AVERTISSEMENT. XI
de la science moderne, mes scrupules ont été levés quand, à la veille de livrer le manuscrit à V impression, j 'ai pu lire en tête de V ouvrage magistral de Heinrich Schâfer sur l 'art égjytien les lignes suivantes: «Wàhrend der Vorarbeiten habe ich midi von Ansichten Anderer beuniJJt moglichst ferngehalten, bis ich tnein Eigenes geniigend gefestigt zu haben glaubte; um so mehr hat midi dann oft das Zusammentieffen gefreut» (/). Pouvais-je souhaiter justification meilleure?
Parmi les sujets de réflexion que m'a donnés l'étude des travaux de mes prédécesseurs, il en est un qui a trait à la nomenclature. P. Mostet, dans ses Remarques sur la Grammaire, souvent fort judicieuses, recommande (p. 33 sq.), d'après V. LORET, l'abandon de l'expression '^ signe-mot-» et le retour à la nomenclature de Champollion. J'ai cru devoir passer outre, et voici poui-quoi. Le principal reproche adressé à <-signe-motr> est de prendre un sens différent d'un auteur à l'autre. Ce reproche peut être fondé, mais il s'applique tout autant au vocable <i-figuratif^, sous lequel Mostet groupe (p. 26) deux catégories distinctes chez Champollion (Précis, Chap. X, §VI — VJI) et chez M. Lorkt lui-même (Manuel, §3$ — 3j): les signes '^figuratifs r> et <i- sj'mboliqiies ■» . «Signe-mot» et, mieux, «signe-racine» ont l'avantage d'évoquer les rapports de la langue et de l 'écriture. Je reconnais qu 'ils nous transportent dans une région bien obscure, mais c 'est affaire au temps de Vêclaircir. A ce propos je veux parer à une équivoque qui pourrait naitre de l'opinion exprimée p. 75 sq. et ii3 sq. Je crois, avec Champollion, qu'une écriture pictographique très rudimcntaire pouvait être d'abord à peu près indépendante de la langue parlée et que celle-ci a pu, par la suite, adapter
(i) H. ScHÀFEB, lo» àgyptisclier Kunst (içiç), \onvort, p. VI.