‹ Introduction à l'histoire de l'AsieChapitre 121 sur 212 · Id · texte numérisé non relu

Id

5. Au «léhouché ilos monlagnes. près de Gazna : • Il y a aussi la route de Pervan. apfM^lèe communément les Sept Pelils^ parce <|u'il y nsepl cols entre Pcrvan et le grand col, • {Mémoires de Baber, l. IL p. 2H5.) A la suite de

3i0 INTRODUCTION A L'HISTOIRB DE L*ASIB

Les Musulmans eurent Tivresse de la victoire atroce; aux prisonniers mongols, leurs valets d'armée iraniens « plan* taient des pieux dans les oreilles pour les faire souffrir plus cruellement. Djelal Ed-Dîne contemplait ce spectacle, le visage rayonnant de joie'. )>

Après ce grand coup, Djelal Ed-Dine ne put rien; autour de lui, on se chamaillait, dans son armée sans cohésion, sans unité nationale, n'ayant pour passion que la religion et la haine. Les Ghildji, mercenaires afghans, les meilleurs soudards entre les Iraniens, sous les ordres de Seïf Ed-Dine, réclamaient sans cesse contre la morgue et la brutalité des reilres turcs : « Chaque fois que Djelal Ed-Dine essayait de leur donner satisfaction, les Turcs se montraient d'autant plus durs et plus exclusifs pour leurs nationaux. Us n'avaient que de mauvais procédés dans leurs relations, n^ayant aucune générosité, ne tenant aucun compte des épreuves subies et ne s'inquiétant en aucune façon des conséquences de leurs actes. Les étrangers à la race turque se plaignaient les uns aux autres en disant : Ces Turcs croyaient autrefois que les Tatars n'appartenaient point à la race humaine, qu'ils ne redoutaient rien parce que les sabres n'avaient aucune action sur eux, aucune force n'étant capable de lutter contre eux. Maintenant qu'ils ont vu comme nous que ces peuples ne sont point invulnérables aux coups des sabres et des lances et que leurs bandes peuvent périr, ils sont heureux de rompre leurs liens avec ces gens-là... Chaque fois que Djelal Ed-Dine par de bonnes paroles tentait de ramener les dissidents et leur faisait mander de renouer le faisceau de l'union, les Turcs se retiraient à l'écart "... »

l'afTaire de Pervane, l'émir Seîf Ed-Dine, qui avait conlribiic au succès de la bataille, se brouilla avec Djelal Ed-Dine, el emmena ses bandes, composées de mercenaires afghans, Turcs en réalité; les Ghildji sont d'origine Turque.

i. Nessavi, p. 435.

De ces Turcs, on ne pouvait se passer. Ncssavi Tavoue lui-même. Djelal Ed-Dine voulait d*abord se retirer derrière rindus, rallier les dissidents, puis revenir combattre les Mongols, espérant qu'il les vaincrait « avec l'aide des Turcs qu'il avait avec lui ' ». Seïf Ed-Dine, exaspéré, partit avec ses Afghans; mais la chevalerie turque de Djelal Ed-Dino restait, et avec elle, le pays d*Iran, qui se levait en niasse. On vit alors ce qu'était vraiment un Empereur Inflexible. Les vrais hommes de guerre, les Moukhouli, les Djébé, les Souboutaï bataillaient dans l'Ouest lointain et en Chine; le. Tchinghiz Khan n'avait pas de talents militaires, et le savait. Il voulut vaincre, et tout plia devant sa volonté. A Bamiane, son petit4ils, l'enfant de son (ils favori, de Toulouï, fut tué; l'empereur monta le premier à l'assaut, nu-tète, et emporta la ville. Ses généraux vaincus à Pervane, il les recueillit, les rassura, les caressa, leur disant quils avaient fait tout leur devoir. Les troupes le suivaient, ravies, enthousiasmées. Djelal Ed-Dine fut culbuté de Gazna, poussé jusqu'à l'Indus, acculé au grand fleuve qu*avaient franchi, avant lui, Alexandre de Macédoine et Mahmoud de Gazna. Il se battit en désespéré, puis la bataille perdue, ne voulant pas se rendre, sauta tout armé, sur son cheval bardé ', dans le fleuve des héros. c( Voilà un garçon comme un roi doit souhaiter d*en avoir! » dit le Tchinghiz Khan à ses enfants qui IVntouraient. Après avoir rendu hommage à la chevalerie de Djelal Ed* Dine, il lança un détachement à sa poursuite, de l'autre côté de rindus (décembro 122i); c'était une formalité, une prise de possession, au nom de ses successeurs; Timour au xiv%

J. Ncsnavi, p. 1^1.

2. • Djelal KcM)ine conserva ce cheval sans jamais le monter, jus(|u*à la conquête lie Tini!4. Environ quatre mille hommes réussirent à passer le fleuve K la nnp' sans \MementSf ni chaussures... On eût dit les ressuscites du JtMir du jugement dernier, au moment où ils sortiront du tombeau. Il se trouvait éf^alcuienl trois cents cavaliers qui rejoifcnircnt Djelal Ed>Dine trois jours nprirs que celui-ci eût traversé le fleuve. • (Nessavi, p. IH.)

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Bàber au xvi'' siècle, en prirent litre, pour conquérir Tlnde. Le général qui courait après Djelal Ëd-Dine — il s'appelait Bêla Noïane — se garda bien, avec sa poignée de troupes, de rejoindre un aussi formidable gibier; il poussa bravement jusqu^à Dehli, ce qui n'était pas d'un poltron, et revint, déclarant qu'il faisait terriblement chaud dans l'Inde, et qu'on n*y buvait pas frais. Ces gens du Nord ont toujours eu la même impression dans cet affreux pays de poussière ot de chaleur *.

La répression du soulèvement fut terrible. A Balkh, à Merv, tout fut massacré; Bamiane, rasé, dut changer de nom et s'appeler Mao-Dalik^ « la Ville Maudite ». L'exemple fait, le pays terrorisé, convaincu que TEmpereur Inflexible était vraiment la force du ciel, Témoudjine pacifia et réorganisa. De 1222 à 1224, le siège de son administration fut en Kohislan, dans les montagnes au sud de Samarkande, aux endroits où il ne faisait pas trop chaud; il y installa son gouvernement, avec ses conseillers païens, chrétiens -©t nxuaulmans, tenant la balance égale entre tous; au plus fort du soulèvement islamique, jamais il ne sévit contre le clergé musulman. C'est l'honneur des Mongols devant Thistoire de ne s'être jamais laissé entraîner à une guerre de religion. A Samarkande, il cherchait à se faire une popularité, atlé-

• nuant les brutalités de la conquête mongole par ses roueries d'académicien chinois. D^abord, il attacha la famille du Kharezm Chah à la sienne, et à celle de ses fidèles, par des

\ mariages impûaés. < Il maria chacune des filles du Sultan à un de ses bâtards (c'est-à-dire de ses fils légitimes); toutefois il fit exception pour Khan Soulthàn (c'est un nom de femme), qui avait été mariée au sultan des sultans, Osman, prince de Samarkande (une créature du Tchinghiz Khan, et l'un des

4. « Ni bons chevaux, ni viandes succulentes,... poinl de kI^cc, point d*eau fraîche! » (Mémoires âa Bàber, L II, p. 227.)

chefs du parti turc-nationaliste)... Il fit épouser Tourkane- Soulthân, sœur germaine d'AzIagh Chah (fils du Kharezm Chah) à D&nichmcnd le Chambellan, celui-là même qui avait été envoyé comme ambassadeur par Tchinghiz Khan à Turkane Khatoun *. »

Avec le peuple, il joua la comédie, soudoya une opposition de commande, pour rendre populaire un homme à lui, Tancien vizir révoqué Nizham-El-Moulk, qui était un de ses agents, c Parfois, Tchinghiz Khan donnait à cet ex-vizir l'ordre de lever quelque châtiment infligé à une ville, et lui assurait ainsi une certaine considération '. »

Mais il finit par se défaire de ce personnage suspect, et cette nouvelle comédie parait avoir satisfait Topinion publique en Transoxiane, puisque Nessavi lui-même Tapprouve :

c Parmi les prisonniers qu*on amena à Tchinghiz Khan (après la prise d'Ourguendj) se trouvaient les chanteuses du Sultan; Tune d'elles, Bent Zenkidja, qui était d'une grande beauté, fut demandée par Zin (Zabban ou Rabban) ', Toculiste samarkandicn qui avait soigné les yeux de Tchinghiz Khan pour des granulations. Le Maudit lui en fit don. Or, cet oculiste était horriblement laid et d*un caractère désagréable. La chanteuse le prit donc en aversion, et elle méritait vraiment qu'on ne lui infligeât pas un tel personnage... Elle resta deux ou trois jours chez l'ex-vizir qui passait son temps à boire, et c'est là que Toculiste vint la demander à plusieurs reprises, mais elle refusa de le suivre. Furieux, roculiste alla trouver Tchinghiz Khan, et lui rapporta que Tex-vizir disait qu'il avait plus de droits que tout autre à avoir cette chanteuso. A cotte nouvelle, Tchinghiz Khan

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