Chapitre P
Principe du Système.
Notre })ensée est rarement adéquate ;i son objet. Son expression sonore, le langage, n'est elle-même qu'un truchement assez infidèle. L'écriture, si perfectionnée soit-elle, ne peut rendre Tintégralité des sons qu'émet notre appareil glottal et buccal. On peut donc dire que, comme les enchaînés du mythe de la caverne, le lecteur dun document écrit ne perçoit que l'ondjre d'une réalité.
En face de ces imperfections, Ihumme observe trois attitudes : ou il s'en accommode, ou il les accentue, plus ou moins inconsciemment, ou enfin il s'efforce d'y remédier.
Il s'y résigne, par exemple, quand il préfère la sim])licité à la précision, tendance qui ressort nettement d'une comparaison entre l'écriture courante et les transcriptions imaginées par les phonéticiens; (1) ou encore quand il néglige pendant trop longtemps de rétablir l'harmonie entre son système scriptural, plutôt stable de nature, et l'idiome parlé, dont l'évolution est continue. On sait combien, sous ce rapport, le français ou l'anglais offre de difficultés aux étrangers et même aux na-
(1) Ex. : arî.;e =^ arranger; k'infa = connais.-^ait ; kulyreir =: couturière; vioelj ^= niouton ; pr7i:v = prendre (P. Pa.ssy, Le» Resten d'un patoix cliainpeiiois, ap. Mélangea publiés à l'occasion du Cinquantenaire de VErole des Hautes Etudes, p. 243 stpi.).
Sottas-Drioton. 1
tionaux. (>n mesurera l'écart actuel en lisant le travail d'un linguiste français qui use de l'orthographe réformée. (1)
11 semble paradoxal, à première vue, que l'homme n'évite pas soigneusement d'ajouter aux défauts qui grèvent un instrument de civilisation dune utilité aussi éminente. C'est que, là encore, il obéit à cette loi du moindre effort qui est aussi le ressort principal, si l'on peut dire, des modifications du langage. C'est elle qui donne naissance aux cursives, aux écritures négligées répondant à pou près ii ce qu'est le bredouillement dans la langue parlée ; aux abréviations sporadiques ou systématiques dont les inscriptions latines et les notes tironiennes montrent des exemples si frappants ; à l'omission des voyelles dans un si grand nombre d'écrits en langues sémitiques, etc. etc., et pour ne parler que des faits les plus voisins de nous.
Les moyens sont nombreux de remédier à ce que nos écritures, analytiques à l'extrême, ont d'inexpressif ou d'ambigu. Telles sont certaines conventions d'écriture qui font de l'orthographe, non plus un tyran, comme beaucoup l'envisagent, mais un précieux auxiliaire. Des difïérenciati(5ns s'obtiennent encore par des initiales majuscules, par des accents qui soiivent ne correspondent à rien dans la prononciation, par des traits soulignés, par la séparation des mots, la ponctuation, etc. etc., tous procédés qui cori'espondent plus ou moins, dans l'écriture, à ce que sont, pour la langue parlée, les inflexions de la voix, le geste, même la musique accompagnant les paroles, en un mot tout ce qui s'adresse directement à notre sensibilité plutôt qu'à notre raison.
Ces remarques générales et préliminaires ne sont pas inutiles pour qui veut juger sainement, ou simplement décrire, le système hiéroglyphique. Faute de les prendre en consi-
(1) P. ex. Tarticle prtîcité, ou, mieux, les uiûinoires de M. Ant. Thomas dans les dernières années de I?oma)iin.
dération, nous serions trop tentés, esclaves de riia1)itude, d'envisager notre propre système d'écriture comme la norme, et de traiter d'inférieur tout ce qui s'en écarte par trop. (1)
L'avantage le plus évident de notre alphabet sur les écritures anciennes complexes est la réduction du nombre des signes. En réalité, les lettres accentuées du français ou infléchies de l'allemand accroissent ce chiffre de quelques unités et les majuscules le doublent. Mais ce qui est plus grave, c'est que le temps économisé par l'enfant gnâce à la réduction des signes constitutifs est compensé ensuite, et au delà peut-être, par la nécessité d'apprendre l'orthographe, c'est-à-dire de graver dans la mémoire la physionomie de chaque mot, sans que des règles bien logiques facilitent cet effort. Le bienfait de l'analyse est par Ik-même en partie perdu. Quand une langue présente une orthographe aussi capricieuse que la nôtre, on jjeut dire, sans outrer le paradoxe, que la simplicité du système d'écriture n'est vraiment sensible que pour la typographie (2) ou la dactylographie.
Pour qu'on ne nous accuse pas d'emblée de partialité en faveur de la vieille Egypte, nous allons, observant d'ailleurs le même ordre que ci-dessus, exposer tout d'abord brièvement les résultats de son indolence en face dos défauts essentiels du système hiéroglyphique.
Les p^g^-ptiens se sont montrés des plus conservateurs en matière d'écriture; les orthographes dites historiques ne se comptent pas; ils ont notamment continué à écrire systématiquement des signes corres})ondant à des phonèmes depuis longtemps oblitérés.
(1) Récemment encore, M. Spikc.kuseug (GUttinfjinche gelelirte Anzeiijen, 19U8, 1>. 119) traitait récriture liiéroglyplii((ue de système enfantin.
(2) On ne paraît même pas avoir toujours apprécié à sa valeur cet avantage. C'est ainsi que la cursive grecque imprimée a longtemps admis des caractères comportant des lettres ligaturées, et cela en plus du système déjà complexe des esprits et des accents.
Ils n'ont guère marqué de tendances suivies k la réduction du nombre des signes élémentaires. Là où l'on observe ce phénomène, il s'agit d'une simplification des signes synthétiques (signes-racines) et elle s'opère plutôt aux dépens de la clarté. Aux basses époques on voit au contraire les hiéroglyphes se multiplier de telle sorte que l'écriture en devient presque une cryptographie. Il est vrai qu'alors, par suite de l'adoption de récriture démotique servant aux usages courants, les hiéroglyphes étaient réduits aa rôle d'écriture savante.
Les Égyptiens ont, eux aussi, pratiqué l'abréviation; niais, vu la nature synthétique d'une partie du système, cette pratique n'entraîne pas des inconvénients aussi grands qu'avec nos alphabets.
Comme les Sémites, ils se sont abstenus d'écrire régulièrement les voyelles. La question de la vocalisation est une des plus épineuses et des plus contestées ; il n'y a pas lieu de la mettre ici en discussion. Il suffira d'observer que les partisans les plus décidés de la présence de signes-voyelles dans les hiéroglyphes n'ont jamais soutenu que le vocalisme fiît entièrement représenté, même de façon grossière. On ne risquera donc de heurter trop fortement l'opinion de personne si l'on admet, après Champolliok, que les Egyptiens marquaient les voyelles k peu près dans la même mesure que l'hébreu non ponctué ou l'arabe dans sa f(ti'me usuelle, réduite aux lettres et points diacritiques. Il est important de constater que, lorsque les Egyptiens sont entrés en contact étroit avec la civilisation sémitique^ puis avec la grecque, ils ont fait effort, les deux fois, pour exprimer le vocalisme des mots étrangers nouvellement introduits dans la langue, mais ils n'ont nullement éprouvé le besoin d'en faire autant, du moins de façon complète, pour les mots appartenant au fonds indigène.
Si, en regard de ces défectuosités, nous cherchons k discerner les avantages du système, nous devons reconnaître que les Egyptiens ont été guidés par un instinct très sûr. Cette irré-
eularité orthographique qui nous choque tant (1) confère à leur écriture une souplesse inégalée. Ils ont su doser mieux que nous le rôle de l'ouïe et de la vue dans la transmission graphique de la pensée. Qu'on leur attribue une mentalité de primitifs ou qu'on leur accorde un certain sens philosophique, ils n'ont pas cru devoir renoncer complètement, comme nous, h représenter directement robjet de la pensée sans passer par l'intermédiaire obligé des mots de la langue parlée. L'emploi simultané des deux procédés qui se complètent mutuellement réussit a pallier bien des défauts. Les caractères idéographiques ou semi-idéographiques ajoutent à l'expression de la pensée abstraite un élément émotif ou pittoresque comparable, nnitatls mutcmdis, à ce que nous font éprouver, par exemple, l'illustration d'un texte par l'image, le hit-motiv wagnérien qui s'adresse en quelque sorte au subconscient et, par un dessin mélodique précis, évoque des idées au contour flou, ou encore les épithètes dites homériques. Quoi de plus suggestif, en effet, qu'un rap- ])rochement entre l'orthographe d'un mot comme ^-jp) ^^ il Ql) « supplier » et l'expression eschylienno y^tioorôvovg hràg (»bVj?< contre T/iUes, 172) V
Dualisme, voilà le mot (jui nous ouvrira la compréhension de la jilupart des faits. Examinant le système i)arvenu à son plein éj)anouissement, et ré.^ervant pour un chapitre subséquent toute tentative d'en rechercher les origines et tracer l'évolution, nous constatons qu'un hiéroglyphe peut, à ce qu'il semble, posséder les propriétés suivantes :
(1) On peut se demander si la fixitc d'une orthograjihe snuvent arbitraire, ainsi que la nôtre, ne serait pas apparue au.x yeu.K de l'Eg^yptien comme une tyrannie analojrue à l'obligration de composer en mètres, alors que l'invention de Tûcriture supplée à ce moyen mn('moteclini([ue. Ecrire en ])rose et orthographier selon son jug'ement, ce sont là, si l'un y rc'fléchit, deux libertés du même ordre.
1" Il représente à la fois un son et une idée, c'est-à-dire, en somme, un mot. Il sera dit mi-idéographique, mi-phonétique, ou «signe-mot», ou plus généralement, «signe-racine».
Ex. : ^7| sirr «boire».
2" Il représente une idée, mais pas de façon assez précise pour qu'un mot de la langue parlée y soit attaché. Il sera dit idéographique, ou « déterminatif ».
Ex. : A idée de mouvement.
3° Il représente seulement un son. par convention pure, son origine étant perdue de vue. C'est, en moins accentué, ce qui s'est passé pour nos caractères actuels. Il sera dit « signe phonétique » .
Ex. : <=z:=> r, préposition « vers » (représente une bouches)
Quoique ce rôle soit triple, c'est bien de dualisme qu'il convient de parler, puisqu'il s'agit en fait de deux élément, considérés tantôt isolés, tantôt combinés.
Dans sa forme complète, un mot égyptien présente les éléments d'une charade : or + an^e + orange-
C'est mieux qu'un «rébus», puisque, à côté du «premier» et du «second», etc., on retrouve l'« entier». Les Egyptiens se sont comportés là comme un chimiste qui laisserait, en présence des produits de l'analyse, un résidu du corps composé. Ex. : <rr> r^^^^ ^ fl r + mn + rmn «bras».
Il arrive aussi, mais plus rarement, que la partie purement phonétique du mot écrit ne comporte pas de décomposition.
(.)n accolle seulement au signe-mot celui d"un mot liomonyme, de lecture mieux connue ou moins ambiaur.
Ex. : .^s^iiTI "■'* + "■'' «ouvrir».
Un cas particulier du précédent se rencontre, dans les orthographes qui visent îi être complètes^ lorsque le signe-mot se suffit à lui-même, n'ayant pas d'homonyme plus explicite. La dualité est maintenue grâce à un trait vertical qui accompagne le signe-mot. C'est comme si on redoublait le signe-mot pour avertir qu'il a sa pleine valeur, tant idéographique que phonétique.
Ex. : a \ )/ [+ [i) « siège » .
Le signe-mot, d'une part, et la partie phonétique, de l'autre,
employés isolément, peuvent comporter plusieurs sens. Leur
réunion i)récise l'idée. ( 1 )
Mais on conçoit que, si le signe-mot se laisse identifier sans doute possible et que, d'autre part, la partie phonétique .soit entièrement écrite, au vocalisme piès, il y ait redondance, presque double cm[)loi. Des simplifications ne pouvaient manquer d'intervenir, selon les occasions et dans des pro])ortions variables ; c'est lii ce qui exj)lique le manque de rigidité, de constance, du système.
Les simplifications atteignent, soit la partie phonétique, soit le signe-mot, soit l6s deux à la t'ois. Elles peuvent aller jusqu'à la suppression totale de l'une des deux variétés.
(1) Avec le système égyptien ou n'aurait pas eu besoin du contexte pour distinguer (nous) jiortion.i et (les) portions, ou (le) couvent des (poules qui) coiiceni. L'emploi des déterminatifs a})pli([ucs à une même racine rendrait impossibles les < nouvelles à la main v portant sur Vordonnance (du pliarniafien) et le {so\àsit-)ordoniiance, etc. I^es Egyptiens pratiquaient rallitération, mais dans un autre e.sprit que nous, en rechercliant un rap])roclienient, non une éi[uivo(iue.
La partie phonétique peut être réduite au strict nécessaire pour parer k la synonymie, c'est-à-dire aux cas où les signes-mots de deux ou plusieurs mots différents seraient trop ressemblants ou même identiques, par suite d'une usure inévitable, surtout dans les cursives. C'est comme si, estimant insuffisante la distinction des images d'une pomme et d'une orange, nous les accompagnions, l'une d'un m ou d'un p, l'autre dun r ou d'un g. Les éléments de ce phonétisme partiellement exprimé reçoivent d'ordinaire le nom de compléments phonétiques. -
Ex. : ^ Vv szm + m « entendre » et 1 ^ ^v s + szm + m, en face de I jTl ^\ s + z + szm + m.
Très souvent on se contente d'écrire le signe-mot seul, comptant sur le contexte pour faciliter la compréhension au lecteur.
Ex. : nà peut représenter les mots |— p| au et s^-
«écritoire» : tipi «écrire» ; "'^
« couleur », il ^ — ^ tiiii « brover ».
D p « socle » et non la consonne j).
La simplification du signe-mot peut s'opérer de bien des manières. Tantôt on n'en conserve que les parties caractéristiques. Sa force expressive n'est pas, de ce fait, sensiblement diminuée.
Ex. : n^^^^ SUT «boi
D'autres fois la mutilation est moins anodine, et, en face d'un plionétisme pleinement exprimé, le signe-mot tend à devenir en (pielque sorte un accessoire. On peut alors presque le qualifier de déterminatif. Convenant à tout un groupe d'idées et de mots, son rôle est à peu près exclusivement idéographique.
Ex. : I ^^ ^ .^vr «boira», ^^ iiiiiini tru «ouvrir»;
<r;> 7^ hrp «offrir les prémices» s'écrit aussi «cir
et <^ .=ii D
Dans des cas comme celui du mot szr «être couché», qui peut s'écrire Ob^ ou 0 ^ "J^ ou 0 ^ o(^îq, le signemot en vient ;i perdre jusqu'à son individualité, puisque deux si<;'nes entièrement différents servent pour un même mot.
On constate une sorte de parti-pris de généralisation dans des cas comme ^jx. «mouche», en face de m, l'image
de l'oie s'appliquant Ji tout ce (|ui vole. (1) La distance séparant le signe-mot et le détorminatit' est alors franchie. De même
pour X ^^^ '^^ «sauterelle» devenu "^^ ^f< *^*='
Si l'on n'a eu d'autre intention que de substituer ii un dessin rare et compliqué un autre d'usage très courant, c'est là encore un procédé de simplification gra])hique. De mémo quand on
écrit Ift ii-A au lieu do JP '^— j «veau% etc.. etc.
r^e signe-mot j)eut être encore, soit remplacé par une figure géométrique (o, \ ou l), soit entièrement supprimé. 11 est très important d'observer que. dans ce dernier cas, la partie phonétique doit être écrite intégralomont, du moins en ce qui concerne les consonnes.
Ex. : ^ ^^ rmf «homme», ^ ^\ : mais <rr>'^^\ s=>
(copte pcoMe).
I.,a réduction ou la suppression du signe-mot a pour objet le plus souvent do simj»lifier la tâche du dessinateur, mais aussi,
(1) Cf. le cas (lu latin volatilix. réservé aux oiseaux, à l'exclusion des insectes (A. Daizat, I,a Philonophie du Langage, p. 13).
10 INTRODUCTION A L'ÉTUDE DES HIÉKOGLYrHES.
dans les textes funéraires, d'éviter certaines figures que la magie pourrait animer et rendre nuisibles.
L'emploi isolé d'un signe, sans accompagnement du trait \, est régulier quand ce signe ne représente qu'un homonyme du mot qui lui a donné naissance.
Ex. : D p «ce» (démonstratif).
Il peut y avoir réduction des deux éléments h la fois, quand le contexte est suffisamment explicite.
Ex. : ^h SIC)- «boire», venant, dans les papyrus médicaux, après la formule d'une potion.
A l'inverse de ces^simplifications, on observe la présence d'éléments qui s'ajoutent au schéma tracé plus haut. Ces développements sont de nature, soit phonétique, soit idéographique.
Tout signe entrant dans la partie phonétique d'un mot et répondant à plus d'une consonne peut être lui-même environné de tout ou partie de ses compléments phonétiques. Il y a^. dans ce cas. décomposition ù deux degrés.
Ex. : ,^j-"^ ^ fl /■ + (mu + u] + rmn «bras».
rnr + »? + r) + mi' «pyramide».
dlP ^ ^ (."'•^- + -^) + i'^i' + '■) + >"^^-^i' «oreille». I ^ I i^ /? + (^ + ;■ + //•) 4- litr «attelage».
A chaque stade de cette décomposition, l'élément plus simple et plus fréquent aide la mémoire à reconnaître l'élément plus complexe et plus rare. On comprend que le signe unilitère n'ait pas éliminé, ;i la longue, le signe bilitère. car ce dernier fournit la transition avec le signe-mot trilitère ou quadrilitère.
IKL "
Si nous passons aux développements idéographiques, il Y a lieu, pour bien saisir cet ordre de phénomènes, de modifier au préalable notre conception de l'élément appelé signemot, ;i l'imitation des grammairiens modernes. En effet, dans cet emploi, un signe ne convient généralement pas à un mot unique, mais à tout un groupe de mots apparentés par le son comme par le sens et qui, même sans tenir compte des nuances répondant au genre, au nombre, à la flexion, paraissent différer les uns des autres par des éléments de dérivation, préfixes, infixés ou suffixes, notés ou non phonétiquement.
JLx. : û mnh «être taronne», I a smnh «lacon-
ner., <=>^^ '•'"; P'-^» M'I^^^i'er», <=>^(](] ^^ >'iiii/f, ep.UH «larme».
Ainsi des signes-mots, tels que 9 6* ^^^ n'appartiennent ])as en propre à un mot chacun, mais k une racine. C'est pourquoi, romitant avec les habitudes reçues, nous proposons de substituer à l'a{)})ellation signe-mot, l'ap})ellation généralisé»* signe-racine. Si des simplifications n'intervenaient pas, chaque image ainsi désignée serait caractéristique d'une racine.
Pour distinguer les mots appartenant à une môme racine, la langue parlée dispose, outre les moyens déjà indiqués, des modifications du vocalisme radical. L'écriture n'en tient généralement pas compte et c'est sans doute pour combler cette lacune (qu'elle eut recours :i un nouvel élément, purement idéogral)hique, le déterminatif.
C'est comme si, après or + (ox/a + oraiifje, on ajoutait l'image d'un édifice pour exprnner oraïu/crle (sans parler du suffixe rie\.
Ex. : f^ wi «soldat», L^>^J^ «expédition par eau» (signe
Ks' + déterminatif), /ww^a \ % «être jeune»,
] 0(1) «fruits» (phonétisme complet + signe-racine
(1) Le signe ^, ajoute au radical, représente le I, marque du genre féminin.
/Ta racine vu