‹ Introduction à l'étude des métaux. Leçons professées à la Faculté des sciencesChapitre 11 sur 60 · II. — Cribles · texte numérisé non relu

II. — Cribles

Les seuls appareils qui, depuis un certain nombre d'années, aient permis dans les cas les plus variés et les plus difficiles, d'obtenir un classement mécanique, en volume, des minerais, sont les Trommels et les cribles Schmitt.

Trommeh. — Ce sont des cribles cylindriques ou coniques mobiles autour de leur axe, et fabriqués avec des tôles perforées à orifices circulaires ; ces tôles ont une durée plus grande que les tissus métalliques, elles présentent moins d'obstacles au mouvement des minerais à classer et il est plus facile d'y maintenir les trous de diamètre constant. Afin que ces tôles reçoivent autant de trous que possible sans que leur résistance en soit compromise, on dispose ceux-ci de telle sorte jqu'autour de chacun d'eux il yen ait six autres formant un hexagone régulier, la dislance qui sépare deux trous étant ordinairement égale à la moitié de leur diamètre; quand les orifices ont un diamètre inférieur à 2 millimètres, la distance devient égale au diamètre. '

On emploie généralement plusieurs trommels pour opérer le classement des minerais qui passent successivement dans des appareils dont les trous vont en augmentant d'une façon progressive ; lexpérience indique les échelles à employer, et, pour déterminer les diamètres des trous de trommels successifs, il suffit habituellement de donner à chaque orifice une fois et demie le diamètre du précédent sans tenir un compte rigoureux des décimales que donne le calcul ; en partant de !'"•" ,5 pour les trous les plus petits, l'échelle 1,5 ; 2 ; 3 ; 5 ; 8 ; 13 ; 20 ; 30"*° peut servir de type dans un grand

nombre de cas. On dispose les trommels successifs de façon telle que la partie non définitivement classée de la charge du premier soit directement transmise à un second, qui continuera le classement et transmettra son refus à un troisième et ainsi de suite. Un tel ensemble de cribles travaillant les uns à la suite des autres, constitue un appareillage, et chaque appareillage comprend, en règle, autant de trommels munis d'oriflces de diamètres difltérents qu'il y a de classes de grenailles à établir, si Ton considère le refus du plus fort trommel comme formant lui-même une classe. Quand les trommels sont cylindriques, on détermine l'avancement dans l'appareil, de la charge à classer, en donnant une certaine inclinaison à Taxe et par suite à la paroi du cylindre ; quand ils sont coniques, l'axe demeure horizontal, et la conicité de la paroi suffit à déterminer l'avancement; de l'eau circule dans les trommels et sert d'auxiliaire pour faire la séparation. A chaque trommel correspond un manteau en tôle de fer qui est placé parallèlement à sa moitié inférieure, il reçoit les matières qui ont traversé les orifices et les conduit au trommel immédiatement inférieur au moyen d'un tuyau de passage fixé à son point le plus bas ; ce qui sort de chaque trommel, sans l'avoir traversé, constitue une classe déterminée de grenailles qu'on dirige vers les appareils destinés à continuer la préparation, au moyen d'une conduite en bois revêtu de tôle adaptée à la rigole de refus.

Cribles Schmitt. — L'appareil Schmitt ou crible spiral (6g. 15), a pour organe essentiel un arbre /"animé d'une rotation lente,et sur lequel sont fixées, au moyen d'armatures convenablement disposées, des tôles perforées concentriques a dont le nombre est égal à celui des classes de grenailles à établir ; le système fait 8 tours par minute et reçoit son mouvement, à l'aide d'une courroie passant sur la poulie o fixée sur l'arbre f.

Chacun des espaces annulaires compris entre deux tôles perforées est fermé en un point par une cloison en forme de gouttière, disposée obliquement, et à l'une des extrémités de laquelle est fixée un appareil d'évacuation en forme de limaçon ; le crible intérieur, fixé immédiatement sur l'arbre, présente les orifices les plus grands et reçoit d'une trémie de

chargement m, le minerai à classer. Les orifices des cribles, diminuent à mesure qu'on s'avance vers Textérieur, et c'est celui de la périphérie qui présente les ouvertures les plus fines. Le cylindre intérieur a un diamètre de 80 à 120 centimètres ^et l'intervalle qui sépare deux cylindres consécutifs est de 15 centimètres environ, de telle sorte que le diamètre extérieur d'un appareil à 9 cylindres, par exemple, est de 2°^,40 à peu près ; la largeur des cylindres, qui doit être dans un rapport convenable avec le diamètre total de l'appareil, varie entre 40 centimètres et un mètre. On amène de l'eau dans le cylindre intérieur au moyen d'un dispositif d'arrosage h dont les jets sont dirigés vers le quadrant inférieur descendant, et l'on peut, s'il est nécessaire, amener aussi de l'eau en pluie dans les autres cylindres.

SAfoj^ah, C^

Fig. 15

Ce que rejette chaque crible constitue une classe finie de grenailles, et ce qui le traverse tombe sur le crible immédiatement suivant où le classement se poursuit ; le crible intérieur dépasse les autres en 6, du côté opposé à la trémie de chargement m,el son diamètre va aussi en s'agrandissant de ce côté, de sorte qu'il prend la forme d'un trommel conique, et comme celui-ci, il rejette directement la classe des grenailles qu'il a séparée. Dans les autres cribles, l'évacuation

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des grenailles classées se fait au moyon des cloisons en forme de gouttière et des canaux d'évacuation en spirale qui y sont fixés, elle a lieu dans des collecteurs i, k, ou dans des rigoles d'entraînement / disposées à poste fixe de chaque côté de la roue.

Dans cet appareil, le classement s'opère comme il suil : le minerai à classer est d'abord versé dans un trommel débourbeur, cylindrique, en tôle pleine c, où il est exposé à un vif courant d'eau A, qui commence par séparer de la masse la plus grande partie des parcelles minérales fines ; celles-ci passent par des orifices d'ouverture variable, dans la partie terminale, élargie ri, du trommel débourbeur, où les parcelles un peu grosses qui ont été entraînées tombent au fond ; chaque tour de l'appareil les remonte à un niveau plus élevé et, grâce à un diaphragme hélicoïdal, les rejette dans le trommel débourbeur pendant que les parties fines s'écoulent, sous la forme de troubles, dans une rigole /. Un appareil puiseur, placé au point de réunion du trommel débourbeur et du crible, prend successivement les portions de minerai lavées et les verse dans le crible conique intérieur, puis, de là, la classification suit régulièrement son cours. Chaque fois que les dimensions d'un grain sont supérieures au diamètre des ouvertures du crible dans lequel il se trouve, il est évacué comme produit fini ; les matières plus fines qui traversent le crible, tombent sur le crible immédiatement suivant, qui est plus fin, et s'acheminent ainsi sans interruption, vers leur classification complète.

Préparallon proprement dite des minerais

Les appareils qui servent au broyage et au criblage étant connus, la préparation d'un minerai peut être ramenée à six opérations principales, savoir :

l'' triage du tout venant dans la mine aux chantiers d'abatage ;

2*» séparation du minerai brut, en gros et en menu sortant ;

S^' travail du gros ;

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4° travail du menu sortant ;

S"* broyage des produits mixtes à désagréger ;

6® traitement des minerais complexes broyés. '

Les quatre premières sont exécutées principalement à la main avec un emploi restreint de l'eau et d'auxiliaires mécaniques simples ; les deux dernières relèvent exclusivement de la préparation mécanique.

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