‹ Introduction à l'étude philosophique de l'histoire de l'humanitéChapitre 3 sur 4 · IM · texte numérisé non relu

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messie ; mais ce fut après sa mort qtie ia secte hérodiemie devint nombreuse. Perse parle ainsi de la fête d'Hérode, dans sa 6* satire , où il se moque des superstitieux, (y. 180).

UérodU venere diea,'QBC(flqae fenesfrn DUpositœ piDgu«m nebalam vomuere lucernae, Portantes violas rubrumque amplexa cafiiium Cauda tiatat thynni , tumet alba fidelia 'vino. Lnbra moves tacUus , reçutitaque sabbata pâlies; Tune nigri lémures, ovoque pericula rupto :

Itinc 'grandes Galli, et cum sistro lusco sacerdos , * Iiicuwere Ueos infiantes corpora , si non Prœdictum ter raane caput gustavefis «lli.

C^ett la fête d'Hérodé , et lorsque de ce jour

Qe solenuels ^ppràis. annoncent le .retour;

Lorsque, de toutes parts , la ville illuminée ,

Voit de feux et de fleurs chaque fenêtre ornée ;

Que la vapeur s^élève en un nuage obscur ;

Que dans les flacons blancs déjà coule un vin pur :

Et que , sur un plat rouge, aux yeux de l'assemblée,

B'un énorme tnrbot^ la queue est étalée ,

yous remuez la lèvre, et, pâle de frayeur,

Du peuple circoncis le sabbat vous fait peur.

Tantôt un spectre noir glace votre courage;

Tantôt d'un œuf cassé vous craignez le présage ;

Oa, le sistre à la main, avec des yeux hagarda,

La prétresse d'Taia, s'ofiraat à vos regards,

Yous tremblez que soudain quelque pouvoir magique ,

Vengeur des immortels ne vous rende hydropique,

Si vous n'avez trois fois, ainsi.qu'il est prescrit.

Mordu dans un ognon , eu quittant votre lit.

(Traduction de Jf. Ranul)

Revenons à Platon. — Les Pères de ITÉglise des quatre premiers siècles furent tous grecs et platoniciens. L'école d'Alexandrie fut le centre de la philosophie chrétienne. Platon était regardé par tous les

Grecs d'Alexandrie oomme le maître de la sagesse, comme l'interprète de la divinité. Ce fut, dit-on , dans^ le Timée principalement, que les Pères grecs s'instruisirent. On y trouve, en eflfet, des choses remarquables, c Ce qui est produit a nécessairement une cause y un auteur. Il est difficile de trouver Fauteur de ce monde , et , quand on l'a trouvé , il est dangereux de le dire, au peuple. II y a , chez Platon , une espèce de trinité «qui est l'ame de la matière ; voici ses paroles : c De la substance indivisible, toujours semblable à elle-même, et de la substance divisible, Dieu composa une troisième substance qui tient de la même et de l'autre. » — c Quand Dieu eut formé l'ame du monde de ces trois substances, cette ame s'élança du milieu de l'univers aux extrémités de l'être , se répandant partout au dehors, et se repliant sur ellemême ; elle forma ainsi dans tous les temps une origine divine de la sagesse étemelle. » — Et quelques lignes après : c Ainsi la nature de cet animal immense qu'on nomme le moncfe est éternelle. » On voit, par là , que le système de Schelling sur Pâme du monde n'est rien moins que neuf.

n y a encore, dans le Timée, une autre trinité: c L'être engendré, l'être qui engendre, et l'être qui ressemble à l'engendré et à l'engendreur. » — Abstraction faite de l'inspiration et de la grâce , qui sont au-dessus de toute philosophie , c'est de cette trinité, assez formelle , dont les Pères ont profité le plus. — Xe Verbe se trouve en toutes lettres dans FÉpinomis. — Les trois personnes se trouvent dans la seconde lettre de Platon à Denis, c Le roi de l'univers est environné de ses ouvrîmes, tout est l'effet de sa grâce. Les plus

bcjiles des choses ont, en lui, leur cause première; les seconde^ en perfection ont en lui une seconde cause ^ et il y a encore la troisième cause des ouvrages du troisième degré. »

Tous ces passages d'un auteur païen étaient un garant des dogmes de TEglise naissante. On .en fil prévue un Père de l'église , à cause de son Ternaire y que personne n'a jamais bien compris. Toute l'égHse grecque fut donc platonicienne ^ ccgnme toute l'église latine fut péripatéticienne depuis le commencement du IS"* siècle. Ainsi deux grecs ont été nos maîtres à penser. — Au surplus , Platon prit ses doctrines mot à mot chez Timée de Locres ; Timée les avait prises chez Pythagore;et Pythagore les tenait, dit^<m, des Brahmes.

^ L'antiquilé païenne disait : Tous les hommes sont des anges déchus, qui expient sur terre une faute commise au cieL Le degré de leur misère ici-bas est mesuré sur la grandeur de leur faute là^haut. Le christianisme dit : Tous les hommes sont rachetés. — Opposera-t-on au progrès , au perfectionnement , à la fraternité de toute l'espèce humaine , la difiGérence de mœurs , de coutumes , de rehgions qui séparent et divisent les peuples , nous répondrons : tous les hommes se ressemblent par deux points , les passions et la raison universelle , qui les balance. Ce principe de la raison est si constant , qu'il subsiste malgré toutes les passions qui le combattent , malgré les tyrans qui veulent le noyer dans le sang , malgré les imposteurs qui veulent l'anéantir dans la superstition. C'est ce qui fait que le peuple leplus grossier juge toujours trèsbien, à la longue, des lois qui le gouvernent, parce

Si

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qu'il sent si ces lois sont conformes ou oppolées aux principes de commisération et de justice qui sont dans son cœur. D'ailleurs , les principaux dogmes de tous les peuples du monde peuvent être fecilement ramenés à la maxime fondamentale du christianisme: Ne faites pas à autrui ce que vous ne voudriez pas qu'on vous fU, maxime dont dépendent la loi et les prophètes* Histoire de France , t. II, p. 653 - 660.

c Seryitus est constitutio juris gentium , qua quis dominio alieno contra naturam subjicitur. > Dig. I , tit. 6,^4 **La nature, dit Âristote, a voulu marquer d'un

• caractère différent les corps des hommes libres et

• ceux des esclaves , en donnant aux uns la force con- » venable à leur destination , et aux autres une stature » droite et élevée , qui les rend peu propres i de pareils

> travaux , mais utiles , dans la vie civile , aux emplois

> de la guerre et à ceux de la paix, entre lesquels elle

> se partage. (Politique, liv. I, ch. 14. ). Quoi qu'il en

> soit, il demeure évident que , parmi les hommes, les

> uns sont des êtres libres par nature , et les autres des

> esclaves , pour qui il est juste de demeurer dans la » servitude. » {Ib., c. 15, Conf. c. 16^ 17, 18, 19, 20.)

'^ L'exemple d&Galon suffit pour montrer de quelle manière on traitait les esclaves. Ce fier républicain traitait les siens plus mal qu'on ne traite les chevaux , auxquels un bon maître donne au moins le gite et le couvert quand ils sont vieux. Gaton, au contraire, n'avait coutume de garder ses esclaves qu'aussi long-temps qu'ils étaient jeunes et forts; quand ils étaient vieux , il les vendait comme des souliers usés. En lisant les Bacchidesde Plante, on est saisi d'horreur de voirfédu-

cation dffs enfisuits confiée aux soins des esclaves. Quelle génération devait se former sous l'aristocratie romaine, si le maître et l'élève étaient tels que la pièce les dépeint! Au reste, tous les métiers, toutes les aflEûres domestiques, étaient abandonnés aux esclaves; il y en avait même pour àXer les toiles d'araignée. Le jeune Romain devait sucer avec le lait la cruauté et le mépris de la dignité humaine, élevé qu'il était au milieu d'une cohue de gens sans aveu. Léonidas, dans VAsinaria de Plante, acte III , se II, énumère les instruments dont on se servait pour punir les esclaves : •

^capulamm oonfideniîa , TiHnte almofum freli ,

Qui adTenom «timalos , laminai, cruceaque compedeaiiac,

Servof, catenas , carceres , Dumellas , pedicas , bijas ,

Indoctoresqoe acerrimos, gnarosque nostri tecti,

Qui fsepe ante in nostraa scapolsf cicatrices Indiderunt.

En Corsent en Sardaigne, les Romains faisaient la diasse aux esclaves comme aux bétes fieiuves. — Du temps de la république, on vendait par jour sur la grande place de Délos 10,000 hommes bien civilisés. ( V. Siraban, liv. Y.) Ceux qui veulent connaître de plus près les horreurs domestiques qu'on fiiisait subir aux esclaves, n^ont qu'à lire le brillant et profond ou* vrage de Boitiger, intitulé ; SaJUna ou Matinée de toi-lette d'une danie romaine, — M. Martin, dans trois articles insérés au Recueil encyclopédique belge, a trèsbien fait ressortir les efiPets de l'esclavage par rapport à la civilisation. Voici ce qu'il dit , t. III, p. 141 , suiv. de ce Recueil: c Remarquons, en premier lieu, que les Grecs et les Romains faisaient servir tous leurs arts ,

(isa)

toutes leurs richesses , à satisfeire leurs passions, et que, s'il y avait culture ehez eux , c'était proprement la culture des yices; tandis que, chez nous , surtout depuis que , par la réyolution qui s'est opérée dans les idées et dans Topinion , on accorde plus de conàdération à la richesse qu'aux titres et à la naissance, et que, chacun voulant s^élever par ce moyen , les peuples entiers se livrent k l'industrie et aux arts industriels ; chez nous , dis-je , d'uQe part , les arts et les sciences se portent presque exclusivement aux appKeations industrielles ;

el, d'autre part^ ii a dâ se fi>rmer entre tous les honrmes une légi^tion tacite, fondée sur la probité et Véquité , sans laqueHe il était impossible que chacun inspirât aux autres la confiance nécessaire au com« merce ,. et qui , jointe k l'activité' continuelle qu'exige une vie industri^&^ écarte les résultats que produis 6aient les richesses et les beaux-arts chez les peuples ancien».

» En second lieu, chez les nations de l'antiquité, les richesses^ presque toujours amassées par la guerre^ et en grande masse, restaient la propriété d'un .petil nombre de citoyens , qui les dépensaient avec autant de facilité et avec aussi peu de scrupule, qu'ils les avaient acquises : c'était une application du proverbe «malé parla, malèdilabuntnr. >Les richesses devenaient ainsi pour eux , non seulement une cause , mais un moyen de dépravation ,. de dérèglement , une arme empoisonnée dont ils se frappaient eux-mêmes, tandis que les prolétaires (et c'était l'immense majorité) n'avaient d'autre ressource pour subsister que la rapine, le vol, les brigandages, la mendicité , ou les feveurs des grands.

» Ghçz noiiSj au OQutraire, Ip&.ticheases ne «^acquièrent qu9 par un travail assidu ; en même tempa que , réparties avec plus d'égalité, elles appartiennent à un plus grand nombre» D'où il résulte, d'un côté , que nous en connaissons mieux le prix , et que nous les faisons servir à augmenter notre bien-être; et, d^un autre côté , que les individus, en même temps qu'ils sont plus indépendants, dépendent néanmoins tous les uns des autres, d'où une liaison et une concorde fondées sur un égmsmc bien entendu, et qui concourent tav^ tement à conserver Tintégrité des mœurs. »

^ Depuis l'établissement du christianisme , il fut fait des lois eu faveur des esclaves cl;irétiens qui avaient des maîtres dont la foi n'était pas orthodoxe. Plusieurs édits ont défendu aux Païens, ^.ux Juif^ çt aux HéréUques d'avoir des esclaves chrétiens; la liberté leur était accordée. ( Âuthent. citée au | 36, lit. 3^ liv. 5 du Gode.) Si l'esclave d'un maître qui professait une religion erronée, avait dessein de se faire chrétien, dès-lors il était libre , quand même son maitre se serait ensuite foit chrétien. Le christianisme introduisit une nouvelle forme d'affrandiissement. Constantin ne fut pas plus tôt unique et paisible possesseur de l'empire , qu'il se proposa de faciliter les affranchissements ; il fit, à ce sujet, trois lois , dont la première est perdue ; la seconde , qui est du 18 juin 316, donne permission à tout le monde d^affranchir les.esc^yes dans l'église en présence du peuple chrétien et des évéques 014 des prêtres, et ne demande , pour toute formalité , qu'une simple attestation signée des ministres de l'église.

Gonstantip fit une troisième loi sur ce sujet: i| y dit que ceux qui auront été affranchis dans l'église , joui*

ront pkiuemeni des droits de citoyens ^ et que les clercs auront, de plus, le pouvoir de donner une pleine liberté à leurs esclaves , par leur testameiit, en quelques termes qu'ils le fessent : il semble même leur accorder le pouvoir de lé donner verbalement et sans écrit. — Dans la suite, une foule de princes de l'Église , déclarèrent que des chrétiens doivent être exempts de servitude , et que ce principe est bien conforme à l'es* prit. du christianione.

II y a plus: « Le catholicisme , dit M. Fabbé de La* bouderie^ ne «e bornait pas à établir la communion des biens spirituels : il établit encore une sorte de com-^ iminauté de biens temporels, parla facilité avec laquelle on 7 secourait 'le9 pauvres et les malheureux. Nous voyoni,<lansle livre des Apôtres y les fidèles vendre leurs propriétés et apporter aux pieds des apôtres le prix qu'ils en avaient retiré, pour être distribué aux indigents, parce qa't& n'avctiefU tous qu'un cœur et qu'une ame. € Un commerce généreux de charité unissait , dit Gibbon {dh. Xy ) , les provinces les plus éloignées , et de petites congrégations trouvaient des ressources abondantes dans les aumônes des sociétés les plus opulentes , qui subvenaient avec joie aux besoins de leurs frères. Denis de Gorintbe, dans Eusâ>e (liv. IV, cb. 23), célèbre avec reconnaissance les richesses des Romains et leur générosité envers leurs frères les plus éloignés. » Sous l'empire de Dèce, saint Gyprien tira sur-le-champ de l'église de Garthage 100,000 sesterces pour racheter les frères de Numidie qui avaient été amenés captifs par les barbares du désert. L'empereur Julien semble humilié de ce que la charité des fidèles assiste non-seulement les pauvres de leur religion , hiais encore ceux

^es Paient. Il est également certain que b plupart des enfants exposés au moment de leur naissance , selon ki pratique inhumaine de ce temps-là jusqu'au règne dé ValentinienP% furent souvent sauyés^baptisés^éleyés et entretenus par la: piété des Ghrétien9 et aux dépens du trésor public. En Jésus-^Chrisl^il n'y a ni Grec ni Bar^ bare, ni Scythe ni Romain: tous leà hommes sont confondus dans les entrailles de la miséricorde du Dieu vivant et véritable. > (Yoy. Encyclopédie des Gens du Monde, t. V, I"* partie, p. 143.) -?- Voici ccmunent 6'exprime un apologiste sur les mcéurs des première Chrétiens: c Ghe^nous, vous trouverez des ignorants , des ouvriers, de vieilles femmes, qui né pourraient peut-é.tre pas montreif par des raisonnements la vérité de notre doctrine; ils ne font pas dé discoiirs, ils font de bonnes œuvres. Aimant notre prochain comme nousmêmes, nous ayons appris à ne point frapper ceux qui nous frappent, à ne point foire de procès à ceux qui nous dépouillent : si Ton nous donne un soufflet, nous tendons l'autre joue, si Ton nous demande notre tu-* nique, nous offrons encore notre manteau. Selon la difierence des années, nous regardons les uns oomme nos enfants , les autres comme nos frères et nos sœurs : nous honorons les personnes les plus âgées comme

nos pères et nos mères Nous ayons renoncé à vos

spectacles ensanglantés , croyant qu'il n'y a guère de différence entre regarder le meurtre çt lecommettre..... Nous sommes égaux en tout , obéissant à la raison sans la prétendre gouvçmer.... » (Atkenagor, Apolog.^ trad. de Fleury , B^ist. eccl. , liv. III , Ut. J 9 p* 388. ) —

Dans la barbarie qui envahit l'Europe après la mort de Charlemagne, f Ti^gUse ^eule comprenait les 4evoîrs

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