‹ Introduction a l'étude des hiéroglyphesChapitre 51 sur 63 · I. Textes hiéroglyphiques · texte numérisé non relu

I. Textes hiéroglyphiques

A. Inscriptions d'un obélisque de Thoutmosis IV (1).

L'inscription suivante se lit sur le côté méridional de l'obélisque dressé actuellement à Rome devant le Palais du Latran. Les colonnes senestre et dextre de la face méridionale relatent comment Thoutmosis IV embellit et fit ériger à Karnak un obélisque que son père Thoutmosis III avait commencé à faire sculpter trente-cinq ans auparavant. C'est la préhistoire égyptienne de ce qu'AMMiEN Marcelli^^ (2) rapporte au sujet de ce monument gigantesque : comment Auguste avait conçu l'idée de le transporter à Rome, mais n'osa mettre ce projet à exécution à cause de sa dimension et de son poids; comment Constantin le fit convoyer à Alexandrie et comment Constance l'installa à Rome, sur la spina du Cirque Maxime. Retrouvé en débris dans les ruines en 1587, il fut reconstitué et érigé l'année suivante par Sixte -Quint à la place où il s'élève encore aujourd'hui.

L'épigraphie du texte, forcément h l'étroit dans le cadre de ces colonnes, comporte peu de déterminatifs et exprime les mots les plus connus par leur seule partie phonétique (p. 39). C'est un exemple d'orthographe monumentale.

(1) Marucciii, Gli ohelischi egiziani di Hoina, Rome 1898, pp. 8 — 50, pi. letll.

(2) Rerum gestarum, XVII, IV, 12—14.

ANALYSE SOMMAIRE DE QUELQUES TEXTES ÉGYPTIENS. IbÔ

a) Colonne senestre:

^ Il

« Le Roi de Haute et Basse Egypte, seigneur agissant, Menkheperoura, aimé de Râ, aimé d'Anion.

Or ce fut Sa Majesté qui embellit le très grand obélisque isolé qu'avait amené son père, le Roi de la Haute et Basse Egypte Menkiieperrà, lorsque Sa Majesté eut trouvé cet obélisque gisant depuis trente-cinq ans sur son côté, h la charge des ouvriers, dans la région méridionale de Karnak. Mon père a ordonné que je le lui érige, car je suis son fils dcnoué».

En détail:

,r T 1,7 ,r T Le roi de Haute et Basse Egypte (2),

nb seigneur

(1) Nous enfermons entre crochets [] les lettres tiui, en vertu de la liberté ortli(>graphi(iue des textes égyptiens, ne sont pas exprimées dans l'écriture. Les désinences grammaticales sont séparées du mot (lu'elles affectent par un point. Le trait d'union distingue les composants grammaticaux.

(2) Quelle que soit son origine historique, le protocole pharaonique évolué jusqu'à sa forme la jjIus parfaite se compose en théorie de cinq éléments :

1" Le nmn d'Horus qui s'inscrit dans une image du palais royal (une façade précédant un plan rectangulaire en projection) surmontée d'un épervier

■<3>- vyïiil faisant \ .1 1

^ "-./J I orthographes pure-

[ = agissant

^ Ci yh.t chose '

ment phonétiques.

de Râ

imi sont stables

hpr.iu les états^ r de Râ

m7"[î/] aimé,

anticipation respectueuse du signe O r.

A lire : Mn-hpr-r'.

même anticipation :

aimé de Rà.

couronné (cf. p. 28. figure). Ce nom est celui du roi comme incarnation du dieu Horus. Traduit : 'AtoXXwv (Hermapion).

2° La devise des diadèmes, courte phrase laudative inscrite derrière le

groupe yù\^i <Î6 lecture incertaine, symbolisant les deux déesses d'El-Kab

et de Bouto. Traduit : /.ûpto; ^aaiXEiàiv (Rosette).

3° La devise d'Hoi-un-Noubti, inscrite derrière le groupe j^ que l'on

interprète soit «l'Horus d'or», soit «l'Horus vainqueur de Set l'Ombien « (cf. p. 30). Traduit : àv-OTotXwv ù-nipxz^oi (Rosette).

4° Le nom d'intronisation, enfermé dans un cartouche ( j), que précède

le groupe =!pi^ ^'^^V ^U^iJ *I^oi ^^ la Haute et de la Basse Egypte». Ce

nom, qui fait généralement entrer en composition le nom de Râ, est celui que le roi prenait à son accession au trône : il était pour les Egyptiens le véritable nom royal. On l'appelle quelquefois le prénom. Traduit : ticya; jjaaiXEu; xtôv te avw xai twv zâToj ^(^copâjv (Rosette).

5° Le nom de naissance, qui, à l'intronisation du roi, était lui aussi enfermé

dans un cartouche et précède du groupe ^5>^ s r «Fils de Râ» : ce nom

est celui sous lequel les historiens grecs ont connu les pharaons et sous leciuel, à leur suite, les historiens modernes ont pris l'habitude de les désigner. Traduit : jio; tou 'HXîo-j (Rosette).

(1) Prénom de Thoutmosis IV.

ymn

AAAAAA

yst yn

hm-f

snfr

thn

-= — " ic .tll

icr.t

yi

d'Amon aimé.

Or ce fut

Sa Majesté

qui embellit l'obélisque

isolé

ici. : aimé d'Amon,

déterminatif du roi après le phonétisme km «majesté».

. + nfr.

avec son phonétisme :

AAAAAA cLL

écritures où le signe-racine reçoit son complément pliogrand > . > nétique : («•' + ') + ^ + ?/

, I grand ^ '

beaucoup ' ^ („•,• + ,-) + t.

étant donné que

[l'Jeut amené

(/'["/] son })ère

sict[y] le roi de Haute et

%^[i/] Basse Egypte

V,» V =Menkheperrâ(l),

Jjpr

(1) Prénom de Tlioutmosis 111. Traduit Miaçprî; par Manéthon et Mii^p»)- [xoû9to7iç, en combinaison avec le nom Tlioutmosis.

CD

r — \' nnn

7n ht gm.t

hm-f

après que eût trouvé

Sa Majesté

711 + {ht + h-\- 1), généralement suivi du déterminatif J\.

l'obélisque signe-racine doublé d'un trait vertical (p. 7) et suivi d'un cet, déterminatif (p. 11).

thn

pn

km-n-f ayant passé

XXXV trente-cinq chiffres égyptiens (1)

signe racine exprimant un mot féminin (désinence phonétique o t) et doublé d'un trait (p. 7V

exception à la règle posée p. 7. ^ signifie proprement «la face» et ^ la préposition «sur», mais de bonne lieure confusion des orthographes.

cf. plus haut. Orthographe rare, quoique plus logique.

signe-racine sans compléments plionétiques ; redou-

blé pour marquer le duel.

(1) Les chiffres égyptiens, que l'on emploie en inscrivant dans les nombres les plus élevés les premiers, sont : '^^v^ 100.000, 1 10.000, T 1000, (^ 100, D 10, I 1.

rnp.t

année

tc'h

gisant

lir

sur

son côté.

hr

.wy

les bi

I ^ Il

hiciv.iv hr

des ouvriers, sur

si§

le côté

rs-y

méridional

id

de

yp.t .s irt

Karnak.

wz-n

a ordonné

signe-racine, désinence phonétique et déterminatifs dont celui du pluriel.

//■-// mon père y «moi» dans la bouche du

roi, écrit idéographiquement par la représentation royale.

.s'//-?/ ([ue j'érige sV«' «ériger», mot à mot «faire

être debout», a pour écri-

n-f pour lui ture complète |1 ë [^. y

, . «moi», écrit ici phonétique-

sic lui : 1-1

ment.

ijuk moi

s'-f son fils

nz.tij-f son dévoué, nz, signe-racine «broyer», déterminatif.

b) Colonne dextrc :

V VI /\A/W\A /O^ ^Zi r- ■ ■■=■ X.-

0 Ci o

AAAAAA

«Le Fils de Râ Thoutmosis, brillant de diadèmes.

Il Périgea dans Karnak, avec un pyraraidion d'or, de telle sorte que sa beauté illumina Thèbes, sculpté au nom de son père, le dieu bon Menkheperrâ.

Le Roi de Haute et Basse Egypte, Seigneur des Deux -Terres, Menkheperourâ, l'aimé de Râ, a fait ceci afin que le nom de son père reste durable dans la demeure d'Amon-Râ. »

En détail :

zluc.ttj mis

le Fils de Râ,

= Thoutmosis

brillant

de diadèmes

sli-n-f II érigea

SIC lui

m dans

yp.t s.ict Karnak,

orthographe simplifiée du môme mot que plus haut.

(1) Nom de Thoutmosis IV.

J hnhn.t-f son pyrami- purement phonétique. Avec

dion

en

signe-racine : J J A.

o z m or, signe-racme

oo

I , de bonne heure confondu avec 1 (p. 32). Deux déterminatifs (p. 39).

'il -AywvA shz-n illuminèrent s-\-(Jiz + z).

TTTk^,^ nfr.ic-f ses beautés pluriel exprimé idéogra-

phiquement par triple répétition du signe-racine.

irs.t Thèbes, signe-racine, désinence pho-

nétique et déterminatif ^ ^r::=ï ht.ic sculpté écriture phonétique et dé-

terminatif.

^ hr au

nom

purement phonétique. Avec

tfW

de

son père

déterminatif : QA,

„;-- ^ AAAAAA d—J5

Page 1