai entendu parler de vous par mes amis et ai lu beaucoup de choses sur vous dans les journaux. Je vous demande votre appui et vous prie de bien vouloir me fournir les renseignements suivants :
« 19 D'où les vaisseaux alliés reçoivent-ils leur charbon? «
« 2° Arrive-t-il par chemin de fer ou par bateau?
« 3° Quelle est la dimension des morceaux de charbon employés pour les soutes?
«4° S’y trouve-t-il de plus larges morceaux ou bien tous ” sont-ils de moyenne dimension ?
«50 Les vaisseaux font-ils leur charbon aussitôt après leur … arrivée à New-York ou bien attendent-ils pour le faire?
« Il me serait possible d’avoir les renseignements moimême, mais j'ai peur d’éveiller les soupçons et de voir mes plans renversés. Je crois qu’étant donnés vos rap- … ports avec l'affaire... il vous sera facile d'obtenir les. détails dont j'ai besoin. Cependant je vous serais reconnaissant de bien vouloir vous abstenir de dire à M. que je vous ai rendu visite, car il me considérerait certainement comme indigne de confiance et trop bavard. »
L'enquêteur qui a eu cet entretien avec lui déclara que : le visiteur a apporté au bureau avec lui un exemple de bombe suivant modèle décrit par celui qui écrit. le
Aucun encouragement ne fut donné à M... quant aux renseignements demandés, mais on lui promit de l’avertir sous peu si oui ou non une suite devait être donnée à cette affaire.
J'ai toute certitude que mon identité ne lui a pas été x révélée jusqu’à ce moment.
Prière de me donner instructions au sujet de ma conduite à venir dans cette affaire.
O. KR. à 7 000.
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5 Lisa __ APPENDICE FFT ad e Pr Le chèque n° 146 mentionné dans le rapport a été retrouvé par les soins du gouvernement américain à la Rigg's National Bank. Il est payable à Kæœnig et signé par von Papen.
Voir ci-contre la reproduction de ce chèque et de ce talon dans le carnet de von Papen.
Une autre et non moins curieuse preuve de la complicité directe du même capitaine von Papen dans les complots fomentés aux Etats-Unis est fournie dans ce rapport, tout entier de sa composition, et où il expose les moyens employés par lui pour empêcher l'exportation de la chlorine liquide, c’est-à-dire pour garder le monopole des gaz asphyxiants à l'Allemagne :
« New-York, 7 juillet 1915.
« Mesures prises pour empêcher l’exportation de la chlorine liquide :
« J'ai eu ce matin un entretien avec le docteur Hirschland, représentant local de la Goldschmidt Detinning C®°, - Essen, et le docteur Orenstein, ingénieur conseiller de l'Électro Bleaching Gas C°, Buffalo, duquel est résulté ce qui suit :
… « L’Angleterre et la France sont acquéreurs de chlorine liquide sur le marché depuis septembre 1914 et font passer leurs commandes par un Italien nommé Dalbrun.
. Les négociations ont été poursuivies avec plus de vigueur depuis que nous avons employé la chlorine liquide à la bataille d’Ypres. Des contrats pour une durée de trois à cinq ans et portant sur toute la quantité disponible de chlorine liquide sont offerts avec payement à livraison à New-York. Dalbrun s'engage à fournir les réser- VOIrs.
« Trois Compagnies seulement fournissent la chlorine liquide :
« 1° Castner chemical æ Buralo- ; 2° Electro Bleaching Gas C9, Buffalo ; 3° Goldschmidt Detinning Ce.
« Les premières sont purement américaines ; la der-.
nière 50 pour 100 allemande, donc hors de cause.
« La Castner Chemical C° a apparemment conclu des contrats à long terme avec la France et lui livre 50 à .
73 tonnes de chlorine par mois. Le prix de production est
d'environ 5 cents par livre, le prix de vente 8 cents. L'industrie de la chlorine liquide, en tant qu'affaire, ne serait donc guère tentante si le travail ne fournissait | aussi la soude caustique dont le prix est très élevé. La . manufacture de cette dernière préparation fournit presque automatiquement un montant égal à la chlorine liquide.
« Tandis que la Castner C9 fournit tout le matériel . qu’elle peut, l’Electro Bleaching C° s’est récusée jusqu'ici, . surtout sous le prétexte que les réservoirs d’acier fournis … pour le transport étaient impropres à l'usage auquel ils . étaient destinés. Cependant Dalbrun a, depuis lors, reçu autorisation du colonel Dunn (président du Comité des fournitures des chemins de fer) de transporter la chlorine liquide dans des tambours contenant une tonne, au lieu de récipients d’acier ; et, dès que Dalbrun aura mis ces tambours à la disposition de la Compagnie, il n’y aura. plus aucun motif pour refuser la livraison.
« Le docteur Orenstein dit que la firme, en considération de ses relations personnelles et intimes avec lui, et à cause du directeur allemand, docteur Neuhaus, n’a. pas encore conclu de contrat avec Dalbrun, d'autant. plus que le président de la Compagnie, docteur Knoley, a tout fait jusqu’à présent pour satisfaire ces messieurs. ;
« Les choses pourtant ne pourront pas continuer long-. temps ainsi, Les actionnaires désireront naturellement . que les profits les plus considérables leur reviennent.
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Docteur Orenstein suggère donc de faire entente avec
l'Electric Bleaching C°, par l’intermédiaire de son président. Et la livraison de la chlorine liquide par ce pays à la France et à l’Angleterre pourrait être ainsi arrêtée. … Ci-inclus un projet d'action. |
« D'un point de vue militaire, j'estime très désirable la conclusion d’une pareille entente, afin d'arrêter par là toute nouvelle exportation mensuelle de 52 tonnes, surtout si l’on considère qu’il n’y a en France qu’une manufacture, à Rouen, qui puisse fournir, en petite quantité, ce produit et que l'Angleterre n’en peut produire qe moins encore.