CHAPITRE PREMIER. — ORIGINE DES MÉTAUX
Les métaux ne se rencontrent que rarement à l'état libre ; le plus ordinairement ils sont engagés dans des combinaisons plus ou moins complexes et dans des conditions qui peuvent être fort différentes.
Un grand nombre de matières métallifères existent à l'état de diffusion extrême dans les roches qui constituent l'écorce terrestre ; elles y sont disséminées en proportions quelquefois très minimes et comme perdues au milieu des éléments constitutifs de ces roches ; c'est ainsi que le fer se trouve presque partout, tantôt en quantité suffisante pour donner à la pierre des teintes variées, colorant en jaune plus ou moins rougeâtre et plus ou moins foncé les grès, les calcaires, les argiles qui le renferment à l'état d'oxyde hydraté, tandis que sous la forme de fer oxydulé, il rend presque noirs les basaltes et certaines roches volcaniques ; tantôt en proportions infinitésimales trop faibles pour communiquer aux masses pierreuses une coloration appréciable, mais que l'analyse chimique décèle cependant avec facilité. Ces quantités de matière ainsi diffusées constitueraient, si elles étaient
réunies, des masses éoormes, mais dans leur état actuel de dispersion extrême, l'industrie ne saurait les atteindre, et pour elle, c'est absolument comme si elles n'existaient pas.
Il n'en est plus de même, quand des causes spéciales ont rassemblé les matières métallifères dans des régions particulières et dans des espaces restreints du sol ; on appelle gîtes métalliff^res les dépôts naturels d'où l'industrie peut retirer avec profit, un ou plusieurs métaux, et on donne le nom de minerais aux minéraux, soit purs, soit mélangés entre eux ou avec des substances étrangères sur lesquels porte l'exploitation.
Un minerai n'est jamais homogène comme un minéral; les uns, tels que les schistes cuivreux, sont formés par une substance métallifère imprégnant une roche stérile ; d'autres présentent un mélange de minéraux et de roches assez intime pour qu'on ne puisse pas en extraire un minéral particulier : tels sont les mélanges de carbonate de chaux avec de la blende et de la pyrite ; les quartz renfermant de l'or natif. On désigne sous le nom général de (jangues toutes les parties du minerai qui sont inutiles et quelquefois nuisibles, et on cherche à s'en débarrasser le plus possible par l'exploitation d'abord, par le triage et par la préparation mécanique ensuite, enfin par le traitement métallurgique.
Il est aisé de comprendre que la proportion de métal qu'un minerai doit contenir pour être industriellement exploitable dépend des circonstances locales, et de l'état actuel de la métallurgie, que par suite, telle matière, rejetée à une époque déterminée, puisse ultérieurement être traitée d'une façon avantageuse ; c'est ce qui a lieu dans les mines du Laurium, où l'on traite des matières abandonnées autrefois lors de leur première exploitation. Cette proportion dépend aussi de la nature du métal ; une substance ferrugineuse n'est guère exploitable si elle renferme moins de 100 kilos de fera la tonne; un minerai d'argent est riche au contraire s'il contient 3 millièmes de ce métal ; quelques millionièmes d'or dans une roche aurifère suffisent pour en rendre possible le traitement industriel.