CHAPITRE IV
Evolutions et Dégénérescences
Sommaire. — Evolution et dégénérescence ; — métamorphoses graisseuses. — Atavisme. ■ — Métamorphoses colloïdes, kératoïde, calcaire, osseuse, mélanique, vasculaire.
On donne, en général, les noms de dégénérescences, de régressions, aux divers processus dont nous allons nous occuper. Ce ternie implique, d'après l'usage qu'on en fait ordinairement, l'idée d'une destruction plus ou moins définitive, et, dans ce sens, il n'est pas toujours très juste. Certainement la calcification est une dégénérescesce, car elle entraîne la mort des éléments qu'elle envahit ; ces éléments se trouvent, par le fait, transformés en une substance inerte, leur forme primitive est irrévocablement perdue ; les apports nutritifs n'ont plus lieu pour eux ; un travail de résorption y est désormais seul possible. Il n'en est pas de même de l'ossification ; les parties élémentaires qui en sont le siège se sont seulement modifiées ; elles continuent de vivre et sont en rela-
tions constantes avec les courants d'assimilation et de désassimilation ; nous ne donnerons donc pas au processus d'ossification le nom de dégénérescence, et nous le considérerons comme une évolution nouvelle. Nous emploierons fréquemment, pour désigner les faits de dégénérescence ou d'évolution, le terme métamorphose, qui ne préjuge pas la nature des modifications dont il sera question.
Quelques métamorphoses, telles que la métamorphose graisseuse ou colloïde peuvent exister à la fois comme régression et comme évolution, sans que ces deux cas puissent être confondus. Dans la dégénérescence graisseuse, la graisse est produite aux dépens de la partie elle-même et cette partie est détruite. Dans l'évolution graisseuse ou transformation adipeuse, la graisse vient du dehors, elle est apportée par le sang, elle n'est qu'un élément surajouté au contenu normal de la cellule; l'altération est passagère ; le retour de la cellule à l'état primitif s'opère fréquemment, et le fonctionnement normal n'est pas aboli. Nous avons des exemples également concluants à fournir sur la métamorphose colloïde. S'agit-il d'une dégénérescence, la matière colloïde se produit dans une cellule, aux dépens de la substance propre de celle-ci ; l'altération est permanente et elle marque un état de mort (cellules du coryza, etc.). Dans les épithéliomas mucoïdes, en général (ovaire) cette métamorphose consiste en une évolution des cellules vers un nouvel état morphologique et une nouvelle fonction : les cellules cylindriques qui tapissent la paroi des culs-de-sac se transforment en cellules cali-
ciformes, mucipares. Nous aurons à distinguer, en plusieurs cas, la régression de l'évolution dans les métamorphoses dont nous nous occupons.