Titre chinois : Hi Tzong (llS5-llit
Dan-llola-lH-Uong élail un 1res mauvais empereur. c< La cinquième année Hoantj-Tong (1143), le cinquième mois, lli-lzong recommença à boire sans cesse avec ses ofKciers. Les magistrats n'osaient plus l'avertir. » Il tua Timpéralrice en titre, enleva la femme d'un de ses généraux. « Peu de temps après, il envoya Tun de ses gens tuer une de ses épouses. » Dans lin accès d'alcoolisme, il Fit tuer son propre fils. Il flnit par s'attaquer au culle des Ancêtres, vérilable sacrilège pour ses Mandchous, déjà plus qu'à demi chinoises : « La septième année Hoang-Tong (1147), le quatrième mois, lli-tzong ayant fait un festin s'enivra à l'excès, et dans sa complète ivresse, il tua le président du tribunal de la famille royale. Alors, Oudjou prit les rênes du gouvernement... La huitième année, on acheva la rédaction de l'histoire du royaume de Liao... Le huitième mois, Oudjou acheva le livre de rites et coutumes... et le présenta au roi ; Ili-tzong le reçut debout en brûlant de l'encens. »
On imagine sans peine que ce furieux ivrogne lli-tzong, exécré de son propre peuple, ait subi les défaites dont parlent les Chinois, qui nomment, d'ailleurs, à sa place, comme vaincu, son ministre et connétable Oudjou. En calculant d'après la chronologie mongole, celte guerre victorieuse des gens du nord contre les Kin aurait eu lieu sous le successeur de Kaboul Khan, qui s'appelait Bartam, avec le surnom de Bagator, « le Vaillant », surnom également porté par son lils, Yésougueï, qu'on voit, dès IITH, en bataille contre l'empire de l'Enceinte d'Or. L'affaire, cette fois, parut sérieuse dans le pays, car les annales des Mandchous en parlent, sans nommer directement les Mongols. Un bon roi, Si-tzong {Oulou en mandchou), avait succédé à l'horrible Ili-tzong; il eut à dompter une rébellion des Turcs Kara-Kliilaïdu Liao, soutenue par des gens que les annales appellent Si, u de l'ouest », et (|tii son! h*s Mongols de Yésoiigiieï et leurs
âlâ INTRODUCTION A L'HISTOIRE DB L'aSIE
patrons, les Turcs Kéraïles (1162). « Le huitième mois, Kaotzong djian, général d'Aïsin, défit l'armée de la tribu Si près de la montagne Kao-Lo et conclut un traité de soumission avec six bourgs * environnant le territoire de cette tribu *. » C'est précisément Tannée où Témoudjine, le futur Tchinghiz Khan, venait au monde, au moment même où son père, allié des Turcs Kéraïtes, soutenait la révolte des Turcs Kara-Khital du Liao contre Tempire mandchou du nord de la Chine, à rinstigation des Chinois nationaux du sud, des empereurs Song. Entre Turcs et Mongols, on commençait à se reconnaître, à fraterniser sous les armes.
Dans cette même année 1162, Tex-académicien chinois Yelou ', qui avait pris son parti de chercher fortune à Touest, avec sa poignée de Kara-Khitaï, se faisait Gour khan de Transoxiane, après la mort du dernier Scldjoukide d'Asie centrale, de l'héroïque et infortuné Sandjar. Malchanceux à Pékin, ces énergiques Turcs Liao prenaient leur revanche à Samarkandc. Avec leur bon sens de condioltieri, Yésougueï le Vaillant et son ami, le roi des Kéraït chrétiens, comprirent qu'ils jouaient un jeu risqué contre les empereurs de l'Enceinte d'Or, qu'ils avaient tout à espérer du côté de l'ouest, devenu pays turc, à la discrétion de toutes les entreprises turques; les Song, après la tentative avortée de 1162, ne voulaient d'ailleurs plus payer. A partir de ce moment, Kéraït et Mongols se réconcilient avec les Mandchous, si bien que trente ans après, le fils de Yésougueï le Vaillant, Témoudjine, le futur Tchinghiz-Khan, est
1. On voit que. dès celte époque, il y avait des Tilles sur le territoire mongol, ou du moins turc kéraïte.