PRÉFACE
L'étude des métaux peut être envisagée de plusieurs manières bien différentes. Quand on fait un examen particulier de chacun d'eux, que Ton recherche les qualités qui lui sont propres, les combinaisons qu'il forme et les propriétés de chacune d'elles, on constitue une monographie plus ou moins complète, plus ou moins développée de chaque métal.
Mais on peut aussi former avec les métaux et les composés métalliques des groupes de substances analogues, telles que métaux, oxydes, sulfures, chlorures, sulfates, carbonates, etc., et, sans étudier spécialement les corps qui dérivent d'un même métal, s'attacher à rechercher les propriétés communes aux substances de chaque série et les comparer à celles des groupes voisins ; on arrive de cette façon à posséder sur les matières métalliques et sur leurs combinaisons des connaissances plus générales que celles fournies par les monographies. Je me suis successivement placé à ces deux points de vue dans mes « Leçons mr les métaux », éditées par M™« V'* Dunod, en 1891.
On peut enfin se proposer d'acquérir une vue d'ensemble tout à fait général, laissant de côté les détails qui concernent chaque métal, ne considérant que ce qui, à des degrés divers, appartient à tous et permettant de répondre aux grandes questions qui se présentent tout d'abord à l'esprit : D'où viennent les métaux? Que sont-ils? Où vont ils?
D'où ils viennent : c'est-à-dire comment la nature nous les offre, libres ou combinés et dans ce dernier cas, com-
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ment on les amène de leurs gisements dans le sol à l'état de matières industrielles.
Ce qu'ils sont : c'est-à-dire quelle est leur nature, quelles qualités essentielles leur appartiennent, comment ils se comportent vis à-vis les autres corps, quelles relations ils ont les uns avec les autres et qui pourraient servir à en faire une classification éventuelle.
Ce qu'ils deviennent enfin, quand après avoir été isolés de leurs minerais, ils ont parcouru leur carrière dans la science, les arts, l'industrie, etc.
C'est cette troisième étude, très générale, très limitée, que j'ai essayé de présenter dans ce volume où j ai réuni, coordonné et développé quelques-unes de mes leçons à la Faculté des Sciences. Les jeunes gens qui veulent apprendre à connaître les métaux y trouveront condensés, sur des questions importantes, les résultats exposés dans un grand nombre de mémoires originaux répartis dans des publications diverses. La lecture des différents chapitres leur donnera, je l'espère, le désir d'acquérir des connaissances plus complètes, de consulter des ouvrages plus étendus, de lire dans les recueils périodiques les travaux originaux. S'il en est ainsi, pour quelques-uns au moins et si j'ai contribué à leur faciliter le travail, j'aurai pleinement atteint le but que je me suis proposé.
Alfred DITTE.
Octobre 1901.