Pour l'âme, c'est
9. «Temps», pour «année» aX = a^v-^. Cf. JloRAroLLON I, 11. «Ciel.» De môme, Horapollon. Peut être en rapport avec , parce que a\ = n.
12. A cause d'Isis, considérée comme la terre. Cf. Plutarque, de Iside, 39 et Clément d'Alexandrie, Strom., V, 7.
15. Cerf. — Le seul article qui ne se confirme pas. Cf. Horapollon II, 21. Y a-t-il malentendu ancien ou ignorance de notre part ?
On remarquera dans l'ordre des signes la succession des catégories suivantes : êtres humains^ parties du corps humain, reptiles, batraciens, oiseaux, insectes, mammifères, plantes, armes. Sauf l'enfant et le veillard, qui peuvent avoir été interpolés, on a là presque notre classification moderne.
On voit de quelle ressource eût pu être l'œuvre de Chéré- MON, et cela d'autant plus que Tzétzès fait allusion aux valeurs phonétiques (èy.(pcovrjCisiç) dont il se propose de parler ailleurs d'après le même auteur. Encore faut-il que les misérables extraits conservés n'aient été découverts dans l'ouvrage de Tzétzès qu'au milieu du XIX*^ siècle. Connus plus tôt, ils auraient peut-être, rien que par la mention des E-AcpwvrjGsiç, évité bien des tâtonnements.
Tout au contraire, Horapollox a exercé une grande influence sur les débuts de l'égyptologie, et malheureusement dans un sens assez peu favorable. Il a une excuse : autre chose était de traiter des hiéroglyphes au P'' siècle ou 400 ans plus tard.
HoRAPOLLOX a vécu dans la deuxième moitié du V® siècle. Il appartenait à une famille aisée, originaire du village de Phénébythis, près d'Akhmim. Son grand père et homonyme, HorapoUon le grammairien, son père Asklépiadès et son oncle paternel Héraïskos, tous deux philosophes, sont bien connus par les auteurs. Suidas, Photius et Zacharie le Scholastiqoe, pour avoir occupé, à Alexandrie, de hautes situations dans l'enseignement. Horapollon le philosophe suivit leur exemple, et, comme eux encore, se fit le défenseur des traditions et de la religion nationales. Pourtant il céda à la persécution et finit par se convertir au christianisme. Un papyrus récemment découvert nous apprend qu'ayant épousé sa cousine, fille d'Héra'iskos, il eut des malheurs conjugaux et dut, sous le règne
d'Aiiastase, poursuivre sa femme pour adultère et en restitution de biens. Le groupe de philosophes auquel se rattachait HoRAPOLLON recherchait avec curiosité les vestiges de l'antique civilisation. Il n'est pas surprenant que l'écriture des monuments pharaoniques ait retenu son attention. Photius cite des extraits d'un ouvrage analogue à celui d'HoRAPOLLON et qui a peut-être été rédigé par son oncle Héraïskos.
HoRAPOLLON a sans doute écrit ses ^IsQoyXvcpiyià en copte et s'est inspiré, soit de quelque liste d'hiéroglyphes, soit d'ouvrages antérieurs sur le même sujet. ()n retrouve chez lui environ un tiers des données fournies par Chérkmok, plus ou moins dénaturées.
Nous ignorons à quelle époque remonte la traduction grecque due à un certain Philippe. Le texte primitif paraît avoir été assez maltraité. Il commence ex abrupto par l'exposé des faits particuliers qui se succéderont uniformément à travers les deux livres. Cependant le second comporte trois lignes d'introduction adressées à un lecteur anonyme. Il doit manquer les généralités ouvrant le premier en même temps que l'ouvrage luimême.
L'ensemble manque d'homogénéité. Les 70 chapitres du livre I comprennent chacun trois éléments : 1° l'idée à exprimer graphiquement ; 2" le signe employé à cet effet ; 3° l'explication du rapport liant le signe à l'idée. Mais, au livre II, les 30 premiers chapitres suppriment toute expHcation (sauf 9, 10 et 25 qui on donnent une très succincte). Quant aux chapitres 31 à 115 (il y en a en tout 119), ils constituent une mystification pure et simple. Le thème en est fourni par une série d'espèces animales dont quelques-unes n'ont vraisemblablement jamais figuré dans les hiéroglyphes. Leurs qualités, telles du moins queMes décrivaient les naturalistes du temps, étaient transportées à l'espèce humaine, par renversement du procédé usuel chez les fabulistes, et l'on obtenait ainsi, soi-disant, l'ex-
pression graphique d'idées complexes et abstraites. C'est là un jeu d'esprit parfois ingénieux^, mais qui^ par malheur, n'a rien à voir avec les hiéroglyphes égyptiens. S'il est beau assurément de pouvoir représenter par une seule image un «homme qui s'oriente vers le bien» (II, 114) ou un «homme qui gaspille indistinctement l'utile et l'inutile» (II, 105), on ferait tort à Hor- APOLLOX en lui attribuant la paternité de toutes ces élucubrations qui occupent le tiers du texte conservé.
Pour le reste, qui vaut mieux, il faut faire deux parts. La pire comprend les justifications de l'emploi des signes dans telle ou telle acception. La fantaisie, qui peut d'ailleurs rencontrer juste, y règne en maîtresse. Malheureusement, l'on a cru trouver là une confirmation des dires des auteurs plus anciens touchant la nature purement idéographique et ultrasymbolique de l'écriture. Quelques exemples suffiront à montrer l'inanité de remarques imaginées par quelque pédant désireux de masquer son ignorance. Ainsi «fils» s'écrit par l'oie, en raison de l'amour extrême que ressent cet oiseau pour sa progéniture ; «ouvrir», par le lièvre qui a toujours les yeux ouverts; «cinq», par l'étoile, à cause des cinq planètes dont les mouvements, parmi les fixes, règlent la marche du monde.
Quant aux faits exposés, on les trouve exacts dans une proportion notable. Voici un choix des mieux confirmés.