‹ Introduction à l'étude médicale et philosophique de la surdi-mutité [electronic resource]Chapitre 1 sur 14 · PRÉFACE · texte numérisé non relu

PRÉFACE

J'avais présenté à une réunion de quelques amis, les uns philosophes et les autres médecins, le plan d un travail en deux volumes sur la surdi-mutité. Tous l'avaient approuvé et m'engageaient à le faire paraître au plus tôt. Cependant, lorsqu'il s'est agi du mode de publication, les avis ont été partagés. Les philosophes prétendaient que l'ouvrage formant un tout complet, il fallait lui conserver son caractère d'unité et le faire paraître en bloc. Mais les médecins m'ont fait observer que, s'il y a peu de nos confrères au courant des maladies simples de l'oreille, on peut dire qu'il y on a beaucoup moins encore qui puissent ou veulent Lire deux volume traitant de h sur-

dilé compliquée de mutisme. Ils m'out donc engagé à publier l'introduction telle que je la présente aujourd'hui, et à continuer mes recherches pour le grand ouvrage auquel ils ne veulent pas que je renonce. Dans une introduction de quelque étendue, m'ont-ils dit, vous pouvez embrasser l'ensemble du sujet, en donner une idée assez exacte et suffisamment claire pour la plupart des lecteurs. Il est probable qu'après avoir lu le premier travail, s'il est bien fait, quelques-uns voudront lire le second; et vous aurez, du moins, la consolation d'avoir des lecteurs et de pouvoir, par là, rendre service aux sourds- muets. Contrairement à ce qui se pratique d'habitude, je commence donc, par un résumé, la publication de mes recherches sur le surdi-mutisme.

Ainsi que je l'ai dit, clans un autre travail, des circonstances imprévues et tout à fait personnelles m'ont conduit à m'occuper des maladies des yeux et de celles des oreilles. Dès le commencement de ma pratique otologique, on

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me conduisit quelques sourds-muets que j'eus te bon esprit de ne pas traiter. Mais je constatai, dès lors, de très-notables différences pathologiques entre eux, et je résolus d'étudier pratiquement la question. Avant la fin de 1844, j'avais pu déjà me faire, sur la surdi-mutité, une opinion que plus de onze cents observations sont venues corroborer. C'est le résumé de ces travaux que je présente au public médical.

Pour remplir le moins incomplètement possible la tâche que je m'étais proposée, je n'ai reculé ni devant des recherches fastidieuses d'érudition , ni devant des voyages souvent pénibles et toujours fort onéreux pour un praticien.

Quant à la partie philosophique de cette introduction , je pouvais me dispenser de l'écrire, comme plusieurs m'en ont donné le conseil ; mais, outre mon goût pour ce genre d'études, je crois apporter, sinon une solution, au moins des faits pour la solution d'une des questions les

plus importantes et les plus controversées que les diverses écoles agitent, sans la résoudre, depuis plusieurs siècles. Cette considération seule eût suffi pour me déterminer, si je n'avais encore eu à cœur de combler, dans la mesure de mes forces, la lacune signalée par Itard, et qui sert d'épigraphe à mon opuscule.

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