‹ Introduction à l'histoire de l'AsieChapitre 105 sur 212 · I. AUin, p · texte numérisé non relu

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nalisme; il s'appelait Mahmoud Yelvadj le Kharczmieo \ et servit les premiers successeurs du Tchinghiz Khan, comme lieutenant-gouverneur civil en Chine. « Un jour, il fit venir Mahmoud Yelvadj en cachette et lui dit : Je le fais une question; dis la vérité. Ton Khan, le pays de Chine, Ta-t-il conquis vraiment? — et il détacha de son bras un joyau d'un prix infini, en fit don à Mahmoud Yelvadj V » Le secret de Tentrevue, Tadjuration, le présent, tout (rahit Tanxiété. Devant un Turc maître de la Chine, ces Turcs d'Occident sentent la partie perdue d'avance.

Un homme ne désespéra jamais; ce fut Guchlug; il lutta jusqu'à la mort. Ce néophyte bouddhiste, ce persécuteur de l'Islam, dès qu'il vit Témoudjine engagé à fond dans les affaires de Chine, sut très bien s'entendre avec le dévot Mehemed, et avec son vassal, le pieux Osman, seigneur de Samarkande. Il avait si bien capté son beau-père, le Gour Khan, usé, vieilli, ne voyant que par les yeux de sa fille chérie et de son gendre, qu'il put, tout à loisir, mettre au service de Mehemed et d'Osman ses bandes de reitres, Naïmanc, Mergued, Oïrad, rudes gens d'armes, formés et

1. Nessavi, coiilemporain, donne les noms : Mahmoud de Kharezm, Ali Khodja de Bokliara, et Yousouf Kcnka d'Olrar. La famille des Yelvadj était donc kharezmienne; le Sultan lui-même le rappelle à Mahmoud, dans son entrevue avec lui. On peut supposer qu'Âli Khodja était un négociant; le titre de Khodja, mis devant le nom, s'applique à un clerc, à un savant; placé à la suite, il indique un marchand notable. Le traité pro))usé par le Tchinghiz Khan était avant tout commercial. Nessavi. qui donne la sut>* stance du message verbal, fait dire par les ambassadeurs : • Si vous jugez à propos que nous ouvrions, chacun de noire côté, un accès facile aux négociants de nos pays, il y aura avantage pour nous tous, et noub y trouverons de part et d'autre noire profil. » (Nessavi, p. ol.)

2. Abou'Ighazi, p. 94. Dans le récit contemporain, le sullan fait appel au patriotisme du Kharezmicn Mahmoud : • Le sultan Ut venir pendant la nuit Mahmoud le Kharezmicn sans convo<|uer ses deux aulres collègues : Vous êtes, lui dit-il, un homme du Kharezm et vous devez en conséquence nous donner des marques d'intérêt et de sympathie. * — Ce récit original de Tentrevue, tel qu'il esl dans Nessavi, Djouveïni, Rachid, puis Abou'Ighazi l'ont copié. 11 est remarquable que dans Nessavi la capitale de la Chine soit encore appelée Thomgadj, le Taugastdes Byzantins du vi* siècle, le Tavgalrh de la stèle turque de 133. (Nessavi, p. 58.)

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trempés dans les guerres mongoles. Quand il se crut sûr de son coup, il jeta le masque; Mekomed, vassal du Gour Khan, et Osman, son arrière-vassal, refusaient foi el hommage; il se joignit à eux, en révolte ouverte. Les braves et fidèles Turcs du Liao le battirent d*abord près de Belassagoun, sur le Tchou, puis se retournèrent, coururent au-devant des Kharezmiens, jusqu'à la rivière Talas ; ils succombèrent sous le nombre. Mehemcd s'intitula « deuxième Alexandre », écrivit au Khalife, se posa en sauveur de Tlslam, en exterminateur des infidèles; son allié, le bouddhiste Guchlug, après avoir détrôné le vieux beau-père avec un respect filial et toutes sortes de prévenances, courut sus à ses anciens coreligionnaires, les chrétiens d'Âlmalik, les battit, coupa la tête à leur prince Ozar, le féal de Témoudjine, puis tomba sur les musulmans du Nan-Lou, sur les Oïgour de THexapole, mit la main sur Kachgar, sur Khoten. Au nord, les derniers Mergued, les plus enragés de tous, les Cosaques de llrlyche, qui chouannaient péniblement depuis des années, accoururent à son appel; sous la conduite d'un frère de Tokta Begui, leurs braves se jetèrent sur la Pentapole, mirent à sac les Oïgour de Bichbalig, les hommes des Mongols, puis, ne doutant plus de rien, ils attaquèrent les garnisons que le Tchinghiz Khan avait laissées au commandement de son beau-frère, Tougatchar de Koungrad. Guchlug était singulièrement mal informé; au moment même où ses Mergued prenaient une si audacieuse olTensive, Djébé arrivait à Karakoroum et Souboutaî Vy rejoignait, ramenant ses troupes do Corée par une jolie marche de six ou sept cents lieues, — une promenade pour ces gens-là. Derrière eux, l'Empereur Inflexible revenait en personne, pour commander rOuest.

Au nord, contre les Mergued, c*était une affaire de vitesse; Souboutaî prit tout juste le temps do laisser souffler les

chevaux, de changer ceux qui étaient fourbus» et repartit au galop : a Au bord dudit fleuve Djem Mouraue ', il les surprit, combattit, vainquit, brisa... Ce fut Tan 613 (1216- 1217); la nation mergued était biffée '. »

Au sud, en Nan-Lou, l'affaire était grave. Un ennemi comme Guchlug, et derrière lui, tous les Turcs nantis dans rOuest, le fils du Batailleur de Kharezm, ses deux nations, les plus nobles et les anciennes, les Kankli et les Kalatch, et derrière, les innombrables Kiptchak, dans le Nord et dans rOuest, on ne savait pas jusqu*où, et tant de tribus rompues, Kirghiz, Kazak — qui pouvait les énumérer, dire, par le détail, en quels pays elles vivaient? — et derrière, et plus loin, des gens dont on se transmettait les noms. Turcs ou sujets turcs, c'était la même chose, — des A-Sou, des Bachkir — d'autres les appelaient Madjar, — des Boulgar — on ne savait pas au juste si c'était un peuple ou une ville, — et puis, l'ancien Ta-thsin — maintenant, il y en avait qui disaient que c'était Roum, — et puis les Tazi — d'autres les nommaient Tadjik et d'autres Togmak, — et puis le fameux fleuve Touna^ plus grand que le Uoang-Ilo; les ancêtres l'avaient conquis du temps du Loup gris, ou d'Oghouz Khan, ou environ; eniin, ce qu'on savait, c'était que les anciens Turcs et Mongols l'avaient conquis. Ce qui était sûr, c'est que jusqu'au fleuve Touna vivaient des gens parlant turc, et qu'ils devaient tous obéir au Khagan Force du Ciel, à l'Empereur Inflexible, frapper la terre du front devant l'Invincible, devant le glorieux étendard de la nation mongole, « issue de la lumière — pure comme le cristal », se soumettre au Yassak^ v au Règlement », et au Toura^ « à l'Ordonnance ». Le premier obstacle était Guchlug; le Tchinghiz

1. Mourane, dans un des anciens dialeclcs turcs, en mongol et en mandchou : fleuve. C'est la deuxième affaire sur le Djem.

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