‹ Introduction à l'étude du rôle du cæcum dans la digestion des graissesChapitre 6 sur 21 · V. Boldirew, Central b. f. Phys · texte numérisé non relu

V. Boldirew, Central b. f. Phys

9. A. Frouin, Compte rend. de la Soc. de Biol., 1906, p. 665.

10. L. Camus, Compte rendu de la Soc. de Biol., 1897, p. 192.

-11. E. Gérard, Compte rendu Acad. des Sciences, 15 fév. 1897, p: 370.

‘de la sécrétion et de l’ingestion de bases, de la motricité intestinale, de lipases diverses étrangères au duodénum. A ces facteurs déja nombreux, nous avons cru pouvoir ajouter la digestion cæcale. Hâtonsnous d'expliquer cette proposition d’allure légère- -ment subversive.

Le cæcum a paru de peu d'intérêt aux auteurs classiques. Gley lui reconnaît ainsi qu’à tout le reste du côlon un rôle uniquement évacuateur. Les études modernes, entreprises grâce aux méthodes d’exploration radioscopique et coprologique, paraissent lui “attribuer une grande importance dans les processus biochimiques normaux de la digestion.

Le cæcum est tout d’abord un organe de stase. D’après Hertz, un repas bismuthé dont la proægression est suivie sur l'écran radioscopique arrive à la valvule de Bauhin quatre heures et demie après -son ingestion ; au bout de six heures et demie seulement il atteint l'angle hépatique du côlon. Donc, pour la deuxième fois depuis leur entrée dans le tube digestif, les aliments subissent un arrêt. Nous insistons sur cette stase qui nous paraît primordiale dans la genèse des importants phénomènes biologiques «qui ont pour siège le cæcum. C’est elle, en effet, qui favorise les fermentations nécessaires, d’après les auleurs, à la digestion de la celluiose. En même temps que des gaz se développent alors des acides, agents de périslaltisme bien étudiés par Bokaï.

Le cæcum est donc un organe légèrement acide

mormalement, mais pouvant le devenir encore davan-

tage sous l'influence d'un régime approprié.

Les savons. séjourneront-ils dans un tel milieu sans y subir de transformations ? C'est là la.question. que nous nous sommes proposé d'étudier.

Les savons alcalino-terreux, oléate, margarate, stéarate de chaux et de magnésie constituent un résidu de la digestion duodéno-entérique desgraisses. Is sont insolubles, par conséquent inassimilables et destinés à être évacués. Dans le cæcum, ils sont pendant une heure à une heure et demie, soumis à, l’action des acides de fermentalion : acétique, butyrique, lactique, formique, valérianique, caproïque, caprylique, elc. Que peut-il résulter de cette action ?. Prenons pour type des acidesde fermentation, l'acide acétique, et pour type des savons, l’oléate de chaux. Nous aurons la formule suivante :

(C'#H*00)?Ca + 2 CHCOOH—(CH*COO Ca + 2C'#H**O*

Oléate de chaux — acide acétique + acétatedechaux + acide oléique

Le cæcum pourrait ainsi transformer les savons de chaux en sel de chaux soluble dans l'eau et par conséquent résorbable, et en acide gras encore assimilable. Un produit insoluble pourrait ainsi être transformé en deux autres solubles, par l'intermédiaire de l'acidité de fermentation.

Le cæcum, siège de la digestion cellulosique serait donc secondairement un organe complémentaire du duodénum utilisant les déchets des processus digestifs antérieurs, | |

L'étude de cette digestion-secondaire des savons

comprendrait celle de tous les facteurs provenant soit des savons eux mêmes, soit du milieu modifieateur,qui peuvent influer dans un sens ou dans l'autre. Nous nous excusons de n'avoir pu mener aussi loin cette étude que nous avons d’ailleurs l'espoir de continuer, Notre but a été simplement de poser une question, d'établir. la réalité d’une hypothèse. Et nous donnons nos conclusions moins, pour résoudre complèlement ce problème, que pour en exposer avec clarté les données intéressantes et nouvelles. Qu'il nous soit permis cependant d'offrir à notre maître M. le D' Mathieu, en faible témoignage de respect et de gratilude l'hommage de ce modeste travail. |

Page 1