‹ Introduction à l'étude des métaux. Leçons professées à la Faculté des sciencesChapitre 13 sur 60 · IV. — Conditionnement du menu sortant · texte numérisé non relu

IV. — Conditionnement du menu sortant

- On comprend dans le menu tous les mélanges de minerai en fragments dont le diamètre est, comme on l'a dit plus haut, inférieur à G5 millimètres. Dans le travail du menu sortant, tout en supprimant le concassage qui était nécessaire pour le gros,on se propose d'obtenir des résultats analogues à ceux que le travail du gros a fournis; il fautdoncs'y prendre de manière telle que toutes les espèces minérales utiles contenues dans le menu, et qu'on peut recueillir à la main, soient mises à part, et qu'en outre les espèces de minerais et de gangues qui peuvent avoir de l'influence les unes sur les autres, pour gêner ou faciliter leur séparation, soient soumises à un classement dont le but est le même que celui du triage d'épuration. Il résulte de là qu'avant d'opérer le sortissage des gros fragments du menu, on doit en séparer les petits, qui ont moins de 30"°^ de diamètre et qu'on traitera plus tard. Comme les fragments de menu sont toujours enveloppés de

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poussières plus ou moins fines, plus ou moins adhérentes, qui empêchent de reconnaître facilement leur nature quand on veut les classer, il est nécessaire de se débarrasser tout d'abord de celte sorte d'enduit, de là pour le travail du menusortant deux opérations successives :

1® Le débourbage avec classement en moyens et on fines.

2^ Le sertissage du moyen.

1« Débourbage avec classement en moyens et en fines. — Si les particules fines n'adhèrent au menu que sous la forme de poussière, un simple jet d'eau suffit pour faire le débourbage, mais quand elles sont fortement agglutinées entre elles et avec le minerai, ce qui est le cas général, on est contraint d'avoir recours à des appareils mécaniques, des irommeh, que Ton choisit de telle sorte qu'en môme temps que le débourbage s'opère, le classement en moyem et en fines s'effectue.

Le trommel^ débourbe ur-classeur ou irommelAareur est cylindro-conique, terminé à sa partie antérieure, la plus étroite, par un cône et il est fixé sur un axe en fer forgé autour duquel il prend son mouvement de rotation ; à sa partie antérieure, sur une longueur de 75 centimètres, il est en tôle pleine et muni à son intérieur de pointes de fer (poignards), tandis que la portion la plus large est constituée par une tôle perforée de trous de 30""* qui correspondent à la grosseur minima des minerais moyens. La longueur totale du trommel, sans le cône, est de 1°^,96 dont 1"»,20 pour la partie perforée ; son diamètre intérieur est, à l'extrémité antérieure sans le cône, de 1°^,10 ; à la sortie dans la partie la plus large il atteint l'",30 et l'appareil tourne avec une vitesse de 15 tours par minute.

Dans le cône débouchent deux trémies d'introduction qui amènent le minerai et l'eau nécessaire dont on peut, à l'aide de robinets de réglage faire varier la quantité (on en consomme environ 100 litres par minute). Le manteau en tôle de fer embrasse la portion inférieure du trommel ; son bord supérieur, horizontal, s'élève à peu près à la hauteur de l'axe, et il porte sur un de ses côtés des tuyaux perforés dont les jets d'eau en pluie sont disposés de manière à coopérer acti-

vement au débourbage du contenu de lappareil. Sous la partie inférieure, et vers l'extrémité la plus large du trommel, est placée une trémie d'évacuation fortement inclinée.

Le menu à traiter est versé dans la trémie de chargement; arrivé dans le trommel, il s'élève à plusieurs reprises, par le fait de la rotation, retombe toujours le long de la paroi intérieure et par suite de ce mouvement et du barbotage sous un courant d'eau continu, il est entièrement délayé et débourbé en même temps que la charge recule peu à peu vers la sortie réservée au refus du trommel : pendant que les fragments inférieurs à 30™" et les boues, traversent la partie perforée et tombent dans le manteau, d'où ils sont envoyés aux autres opérations de classement et de sortissage, les minerais moyens roulent jusqu'à l'extrémité du trommel et tombent dans la trémie aux refus ; de là ils sont conduits là où leur sertissage sera opéré.

Lorsque les quantités de menu à traiter sont très considérables, on n'augmente pas pour cela les dimensions cidessus indiquées, mais alors on installe côte à côte deux trommels qui travaillent avec un même manteau.

S'' Sertissage des fragments moyens du menu sortant. — Les moyens ont un diamètre compris entre 30 et 65 millimètres et n'exigent, pour être triés, aucun travail de concassage ; on les traite sur des tables tournantes de sertissage, comme on l'a fait dans le triage d'épuration. Les différentes sortes qui résultent du classement de ces minerais moyens sont séparées suivant les mêmes principes qu'au triage d'épuration, si bien qu'ici encore, on doit attribuer une très grande importance au triage des différentes espèces de minerais purs et des stériles, ainsi qu à un classement convenable des espèces minérales et des gangues encore enlre-mèlées.

On comprend que les fragments moyens, tels qu'ils tombent du trommel laveur sur les tables de sertissage, ne soient pas toujours constitués de façon telle qu'ils puissent donner directement naissance à une sorte pure rigoureusement distincte ; on répare d'abord, par le travail aux tables, les minerais purs ainsi que les fragments riches auxquels adhë-

64 INTRODUCTION A LETUDE DES mAtAUX

rent des parties stériles faciles à en détacher, on enlève celles-ci au marteau et Ton soumet le produit obtenu à un nouveau triage, tout comme on a fait au triage d'épuration pour les morceaux riches venus du triage de préparation.

On voit; qu'en définitive, le sortissage des moyens du menu sortant doit établir les mêmes sortes que le triage d'épuration, puisque ces deux opérations classent des matières qui proviennent d'un seul et même minerai brut.

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