tV/., p
54 INTRODUCTION A L'iIISTOIRE DE L^ASIE
Elle arréle sa navcUe. Elle songe avec découragement à celui qu^elle
[allend loujours; Elle gagne silencieusement sa couche solitaire, et ses larmes tombent
[comme une pluie d'été ^ >»
Les Perses connaissaient moins les redoutables habitants du pays de Touran, comme ils rappelaient. Plus d'une fois, ils avaient franchi TOxus, conquis sur Touran la dominalion en Sogdianc, sans jamais pénétrer en vrai pays de Turkeslan, au delà du Yaxartes; comme les Hioung Nou en Chine, les Touraniens en Iran avaient leurs Marches, tantôt vainqueurs, tantôt vaincus, toujours indomptés; les Sakac, les Massagètes, et bien d'aulres servaient les Parthes et les Perses, quand ils ne leur disputaient pas les marches ^ d'Hyrcanie et de Sogdiane, avec la môme conscience de mercenaires que leurs parents les Yue-ti ou les Tie-le apportaient au service chinois. Mais au delà des Marches, le vrai pays demeurait obscur, inconnu, impénétrable. Avec une entière franchise, les historiens arméniens contemporains des Sassanides racontent les terreurs de la chevalerie perse, si bravache contre le Romain, se dérobant quand il fallait affronter le Turc; Lazare de Pharp (v"" siècle) nous rapporte les lamentations de ces braves, quand le Roi des Rois, Firouz le Vaillant (459-486), allait les conduire en Touran, où il péril avec eux; ils s'écriaient : « Il est probable que nous sommes tous condamnés à mort, et que le Roi des Rois veut nous ôtef la vie. Mieux vaut que le Roi ordonne de nous tuer plutôt que de nous envoyer contre les Ephlaiiles qui nous extermineront, ce qui sera un déshonneur éternel tant pour les Ariens (Aryas, Iraniens) (|ue pour leur pays '. »
Ce vrai pays des Ilioung Nou de Chine, des Touraniens de Perse, derrière les marches de TOxus, de Tlli, et du