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3. De Tan 386 à Tan 6iR, la Chine e<«t partagée entre les royaumes sui-
Llli-Kagan n*a¥ait point chassé les Tclè de Transoxiane, où ils s'élaient établis envers et conlre les Iraniens; il avait simplement obtenu leur soumission, comme peuple turc, compté, tantôt, pour « Nation Intérieure », tantôt pour «* Exléricuro ». Ceux qui n'avaient pas voulu se soumettre « par ignorance et fausse erreur^ » s'étaient donnés à la merci du Roi sassanide, passant sur la rive gauche de la Grande Eau, de VEuguz^ de TOxus, comme écrivaient les Grecs (car EuguZf en ancien turc, ne signifie pas autre chose que grand courant d'eau, grande rivière); ils avaient pris le nom, demiturc, demi-iranien, d'Ah-Tèlê, « Tèlè de la rivière », Ripuaires. Entre les Turcs, dès lors installés en Transoxiane, entre les Cisoxaniens ripuaires et leurs parents par le sang et le langage, les Turcs autonomes dans les Marches de Chine, la communication restait constante, même lorsque le hasard des combinaisons politiques les mettait dans des camps opposés. L'intolérance religieuse et le nationalisme à outrance des Grands Rois sassanides avivèrent, par Tespril, cette fraternité de la chair entre les Turcs des Marches de Perse et leurs cousins des Marches de Chine; les chrétiens nestoriens, durement persécutés dans le vieil Iran, rejetés de la chrétienté orthodoxe dans le pays romain, essaimèrent vers ce rude nord-est, et portèrent la bonne parole chez les Turcs. En 503, le métropolitain de Merv consacrait déjà un choré-
vanls : Weï du Non) (38li-;i84), partages de 53 1 à u'iO tn Ocridpnlaux et Orieiilaiix; Tsin (2(;:i-i2()^; Soiuf (420 à 419) et Thui (ilO-oOl); Uartfj (oOi à ^.iûlcl Tchin (oJiT ^ 587,; Thsi du Nord (:J50 à 551); Uoué-Tchéou iliil à ;iKO. ; Sotiï (581 à 618). Il ne faul pas oublier que celle insoriplion esl de "333, d'une t'po({ue où les Turcs reconnaissaient la suzeraineté des loul-puiissants empereurs Thamj qui avaient rétabli la Chine, et par consé«|ucnt ménage les susceptibilités chinoises. L'auteur turc de Tinscription compte pourtant hardiment le royaume chinois de Weï parmi les nations soumises.
1. CVst la formule turque : « le Turhh-h kagan, de noire peuple turc il élait; par ignorance, par fausse erreur envers nous ~ bUmrdikin utrhwiy bizkà iuHguiloukin ulchun — le kagau a péri. • {ImcrifUions tttrtfUfs, p. 13; 18-1'J.) Je crois que la bonne traduction pour iaïujnihmk^ qui ^igni^le à la fois • hostilité • et • erreur -, serait «« félonie •.
vèquc à Samarkande. De Samarkandejes missionnaires nestoriens s*avancèrent hardiment en Pé-Lou, dans la Pentapole ^ Les Turcs convertis affluaient en Iran, faisant leur métier habituel de mercenaires, et à ces soudards, les Perses, si insolents contre les pauvres nestoriens, n'osaient mot dire. Tant il y en avait dans les armées des Sassanides, qu'eu 590, Narsès le Persan, envoyé par les Romains au secours du prétendant Khosrau Parviz (Chosroos II) contre Behram Tchoubin (Bapàji, Varamus), en prit plusieurs milliers, à la défaite de Behram, qui tous portaient la croix tatouée au front '. Aux Turcs de là-bas, ces nestoriens parlaient de la méchanceté des Iraniens, ennemis de leurs peuples « extérieurs », les Tèlè, et surtout, de Rome, de Byzance, du 7Vï- ThsiHy de la « Grande Chine » occidentale. Les convoitises s'éveillaient, et Tesprit d'aventures. Sans doule, la Chine de là-bas en Occident, si paisible, si fortunée, avait besoin pour ses guerres, de bonnes gens d'armes, bataillant honnêtement, pendant que les manants labouraient, tissaient, trafiquaient, comme dans la Chine d'ici, au sud, derrière la Grande Muraille et ses gardes-fronliëre, les soudards turcs. Payaientils aussi les gens d'armes en belles pièces de soie? Alors, ces gens d'Occident racontaient aux Turcs qu'en Ta-Thsiu, la soie était objet trop précieux pour soudoyer gens d'armes, el qu'on la payait au poids de l'argent et de l'or; de quoi ces Turcs s'ébahissaient. S'ils vendaient eux-mêmes la soie de la Chine voisine aux gens de la Chine lointaine? De la soie, ils en recouvraient à tas. Dès o«)0, les empereurs de la dynastie Tcheou du Nord, à la solde desquels ils vivaient alors, leur payaient largement leur alliance. « L'Empereur, s'étant lié avec eux par un mariage, leur donnait, chaque année, cent
1. M osheim,/y ti/or/a ecclesinstira T<xr/rrri/m ; As^cmaiii.Bibliothrca OricnUilis
2. 'Kxr/apaxTO toîç \Ltxtûnoii èxstvov tô toC xupixxov £rTt9y,»xov, o-raupô; ci wOto tôt; rt^taôv^o'jTt tt,v ?&v */pi<TTtftv(bv 6pr,*TX6tav xaTavoixâ^tat. (Thôoph y lacté, p. 225.
mille pièces de soie et de brocart, et il traitait, avec une libéralité excessive, les Turcs qui se trouvaient dans la capitale. Il leur donnait, par milliers, des vêtements, et les fournissait de vivres en abondance '. »
A coup sûr, les relations du Kagan avec les Grecs n'étaient pas les seules que les Turcs eussent en Occident. Les plus importantes et les plus fréquentes étaient celles qu'ils entretenaient avec les Arméniens, dont une partie avait fait sa soumission, à la suite des Tè Aè, en 617 '.
Une proposition de leurs peuples extérieurs les décida. Vers 565 ou 566, en 567 au plus tard, Tempereur Justin régnant sur les Romains, et le Grand Roi Khosrau Anouchirvan (Chosroos I") sur les Perses, le Bou Min Kagan des Turcs, que les Chinois appellent Mokan Khan, et les Grecs Dizaboul ', reçut une supplique de son vice-roi ou lieutenant gouverneur de Sogdiane, chef des Turcs Tèlè, de la nation Extérieure, établie dans le pays ^; les Sougdak demandaient au Kagan de s'entremettre en leur faveur auprès du Grand Roi, pour qu'il leur fût accordé licence de faire passer la soie en transit, par la Perse, afin de la vendre en Médie ^; la Médie, c'était TAtropatène, ou, comme on prononce maintenant, TAzerbaïdjane, pays plus qu'à demi