Aboulghazi
LBS MONGOLS 267
Khan chargea Djébé de le supprimer. En même temps que Souboulaï parlait au galop pour « biffer » les Mergued, Djébé niait rapidement sur le Nan-Lou; il avait sous ses ordres vingt mille hommes qu'il ramenait de Chine; de préparer, d'achever la victoire, le Tchinghiz Khan lui en avait donné les moyens, par ses instructions, par ses correspondances, par ses agents dans TOuest. Djébé comprit le plan, l'exécuta magistralement. Cet audacieux Guchlug qui bravait tout, qui prenait rofTensive, crojant surprendre son ennemi dépourvu, n'eut même pas le temps d'organiser un semblant de défense. On eût dit que le sol se dérobait sous ses pieds, tant sa chule fut rapide. De lutte militaire, en face de Djébé, commandant à vingt mille hommes, il n'était pas question; à la première affaire, les vieilles bandes de Guchlug — de braves et rudes gens d'armes — furent enfoncées, bousculées, sabrées, par Tinfaillible capitaine qui avait forcé la Grande Muraille de Chine, et par ses impeccables manœuvriers (balaillc du Tchou — 1217). La campagne politique était aussi sûrement combinée que le coup d*éclat militaire; les avant-gardes mongoles ne chevauchaient pas encore sur territoire kara-khitaï qu^un agent du Tchinghiz Khan venait les rejoindre; les Chinois l'appellent Ho-Sze-Maïli, leur orthographe pour le nom musulman dlsmaïl; c'était un Turc des Marches; Guchlug en avait fait un conseiller intime et lui avait confié le gouvernement de deux bonnes villes, qu*il livra d'abord aux Mongols; ses agents précédèrent l'armée, annonçant partout la fin de l'oppression religieuse, répandant les proclamations de Djébé : liberté pour toutes les croyances; plus de persécution; protection à tous les cultes; exemption de charges et de taxes pour les prêtres, les mollahs, les lamas \ Ismaïl s'engageait devant les musul-