‹ Introduction à l'étude du rôle du cæcum dans la digestion des graissesChapitre 3 sur 21 · EXPOSÉ DU SUJET · texte numérisé non relu

EXPOSÉ DU SUJET

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L'étude des graisses éliminées a acquis ces dernières années une importance considérable, depuis que certains auteurs ont cru, en interrogeant leur formule, pouvoir obtenir un renseignement préeis sur la valeur fonctionnelle des organes de la digestion.

La détermination de la quantité et de la qualité des graisses fécales par rapport aux graisses ingérées semblait, en effet, devoir donner la inesure exacte de l’activité pancréatique et biliaire, en même temps que celle de l'absorption intestinale. Et de nombreux auteurs, Noorden et Müller, Schmidt et Strassbürger en Allemagne, Lynch en Argentine, Rousselet, Carnot, R. Gaultier en France se sont appliqués à établir la formule type de la digestion des corps gras.

95 à 96 0/0 des graisses ingérées dans une alimentation mixte ordinaire sont résorbés.

Les 4 à 5 0/0 éliminés sont constitués par :

24,2 oo de graisses neutres,

38,8 oJo d'acides gras.

37 o/o de savons.

Telle est la formule d'élimination indiquée par R. Gaultier (1) comme normale.

Ï1 serait dès lors facile, en comparant à ces chiffres ceux qui résultent de l'examen chimique des fèces du malade de diagnostiquer un trouble digestif que la clinique avait déjà permis de soupçonner.

Cette méthode apparaît en principe comme très logique et possède une allure de rigueur scientifique h&s séduisante au premier abord. Avonsnous cependant une connaissance suffisante des phénomèênes physiologiques de la digestion des graisses pour pouvoir en déduire avec précision. l'explication de ses déviations pathologiques ?

Les classiques nous ont appris queles corps gras, éthers 1riacides de la glycérine. sont émulsionnés puis dédoublés par la lipase pancréatique et la bile en leurs constituants, acide gras et glycérine. Ces éléments, quel que soit le mécanisme de leur absorption, sont directement assimilables. Une parte des acides gras échappe cependant à la résorption ; c’est celle qui sert à saturer les bases alcalines et-alcalino-terrcuses soit alimentaires, soit d’origine organique. Ainsi se forment des savons alcalins, difficilement solubles, et des savons alcalino-terreux

1. R. Gaultier, Précis de Coprologie clinique, 2° édit. p. 263. *

complètement insolubles. Ces phénomènes se pour-\ suivent jusqu'à la partie terminale de l’iléon. ls cessent dans le côlon qui est un organe simplement évacuateur (1).

Le duodénum est donc, dans l'économie, de laboraloire-spécialement chargé de transformerles grais-

ses. Etidès lors itout trouble, dans cette transformation, permettra de conclure à un fonctionnement défectueux de ce laboratoire, qu'un examen plus approfondi permetltra de caractériser plus ‘æexacte-ment.

Mauvaise utilisation — dystrypsie duodénale.

Graisses neutres en quantité — insuffisance pancréatique.

Acides gras en quantité — insuflisance biliaire.

Ces conclusions, en pratique,souvent importantes, n’ont cependant que la valeur de la théorie qui en constitue les prémisses. Or, des facteurs autres que les sucs duodénaux ne peuvent-ils intervenir pour modifier notablement la formule d’excrétion des graisses. |

Cette question, depuis longtemps posée, a déja été résolue par l’affirmative. ll ne rentre pas dans notre intention de faire ici la très intéressante étude de tous ces facteurs. Nous nous contenterons de les grouper en quelques mots, nous réservant de développer seulement celui qui fait l’objet de notre travail.

Notons d'abord l'influence de l'alimentation (La-

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