‹ Introduction à l'étude des métaux. Leçons professées à la Faculté des sciencesChapitre 20 sur 60 · JÔ · texte numérisé non relu

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l'un a^,brusque,à 855° (fig. 22) correspondant au point critique supérieur, l'autre a^, progressif, entre 700'' et 740° correspondant au point critique inférieur qui, d'après les recherches de M. Osmond, coïncide avec l'apparition du magnétisme : ces deux points a^ et a^ correspondent chacun à une modification moléculaire du fer qui est à l'état que nous avons désigné par ^ au-dessus de a.u à celui que nous avons appelé 2 au-dessous de a».

L'application de la méthode du refroidissement se fait en

se servant d'un four à tube chauffé par un chalumeau à gaz ;

^n petit volume lui permet de se refroidir avec une rapidité

sulfisante et, quand on veut étudier l'influence de la vitesse

du refroidissement, on peut (aire varier cette vitesse dans des

limites assez étendues, suivant qu'on ôte ou non le couvercle du four et suivant qu'on laisse ou non marcher la soufflerie pendant le refroidissement ; les températures se mesurent à l'aide du couple thermo-électrique (platine et platine rhodié à 10 ""/o) de M. Le Chatelier, et les temps i l'aide d'un dérouleur de télégraphe Morse employé comme chronographe ; il est assez précis, quoique la vitesse du ruban de papier décroisse à mesure que le ressort se détend.

Le métal est pri$ sous la forme d'une barrette carrée de 6 X 6 X 30 centimètres, par exemple, dans laquelle on pratique un petit logement de forme convenable, pour recevoir le couple ; sur cette barrette, on en place une autre semblable, on ficelle le tout ensemble au moyen de deux fils de fer et on isole les fils du couple à l'aide de (uyaux de pipe ; le métal est placé dans le tube de porcelaine de façon telle que la soudure du couple vienne au centre du four et on bouche les extrémités de ce tube avec des tampons d'amiante serré. Quand tout est prêt, on allume le feu et oa chauffe jusqu'à la température voulue, puis on ferme les robinets à gaz et à air et on note, pendant le refroidissement, l't^eure précise à laquelle le trait noir de l'index lumineux passe sur chacune des divisions de l'échelle; on a ainsi tous les éléments pour la construction de la courbe.

Méthode de la résIsCance électrique. — La détermination des résistances électriques peut être employée pour étudier les transformations moléculaires que les métaux sont susceptibles d'éprouver à des températures plus ou moins élevées. On représente graphiquement les expériences en prenant les températures comme abscisses, et en portant en ordonnées les résistances exprimées en ohms et rapportées à des fils d'un mètre de long et de un millimètre de diamètre. Si les courbes ne sont pas régulières elles mettent très nettement en évidence, par les points singuliers qu'elles présentent, les transformations moléculaires du métal ; c'est ainsi que M. Hopkinson a retrouvé en mesurant la résistance électrique du fer, les deux points de transformation as at découverts par M. Osmond dans le fer doux, il les place à 855^^ et à 815'' et les expé-

LES MÉTAUX GONSlDÉELéS EN EUX-MÊMES

rienc^ de M. Le Chatelier sur le même sujet, l'ont conduit à admettre les nombres 855^ et 820<'.

Quand les métaux ne subissent aucune modification moléculaire avant leur fusion, les courbes qui représentent les variations de leur résistance électrique avec la température sont très régulières et sont des fonctions linéaires de cette température: tel est le cas pour le platine, le cuivre, Targeqt ; leurs résistances exprimées en ohms sont, d'après M. Le Cbatelier :

Platine Cuivre Argent

et les courbes sont sensiblement des lignes droites (Qg. 23) que l'introduction de petites quantités de matières étrangères dans le métal déplace parallèlement à ellesrmèmes.

Mais beaucoup de métaux se comportent comme le fer et présentent des transformations brusques, se produisant à des températures bien déterminées, auxquelles les résistances électriques éprouvent des variations brusques dans leur loi d'accroissement ; leur valeur absolue ne subit d'ailleurs aucun changement

en passant par un point de transformation comme elle le fait aux points de fusion, les courbes de la fig. 23 donnent des exemples de ces phénomènes : celle du nickel montre vers 340<» un point anguleux très net; celle du zinc en présente un vers SGO» et à ces points correspondent les transformations moléculaires du nickel et du zinc.

La courbe de l'argent offre une particularité intéressante. Lorsqu'on le chauffe dans l'oxygène, ses propriétés mécaniques ne sont pas modifiées et la courbe de résistance

reste parfaitement rectiligne, mais quand ropération se fait dans l'hydrogène, les propriétés du métal se transforment à partir de 650"^ et la résistance électrique s'accroît plus rapidement que dans Foxygène. Nous avons déjà dit en quoi consistent ces changements de qualités qui proviennent vraisemblablement de ce que l'argent a contracté avec. l'hydrogène une combinaison instable; celle-ci, en se détruisant, a déterminé chez ce métal une modification moléculaire qu'accuse la courbe de résistance électrique.

Il résulte en définitive de tout ce qui précède que les faits d'isomérie viennent incessamment modifier les propriétés des métaux ; ils apportent dans les réactions, auxquelles ils sont susceptibles de donner lieu, des perturbations qui, sans changer l'allure générale des phénomènes, en font varier cependant plus ou moins les détails.

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